Category: Découvrir l’histoire de Chamonix

Articles sur l'histoire très riche de la Vallée de Chamonix

Mont Oreb à Vallorcine . D’où nous vient ce nom biblique ?

mont-oreb

Le Mont Oreb au dessus du hameau du Couteray à Vallorcine

Mais d’où nous vient donc ce nom aux consonances bibliques ?

Le Mont Oreb domine le hameau du Couteray à Vallorcine et culmine à 2634m. C’est un lieu  privilégié  durant ces périodes d’automne en raison de l’ensoleillement exceptionnel de sa face sud ouest.

Une superbe randonnée sauvage nous emmène  au sommet. Ici c’est le domaine  des bouquetins et des marmottes, rarement dérangés car le lieu est peu fréquenté.

20140914_232848_voies-descalade-mont-oreb0

Départ des voies d’escalade

De son pied partent des voies d’escalade aux noms  peu ordinaires. Selon les degrés de difficulté, vous pouvez grimper la voie de  « l’été indien », celle des  « diamants de sang » ou encore « la chasse aux trésors » ou « les chercheurs d’or ».

pierre-sculptee-2Dans les pentes herbeuses du sommet  on découvre  une pierre   gravée,   sur laquelle  on discerne un dessin précis où l’on  reconnaît les  « tables de la loi » **.

 Étrange, non ?

Cette inscription pourrait-elle être la raison du nom biblique du sommet ?

mont-sinai

Mont HOREB dans le désert du Sinaï.

Pour information,  dans la bible est cité  le Mont Horeb (mais avec un H), où Moïse aurait reçu les fameuses tables de la loi (voir ci-dessous). Celui ci se situe dans le Sinaï,  culminant  à 2285m. 

Mais ici à Vallorcine ? Y a-t-il une réelle origine biblique ?

Pourquoi donc ces inscriptions sur cette pierre perdue ?

De tous temps les Vallorcins  ont appelé ce sommet  l’Avouille Mousse ou encore la Tête Motze , c’est-à-dire l’Aiguille émoussée ou l’aiguille arrondie.

Alors ? Pourquoi le Mont Oreb ?

La  réponse nous vient de l’ouvrage écrit par Germaine Lévy Pinard  (« La vie quotidienne à Vallorcine ») où celle-ci précise que Mr Horace Bénédict de Saussure demanda à son guide, Pierre Bozon,  le nom de la  montagne qui dominait le hameau du Couteray.

croix-montets-avec-mont-oreb2-copie Il est évident que Mr de Saussure demandait le nom du sommet qu’il voyait. Mais au  18ème siècle, les sommets étaient rarement nommés, seuls les alpages  possédaient un nom.  Aussi  Pierre Bozon donna-t-il  à son client   le nom de l’alpage situé   à proximité. Celui-ci s’appelait « Lo rey » ou « Lo riez » .  Horace Bénédict de Saussure ne comprenant peut être pas avec précision ce que lui  dit son guide,  entendit « l’Oreb »… C’est ainsi que Mont Oreb  sera le nom donné par le naturaliste à cette montagne dominant le hameau.

 L’Avouille Mousse  prendra définitivement le nom biblique de Mont Oreb.

Mais pourquoi donc ces inscriptions sur une de ces pierres ?

 Il nous faut tout simplement remonter il y a une cinquantaine d’années  où un guide et un de ses amis , radiesthésiste et chercheur d’or,  découvrent ce lieu particulier et  isolé. 

photos-des-2-periodes

Celui ci  mystique et probablement inspiré par le lieu et par ce nom biblique, eut  l’idée de graver ces tables de la loi. Ignorant probablement l’origine exacte du nom de ce sommet, il fut certainement intrigué par cette appellation religieuse peu commune, d’où son envie de marquer à jamais sur une pierre le symbole du Mont Oreb afin d’intriguer les futurs alpinistes! Aidé de son guide, il réalisa son projet… Le secret fut bien gardé jusqu’à nos jours.

 Ces inscriptions figurent encore. A vous de les trouver !

 

119

** (Les tables de la loi sont, dans la bible,  des tables en pierre sur lesquelles Dieu a gravé les dix commandements.… « Moïse retourna et descendit de la montagne, les deux tables du témoignage dans sa main; les tables étaient écrites des deux côtés, elles étaient écrites de l’un et de l’autre côté. Les tables étaient l’ouvrage de Dieu, et l’écriture était l’écriture de Dieu, gravée sur les tables. )

copyright

Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

Comment une statue n’est pas toujours bien comprise

 

IMG_4059 - Copie

 

Non ! La magnifique statue trônant au centre de Chamonix ne commémore pas cette  première ascension réalisée  par Jacques Balmat et Michel Gabriel Paccard le 8 août 1786. Erreur bien souvent reprise par les  visiteurs, les   journalistes et même aussi par nombre de chamoniards.

 Cette statue représente  Horace Bénédict de Saussure avec  Jacques Balmat,   le docteur Michel Gabriel Paccard y est absent. Pourquoi ?

Regardons les inscriptions :

IMG_1392

A l’avant de la statue :

A  H.B de Saussure – Chamonix reconnaissant –

 

 

 

A l’arrière on lit :

Erigé en MDCCCLXXXVII (c’est-à-dire en 1887) – avec le concours des clubs alpins français, suisse, italien, anglais – l’Appalachian Mountain club de Boston – la société des touristes autrichiens et de l’académie des sciences de Paris.

Et oui! Cette statue fut érigée, un siècle plus tard,  à la mémoire de  Mr Horace Bénédict de Saussure qui parvint au sommet du Mont Blanc en août 1787 (donc un an après la première ascension) avec l’aide de plusieurs  guides dont Jacques Balmat.

Mais pourquoi donc la statue honore-t-elle  de Saussure et non  nos deux chamoniards ?

En 1834 un testament de J.A.  Chenal Joseph-Agricola Chenal, homme politique savoyard de Sallanches, inscrit  dans son testament de mars 1834 que «  seront données quatre mille livres neuve du Pièmont…à la charge de faire élever à la commune de Chamonix un monument en granit d’après les plans et devis d’un architecte renommé et à l’endroit qu’il jugera à la mémoire de Mr Bénédict de Saussure, le premier qui  a fait connaître mes vallées et qui leur a donné la juste célébrité dont elles jouissent . Je veux que l’inscription suivante soit gravée  A Mr Bénédict de Saussure, Chamonix reconnaissant »

Il  est vrai que l’ouvrage  « Voyages dans lesAlpes » de Mr  de Saussure   traduit en plusieurs langues, sera le best seller de l‘époque et nombre de visiteurs se  rendront dans la vallée à la suite de la lecture de cette œuvre.

D‘ où la reconnaissance  de Mr Chenal envers Horace Bénédict  de Saussure qui avait, par ce livre, fait une des meilleures publicités  qui soit pour les Alpes.

Plusieurs projets seront initiés dont un obélisque tiré du granit de la Pierre d’Orthaz. Mais la commune,  en octobre 1840, met fin à ce projet d’autant que l’obélisque a  été endommagé par quelques personnages malveillants.

Ce legs de J.A. Chenal accordé sous le régime du royaume de Piémont Sardaigne devait aussi  être reconnu par  la France devenue en 1860  le nouvel état…

Ce sera chose faite en  1883  avec la précision que la somme devait  être utilisée dans un délai de 5 ans.

Les choses se précipitent. Le legs n’est pas suffisant pour réaliser un monument prestigieux et c’est ainsi qu’une commission est créée pour rassembler  les fonds. Divers clubs alpins participent ainsi au financement de ce monument.

Il est inauguré en grande pompe le 28 août 1887 pour les cent ans de l’ascension du Mont Blanc par Mr Horace Bénédict de Saussure.

AUTRE statue 1 - Copie

C’est ainsi que Chamonix possède un des plus beaux monuments savoyards. Cette statue, représentant  le savant et l’alpiniste, unis par un regard commun en direction  du sommet. Elle est magnifique…

 

Michel Gabriel Paccard n’y figure pas …  Certes …  Mais lors de l’érection de ce monument il s’agissait de commémorer un homme, Horace Bénédict de Saussure. Le sculpteur Emile Sanson a représenté celui-ci avec Jacques Balmat  qui l’avait conduit au sommet.

 Il est vrai cependant qu’ en ces années 1887 on avait un peu oublié le docteur Michel Gabriel Paccard qui,  mort en    1827, s’était fait voler la vedette par Jacques Balmat mort plus tard en 1834.

Paccard et Balmat seront à leur tour honorés,

Copie de Jessica maison de la montagne - Copie en 1875 pour Balmat par une stèle sur le parvis de l’église,

_MG_0225

et en 1932 pour Paccard par un médaillon à l’entrée de l’Hôtel de ville

puis enfin par sa propre statue en 1986 à IMG_6139l’occasion du  bicentenaire de la première 

 

ascension du mont Blanc.

 

 

 

 

 

HISTOIRE ET PATRIMOINE 
CHRISTINE BOYMOND LASSERRE

Un 15 août sur la mer de glace en 1962 ….plutôt drôle ….

Une petite minute de drôlerie à découvrir en cliquant ci dessous 

 

FILM INA Des touristes sur la mer de glace en 1962 …

Comment dans les temps anciens voyageait- on pour arriver à Chamonix ?

FILM DES FRÈRES LUMIÈRE A VOIR EN FIN D’ARTICLE

L’accès à Chamonix fut toujours difficile.

Au XIXème siècle, si l’on arrivait relativement facilement à Sallanches en diligence ,  accéder à la vallée était bien souvent une aventure. En raison du chemin accidenté, traversant nants et torrents, nul véhicule ne pouvait   impunément rouler sur ces chemins trop raides, trop périlleux.

Tableau Eugène Guérard. "la poste de Sallanches à Chamonix" année 1850 - Copyright RMN (Réunion des musées nationaux)

Tableau Eugène Guérard. « La malle poste de Sallanches à Chamonix  » 1850 -Copyright RMN (Réunion des musées nationaux)

Le moyen le plus courant était bien sûr le mulet ou la marche à pied.  Mais parfois les touristes empruntaient un  attelage des plus rudimentaires : le char à bancs, sorte de voiture hippomobile ouverte, à quatre roues, munis de bancs disposés parallèlement aux essieux…pas vraiment confortables !  Et lorsque la pente était trop raide ou trop glissante le voyageur était  prié de descendre du véhicule. On démontait le  char  que l’on remontait ensuite quelques centaines de mètres plus loin.  

Lors de son voyage vers les glacières de Chamonix   l’empereur Napoléon III,   effrayé par cet itinéraire éprouvant, offrit une somme d’argent pour  la construction d’une route carrossable  plus large, plus grande et moins dangereuse.

Ce qui fut fait. La route arriva définitivement à  Chamonix en 1870.

vintageposter-diligences-chamonix_anonyme_1894


Horaires des diligences d Genève à Chamonix AR année 1894. Collection privée

A partir de cette date, très rapidement, les diligences arrivèrent directement de Genève  à Chamonix. Tout d’abord une  par semaine, puis une par jour voire deux ou plus. Elles  quittaient Genève à 8h du matin et arrivaient à Chamonix vers 16h.

923448be3fe15a5b

Diligence au départ de Genève photo carte postale

 

Il existait plusieurs modèles de diligences, plus ou moins grandes en fonction du nombre de voyageurs.

 

D’une manière générale, les voitures étaient divisées en 3 compartiments comportant à l’avant un siège couvert appelé « coupé » comprenant  trois sièges plus celui du cocher,  au centre à l’intérieur une partie appelée  « berline »  pouvant contenir 6 ou 8 personnes, ,  parfois une autre berline située au dessous de cette  première,  à l’arrière un siège appelé « rotonde » pour 3 personnes (mais peu apprécié des voyageurs). Parfois sur le toit se trouvait une banquette appelée impériale.

Diligence Photo Gay Couttet

Les tarifs évidement étaient variables en fonction de l’emplacement du siège dans le véhicule.

Les bagages souvent encombrants  se trouvaient soit en haut, soit dans des coffres à l’avant ou à l’arrière du véhicule.

Pour accéder à l’intérieur de la diligence  on avait besoin d’une échelle. Il existait parfois des marchepieds portefeuilles.

La partie intérieure de la berline était recherchée car plus confortable… Mais plus chère aussi. Elle était habituellement agrémentée de larges banquettes ou coussins rembourrés  de crin animal ou végétal. Il existait aussi un coussin particulier de forme allongée et très souple appelé rouleau  de voyage qui servait à caler les épaules et le cou… On imagine bien volontiers les secousses. On devait arriver exténués !

Les concierges des hôtels

A l’arrivée à Chamonix tous les grooms des hôtels attendaient les voyageurs de pied ferme ! Leur harcèlement était souvent excessif!

 

diligences sur la route

Cinq diligences aux tailles différentes en partance de Chamonix. Copyright Gay Couttet

L’arrivée du train à Saint Gervais accéléra l’arrivée des touristes dans la vallée et parfois l’on pouvait avoir quatre, cinq diligences arrivant directement de ce terminus.

 

Dès que le train arriva à Chamonix en 1901 les diligences cessèrent rapidement leurs voyages.  Et on allait entrer dans une autre période, celle des automobiles à moteur.

 

Copyright Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Grotte naturelle ou grotte artificielle au glacier des Bois ?

mer_de_glace_archive_4

Aquarelle de Samuel Birmann . Collection Payot                                                                                          « La mer de glace et le villages des Pratz en août 1823 »

Dès la fin du 18ème siècle, les premiers visiteurs venus à Chamonix avaient pour habitude  d’aller découvrir la grotte naturelle formée  au niveau de la langue terminale du glacier des Bois et par laquelle jaillissait la source de l’Arveyron.

Le site était particulièrement impressionnant en raison du vacarme provoqué par l’eau qui s’en échappait.

Mr Martel venu en 1742 ( qui donna le premier le nom de « Mont Blanc » à ces monts affreux)  découvre cette grotte dont parlent ses guides, elle a alors 26 mètres de haut.

13217071_1088030934601716_7211064004728117468_o

Aquatinte en couleur de Samuel Grundmann.                                                   Vue extérieure de la grotte de l’Arveyron .1826

Plus tard,  le genevois Marc Théodore  Bourrit, lors de ses nombreux voyages   à Chamonix (entre 1760 et 1790),   aimait beaucoup emmener des visiteurs à la découverte de ce lieu « magique ».

Que vous dirai-je des sources de l’Arveyron ? Rien, assurément qui puisse vous donner l’idée de cette merveille… Imaginez un portique immense en forme de cintre, l’Arveyron sortant en bouillonnant au fond de cette voûte de glace que le soleil embellissait de toutes les couleurs de l’arc en ciel. Des quartiers de rochers, des masses énormes de glaces détachées, environnant cette redoutable enceinte et semblant en défendre l’entrée. Nous pénétrâmes à travers ces débris mais l’Arveyron empêche que l’on puisse pénétrer plus savant. Nous en vîmes assez pour juger de l’enfoncement prodigieux de la voûte et de la beauté de la glace….Cette voûte tombe, s’écroule,  en éclats, chaque année et se ferme, puis reparaît à la fonte des neiges… »

Horace Bénédicte de  Saussure, ce naturaliste genevois qui fit la 3ème ascension du Mont Blanc, en parle comme une excursion facile. Par lui on apprend que l’on   met une heure pour s’y rendre mais il précise qu’il peut y a voir un certain danger, souvent des blocs de glace s’effondrent…

En 1800 elle mesure 32m de haut. En 1816 elle   reçoit la visite des poètes romantiques qu’étaient Byron et Shelley.

La langue glacière à cette époque arrivait au niveau du pas de tir récemment aménagé.

 Cependant, en Suisse,  à Grindelwald, sur le glacier inférieur, une grotte artificielle est réalisée dès 1861. Cette idée germa à Chamonix. Un «étranger » propose  d’en creuser une au glacier des Bois. L’autorisation lui fut  refusée par la mairie mais une année plus tard une concession est donnée aux guides Jean Marie et Michel Couttet. Le projet aboutit durant l’été 1863. On creuse une galerie de 26 m qui conduit à une rotonde. A côté existait une crèmerie appelée « Au Touriste ».

Ce fut la première grotte artificielle de Chamonix.

Photos de la grotte  à découvrir dans l’ouvrage de Rémi Fontaine « Chamonix et ses glaciers. les premières images ».Page 122 et 123

En 1868, Théophile Gauthier passe quelques jours à Chamonix. Dans son livre Vacances du Lundi il écrit :

glacier_des_bois_a..On arrive en serpentant à travers des blocs de rochers en désordre, de flaques d’eau sur lesquelles sont posées des planches …Un guide qui se tient dans un petit chalet décoré de photographies, nous mena voir, un peu malgré nous, la curiosité qu’il exploite. On paye cinquante centimes par personne. Ce n’est pas cher sans doute mais cela vous détourne de votre but. C’est une sorte de cave d’azur, un trou dans le flanc du glacier, que nous soupçonnons fort d’avoir été élargi et régularisé de main d’homme. A l‘entrée  le jour pénétrant l’arcade de glace produit un effet assez magique. On avance suivant dans la boue une planche étroite et protégé par un parapluie de coton contre les gouttelettes qui tombent  de la voûte avec un tintement sonore. Quelques chandelles grésillantes, placées de loin en loin, jouent de leur les feux de Bengale et tâchent inutilement de donner à cette caverne humide un aspect féerique. On revient sur ses pas et l’on se trouve avec plaisir hors de cette atmosphère moite et glaciale.

Le tour est fait et vous êtes libre d’aller admirer à quelques pas la grande arche de cristal par laquelle l’Arveyron sort en bouillonnant du glacier impatient de se produire à la lumière après avoir si longtemps cheminé …

1867 voit le  renouvellement du bail  .

En 1869 Venance Payot évoque une galerie de 100 mètres de long difficile à réaliser. Ensuite il n’y aura plus de grotte artificielle .La grotte naturelle disparaîtra elle aussi…grotte de l'arveiron vers 1865

 

Bossons-GC

Grotte glacier des Bossons

La grotte du glacier des Bossons creusée vers 1865, facile d’accès  devient la grotte la plus connue de la vallée.

On oubliera définitivement la grotte du glacier des Bois

 

 

 

@Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond lasserre

Stèle à la mémoire de Charles Edward Matthews (1834 -1905)

 

 

_MG_1838Dans le parc de l’ancien Grand Hôtel Couttet et du parc, parmi les ronces et les herbes hautes  se trouve une stèle dont l’inscription est devenue illisible. Menacée par le non entretien, l’oubli et  l’indifférence cette stèle cependant rappelle les liens étroits d’une vieille famille hôtelière chamoniarde avec ses clients anglais.

Taillée dans le granit cette stèle est sculptée d’un poème dédié à Charles Edward Matthews qui oeuvra  avec son frère William à la fondation de l’Alpine club  en 1857.

Il en fut le président de 1878 à 1880. Pendant plus de 40 ans il arpenta les Alpes, grimpa avec les meilleurs de son temps dont Leslie Stephen ou Whymper .Il réalisa  quelques premières et fit, entre autre, une douzaine de fois l’ascension du Mont Blanc. De cette expérience il écrivit en 1898  une monographie du Mont Blanc intitulé «  les Annales du Mont Blanc » en y faisant un historique détaillé, décrivant avec moult détails les diverses voies d’accès sur ce sommet mythique.

Si il se rendait en Suisse régulièrement il ne pouvait se passer de Chamonix et son lieu de résidence était cet hôtel réputé de l’époque « le grand hôtel Couttet et du parc ». Ici les alpinistes anglais  avaient pour habitude depuis près d’un demi-siècle  de résider dans cet hôtel confortable et où l’accueil était toujours chaleureux.

A sa mort l’Alpine Club admiratif de cet homme exceptionnel décida d’y installer une stèle à sa mémoire dans le parc de son hôtel préféré Et est inscrit en latin …

« Les amoureux de la montagne

A un amoureux de la montagne

Les membres de la fraternité alpine

A un de ses membres

Les frères à l’un de ceux qui ont

Assisté les fondateurs

Les amis à un amis très sur

Il s’en est allé pleurer partout. »

 

En 1907, l’Alpine Club de Londres a fait ériger cette stèle en l’honneur de l’un des siens, parmi les meilleurs, dans le jardin de l’hôtel Couttet.

 Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de Chamonix

 

athews

Les façades changeantes de l’église de Chamonix

église c1 - Copie

photo carte postale

Depuis le XIIème siècle,  Chamonix possède une église.  Elle ne fut  tout d’abord  qu’une chapelle pour les Bénédictins installés dans la vallée par les comtes de Genève,  construite selon  l’orientation traditionnelle  Est- Ouest.

De par son emplacement, elle est au cœur de la vie chamoniarde.  Ici  ou à ses abords immédiats se déroulent nombre de cérémonies, réunions publiques.  Les chamoniards défendent leurs intérêts à l’intérieur même de cet édifice dont ils ont la charge. Elle est détruite par un incendie le 4 décembre  1583… «La maison et l’église du prieuré qui furent harses et bruslés ». On entreprend de nouveaux  travaux en 1587.

 Elle est  reconstruite si sommairement qu’en 1606, lors de la visite de l’évêque Saint François de Sales, celui-ci en note l’état de  délabrement.

Probablement trop vétuste et devenue insuffisante ou exigüe,  elle est reconstruite de 1702 à 1709 dans son orientation  actuelle*, par des maîtres italiens originaires du Valsesia,  aux frais des paroissiens, hormis le chœur que financent les chanoines de Sallanches. Seul est conservé l’ancien  clocher.

index - Copie

Image collection Viatimages

L’église est de style baroque. Elle  est consacrée le 8 septembre 1714. Le nouvel évêque remarque sa « magnificence » et la considère comme une des plus belles églises de son diocèse. Plus tard,  en 1758 un nouveau et violent incendie détruit la charpente et une grande partie du mobilier. L’église perd alors son décor typique du XVIIIème siècle.

Au  XIXème, la vallée s’ouvre au tourisme, l’église s’orne alors d’un décor empire qui subsistera jusqu’en 1926. Détériorée par les nombreuses infiltrations d’eau, l’église sera peu à peu dépouillée de son ornementation. Ne seront conservés  que le retable principal et les retables latéraux.

16092015 - CopieSi l’aménagement intérieur  varie avec le temps et les modes, il en est de même pour sa façade extérieure qui d’une façade baroque magnifique (élevée en 1709), passe  en 1840 à une  façade composée d’un péristyle avec fronton triangulaire, celui-ci  reposant sur 4 colonnes. Cependant,  on remarque  à l’arrière les restes du décor baroque.

Ceci pour  une quarantaine d’année  seulement car dès 1862, voulant rajouter une travée à l’église (afin de pouvoir recevoir plus de monde) sous les recommandations d’un architecte annécien Mr Camille  Ruphy,  on modifie  à  nouveau   son aspect extérieur.

rue vers église avec bureau des guides

photo  RMF  –  Copyright résrvé

A l’époque,  Chamonix découvre et exploite depuis peu le granit, pierre si dure à travailler. La porte est ainsi agrémentée  d’encadrements de granit mais également  de lourds pilastres  qui ceinturent la façade orientée vers le sud. C’était une grande nouveauté pour l’époque.

Cette façade est toujours la façade actuelle.

L’église de Chamonix sera classée monument historique en 1979 après le passage de monsieur le président de la république Mr Valery Giscard d’Estaing.

_MG_1690 - Copie

 

*La première église du XIIème  fut construite dans le sens est- ouest. On ne connait pas à ce jour son aspect. Elle sera reconstruite au XVIIIème dans l’orientation que nous lui connaissons.

 

Edité par Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

En1924 à Chamonix les premiers jeux olympiques d’hiver

Public au stade olympique devant la tribune officielle. Photo Auguste Balmat

En ce 5 février 1924,  se clôturaient les premiers jeux olympiques d’hiver, et c’était à Chamonix. A l’époque on l’appelait la Semaine Internationale des Sports d’Hiver de Chamonix Mont Blanc. Elle prendra plus tard le nom de Jeux olympiques d’hiver. Après la décision de choisir Chamonix pour accueillir la semaine internationale des sports d’hiver, en seulement un an, les différentes installations sont construites.

La patinoire olympique en forme d’anneau, qui servira de stade olympique pour la cérémonie d’ouverture est bâtie. Une surface de 27660 m2 de glace est préparée, comprenant également une piste de course et un terrain de curling, nécessitant la construction préalable d’un mur de béton soutenant un remblai destiné à endiguer la rivière et des conduites d’eau sont aménagées pour alimenter la surface de glace.

 

 

 

Le tremplin de saut est construit au lieu-dit « Le Mont » près du Glacier des Bossons. Il fera 79m de longueur et devra permettre de réaliser des sauts à 60m et plus.

 

 

 

 

La piste de bob longue de 893m et comportant 19 virages est installée aux Pèlerins, sous l’Aiguille du Midi nécessite une grande précision pour l’inclinaison des virages. Elle est réalisée non sans difficultés en pierre de maçonnerie en attendant son enneigement.Pour cette première compétition multisports dans la vallée de Chamonix, 258 athlètes (245 hommes, 13 femmes) représentant dix-sept nations sont présents : Autriche, Belgique, Canada, Etats-Unis, Estonie, Finlande, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Italie, Lettonie, Norvège, Pologne, Suède, Suisse, Tchécoslovaquie et Yougoslavie. Ce fut un réel succès. Celui-ci fut  assuré par des journalistes venus de l’Europe entière, mais aussi des USA.

Lecouple Andrée Joly et Pierre Brunet : médaille de bronze

 

39 Français participent aux diverses compétitions dont deux femmes.L’une d’elle,  Andrée Joly,  gagnera la médaille de bronze de patinage en couple avec Pierre Brunet. De nombreux abandons sont à noter en raison soit du froid intense soit d’un niveau trop bas des concurrents  pour certaines disciplines.

 

 

 

 

15 compétiteurs  hommes sont originaires de Chamonix.

On répertorie 16 épreuves parmi les activités sportives les plus pratiquées de l’époque : Patinage : artistique, vitesse,  hockey. Curling. Bobsleigh.

 

Ski de fond : 18km-30km-50km.  Les 50km est  l’épreuve la plus éprouvante pour les concurrents. Il fait très froid ce jour là. De nombreux abandons sont à noter.

Combiné nordique (ski de fond + saut).

Epreuves militaires (ski de fond + tir).

Saut à ski.

 

 

 

Le ski alpin ne fait pas encore partie de ces jeux d’hiver. Bien que Chamonix ait en 1908 organisé des  compétitions de ski,  cette discipline   n’est pas encore retenue  par les instances olympiques. A l’issu de la semaine, la France a  récolté trois médailles de bronze. Une en patinage artistique couple, une en curling et la troisième  en patrouilles militaires avec les concurrents chamoniards les frères Mandrillon. La France ne sera que la 9ème nation sur 16. La Norvège première nation de tous les états représentés  récoltera  4 médailles d’or, 7 d’argent et 6 de bronze.

Le maire Jean Lavaivre soutenu par les hôteliers chamoniards aura donné toute son énergie à défendre la candidature de Chamonix. Il avait compris l’importance de ces jeux qui seront une immense promotion pour la station chamoniarde face aux stations suisses comme Davos ou saint Moritz. Les chamoniards auront participé avec beaucoup d’énergie et de sens du bénévolat … afin que ces jeux soient une réussite.

Un joli souvenir dans l’histoire locale des débuts des sports d’hiver.

Film tourné en 1924 lors des jeux olympiques d’hiver de Chamonix

Sources : « La mémoire des Jeux Olympiques » de Pierre Vitalien. Livre édité par les JO : les VIIIème olympiades à Paris.
site : http://www.olympic.org
 Christine Boymond Lasserre
 Histoire et patrimoine de Chamonix

Les Soldanelles (2) :

Soldanelles filles

carte postale

 

Suite à l’article sur les préventoriums des Soldanelles et Miremont j’au reçu de nombreux mails de  réactions d’anciens « jeunes malades ». Certains de ces courriers sont effectivement intéressants aussi  je vous propose de partager avec vous quelques uns de ceux-ci.

Tous parlent avec émotion de ces moments passés aux Soldanelles au pied du Brévent. Beaucoup se souviennent de l’extrême gentillesse de Mr et Mme Aulagnier. Leurs souvenirs d’enfants sont touchant voire poignants. Je ne peux m’empêcher de vous les transmettre.

 

miremont 2Bonjour Madame, j’ai trouvé par hasard  votre communication sur le préventorium des Soldanelles, duquel j’ai été pensionnaire de Mars à Juin 1964 à l’âge de 13 ans Cela m’a permis de revivre avec émotion ces quelques mois passés à Chamonix, de revoir le docteur Aulagnier, son épouse – ils étaient très gentils tous les deux, le Miremont où nous passions nos radiographies et les visites médicales, enfin plein de souvenirs, de visages et de noms, des anecdotes qu’il faudrait que j’écrive un jour sur la vie dans cet établissement. Je l’ai recherché lors d’un séjour à Chamonix vers 1995 mais les bâtiments n’existent plus, remplacés par des immeubles d’habitations de masse. Merci Madame de m’avoir donné l’occasion de me remémorer tout cela,

——————————————————————————————————

Madame,

Merci de votre disponibilité. Je vous confirme donc que mon père, le Dr Armand Olivennes ( a l’époque Oliewenstein) a été gardé pour une primo infection tuberculeuse au sana des Soldanelles. Il y est resté pendant plusieurs mois (ou années??) et a été caché dans un grenier par le Dr Aulagnier lors d’une (une c’est sur ou plus??) rafle a la recherche d’enfants juifs (par des français ou allemands?). 

Je recherche donc la famille de ce Dr Aulagnier. 

Si vous avez des informations sur les prénoms des enfants Aulagnier, je suis intéressé. Peut être par l’état civil de la mairie de Chamonix. 

Bien a vous. 

Pr François OLIVENNES

—————————————————————————————-
Livre  « L’autre éducation sentimentale » de Pierre-Jean REMY, de l’Académie française, qui raconte son séjour aux Soldanelles en 1951, à partir de la page 70  jusqu’à la page 85.

——————————————————————————————————————————————————-

En tant qu’ancien pensionnaire, J’ai pris connaissance de votre page sur les préventoriums le Miremont et les Soldanelles avec émotion…

Christian Leygnier

———————————————————————————————————————————————————

SOUVENIRS DE MON SÉJOUR AUX SOLDANELLES,

préventorium de Chamonix, de mars à juin 1964.

Comte DP

Si je dois remonter le fil de ma mémoire pour me remémorer ce court séjour en Haute-Savoie, je me revois d’abord quittant un soir le port de Marseille avec Maman, disant adieu à Papa et à mes frères et sœurs qui nous avaient accompagnés depuis la Corse jusque là, pour rejoindre la Gare Saint-Charles en exergue d’un voyage nocturne dont la perspective ne m’enchantait guère…Une atmosphère fébrile enveloppait alors l’immense halle métallique, un brouhaha de cris, de sifflets, des porteurs qui se bousculaient, s’invectivaient, des voyageurs pressés, la fumée de quelques locomotives bruyantes dont les tampons s’entrechoquaient violemment contre des wagons ou des butoirs, rien de rassurant pour un gamin de treize ans qui venait tout juste de quitter sa montagne natale et qui se préparait à sa première séparation d’avec le cocon familial.

Depuis plusieurs mois je traînais avec  une mauvaise toux, assez légère mais accompagnée d’une petite fièvre qui avait inquiété mes parents. N’avions-nous pas avec nous notre grand-oncle paternel, dont on disait qu’il était poitrinaire, et dans les bras duquel j’étais toujours fourré, souvent pour écouter à la radio une émission qu’il affectionnait particulièrement, « Les Grandes Voix Humaines », les grands airs d’opéra que j’ai grâce à lui appris à aimer…De fait, au cours de l’année 1963, j’avais appris à l’Institution Sainte-Marie que ma cuti-réaction à la tuberculine était devenue positive et il avait fallu dès lors, d’examen en examen, de radiographie en radiographie, se résoudre à l’idée qu’une « primo-infection » tuberculeuse était à l’œuvre. Nous étions même venu consulter, à Marseille, l’éminent professeur de Lannoy, un ami de Papa, chez lequel on m’avait pratiqué une des toutes premières tomographies, examens qui confirmaient la nécessité d’un traitement au P.A.S. ( Para-Amin salicylate de Sodium ) , sorte de granulé amer qu’il me fallut ingurgiter plusieurs fois par jour, juste avant les repas, durant des mois, sans qu’une amélioration ne se dessinât vraiment.

Lire la suite

Récit d’une ascension du Mont Blanc en 1825

Markham Sherwill capitaine de l’armée royale britannique découvre la vallée de Chamonix en 1825.

Il fait  l’ascension du Mont Blanc le 25-26-27 août de cette même année.

Il publie alors  les détails de cette ascension qui à l’époque n’était pas encore devenu  » a la mode ».

L’association des Amis du Vieux Chamonix possède cet ouvrage  de 1827.

La BNF ( bibliothèque nationale de France) l’a numérisé …

Un petit trésor à lire ci dessous .Il vous suffit de feuilleter le livre en passant votre souris sur les flèches.

Possibilité de lire en mode plein écran en cliquant sur l’icône du dessous 

 

 

error: Contenu protégé !