Category: Découvrir l’histoire de Chamonix

Premiers guides étrangers à la compagnie des guides de Chamonix les Frères Schuller

La tradition chamoniarde a pour habitude de raconter que Roger Frison Roche, admis à la compagnie des guides de Chamonix en 1930, a été le premier guide étranger (c’est-à-dire non natif de Chamonix) à être accepté au sein de cet organisme déjà prestigieux. Il est vrai qu’il fut un des meilleurs « ambassadeurs » des guides, tant sa sympathique énergie, sa belle simplicité, ont été une des meilleures publicités pour la compagnie. Cependant, à la lecture de la presse et des revues spécialisées de la fin du XIXème, on voit quelques fois cités un nom de guide chamoniard dont la consonance n’est ni Balmat, ni Ravanel, ni Charlet, ni Simond…Des guides qui seraient étrangers à la vallée ? Et même deux frères !Et oui… Ils s’appellent Schuler :  Fritz et Henri Schuler. Certes pas très chamoniard  comme patronyme! Et pourtant ! Nés à Bonneville de parents originaires de Stuttgart,
Peu de détails sur Henri (né en 1861) sinon que, selon la légende familiale, il portait une barbe de Toussaint à Pâques, pour, disait il, avoir plus chaud . Son nom est listé par Edouard Whymper dans son livre sur Chamonix et précise qu’il est devenu guide en 1887.. . Henri est par ailleurs cité dans une caravane de secours en août 1901. Fritz (né en 1856) vient avec son frère à Chamonix chercher du travail et naturellement se passionnent pour ce massif. Tous deux parlent allemand, et leur mère leur ayant enseigné l’anglais, ils parlent couramment cette langue si utile pour échanger avec des clients déjà nombreux venant de Grande Bretagne ou des USA. Rapidement ils deviennent porteurs, se font remarquer pour leurs capacités et sont bien décidés à devenir guides.  Leur connaissance des deux langues  a  probablement joué en leur faveur !

 

Fritz réalise officiellement en tant que porteur son premier Mont Blanc le 4-5 septembre 1878 ! Il passe son diplôme et rentre à la compagnie le 1er juin 1882.

Dès 1883, son carnet est riche de témoignages de clients français, allemands, américains, anglais, lui reconnaissant son extrême gentillesse et sa grande disponibilité.

Il épouse en 1886 une jeune fille de Morges, Jeanne Rauschert. Il l’emmène aux Grands Mulets pour passer  leur nuit de noce !  Puis décide sa jeune épouse à monter au Mont blanc. Ce qui sera fait. Jeanne deviendra  ainsi une vedette locale. Le Mont Blanc gravi  par des femmes de guides n’était pas encore un événement très courant !Les deux frères sont inscrits en juillet 1890 par Henri Vallot sur la liste des 110 guides ayant participé au transport des charges pour le refuge construit par ses soins. Fritz d’ailleurs travaille à l’édification du refuge dont il est le chef des ouvriers. Noté par Henri Vallot dans son récit sur la construction de l’observatoire.Il sera, par ailleurs, en 1891, le guide de Mr Infeld, ingénieur suisse chargé par Mr Janssen et Mr Eiffel de réaliser des sondages au sommet du Mont Blanc afin de trouver le fond rocheux de cette cime. Fritz est signalé pour son ardeur et son courage au travail face aux terribles températures  lors des travaux ! Dans les journaux suisses de 1891, c’est Fritz Schuler qui raconte le terrible accident subvenu au Mont Blanc en août 1891 où  mourut Mr Roth, autre scientifique pris dans une terrible avalanche avec son guide Simond. Il fera partie de l’équipe de secours. Généreux,  il intègre l’équipe des pompiers de Chamonix dont il sera un temps le capitaine. Installé à la Mollard, Fritz aura 4 enfants

Fritz ne figurait pas sur le registre civil français . Né à Bonnevile, sous régime sarde, les registres d’état civil savoyards de l’époque étaient tenus par les curés des paroisses. Donc Fritz et son frère Henri , de religion protestante, ne figuraient nulle part ! Leur situation sera régularisée en 1901.

Un jour de septembre 1902, revenant d’une course au Mont Blanc, Fritz tomba dans une crevasse. Ses compagnons ne pouvant l’aider à s’extraire de celle-ci descendent à Chamonix pour organiser une équipe de secours,  mais le temps qu’elle arrive, Fritz probablement  en hypothermie s’était beaucoup affaibli. Il fut tiré d’affaire mais ne se remit jamais de cette terrible chute.  Diminué, il perdit peu à peu ses forces et mourut le 25 juin 1903. Il avait 45 ans.
l fut inhumé dans le petit cimetière protestant situé derrière l’église « anglaise » devenue temple protestant où l’on peut toujours voir sa tombe.

Sources : Archives familiales Schuler et Démarchi – Livre de Charles Schuler : L’histoire d’une vie peu ordinaire (édition Gérard Châtel) – Revues Club Alpin Français – Livre d’Edooaurd Whymper : escalade dans les Alpes

Histoire et patrimoine. Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

1836 : De drôles d’hôtes à l’hôtel de l’Union à Chamonix

 

En septembre 1836 : le propriétaire du très fameux hôtel de l’Union à Chamonix voit débarquer de drôles de personnages…

« Un soir, un jeune homme mal vêtu, couvert de boue, à la blouse étriquée et à la chevelure désordonnée, accompagné  de deux enfants et d’une servante, demande à l’aubergiste s’il avait, parmi ses pensionnaires,  un personnage, avec un large chapeau, une cravate roulée en corde et fredonnant en permanence une rengaine le « Dies Irae ! », ainsi qu’une belle jeune femme. Bien sûr, lui répond l’aubergiste. Ils viennent d’arriver ! Ils sont au numéro 13. Tout ce petit monde se retrouve dans une grande gaîté, ameutant les voisins irrités par le bruit.  Oh ! Compte tenu de leurs  vêtements farfelus, indéfinissables et par ailleurs chevelus comme des sauvages, ce ne pouvait être qu’une troupe de comédiens ! Le chef de cuisine les prend pour des saltimbanques, et en office on compte et recompte l’argenterie.

Le lendemain, un major de l’artillerie se présente et demande après ce groupe. L’hôtelier est persuadé que celui ci vient les arrêter. Ils sont si bruyants !

Mais pas du tout, il se précipite vers la chambre numéro 13 et c’est de nouveau un tapage incroyable, des cris de joie, des hurlements ! Oh scandale ! La bonne clientèle britannique n’apprécie guère cette troupe bruyante ! Ainsi, deux jeunes douairières ce soir là barricadèrent leur porte craignant, on ne sait, une invasion de leurs chambres !

Mais qui sont donc ces personnages excentriques ?

Notre jeune homme à la blouse étriquée et à la chevelure en bataille n’est autre que Georges Sand venue retrouver ici à Chamonix Franz Liszt et sa belle et douce amante, la fameuse comtesse d’Agoult : Georges Sand venue avec ses 2 enfants, mais habillée en homme, tenait à revoir ce que la bonne société parisienne décrivait avec emphase : Chamonix. Le dernier venu, le militaire, n’est autre que le major Pictet arrivé de Genève pour se joindre à cette équipe pas banale !

Le lendemain aux aurores Franz Liszt s’époumone à réveiller tout ce petit monde afin de se rendre à la fameuse Mer de glace. La caravane ne passe pas inaperçue, tout particulièrement Georges Sand osant porter un pantalon et une chemise d’homme et fumant cigare sur cigare. Franz Liszt, habillé style renaissance, avec un béret du genre « Raphaël » à l’image du peintre italien et Pictet en uniforme militaire ; on imagine l’équipée !

 

 

Au Montenvers, Georges Sand montre assez peu d’enthousiasme, contrairement à ses compagnons s’émerveillant « des magnificences de la mer de glace »,  « .. des éclatantes aiguilles, des glaciers et de l’immense chaos de la mer de glace où les nuages jouent avec les aiguilles dominant la vallée glaciaire ».  Elle résistait à l’entrain de sa troupe, elle cueille une petite clochette bleue et déclare

« J’aime mieux cette campanule que toute votre Mer de glace » mais, attentive aux pierres, elle achète un cristal de roche. Mais il est vrai que la présence d’autres touristes l’importune. Lors de son voyage précédent, en 1834,  son compagnon Pietro Pagello note la longue caravane d‘anglais de français d’allemands et d’américains qui l’agaçait déjà ! Probablement ne supporte-t-elle pas cette proximité avec ces touristes étrangers !

Elle se rend également au glacier des Bossons, et note une scène peu connue de la vie rurale chamoniarde : dans la soirée, elle remarque qu’un roulement de tambour annonce aux habitants qu’ils doivent allumer des feux dans les champs afin de les protéger de la gelée qui s’annonce.

Elle admire cependant les «… monts neigeux, étincelants aux premiers rayons du soleil »

Le soir de leur excursion, un plantureux repas les attend à la table d’hôte de l’hôtel. La bande joyeuse est  mêlée à la clientèle anglaise que George Sand apprécie assez peu, elle la considère comme snob et prétentieuse !

Le lendemain, il pleuvait de nouveau. Pour passer le temps, on se mit à philosopher, puis le ciel s’éclaircissant, la petite équipe se mit en route repartant en direction de Martigny. L’aubergiste de l’hôtel de l’Union poussa un grand soulagement, se réjouissant de voir partir cette bande d’hôtes dont il se méfiait tant. La légende dit qu’il envoya aussitôt chercher Monsieur le curé pour exorciser, en les aspergeant d’eau bénite, les chambres qu’ils avaient occupées.

Georges Sand ne reviendra pas à Chamonix

Bibliographie : Annuaire du club alpin français: article de Julien Bregeault – Les quatre montagnes de Georges Sand de Colette Coisnier.

Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Merci à Madeleine Namur Vallot

En ce 8 mai, journée des droits de la femme …

Une femme à qui nous devons beaucoup. Qui ?  Madeleine Namur Vallot qui, à Chamonix, s’est battue pour  UN droit : celui de porter une tenue masculine : le pantalon !

Et oui, Madeleine Vallot fut la première à oser porter la « culotte ». Que dire des remarques, des sarcasmes lancés  sur cette jeune femme qui osait ainsi défier le monde masculin et les esprits bien pensant? Mais elle n’en avait cure ! Emmenée par son père au sommet du Mont Blanc, elle réalisa à quel point une jupe traînant dans la neige était vraiment un réel handicap. Embarrassée par cette masse de tissus, elle osa la remonter au dessus de ses mollets afin de mieux franchir névés et crevasses. Et de retour , très vite, elle imagina une tenue adaptée à l’alpinisme. Elle gravit sept fois le Mont Blanc dont 6 en pantalon et deux fois elle resta plus de 10 jours à l’observatoire créé par son père Henri Vallot.

Son expérience lui permit d’imaginer une tenue vestimentaire adaptée à l’alpinisme et au ski. « Nous devons emprunter à nos camarades masculins, la culotte si pratique » disait-elle Et  lorsque, vers 1905, elle entend parler de ces planches que l’on adaptait au pied, immédiatement elle adaptera sa tenue afin de pouvoir se déplacer correctement sur la neige. Mais quel scandale !  Pour mieux affronter le regard des autres, elle s’alliera avec sa meilleure amie, Marie Marvingt, autre personnalité « moderne » de son temps, pour se montrer en toute impunité ! Quelques femmes dans ces années avant la première guerre oseront les copier mais que de remarques désobligeantes peut on lire dans la presse de l’époque !

Soutenue par son père et son mari et grâce à ses qualités sportives Madeleine imposera son genre et son style.

Mais il faudra attendre l’après guerre pour que les tenues imaginées par Madeleine Namur –Vallot soient peu à peu adoptées par toutes les femmes modernes qui osaient s’aventurer dans ces activités montagnardes qu’étaient l’alpinisme et le ski !

Merci Madeleine Namur Vallot !

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond lasserre

 

 

 

un patinoire hors norme lors des Jeux olympiques de 1924

Il y a 95 ans se déroulait  la semaine internationale des sports d’hiver de Chamonix  à l’occasion des  VIIIe olympiades organisées à Paris.

 

La plus belle et la plus grande patinoire d’Europe va être construite à Chamonix .

Une patinoire de plus de 36 000 m2 fut imaginée pouvant contenir deux surfaces de hockey , deux surfaces libres pour les figures , un anneau de vitesse de 400 mètres et une piste de curling . Projet très ambitieux pour Chamonix.

Actuellement on peut découvrir à la MMP le magnifique plan de cette patinoire ( plan appartenant à l’association des Amis du Vieux Chamonix).

Pour la commune de l’époque réaliser une telle patinoire ne fut pas une sinécure ! On choisit la rive gauche de l’Arve ,  lieu dit des « mouilles » . Drainer, creuser, renforcer les berges de l’Arve  ne fut pas simple et comment soutenir le terrain ? On travailla de jour et de nuit   à la pioche. A l’aide de petits wagonnets on achemina du bois du Bouchet tout proche les remblais nécessaires. La municipalité de Chamonix , conduite par un maire actif Jean Lavaivre, contracte un emprunt de 300 000 francs auprès des particuliers propriétaires des palaces et des grands hôtels de la commune, ainsi qu’un emprunt  supplémentaire de 500 000 francs auprès des banques.

Il y un mois de retard…Tant le terrain était difficile. Livraison fin décembre. OUF .

Un hiver rigoureux s’annonçait et on fit appel à Benoît Couttet et Jean Claret pour gérer la fabrication de la glace. Trente hommes en permanence étaient à disposition, On arrosait de nuit à la lance, le froid faisait le reste. La patinoire fut dotée d’une glace parfaitement lisse et dure.

Fin décembre d’énormes chutes de neige tombèrent sur Chamonix ! On recruta plus de 600 hommes pour déblayer les 1.70m de neige tombés en une nuit ,sans matériel particulier, seulement la force de l’homme ! On besogna toutes les fêtes de fin d’année et une bonne partie du mois de janvier. Nombre de bénévoles chamoniards participèrent à ce travail gigantesque. Puis à quelques jours de l’ouverture…le foehn…immense dégel. C’est la catastrophe…Benoît Couttet et ses hommes  réalisèrent un travail incroyable pour conserver la glace, la maintenir, et éviter que tout disparaisse « à l’Arve » ! Puis le « miracle »… le gel de retour. Jours et nuits ils  trimèrent inlassablement afin de lisser, nettoyer et faire de cette patinoire la plus belle et la plus imposante jamais vue encore dans cette Europe des années folles.

Le 24 janvier 1924, il gèle à pierre fendre sur Chamonix.

Un soleil radieux illumine la vallée, lorsque Gaston Vidal, Sous-Secrétaire d’Etat, prononce solennellement les paroles sacramentelles : « Je proclame l’ouverture des Jeux d’Hiver de Chamonix données à l’occasion de la VIIIe Olympiade »

Ce sera le vrai début des sports d’hiver dans la vallée de Chamonix.

Sources : Archives association Amis du Vieux Chamonix – Musés Jeux Olympiques Lausanne –  Revue « sports d’hiver » années 1924.

Histoire et patrimoine vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

 

Chapelle anglaise ou temple protestant ?

Elle appartient à l’Eglise Réformée de France mais certains chamoniards continuent à l’appeler la chapelle anglaise !

 

Nul n’ignore l’importance de la communauté britannique à Chamonix. Elle remonte au XVIIIe lorsque les premiers visiteurs dans la vallée de Chamonix se révèlent être des anglais.

Par la suite et au cours du siècle suivant, ils marqueront à jamais l’histoire de la vallée. Touristes, scientifiques, alpinistes anglais créeront des liens toujours forts avec les chamoniards.

En ce milieu du XIXe, il manquait aux britanniques, de rite anglican, un lieu pour exercer leur culte. Ce sont les hôteliers chamoniards qui ouvraient chaque dimanche  leurs salles à manger afin d’assurer le service anglican pour leurs clients. Bien vite, ces salles sont devenues trop petites. C’est alors que « la Société de l’église coloniale et continentale de Londres » demande à la préfecture l’autorisation de construire une chapelle. L’accord est donné, mais on les prie de construire au-delà du centre du village. La société acquiert ainsi de  la famille de Mr Desailloud, propriétaire du café de la Fidélité à Chamonix, un terrain pour y bâtir un temple.

 

 

 

 

La chapelle est construite dès 1859, et inaugurée en 1860. Loin du centre, elle trône, magnifique,  au milieu des prés. D’un côté l’on voyait la chute du glacier des Bossons de l’autre celle de la Mer de glace. Pendant ces années de Belle Epoque,  des chapelains assuraient les services religieux. Ils consignaient  sur un registre tenu à cet effet le nombre des fidèles, les difficultés climatiques, les dépenses effectuées, les personnages importants de passage, le nombre de services. Ceux-ci ne venaient cependant que durant l’été. L’hiver aucun service n’était assuré.

 

 

 

A l’origine le chœur devait, comme toute église anglicane, être orné de vitraux. Seul un a été réalisé, le coût trop élevé et l’arrivée de la guerre ont définitivement arrêté le projet.

Mais lorsqu’il fallait enterrer les quelques anglais décédant dans la vallée, ceux-ci devaient être inhumés dans le cimetière catholique. Et le curé de l’époque manifestait sa désapprobation en ne leur laissant des places qu’hors de l’enclos autorisé.

 

 

 

Ce sont les hôteliers chamoniards ainsi que Venance Payot, maire de Chamonix à l’époque, qui insisteront auprès de la préfecture pour que la petite chapelle anglicane puisse abriter son propre cimetière. En 1871, la communauté anglaise obtient l’autorisation d’y inhumer ses morts. Avec le temps, une vingtaine de britanniques seront enterrés à proximité immédiate de la chapelle.

 

 

 

La première guerre mondiale apporte un changement notoire. Les anglais ne sont plus aussi nombreux à venir à Chamonix. Et peu à peu la chapelle sera utilisée par l’Eglise Réformée de France, bien que les murs soient encore la propriété de « la Société de l’Eglise Coloniale et Continentale de Londres ». Le cimetière accueille alors les inhumations des familles protestantes de Chamonix.

Lors de la loi imposant de mettre les cimetières à l’extérieur des centres villes, la municipalité recevra une lettre de la société demandant expressément que l’on conserve ce petit cimetière à son emplacement afin de conserver la mémoire de ces britanniques qui avaient participé à l’enrichissement de Chamonix ! La commune obtempéra, d’autant que le cimetière était privé.

 

L’histoire cependant continuera avec les Misses anglaises. Bien qu’anglicanes, elles entretiendront durant la période de l’entre deux guerres l’entretien du temple soutenant le pasteur Chaptal  qui assuraient les services  religieux à la grande satisfaction des protestants de la commune. Et lors de la sombre période de l’occupation de la seconde guerre mondiale, les fameuses Misses participeront d’une manière très active à l’engagement de la résistance. Elles étaient très aimées des chamoniards.

La chapelle anglaise, devenue temple protestant, est cédée en 1970 puis vendue pour un franc symbolique le 29 juillet 1981 à l’Eglise Réformée de France. Cependant, les anglais, de nouveau nombreux à Chamonix, reconnaissent  le temple comme leur chapelle en raison de son histoire plus que centenaire et de l’esprit commun protestant les liants à l’église réformée et bien souvent on peut assister à un mariage anglican assuré par le pasteur de la paroisse du Mont Blanc.

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

Une belle histoire de famille : les frères Payot

 

Au fronton du très beau bâtiment Art Déco du centre ville trône une inscription « Frères Payot ».

Mais qui sont donc ces Payot ?

Pierre Payot nait en 1791. Il réside au hameau de  la Mollard. Il participe à l’équipe réussissant l’ascension du Mont Blanc avec Marie Paradis en 1808.  Ce Pierre sera plus tard le guide d’Alexandre Dumas. Il achète au centre du bourg vers 1825-1830 une maison située sur la place Balmat actuelle. Il y installe un commerce de quincaillerie, de ventes d’objets sculptés, car il est tourneur sur bois, mais aussi quelques cristaux et diverses pierres… Un commerce lucratif…

 

 

 

François Joseph Payot
copyright François Payot 

 

Famille de François Payot 1870 Copyright François Payot 

Son second fils, François, le seconde rapidement dès 1841. Le  magasin connaît un vrai succès … Une sorte de drugstore avant l’heure où l’on pouvait trouver une grande variété d’objets. Devenu  maître de poste, il encaisse les réservations  des diligences s’arrêtant près de sa boutique. Profitant du nombre toujours plus nombreux de touristes, il commence à changer des devises suisses, françaises, anglaises ou sardes… Et avec ce fond de trésorerie, il finit par prêter à Charlet ou à Couttet, ou à Simond, qui font confiance à ce chamoniard de souche qui veut bien attendre les prochaines récoltes pour être remboursé.

François meurt en 1876, il a 55 ans. Il est père de 5 enfants. Deux  meurent en bas âge. Trois marqueront de manière durable la vie chamoniarde : Paul, Jules et  Michel. Les trois  frères font  des études brillantes au Collège Impérial de Bonneville.

Paul, déjà enfant, écrivait « …si tout l’univers était une bague, Chamonix en serait le diamant ». C’est dire l’amour qu’il portait déjà à sa vallée. Jeune homme, il séjourne en Angleterre,  il est secrétaire d’un lord britannique et se familiarise avec  la comptabilité. A la mort de son père François, il prend le relais, il liquide la quincaillerie et concentre ses activités sur les opérations de banque, de crédit, d’assurances et même d’organisation de voyages ! La banque Payot est créée entre 1875 et 1878. L’établissement prospère si bien qu’en 1927 il entreprend la construction au centre de Chamonix d’un bâtiment pur Art Déco pour abriter sa banque, témoin de la prospérité de Chamonix. (voir article sur banque Payot).  Passionné de sa vallée, il devient maire à l’âge de 31 ans, il sera l’un des plus jeunes maires de France. Il reste 12 ans à la tête de la commune de 1888 à 1902.

Paul Payot banquier et sa femme vers la fin de sa vie
copyright François Payot

Maire durant la Belle Epoque, il accompagnera avec enthousiasme les projets du PLM,  l’arrivée de l’électricité, l’implantation de l’Observatoire Vallot, le projet du Montenvers… Paul Payot était très aimé et très  respecté des chamoniards. Son rôle de banquier ou de maire ne l’ont jamais éloigné des nécessités de ses compatriotes. Il meurt en 1939.

 

 

Jules, le second fils, fait des études de philosophie. Très intéressé par les  questions de morale et d’éducation,  il écrira de nombreux ouvrages  qui seront appréciés dans le milieu enseignant du début du XXe  siècle. Il fait une magnifique carrière dans l’Education Nationale.En 1907 il est nommé recteur de l’Académie de Chambéry et  d’Aix en Provence, il connaît une réelle reconnaissance  des intellectuels de l’époque. Anticlérical, laïc notoire deux de ses livres seront mis à l’index par le Vatican. Il laisse  quelques beaux ouvrages dont l’un appelé « les Alpes éducatrices » qui montre  son attachement à sa vallée.  Il fera quelques tentatives en politique mais s’abstiendra très vite… Ce n’était pas sa « tasse de thé » !  . La légende familiale raconte qu’il aurait rencontré à Chamonix  un certain Vladimir Oulianov… Le fameux Lénine …(voir article : http://www.blogdechristineachamonix.fr/la-rencontre-de-jules-payot-enfant-du-pays-avec-vladimir-illitch-oulianov-devenu-lenine/

 

Michel, le troisième sera médecin.  Il fait  ses études à Paris et passe sa thèse sur un sujet de chirurgie. Il revient à Chamonix, s’installe et rapidement se fait particulièrement apprécier par les chamoniards dont il prend soin  avec beaucoup d’attention. Curieux, sportif, il découvre avec ses amis, lors d’une exposition Internationale à Paris, des skis exposés par la Norvège. Ce moyen de déplacement le séduit immédiatement.

Très vite, avec ses amis guides, ils entreprennent d’améliorer  les skis et réalisent ainsi équipés quelques belles premières dont la première traversée Chamonix  Zermatt en 1903 avec le fameux Ravanel le Rouge. On le voir partout, à toutes les manifestations de ski, de bob, de patinage, attentif à la bonne organisation des compétitions de ces nouvelles activités chamoniardes. Il crée le premier Club des Sports de Chamonix.

Il assiste, passionné,  au premier concours de ski international à Montegenèvre en 1907   et dans la foulée organise le second concours à Chamonix en janvier 1908. Il crée un comité, le préside et se donne entièrement à l’organisation de ces jeux qu’il veut somptueux.  Parce qu’il n’abandonne pas  ses malades, lors d’un déplacement au village du Tour pour un accouchement, il prend ses skis et par moins 30° il va au Tour. Cette expédition lui sera fatale. Très malade, il se relève cependant pour accueillir l’équipe norvégienne de ski. La pneumonie s’installe et Michel Payot  meurt quelques jours plus tard à l’âge de 39 ans . Chamonix est atterré, attristé et ce seront plus de 2 500 personnes qui seront présentes à son enterrement.

 

En 1912 une statue est élevée en son honneur, elle disparaît malheureusement  durant la seconde guerre mondiale.  Le maire Jean Lavaivre accorde une concession perpétuelle au cimetière.

Et on le retrouve sur la fresque de la rue Paccard.

Michel Payot laisse un souvenir ému dans la vallée.

Les trois frères auront laissé chacun leur marque à tout jamais dans l’histoire de la Vallée de Chamonix

UN GRAND MERCI à FRANCOIS PAYOT descendant de de Paul Payot banquier qui m’a largement aidé pour constituer ce dossier sur sa famille.

Histoire et  patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

ENFIN

LE GRAND HOTEL DU MONTENVERS

A RETROUVE SON NOM !

C’est tout simplement le respect de son histoire que l’on se devait de garder !

Les pérégrinations de l’église de Servoz !

 

En 1091,  lors de la donation de la vallée de Chamonix à l’abbaye bénédictine de Saint Michel de la Cluse,  le village de Servoz dépendait des sires du Faucigny  pour la partie située au nord  du confluent de l’Arve et de la Diosaz.  En ce XIe siècle,   une  paroisse  dénommée «  paroisse du lac » existait déjà et, semble t’il, dépendant du prieuré de Peillonnex  situé en Faucigny pas loin de Bonneville.

L’église était  située à peu près  au niveau de l’actuelle chapelle Notre Dame du lac  et donc sur la rive gauche de l’Arve. Avec cette donation,  elle se trouvait sur  le territoire du prieur de Chamonix ! Mais la paroisse, elle,  s’étendait sur l’ensemble des hameaux aussi bien rive droite que rive gauche. Pas simple !  Donc une église sur le territoire du prieur mais une paroisse sur le territoire des Faucigny…!  Cette limite de territoire ambiguë entraîne, dès les débuts de l’histoire de notre vallée,  des conflits,  ou des accords signés  en fonction des besoins et  des pouvoirs de certains que ce soit du côté du prieuré de Chamonix, de  la famille de Faucigny, de la noblesse locale ou encore de  la paroisse qui a dépendu pendant longtemps du prieuré de Peillonex. Peu de documents existent sur cette première église.

En 1337, il est décidé de reconstruire une nouvelle église sur la rive droite de l’Arve, est ce pour échapper au prieur de Chamonix ? Peut être bien ! Cette église n’était sans doute pas très riche à la lecture de l’inventaire et du procès verbal réalisés par Mgr Jean de Bertrand venu le 15 août 1413. « Eglise pauvre, mauvais toiture, bons paroissiens » !

Mais c’était sans compter sur les éboulements du massif des Fiz qui jalonnent l’histoire de la plaine de Servoz. L’effondrement  de 1471 modifie les cours de l’Arve et de la Diosaz et l’église, du coup,  se retrouve à nouveau sur la rive gauche de l’Arve, si bien que le  prieur de Chamonix  estime que la paroisse doit tomber sous sa juridiction. Il  proteste à chaque venue de l’évêque pour en obtenir la gouvernance.  C’est vers 1484 que l’appellation passera de notre Dame du Lac à Eglise Saint Loup, en effet la légende raconte  que l’archevêque de Tarentaise fit don à la paroisse des reliques de ce saint.

 

Les « chirves » résistent au prieur de Chamonix ! Pour échapper définitivement « aux atteintes de l’inondation et de la juridiction du prieur »  les paroissiens décidèrent en 1537 de construire  l’église du Bouchet   à son emplacement actuel.

 

L’église, telle que nous la connaissons’ sera construite de  1694 à 1697 et consacrée en 1702. Il est évident que les bâtisseurs de l’époque utilisent des éléments qui appartenaient à l’église antérieure puisque la date 1537 est inscrite en haut de la porte latérale.

Cette église a conservé son très bel aspect  d’origine, la façade élégante est  typique des églises baroques  du XVIIIe.Le porche abrite la porte d’entrée dont les vantaux, bien qu’endommagés durant la période révolutionnaire,  sont un magnifique travail d’ébénisterie. Là on retrouve saint Loup, vocable de la paroisse,  en tenue d’évêque,  écrasant un petit dragon.

 

 

Le décor intérieur démantelé aux cours de la frénésie révolutionnaire  retrouvera un nouveau décor en 1838 pour le maître autel et  en 1842 pour les deux autels latéraux.

 

 

 

 

 

le clocher édifié en 1746 mais détruit lors de cette même période de la révolution sera refait en 1854.

 

 

 

 

L’église saint Loup est la plus ancienne église de la Vallée de Chamonix

Sources : Histoire des communs savoyardes, monographie de Servoz de l’abbé Michel Orsat, Le Mont un hameau de Servoz
( association histoire et traditions)

Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

Avril 1956 : la terrible affaire de la Vallée Blanche

   PAUL DEMARCHI

 Le beau MUCK

A Pâques 1956, à Chamonix, de très bonne heure le matin, une équipe de trois personnages part en direction de la Vallée Blanche. Paul Démarchi, guide renommé de la vallée, avait été contacté par le « beau Muck » afin de conduire à Courmayeur un de ses proches, Mr Frédéric Ebel, en passant par le col du Géant. Paul ne se pose pas vraiment de question sur cette demande un peu curieuse en cette saison de la part de ce client.  Tous trois empruntent le chemin traditionnel passant par le petit refuge du Chapeau où ils font étape. Paul emprunte une paire de gants au gardien Luc Couttet. Ensuite ils remontent la Vallée Blanche.Le temps n’est pas vraiment au beau, mais Paul, guide chevronné, ne semble pas inquiet et annonce son retour dans la soirée. Le Chapeau est le dernier endroit où on les voit en vie !

Ce jour là on relève des températures de -30° ! La tempête s’est levée sur la Vallée Blanche. Luc Couttet, inquiet, espère qu’ils se sont réfugiés au refuge du Requin. Mais Rien. 55h après leur départ, sans nouvelles , on s’alarme dans la vallée. Paul, , guide d’une très grande expérience, est habitué aux coups durs… Son silence est inquiétant. Le guide chef Camille Tournier lance les secours.Trois guides, dont le frère de Paul, obtiennent l’autorisation d’emprunter le téléphérique de l’Aiguille du Midi qui n’est pas encore en activité. C’est la tourmente. Ils enfoncent dans la neige profonde, le cheminement est difficile, il n’y a aucune visibilité… Mais soudain ils distinguent une tâche noire, en s’approchant ils voient une paire de skis fichés dans la neige. Eux, les guides, en connaissent bien le sens …C’est le signe d’une catastrophe ! On devine une forme humaine sous la neige. Le frère de Paul reconnaît son frère. Il est couché sur le dos, la tête tournée sur le côté. Cette force de la nature qu’était Paul est mort !
Le lendemain, quatorze sauveteurs partent à la recherche des deux autres compagnons de l’équipée. Plus bas, au dessous du passage de la Vierge, on découvre Muck, le corps plié en deux, et plus loin encore dans une crevasse, enseveli sous la neige, la troisième victime, Frédéric Ebel.
Mais que s’est il donc passé ?
Paul, le plus robuste d’entre eux, décédé à cent mètres du tunnel de l’Aiguille du Midi ! cela semble incompréhensible à l’ensemble de la communauté chamoniarde. La même interrogation se pose à propos du « beau Muck », lui-même grand sportif, habitué aux rigueurs de Chamonix. Comment se sont ils laissés prendre par la tempête ?
A cette même période la gendarmerie s’apprêtait à interpeller Mr Ebel, recherché par Interpol pour trafic d’or.
Ebel a-t-il cherché à passer la frontière le plus rapidement possible pour échapper à la police ? Il fait appel au meilleur des guides de l’époque Paul Démarchi. Avec la tempête, Paul a-t-il voulu rebrousser chemin ? Mais pour Ebel il n’en n’était pas question et un guide comme Paul n’abandonne pas son client. Ils ont donc continué en direction du col du Géant , mais le froid, la tempête persistant, son client s’affaiblit. Probablement Paul a-t-il décidé de dévier son chemin pour aller au plus prés des secours, c’est à dire vers le téléphérique de l’Aiguille du Midi. Frédéric Ebel mourant de froid, Muck également, Paul a dû partir pour aller chercher des secours. Il arrive à cent mètres de son but mais il succombe à son tour. . A Chamonix, on est abasourdis. D’autant que ses gants étaient dans son sac, tous trois étaient habillés légers, leurs vêtements chauds dans leur sac… Un mystère !
Alors certains s’imaginent que peut être, comme Ebel avait rencontré avant son départ d’autres trafiquants, les trois compagnons auraient été empoisonnés. On pratique donc une autopsie. C’est la stupeur à Chamonix, mais aucune trace d’empoisonnement n’est décelée. L’’affaire est close, laissant les chamoniards perplexes face à la mort de ces deux personnalités qui avaient marqués la vie locale.

 PAUL DEMARCHI : un homme généreux
On l’avait surnommé le « Saint Bernard des neiges » en raison des nombreux secours qu’il avait réalisés dans le massif. Une quarantaine, dont certains dans des conditions extrêmes. En février 1938, il avait participé au secours du fameux alpiniste genevois Raymond Lambert perdu aux Aiguilles du Diable avec son équipe. Des heures durant, les sauveteurs luttent contre le blizzard avant de découvrir les trois malheureux grelottant au fond d’une grotte. La redescente sera un enfer et Paul perdra plusieurs de ses orteils. Plus tard, il s’engagera dans les combats contre l’ennemi et après guerre il partira régulièrement à la recherche des alpinistes en détresse. Il était un homme d’une résistance hors du commun. Lors de la construction du refuge du Couvercle, il transporte seul, du Montenvers au chantier, une plaque de fonte de 120kgs ! Et c’est encore à lui que l’on fait appel, aidé des ses frères Gérard et Roger et de trois compagnons italiens, pour descendre le câble d’une tonne et mesurant plus d’un km dans la face nord de l’Aiguille du midi jusqu’au au Plan de l’Aiguille, une performance défiant tout entendement !

 

Paul Démarchi laisse dans la vallée l’image d’un guide tout a fait exceptionnel et sa mort sera un des souvenirs les plus douloureux pour les chamoniards !

 

 

 

 

Sources : Revue Détective 1957, Revue la montagne année 1956, Journal le Temps 1956, INA Pierre Bellmare, Revue Relief.

Histoire patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

Qui était donc Sylvain Couttet ?

 

 

 

 

Aux Rebats se trouve une des maisons  typiquement chamoniarde de la fin du XIXe. Édifiée à une période où l’on redoute les incendies destructeurs, son propriétaire l’a édifiée  selon un style purement local.  Construite en pierres et ciment recouverts de crépi, elle est toute simple.

A sa construction, en 1898, elle fut construite pour devenir la « Pension Sylvain », ce qui justifie évidemment quelques chambres ouvertes sur un balcon pour profiter de la vue sur le Mont Blanc. Mais qui est donc ce Sylvain ?

Ce Sylvain fait partie de ces personnages emblématiques oubliés de l’histoire locale. Sylvain Couttet, guide, a laissé dans la mémoire alpine quelques souvenirs remarquables. Particulièrement dynamique, il tient avec sa femme le pavillon  de Pierre Pointue situé sur le chemin vers le Mont Blanc. C’est là qu’il va se faire remarquer, car volontiers disponible, il accompagne bien souvent de nombreux touristes vers la cabane des Grands Mulets et vers le sommet du Mont Blanc.

En 1866, en raison du nombre croissant de visiteurs, la compagnie des guides décide d’édifier un nouveau refuge aux Grands Mulets. Sa construction est confiée à Sylvain Couttet, à  charge pour lui de transporter les matériaux, ce qui sera fait avec l’aide des guides chamoniards.

Cette même année il interrompt ses  travaux pour  participer aux secours lancés par le guide François Couttet et Gabriel Loppé partis à la recherche d’un des frères Young décédé au cours de la descente du Mont Blanc.

Toujours en 1866,   plus tard dans la saison, parti avec le capitaine Arkwright,  il échappe à l’avalanche meurtrière qui ensevelit le capitaine et deux de ses guides. Désespéré,  il assure durant plus de 15 jours les recherches afin de retrouver ses compagnons d’infortune mais jamais il ne retrouva le corps du jeune anglais !

Plus tard encore, en 1870, lors de cet été mémorable où le temps n’a jamais été clément, on retrouve notre gardien toujours prompt à partir au secours des accidentés, malheureusement cet été là sera un été funeste puisque onze individus décédèrent en raison du très mauvais temps.Il montre toujours une grande compassion envers les familles.

Sylvain va tenir ce refuge de 1866 à 1881. A la lecture des journaux de l’époque,  les alpinistes parlent de lui comme… « le meilleur guide de Chamonix, qui passe sa vie sur les glaciers et qui a conduit de nombreux voyageurs au sommet de la cime ; il est de bon conseil, bon à l’action, a l’expérience de la montagne, a du sang froid, est courageux et est une force de la nature… »…

Le 31 janvier 1876,  à 42 ans, il participe à la première ascension du Mont Blanc en hiver avec le couple Charlet-Stratton . Et c’est à lui que l’on doit le récit de cette ascension publiée dans les journaux de l’époque.

En 1881, il abandonne la gestion du refuge des Grands Mulets. Il assurera un temps la gestion de l’hôtel Beau Site puis construit en 1898 une pension appelée Pension Sylvain. Il n’en profite que très peu puisqu’il décède en 1900.

Sa femme Marie Denise Charlet, avec qui il avait escaladé le Mont Rose en guise de voyage de noces, tient l’auberge jusqu’en 1907, année de son décès.

Bibliographie : Le Mont Blanc de Charles Durier, Les fastes du Mont Blanc de Stephen d’Arve, le « XIXe » journal quotidien l’Abeille, « le petit journal »

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

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