A découvrir l’émission les cent lieux qu’il faut voir : la HAUTE SAVOIE

Première partie tournée avec Olivier Chamel et David  Ravanel  à l’Aiguille du midi,  avec le chef  Stéphane Gassot au restaurant la Maison Carrier, avec  Christine Burnier à Combloux, avec Jérôme Boucher à l’église Notre Dame de toute Grâce au Plateau d’Assy et avec Manu au  désert de Platé.

 

 

 

Comment dans les temps anciens voyageait- on pour arriver à Chamonix ? Avec un très joli film des frères Lumière.

FILM DES FRÈRES LUMIÈRE A VOIR EN FIN D’ARTICLE

L’accès à Chamonix fut toujours difficile.

Au XIXème siècle, si l’on arrivait relativement facilement à Sallanches en diligence ,  accéder à la vallée était bien souvent une aventure. En raison du chemin accidenté, traversant nants et torrents, nul véhicule ne pouvait   impunément rouler sur ces chemins trop raides, trop périlleux.

Tableau Eugène Guérard. "la poste de Sallanches à Chamonix" année 1850 - Copyright RMN (Réunion des musées nationaux)

Tableau Eugène Guérard. « La malle poste de Sallanches à Chamonix  » 1850 -Copyright RMN (Réunion des musées nationaux)

Le moyen le plus courant était bien sûr le mulet ou la marche à pied.  Mais parfois les touristes empruntaient un  attelage des plus rudimentaires : le char à bancs, sorte de voiture hippomobile ouverte, à quatre roues, munis de bancs disposés parallèlement aux essieux…pas vraiment confortables !  Et lorsque la pente était trop raide ou trop glissante le voyageur était  prié de descendre du véhicule. On démontait le  char  que l’on remontait ensuite quelques centaines de mètres plus loin.  

Lors de son voyage vers les glacières de Chamonix   l’empereur Napoléon III,   effrayé par cet itinéraire éprouvant, offrit une somme d’argent pour  la construction d’une route carrossable  plus large, plus grande et moins dangereuse.

Ce qui fut fait. La route arriva définitivement à  Chamonix en 1870.

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Horaires des diligences d Genève à Chamonix AR année 1894

A partir de cette date, très rapidement, les diligences arrivèrent directement de Genève  à Chamonix. Tout d’abord une  par semaine, puis une par jour voire deux ou plus. Elles  quittaient Genève à 8h du matin et arrivaient à Chamonix vers 16h.

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Diligence au départ de Genève

Il existait plusieurs modèles de diligences, plus ou moins grandes en fonction du nombre de voyageurs.

 

D’une manière générale, les voitures étaient divisées en 3 compartiments comportant à l’avant un siège couvert appelé « coupé » comprenant  trois sièges plus celui du cocher,  au centre à l’intérieur une partie appelée  « berline »  pouvant contenir 6 ou 8 personnes, ,  parfois une autre berline située au dessous de cette  première,  à l’arrière un siège appelé « rotonde » pour 3 personnes (mais peu apprécié des voyageurs). Parfois sur le toit se trouvait une banquette appelée impériale.

Diligence Photo Gay Couttet

Les tarifs évidement étaient variables en fonction de l’emplacement du siège dans le véhicule.

Les bagages souvent encombrants  se trouvaient soit en haut, soit dans des coffres à l’avant ou à l’arrière du véhicule.

Pour accéder à l’intérieur de la diligence  on avait besoin d’une échelle. Il existait parfois des marchepieds portefeuilles.

La partie intérieure de la berline était recherchée car plus confortable… Mais plus chère aussi. Elle était habituellement agrémentée de larges banquettes ou coussins rembourrés  de crin animal ou végétal. Il existait aussi un coussin particulier de forme allongée et très souple appelé rouleau  de voyage qui servait à caler les épaules et le cou… On imagine bien volontiers les secousses. On devait arriver exténués !

Les concierges des hôtels

A l’arrivée à Chamonix tous les grooms des hôtels attendaient les voyageurs de pied ferme ! Leur harcèlement était souvent excessif!

 

diligences sur la route

Cinq diligences aux tailles différentes en partance de Chamonix. Copyright Gay Couttet

L’arrivée du train à Saint Gervais accéléra l’arrivée des touristes dans la vallée et parfois l’on pouvait avoir quatre, cinq diligences arrivant directement de ce terminus.

 

Dès que le train arriva à Chamonix en 1901 les diligences cessèrent rapidement leurs voyages.  Et on allait entrer dans une autre période, celle des automobiles à moteur.

 

Ci dessous : Film réalisé par les frères lumières à l’arrivée des diligence dans les années 1900

Remarquez les échelles que l’on apposent contre le véhicule pour descendre, le grooms en attente, les mulets qui passent…

Cliquer sur le titre ci dessous pour voir le film : copyright Institut Frères Lumière

L’arrivée de la diligence à Chamonix

 

Lien vers Institut des frères Lumière

Copyright Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

L’évolution de Chamonix entre 1865 e 1930 : intéressant

Il est intéressant de regarder l’évolution du développement de Chamonix. Après l’incendie de 1855 une grande partie de la ville disparut dans les flammes (rue Vallot actuelle). Il fallut beaucoup de temps à l’administration locale et préfectorale pour engager une reconstruction que le préfet voulait « donner à cette perle précieuse de la France pittoresque ».

C’est seulement en 1864 que l’on voit la  première politique d’alignement appliquée à la rue principale. Ceci  grâce à la « générosité initiative du gouvernement qui par les subventions qu’il a accordé a permis à la commune de donner un tout nouveau aspect à Chamonix à la plus grande satisfaction des étrangers et des gens du pays… »

 

Ci dessous diverses photos permettant de voir l’évolution de la ville entre 1865 et 1930

 

 

 

Chamonix vers 1863

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Chamonix vers 1901-

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Chamonix vers 1930

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Copyright  Histoire et patrimoine Chamonix

Christine Boymond Lasserre

Ou se trouvent ces ferronneries à Chamonix ?

Ferronneries

 

 

@Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine

Grotte naturelle ou grotte artificielle au glacier des Bois ?

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Aquarelle de Samuel Birmann                                                                                          « La mer de glace et le villages des Pratz en août 1823 »

Dès la fin du 18ème siècle, les premiers visiteurs venus à Chamonix avaient pour habitude  d’aller découvrir la grotte naturelle formée  au niveau de la langue terminale du glacier des Bois et par laquelle jaillissait la source de l’Arveyron.

Le site était particulièrement impressionnant en raison du vacarme provoqué par l’eau qui s’en échappait.

Mr Martel venu en 1742 ( qui donna le premier le nom de « Mont Blanc » à ces monts affreux)  découvre cette grotte dont parlent ses guides, elle a alors 26 mètres de haut.

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Aquatinte en couleur de Samuel Grundmann.                                                   Vue extérieure de la grotte de l’Arveyron .1826

Plus tard,  le genevois Marc Théodore  Bourrit, lors de ses nombreux voyages   à Chamonix (entre 1760 et 1790),   aimait beaucoup emmener des visiteurs à la découverte de ce lieu « magique ».

Que vous dirai-je des sources de l’Arveyron ? Rien, assurément qui puisse vous donner l’idée de cette merveille… Imaginez un portique immense en forme de cintre, l’Arveyron sortant en bouillonnant au fond de cette voûte de glace que le soleil embellissait de toutes les couleurs de l’arc en ciel. Des quartiers de rochers, des masses énormes de glaces détachées, environnant cette redoutable enceinte et semblant en défendre l’entrée. Nous pénétrâmes à travers ces débris mais l’Arveyron empêche que l’on puisse pénétrer plus savant. Nous en vîmes assez pour juger de l’enfoncement prodigieux de la voûte et de la beauté de la glace….Cette voûte tombe, s’écroule,  en éclats, chaque année et se ferme, puis reparaît à la fonte des neiges… »

Horace Bénédicte de  Saussure, ce naturaliste genevois qui fit la 3ème ascension du Mont Blanc, en parle comme une excursion facile. Par lui on apprend que l’on   met une heure pour s’y rendre mais il précise qu’il peut y a voir un certain danger, souvent des blocs de glace s’effondrent…

En 1800 elle mesure 32m de haut. En 1816 elle   reçoit la visite des poètes romantiques qu’étaient Byron et Shelley.

La langue glacière à cette époque arrivait au niveau du pas de tir récemment aménagé.

 Cependant, en Suisse,  à Grindelwald, sur le glacier inférieur, une grotte artificielle est réalisée dès 1861. Cette idée germa à Chamonix. Un «étranger » propose  d’en creuser une au glacier des Bois. L’autorisation lui fut  refusée par la mairie mais une année plus tard une concession est donnée aux guides Jean Marie et Michel Couttet. Le projet aboutit durant l’été 1863. On creuse une galerie de 26 m qui conduit à une rotonde. A côté existait une crèmerie appelée « Au Touriste ».

Ce fut la première grotte artificielle de Chamonix.

Photos de la grotte  à découvrir dans l’ouvrage de Rémi Fontaine « Chamonix et ses glaciers. les premières images ».Page 122 et 123

En 1868, Théophile Gauthier passe quelques jours à Chamonix. Dans son livre Vacances du Lundi il écrit :

glacier_des_bois_a..On arrive en serpentant à travers des blocs de rochers en désordre, de flaques d’eau sur lesquelles sont posées des planches …Un guide qui se tient dans un petit chalet décoré de photographies, nous mena voir, un peu malgré nous, la curiosité qu’il exploite. On paye cinquante centimes par personne. Ce n’est pas cher sans doute mais cela vous détourne de votre but. C’est une sorte de cave d’azur, un trou dans le flanc du glacier, que nous soupçonnons fort d’avoir été élargi et régularisé de main d’homme. A l‘entrée  le jour pénétrant l’arcade de glace produit un effet assez magique. On avance suivant dans la boue une planche étroite et protégé par un parapluie de coton contre les gouttelettes qui tombent  de la voûte avec un tintement sonore. Quelques chandelles grésillantes, placées de loin en loin, jouent de leur les feux de Bengale et tâchent inutilement de donner à cette caverne humide un aspect féerique. On revient sur ses pas et l’on se trouve avec plaisir hors de cette atmosphère moite et glaciale.

Le tour est fait et vous êtes libre d’aller admirer à quelques pas la grande arche de cristal par laquelle l’Arveyron sort en bouillonnant du glacier impatient de se produire à la lumière après avoir si longtemps cheminé …

1867 voit le  renouvellement du bail  .

En 1869 Venance Payot évoque une galerie de 100 mètres de long difficile à réaliser. Ensuite il n’y aura plus de grotte artificielle .La grotte naturelle disparaîtra elle aussi…grotte de l'arveiron vers 1865

 

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Grotte glacier des Bossons

La grotte du glacier des Bossons creusée vers 1865, facile d’accès  devient la grotte la plus connue de la vallée.

On oubliera définitivement la grotte du glacier des Bois

 

 

 

@Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond lasserre

Une heureuse initiative : la restauration de la chapelle des Tines

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Depuis des temps immémoriaux,  les habitants du village ont témoigné leur attachement à cette chapelle consacrée à Saint Théodule.

Ici, au Moyen Age, un oratoire consacré à Saint Roch, le protecteur contre la peste,  fut élevé à la suite d’une épidémie de cette maladie qui, selon la légende, s’est arrêtée  aux Tines.

En 1500, une bulle papale nous apprend l’édification d’une chapelle dédiée à Saint Théodule.

Ce document est intéressant car il y est précisé que cette chapelle se situe au village du Chastelard, qui fut plus tard détruit par l’avancée du glacier des Bois.

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Le culte de Saint Théodule, premier évêque du Valais,  fut probablement initié par une population locale très tournée vers cette région. Beaucoup y travaillaient, nombreux    étaient ceux qui allaient sur les marchés de Martigny et  étaient donc familiarisés avec le culte de ce valaisan.

Qui est saint Théodule ?. Cliquer ici Saint Théodule

Pendant plus de 250 ans les habitants  s’astreindront à entretenir le  bâtiment, feront donner  régulièrement des messes et des prières par le biais de fondations dont certaines sont nommées dans des documents notariés.

voir ci dessous .

Petite histoire de la chapelle des Tines

 

En 1777 la chapelle est réédifiée.Mais elle fut détruite durant la révolution au moment de l’occupation française.  Puis elle  renaîtra encore  par la volonté des habitants, qui ensuite se feront fort de l’entretenir.

La dernière décoration intérieure est due aux royalistes de la vallée de Chamonix. Sous l’impulsion de Mr Cheilan, propriétaire de l’hôtel Excelsior, elle sera ornée en 1938 d’un décor à la mémoire du vœu de Louis XIII. Effectivement, pour le 300ème anniversaire  de ce vœu qui vit le roi mettre la France sous la protection de la Vierge après que celle-ci lui eut  accordé un fils, les royalistes locaux orneront la chapelle de fleurs de lys, d’une statue dédiée à Jeanne d’Arc et d’une autre à Saint Louis, protecteur des rois de France.

Tel est le décor actuel. Celui que les habitants des Tines ont décidé de restaurer.

Le maître hôtel est orné d’un grand tableau représentant Saint Théodule. De quand date-t-elle ? Pour le moment nul ne le sait.

IMG_1546Mais ce tableau est très détérioré par l’humidité  et nécessite très vite une restauration méticuleuse avant qu’il ne soit totalement  détruit.

vitrail st jeanne d''arc tines

De même les magnifiques vitraux réalisés par Mr Elie Pellegrin des Praz nécessitent une remise en état.

Une association vient de se créer. Elle porte le nom de « Association des Amis de la Chapelle Saint Théodule ». Son but est d’assainir sa structure, de  restaurer son décor intérieur, et de lui redonner vie. Une fois de plus, il est fait appel à toutes les bonnes volontés pour  contribuer à cette action.

Croyants ou non-croyants, cette chapelle fait partie de notre passé commun. Elle est le témoignage de la vie du  village depuis des siècles.

Participons tous à cet élan collectif.

Découvrir le site de l’Association des amis de la chapelle saint Théodule aux Tines

 

POUR ADHÉRER CI DESSOUS LE FLYER

FLYER les amis de la chapelle saint Théodule

 © Blog histoire – patrimoine- Chamonix

Christine Boymond lasserre

Ou en est-on du grand hôtel Couttet ?

Grand CoutetAbandonnés depuis plusieurs  années, menacés de destruction, les  bâtiments de l’hôtel sont  dans un état déplorable, à l’extérieur comme à l’intérieur.La municipalité a enfin décidé d’engager un processus de mise en valeur.

 

 

Nous sommes tous heureux de cette décision.

Peut on rêver  d’ une façade restaurée comme ci dessous ?

Façade idéale

 

 

 

 

 

 Tout commence par la chronique  d’une famille hôtelière chamoniarde qui aura marqué de son empreinte les plus belles années de la Belle Epoque  jusqu’aux  années folles. A la lecture des journaux de ces années, entre 1880 et 1935,  on découvre ce que François Couttet et ses enfants ont apporté au développement économique chamoniard.

 

 Petit historique :

Ici, sur ces lieux mêmes, François Couttet (né en 1828)  dit « Baguette », guide de haute montagne, avait l’habitude dès, les années 1855 d’héberger ses clients dans sa maison familiale. Son abord sympathique,  sa bonhomie,  étaient très appréciés des britanniques. Ceux-ci l’incitèrent à construire une auberge afin de recevoir dignement ses clients qui appréciaient son savoir faire et ses connaissances.

Pension Couttet

L’hôtel pension Couttet édifié en 1867 avec la maison de famille à droite

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Le grand hôtel Couttet et du parc construit en 1880

Il construisit ainsi dès 1867 «  l’Hôtel Pension Couttet ». Fort de son succès,  une dizaine voire une quinzaine  d’années plus tard,  il édifia le Grand Hôtel Couttet  qui deviendra  le Grand Hôtel Couttet et du Parc. Les fils Joseph et Jules à leur majorité  prennent la succession après  leur sœur aînée. L’hôtel connait de belles heures dans les années 1920 -1935.  Il fonctionne au ralenti pendant la guerre. Loué , il arrêtera  définitivement ses activités hôtelières en 1946.

François Couttet a eu  cinq enfants. Ses filles  (Joséphine, Aline, Sarah ) ont ouvert à leur tour les hôtels des Alpes, du  Beau site et du Savoy. Ses deux fils Joseph et Jules tiendront l’hôtel  et seront très actifs dans la vie locale.

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Whymper qui décéda en 1911 à l’hôtel Couttet

 

 Des personnages illustres y séjournèrent . Ruskin, Daudet, Mummery. Whymper y est mort. L’histoire de l’alpinisme du 19ème notamment par ses pionniers anglais trouve là ses racines.

 

 

 

 

Couttet 1

 Les bâtiments sont transformés en 1946 en  préventorium  (pour enfants atteints de primo-infection tuberculeuse) sous la dénomination « Centre Guynemer », que l’on appelait à Chamonix le Centre Couttet. Vers 1950 sont construites les terrasses en béton. L’activité du préventorium cesse en 1970.

 

 

Pub hôtel Couttet

 

L’ensemble se compose de trois  bâtiments, le petit Couttet, le moyen Couttet et le grand Couttet.

Le petit Couttet (au milieu) correspond à la pension Couttet ouverte en 1867. Le moyen Couttet ( à gauche) de la même période abritait probablement le personnel de l’hôtel ainsi que les domestiques   des clients venant à l’hôtel.

 

Intérêt  Architectural de cet ensemble Belle Epoque  

Petit et Moyen Couttet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

grand Couttet

 

 Histoire et patrimoine Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Stèle à la mémoire de Charles Edward Matthews (1834 -1905)

 

 

_MG_1838Dans le parc de l’ancien Grand Hôtel Couttet et du parc, parmi les ronces et les herbes hautes  se trouve une stèle dont l’inscription est devenue illisible. Menacée par le non entretien, l’oubli et  l’indifférence cette stèle cependant rappelle les liens étroits d’une vieille famille hôtelière chamoniarde avec ses clients anglais.

Taillée dans le granit cette stèle est sculptée d’un poème dédié à Charles Edward Matthews qui oeuvra  avec son frère William à la fondation de l’Alpine club  en 1857.

Il en fut le président de 1878 à 1880. Pendant plus de 40 ans il arpenta les Alpes, grimpa avec les meilleurs de son temps dont Leslie Stephen ou Whymper .Il réalisa  quelques premières et fit, entre autre, une douzaine de fois l’ascension du Mont Blanc. De cette expérience il écrivit en 1898  une monographie du Mont Blanc intitulé «  les Annales du Mont Blanc » en y faisant un historique détaillé, décrivant avec moult détails les diverses voies d’accès sur ce sommet mythique.

Si il se rendait en Suisse régulièrement il ne pouvait se passer de Chamonix et son lieu de résidence était cet hôtel réputé de l’époque « le grand hôtel Couttet et du parc ». Ici les alpinistes anglais  avaient pour habitude depuis près d’un demi-siècle  de résider dans cet hôtel confortable et où l’accueil était toujours chaleureux.

A sa mort l’Alpine Club admiratif de cet homme exceptionnel décida d’y installer une stèle à sa mémoire dans le parc de son hôtel préféré Et est inscrit en latin …

« Les amoureux de la montagne

A un amoureux de la montagne

Les membres de la fraternité alpine

A un de ses membres

Les frères à l’un de ceux qui ont

Assisté les fondateurs

Les amis à un amis très sur

Il s’en est allé pleurer partout. »

 

En 1907, l’Alpine Club de Londres a fait ériger cette stèle en l’honneur de l’un des siens, parmi les meilleurs, dans le jardin de l’hôtel Couttet.

 Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de Chamonix

 

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Les façades changeantes de l’église de Chamonix

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Depuis le XIIème siècle,  Chamonix possède une église.  Elle ne fut  tout d’abord  qu’une chapelle pour les Bénédictins installés dans la vallée par les comtes de Genève,  construite selon  l’orientation traditionnelle  Est- Ouest.

De par son emplacement, elle est au cœur de la vie chamoniarde.  Ici  ou à ses abords immédiats se déroulent nombre de cérémonies, réunions publiques.  Les chamoniards défendent leurs intérêts à l’intérieur même de cet édifice dont ils ont la charge. Elle est détruite par un incendie le 4 décembre  1583… «La maison et l’église du prieuré qui furent harses et bruslés ». On entreprend de nouveaux  travaux en 1587.

 Elle est  reconstruite si sommairement qu’en 1606, lors de la visite de l’évêque Saint François de Sales, celui-ci en note l’état de  délabrement.

Probablement trop vétuste et devenue insuffisante ou exigüe,  elle est reconstruite de 1702 à 1709 dans son orientation  actuelle*, par des maîtres italiens originaires du Valsesia,  aux frais des paroissiens, hormis le chœur que financent les chanoines de Sallanches. Seul est conservé l’ancien  clocher.

index - CopieL’église est de style baroque. Elle  est consacrée le 8 septembre 1714. Le nouvel évêque remarque sa « magnificence » et la considère comme une des plus belles églises de son diocèse. Plus tard,  en 1758 un nouveau et violent incendie détruit la charpente et une grande partie du mobilier. L’église perd alors son décor typique du XVIIIème siècle.

Au  XIXème, la vallée s’ouvre au tourisme, l’église s’orne alors d’un décor empire qui subsistera jusqu’en 1926. Détériorée par les nombreuses infiltrations d’eau, l’église sera peu à peu dépouillée de son ornementation. Ne seront conservés  que le retable principal et les retables latéraux.

16092015 - CopieSi l’aménagement intérieur  varie avec le temps et les modes, il en est de même pour sa façade extérieure qui d’une façade baroque magnifique (élevée en 1709), passe  en 1840 à une  façade composée d’un péristyle avec fronton triangulaire, celui-ci  reposant sur 4 colonnes. Cependant,  on remarque  à l’arrière les restes du décor baroque.

Ceci pour  une quarantaine d’année  seulement car dès 1862, voulant rajouter une travée à l’église (afin de pouvoir recevoir plus de monde) sous les recommandations d’un architecte annécien Mr Camille  Ruphy,  on modifie  à  nouveau   son aspect extérieur.

rue vers église avec bureau des guidesA l’époque,  Chamonix découvre et exploite depuis peu le granit, pierre si dure à travailler. La porte est ainsi agrémentée  d’encadrements de granit mais également  de lourds pilastres  qui ceinturent la façade orientée vers le sud. C’était une grande nouveauté pour l’époque.

Cette façade est toujours la façade actuelle.

L’église de Chamonix sera classée monument historique en 1979 après le passage de monsieur le président de la république Mr Valery Giscard d’Estaing.

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*La première église du XIIème  fut construite dans le sens est- ouest. On ne connait pas à ce jour son aspect. Elle sera reconstruite au XVIIIème dans l’orientation que nous lui connaissons.

 

Edité par Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Le REGINA au village des PRAZ

le Regina

De la famille  de Raymond Couttet  des Praz

Ce fut un hôtel prestigieux en cette période de la Belle Epoque. Construit en 1906 par Marie Couttet, veuve avec cinq enfants,  Marie entreprend  la construction de cet hôtel de 5 étages après celle du National des Praz.

regina praz porche 1 - Copie     A l’architecture typiquement chamoniarde, avec ses encadrements de granit, il  possède à cette époque  en face nord (sur la route nationale) un très beau porche d’entrée avec une marquise, hélas détruit depuis.

Sa face sud élégante rythmée par une alternance de balcons offre à toutes les chambres une vue magnifique sur le Mont Blanc. Une longue terrasse au rez de chaussée ouvre sur un grand parc et permet d’accéder aux jardins ombragés.

Il reçoit essentiellement une  clientèle fidèle de médecins et d’enseignants d’Afrique du nord qui souvent restent tout l’été, du 15 juin au 15 septembre; pour cette raison il sera nommé un temps « le grand hôtel d’Orient ».

Cet hôtel, ainsi que le National, n’ouvrent qu’en été, la famille étant propriétaire d’autres hôtels sur la côte d’Azur.

De ce fait, la clientèle n’a  besoin que d’un chauffage dit de « demi saison » lors des froides journées d’été. Seuls les lieux communs fréquentés par la clientèle possèdent des radiateurs, et les clients ouvrent les portes de leurs chambres afin de profiter de la chaleur.

regina praz 1 - CopieLa Gendarmerie nationale  rachète le bâtiment en 1967 pour y recevoir les familles de gendarmes en vacances.Il est rehaussé de deux  étages en son sommet, notamment pour y installer un restaurant panoramique,  et d’une cage d’ascenseur sur le côté dans les années 1970.

Cette transformation esthétiquement malheureuse détruira   l’équilibre originel de cet élégant bâtiment typiquement chamoniard.

Edité par Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

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