Category: Découvrir la région

Connaissons nous si bien notre région ?

Une photo rare , le glacier du Tour en 1863

Sur les pas des voyageurs d’autrefois : de Martigny à Chamonix

séracsNous connaissons tous cet  itinéraire conduisant de Chamonix à Martigny.

Comment les premiers voyageurs le vivaient ils ?

Quelles étaient leurs émotions? leurs visions de ces paysages grandioses? 

A découvrir en cliquant  ci dessous..

Vidéo réalisée epar Viatcicalpes, un site remarquablement instructif.

Son  après une trentaine de secondes

 

Histoire et patrimoine de Chamonix

Edité par Christine Boymond Lasserre

 

 

 

 

 

 

 

Un gypaète barbu au nom de Jacques Balmat

 

Les falaises du cirque du cirque du fer à Cheval dominé par le Ruan

Les falaises du cirque du cirque du Fer à Cheval dominé par le Ruan

Un matin de septembre 1834, Jaques Balmat avec son compagnon vallorcin Pache s’engage sur les pentes du mont Ruan. Cristallier, Jacques Balmat, le vainqueur du Mont Blanc avec Michel Paccard en 1786, était depuis toujours à la recherche d’hypothétiques mines d’or que l’on prétendait avoir découvert dans nos régions montagneuses.

Il se rendait  souvent à Genève pour faire analyser certains échantillons qu’il rapportait  de ses pérégrinations montagnardes. Or, un jour,  le chimiste Abraham Raisin lui annonce qu’il a découvert des traces d’or dans un prélèvement  trouvé dans  la région du Mont Ruan.

 Jacques Balmat décide alors de tenter sa chance. Il marche  le long des pentes du massif du  Ruan, en traverse le glacier,  puis s’engage sur des vires  surplombant  le 10712783_819381251447332_5450742791528405016_ncirque côté Sixt. Les vires sont de plus en plus étroites. Pache n’ose le suivre. Ce seront les derniers instants ou Jacques Balmat sera vu vivant. Pache rentrera seul à Vallorcine, ne faisant plus aucun commentaire sur cette expédition hasardeuse.

 Les nombreuses recherches entreprises dans la région du Fer à cheval – Sixt pour retrouver le corps resteront vaines.

Il avait 72 ans.

Ce sera seulement 19 ans après que le syndic de Sixt  Bernard Biord lèvera le voile sur cette disparition. Il révèlera à son confesseur que deux jeunes bergers avaient bien vu le corps tomber de la falaise.  Il leur avait alors interdit d’en montrer le lieu. Mais pourquoi donc ? Tout simplement il redoutait l’installation d’une entreprise minière qui risquait de dévaster la forêt. Effectivement,  dans les siècles précédents,  la vallée avait subi  diverses catastrophes suite à une déforestation excessive pour exploiter des mines de fer. Il voulait éviter à son village les mêmes désagréments.

Jacques Balmat repose toujours au pied  des falaises du Ruan.

 180 ans plus tard, la commune de Sixt décide de baptiser le nouveau gypaète barbu, né dans les falaises de Sixt-Fer à cheval,  du  nom de ce personnage si illustre de notre vallée de Chamonix. Jacques Balmat connaît une nouvelle vie. Il survolera de nouveau, par le biais de son filleul,ses chères montagnes.

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gypaète barbu  – copyright Asters

Histoire  et patrimoine Chamonix

Texte : Christine Boymond Lasserre

Droits réservés

 

Une peinture murale étonnante à découvrir à Annecy !

Cliquer sur la vidéo ci dessous :

Vidéo copyright : Christine Boymond Lasserre

De Chamonix, il est aisé de se rendre à Annecy. On flâne sur les rives du lac, on se promène le long des canaux, on admire le palais de l’île, mais connaît-on ses églises, pourtant nombreuses dans l’enceinte de la veille ville ?

Face à l’hôtel de ville, l’austère église Saint Maurice  est édifiée au dessus du canal Saint Dominique. Son apparence trapue et sobre peut surprendre.  Elle fut la chapelle du couvent des dominicains installés à Annecy au cours du 15ème siècle. Saccagée durant la période révolutionnaire, elle retourna au culte dès le début du XIXème. Privée de ses moines, elle devint une église paroissiale. On a alors méconnu son décor intérieur et les murs furent recouverts de bois.

Lors de sa rénovation, en 1955, on entreprit de retirer le bois plaqué aux murs. Quelle ne fut pas la surprise de découvrir deux peintures murales inconnues à ce jour !

Tout d’abord dans un enfeu au milieu de la nef, une scène représentant l’Assomption de la Vierge. Belle surprise ! Mais l’étonnement fut plus grand encore lorsque, plus loin dans le chœur, on découvrit à gauche de celui-ci une peinture large de 4.35 m sur 2.20m. Une fresque surprenante apparut.

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Traitée en perspective presque parfaite, elle représente un gisant décharné reposant sur un tombeau entouré de pleureurs encapuchonnés, protégés par de petites voûtes d’arêtes traitées en style gothique flamboyant, reposant sur des colonnettes.

 Une inscription sur le haut nous apprend qu’il s’agit de sieur Philibert de Monthouz qui appartenait à l’une des plus anciennes maisons du Genevois. Probablement sa dalle funéraire se trouve-t-elle au pied de cette peinture.

Le gisant tient dans la main un phylactère où est inscrit en latin « cet instant est terrible ». Les pleureurs, sans doute des moines, ont une expression saisissante. Chaque visage, chaque main, expriment leurs sentiments. L’un d’entre eux tient lui aussi un phylactère où se lit en latin : « quand l’homme mourra il aura pour héritage les aspics et les vers ». L’homme de l’époque savait regarder la réalité de la mort. C’était l’art mortuaire médiéval que l’on retrouve dans nombre d’endroits en Europe.

Cette manière de représenter la mort était courante à cette époque, mais plutôt sous forme de sculptures, comme dans l’église de Brou, ou sur les tombeaux des ducs de Bourgogne à Dijon. Mais ce qui est exceptionnel ici est que ce sujet mortuaire est une peinture voulant imiter une sculpture.

Les pleurants placés en hémicycle nous démontrent la technique réussie d’un trompe l’œil abouti. Traitée dans une couleur camaïeu rehaussée d’ocre, cette peinture murale intrigue beaucoup.

D’où l’étonnement des spécialistes.

Quel peintre a réalisé cette peinture ? Certains y voient l’influence de l’école rhénane, mais nul ne connaît l’artiste qui l’a exécutée.

 

Miséricordes, jouées – Collégiale de saint Ours – Aoste

 


 

La collégiale de Saint Ours se niche dans une petite ruelle, un peu à l’écart de la rue principale et dominée par une des plus belles tours romanes de la vallée mérite un arrêt prolongé.

Cette église à l’aspect gothique se dresse sur le site où ont été construites une succession d’autres églises antérieures, depuis la période paléochrétienne. De nombreux trésors sont à découvrir à l’intérieur, certains peu accessibles, d’autres vraiment cachés, d’autres encore interdits à la photo.

Diaporama miséricordes collégiale saint Ours ci dessous :

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Je vous invite à rentrer dans le chœur et à prendre le temps d’admirer les stalles datées du XVème. Celles-ci, gothiques, sont admirables de finesse et d’élégance. Mais allez … et examinez les miséricordes, les jouées, les appuie mains. De pures merveilles…

 Mais qu’est ce qu’une miséricorde, une jouée ?

 Une miséricorde :

Est une petite console en bois sculpté placé sous le siège rabattable de la stalle, sur laquelle, quand le siège était relevé, les chanoines pouvaient, « per misericordiam », s’appuyer ou s’assoir pendant les offices tout en ayant l’air d’être debout.

Une  jouée :

Est une sculpture en rond de bosses réalisée sur les bordures externes des sièges.

 

 Le travail du sculpteur, pour les stalles elles même, suivaient toujours un code établi, auquel dérogeait peu l’artiste. Mais en ce qui concerne les miséricordes et les appuie mains ou les jouées, celui-ci pouvait exprimer alors librement son art. La miséricorde supportant le postérieur des chanoines, il n’aurait pas été sage de représenter des scènes religieuses. L’artiste raillait alors les vices, les imperfections morales, physiques. Il créait un monde fantasque voire cauchemardesque. Enfants chamailleurs, goinfres, hommes de robe, ou une foule d’animaux de tous genres ornent ces stalles avec beaucoup d’humour. Tout un monde qui plonge encore ses racines dans le Moyen Age.

 Ces stalles en noyer ne portent aucune signature mais elles sont à rapprocher de celles que l’on découvre dans la cathédrale de la ville. On trouve aussi beaucoup de ressemblances avec les stalles de Saint Jean de Maurienne, et avec celles des cathédrales de Genève, les églises d’Evian, de Saint Claude ou de Fribourg et Romont en Suisse. C’est bien la preuve que les artisans circulaient dans ce même territoire qu’était la Savoie afin de proposer leurs services à qui en avait besoin.

 (C’est l’époque de la contre réforme qui mettra fin à ces sculptures pleines de vie mais qui ne correspondaient plus alors aux critères religieux en cours à partir du XVIIème siècle.)

 

Source : Robert Berton. Les chapiteaux et les stalles médiévaux d’Aoste

Guide de l’ensemble monumental de la collégiale saint Ours. Aoste. Imprimerie valdôtaine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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