Category: Découvrir l’histoire de Chamonix

Récit d’une ascension du Mont Blanc en 1825

Markham Sherwill capitaine de l’armée royale britannique découvre la vallée de Chamonix en 1825.

Il fait  l’ascension du Mont Blanc le 25-26-27 août de cette même année.

Il publie alors  les détails de cette ascension qui à l’époque n’était pas encore devenu  » a la mode ».

L’association des Amis du Vieux Chamonix possède cet ouvrage  de 1827.

La BNF ( bibliothèque nationale de France) l’a numérisé …

Un petit trésor à lire ci dessous .Il vous suffit de feuilleter le livre en passant votre souris sur les flèches.

Possibilité de lire en mode plein écran en cliquant sur l’icône du dessous 

 

 

Les ardoises et les pierres meulières des Posettes

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Lors de cette promenade magnifique conduisant aux Posettes  nous profitons d’un des paysages les plus somptueux de notre vallée.

 Ici sur les flancs des divers chemins conduisant aux sommets les hommes y ont laissé leurs marques. Témoignages d’une période révolue et qui fut si dure !

Les ardoisières des Posettes

Tout le monde connait le coin  dit des ardoisières. Ici  Vallorcins,  Montrottis,  torzerains depuis 1838 et durant   près de 100 ans ont travaillé  là été comme hiver. Ces ardoises grises étaient utilisées tout d’abord pour recouvrir les sols des fermes chamoniardes,  mais on abandonna ce type d’exploitation car trop fines. On eut alors l’idée de les polir afin de commercialiser des ardoises pour recouvrir les toits. Abandonnées pendant la première guerre mondiale,  les carrières sont ré ouvertes.

restes des  baraquements des ouvriers Photo Mathieu Petetin geologie-montblanc.fr

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En 1921 une vingtaine d’ouvriers travaillaient sur  2 carrières produisant 430 tonnes d’ardoises. Celles-ci  étaient expédiées dans l’est du pays dont les mines d’ardoises avaient  été totalement détruites par les combats.

 

Jules Cachat  construisit en 1922 un petit téléphérique reliant les ardoisières au village du Tour qui permettra de descendre ces ardoises  plus rapidement et avec plus de sécurité.

Témoignage de Aimé Ancey de Vallorcine (revue la météorologie N°52)

….Dans ma jeunesse, j’étais cultivateur, comme tout le monde ! On avait des vaches… Après la première guerre, j’ai travaillé là-haut, aux Posettes, dans les ardoisières. Je n’y suis pas retourné depuis 1927. Il y avait un grand bâtiment…Un téléphérique montait et descendait les ardoises. Nous autres, nous montions à ski l’hiver. On travaillait tout le temps, été comme hiver. On montait le lundi, on redescendait le samedi….

Vers 1935 le dernier exploitant  livrait encore d’importantes quantités d’ardoises pour écoliers. Ce sera la fin des ardoisières (Paul Payot « au royaume du Mont Blanc).

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Entrée de galerie Photo Mathieu Petetin geologie-montblanc.fr

Des galeries toujours existantes mais dangereuses restent le témoignage de ces mines, au dessus subsistent les ruines de ce bâtiment  ou logeaient ces ouvriers. Hébergement bien précaire mais qui permettaient à ceux-ci de ne pas avoir  à descendre dans la vallée chaque soir.

Plus tard d’autres ardoisières furent exploitées près de l’ancien alpage du Chenavier. Ces ardoises vertes, plus délicates exploitées par Mr Cretton durant une vingtaine d’années après la seconde guerre serviront essentiellement à recouvrir les  toits des  greniers de la vallée. Elles étaient transportées au haut du village de Montroc par une sorte de petit téléphérique. On peut encore apercevoir la carrière lorsque l’on emprunte le chemin vers les Posettes  entre le Chenavier et la bifurcation vers le sommet.

 Mais par ailleurs  savons-nous qu’au Chenavier ainsi qu’au lieu dit des Chaleyres aux Posettes  dans une pente recouverte maintenant  de  rhododendrons, on exploitait là des veines de conglomérat  dont on faisait des pierres meulières.

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Pierre meulière enfouie photo Mathieu Petetin geologie-montblanc.fr

Elles  servaient probablement  aux nombreux moulins répartis dans la vallée. Ces pierres taillées sur place sont magnifiques. Il faut les chercher noyées dans les rhododendrons. Elles  pèsent de 500kg à 1 tonne ! Comment donc ces hommes pouvaient ils travailler sur ces blocs de pierre ? A quel moment et pendant combien de temps a-t-on exploité ces carrières ? Et surtout comment donc pouvaient-ils les transporter ? Elles ne pouvaient être portées par les  mulets… on imagine la charge ! Peut être en fin d’hiver  en les faisant glisser dans la neige ? La mémoire collective l’a t’elle oubliée ?

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Piere meulière récupérée aux chaleyres par Roland Cretton

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Quel travail ahurissant ! On ne peut qu’être admiratif devant ce travail d’hercule que réalisaient nos anciens. Ne l’oublions pas. Et mettons en valeur ces carrières qui sombrent dans l’oubli.

 

 Aux Posettes  ce versant se caractérise par des bandes de terrains carbonifères constitués de schistes ardoisiers et de grès conglomératiques tiré du site :

a consulter sur le site : http://www.géologie-montblanc.fr .

 

Bonjour je viens de revisiter en détails votre site web. Etant passionné par le patrimoine. Je me permet juste une petite remarque au sujet des Posettes. Une carrière d’ardoise n’est pas une Mine. Ce sont deux choses très différentes. Les ardoisières sont des toutes des carrières. Qu’elles soit exploitées à ciel ouvert ou par galeries. Une carrière souterraines se compose de galeries le plus souvent ouvertes pour atteindre les couches de schistes ardoisiers. C’est à dire qu’elle traverse des parties qui séparent la couche de la surface. Une fois que ces galeries trouvent la couche des chantiers (sortes de chambres d’exploitations) sont ouvertes. Le meilleur exemple était les ardoisières de Montvauthier . Cette carrière à été exploité d’une façon quasi industrielle. Les galeries (à un endroit précis de la carrière) traverses la pierre de qualité médiocre. Puis elles longent une couche d’ardoises et de masses gréseuses. Tout les chantiers furent ouverts le long du massif gréseux. Les chantiers se nommaient  »chambres » voir  »Carrel ». Les blocs d’ardoises étaient exploités dans les chambres puis extraits par les galeries. Plusieurs types de galeries: Puis amener à l’atelier des fendeurs. Le principe était le m^me à celle des Posettes. Seules l’échelles des travaux varie. Les Posettes est plus une carrière dite artisanale. Voila j’espère que ce petit courrier vous apportera des infos pouvant répondre à votre attente. Cela n’enlève absolument rien bien à la grande qualité de votre site si passionnant.

Stéphane Briand

 Edite par Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine Chamonix Mont Blanc

La villa de la Tournette connait une nouvelle vie

 

Tournette 2015

Construite et occupée  par les frères Couttet et leurs descendants,  puis par Mr Maurice Herzog, elle fut rachetée par la mairie en  2000. Abandonnée une dizaine d’années  et souvent squattée, puis restaurée par la municipalité,  elle est à ce jour confiée à André Manoukian pour en faire une Maison des artistes.Maison des artistes

Le musicien  s’engage  à  la faire vivre,  avec des concerts ouverts à tous.

C’est une belle renaissance pour  une maison de caractère.

Joseph et Jules Couttet *seraient certainement heureux  et fiers  de la magnifique restauration  effectuée sur  leur villa la Tournette.

Joseph, sur la fin de sa vie,  rêvait d’en faire un musée. Il affectionnait tout particulièrement cette magnifique maison qu’il avait construite  avec son frère Jules  dans le parc dépendant du Grand Hôtel Couttet et du Parc.Ce ne sera pas un musée mais un temple de la musique.

La maison   a une forme vraiment étrange,  tout à fait étonnante dans le contexte chamoniard. Elle repose sur une base solide en granit, et s’élève en forme pyramidale vers l’épi  de faîtage. Les façades sont protégées à l’est et au sud par une galerie de plain pied constituée d’une élégante et fine colonnade en bois. Le plus  inhabituel   est sans conteste, vu de l’extérieur, la répartition des fenêtres dans la toiture  qui laisse deviner l’agencement intérieur.

  On admire ici l’art des angles, des pans coupés, des cercles, des arrondis et des octogones.

girouetteEn son sommet tournoie  une girouette empreinte  d’histoire représentant  les deux frères en ski  de fond.  La légende raconte qu’ils auraient rapporté d’un voyage en Norvège, avec le docteur Michel  Payot,  les premiers skis dans la vallée.

Construite en 1926,  la Tournette  se rattache à l’esprit original  des années de la Belle Epoque et des Années folles. On y lit une architecture  dans laquelle on retrouve la fantaisie de l’art nouveau et la géométrie de l’art déco.

La commande n’aurait elle pas été faite avant la guerre, (les plans font penser à la période avant guerre) mais celle ci a peut être  contraint les frères à différer leur projet .    C’est une question que l’on peut se poser. on sait que Joseph Couttet a passé une grande partie de la guerre dans les tranchées)

05 09 FACE CUISINE - CopieLes plans sont signés par Mr Debry,  architecte de la ville de Chamonix,  auteur de nombreuses réalisations dans la vallée.Le graphisme des plans, incroyablement  détaillés, est  remarquable. Ils sont exposés au sous-sol de la maison. 

05 09 FACE CUISINE - Copie (2)

Détail ravissant d’un des plans

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Tournette à sa construction sans la girouette 5

Villa les Améthystes en 1926collection privée

 

 

 

A sa construction la maison prit le nom de « Villa des Améthystes »  mais l’orthographe en étant trop complexe on lui donna le nom de  Tournette. Pour quelle raison ? Nul ne le sait.  Y-a-t-il un lien avec les rochers de la Tournette sur le chemin du Mont Blanc ?

Dégagée des haies et des arbres  qui  l’étouffaient, la villa est maintenant bien visible aussi  bien  de l’entrée du parc que de l’avenue des Allobroges qui la longe au sud.

A l’intérieur,  l’ambiance feutrée  de l’origine est   préservée, les volumes restent les mêmes et la décoration mêlant l’ancien et le moderne est une réussite. Bravo au jeune talentueux décorateur chamoniard Victor Armand  qui a su restituer   l’âme particulière de cette maison.

Ici seront donnés régulièrement des concerts ouverts à tous,  André Manoukian l’a promis. Le studio d’enregistrement High Tec  aménagé dans l’ancienne  cave offrira la possibilité aux groupes voulant faire des enregistrements de venir le faire à Chamonix, en échange de quoi  ils seront logés dans les chambres des étages supérieurs et devront donner des concerts au sein de cette Maison des Artistes.

Ambitieux, André Manoukian rêve d’en faire une « Villa Médicis » chamoniarde. Le rêve est permis.

 

Mais qui étaient donc Joseph et Jules Couttet :

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Joseph Couttet et sa femme Aimée à Venise en 1926

Jules et Joseph Couttet étaient les fils du fameux guide et hôtelier François Couttet dit « Baguette ». Ce François,  après avoir construit dès 1868 une pension,  construira en 1880 le Grand Hôtel Couttet et du Parc. Il aura cinq enfants qui marqueront à leur tour toute l’histoire hôtelière de la Belle Epoque aux années Folles.

Joseph était le second, Jules le dernier. Ensemble, au décès des parents,  ils tiendront l’hôtel, et ensemble ils construiront cette magnifique villa.

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Le docteur Michel Payot

Joseph ami du docteur Michel Payot fut un des promoteurs du sport d’hiver à Chamonix. Il contribua à y importer le ski tout au début du siècle par le truchement des skieurs de l’armée norvégienne avec qui il organisa les premiers sauts à ski au tremplin des Frasses.

Simultanément Jules et Joseph mirent sur pied avec leur beau frère Jean Lavaivre, maire de Chamonix l’organisation hivernale de la station et créèrent coup sur coup la première patinoire, la piste de bob et les premiers itinéraires de ski de printemps. Tous deux seront très actifs dans la vie chamoniarde et œuvrant avec insistance pour la création des premiers jeux olympiques de 1924.Leurs soeurs mettront en route trois hôtels fameux à chamonix, le palace du Savoy, l’hôtel des Alpes, l’hôtel du Beau Site.

Joseph Couttet fut un alpiniste passionné et rien de ce qui touchait à la montagne ne le laissait indifférent.

Les deux frères meurent tous deux en 1961 à l’age de 91 ans pour Joseph et 86 pour Jules.

 

                                                                 

 Edité par Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de Chamonix

 

 

A Chamonix pourquoi une rue de la Tour ?

 

Chamonix et le mont Blanc goauche Louis le Bleuer collection Fond Payot

Chamonix et le mont Blanc
goauche Louis le Bleuer
collection Fond Payot

Dans les temps anciens, en arrivant du prieuré,  le seul passage possible pour passer sur la rive gauche  était la passerelle  alors située à l’emplacement du pont actuel,   ensuite  le chemin se faufilait parmi les prés.  .

Traditionnellement,  ce chemin était le passage obligé emprunté par tous.

Dans Chamonix, aucun autre passage  ne permettait de passer sur l’autre rive. Le chemin traditionnel  est devenu rue. Elle  a vu passer durant des centaines d’années chamoniards et visiteurs.  Elle porte actuellement le nom de rue de la Tour.

Ici au 19ème, à la place du casino actuel (l’ancien Hôtel Royal),  se situait un hôtel appelé l’Hôtel de la Tour.  Indiqué dans les premiers guides touristiques évoquant Chamonix, il était tenu dans les années 1825-1830 par un certain Bossonay.

Jean Dubois - Copie

Gouache jean Dubois –  Collection Fond Payot

Sur une des gouaches  réalisées  par Jean Dubois (le mont Blanc vu de Chamonix),   on distingue sur la  rive gauche de l’Arve,  peu habitée à l’époque,  quelques maisons. Sans doute  l’hôtel de la Tour occupait-il  une de ces bâtisses typiquement chamoniarde.

Mais pourquoi un hôtel de la Tour ? Etait ce en raison de la tourelle  d’observation située sur le chemin du Folly ? Non ! Celle-ci,  dressée plus tard,  n’existait pas encore.

Il faut peut être remonter dans l’histoire locale, plus précisément fin 15ème , début 16ème.

En ces temps la vallée de Chamonix,  bien que dépendante de l’abbaye de st Michel de la Cluse,   était régentée par une famille qui donna plusieurs prieurs : la famille de la Ravoire.

L’un de ceux ci, Guillaume, essaya à maintes reprise de s’accaparer tous les droits acquis par les chamoniards. Il n’eut pas la vie facile si l’on en juge par les démêlés qu’il eut avec ceux-ci !

Mais,  voulant asseoir son pouvoir avec force,  n’aurait-il pas dressé une maison forte dans Chamonix ? Pourquoi pas, sachant que ce prieur cherchait à s’approprier les droits de justice qui étaient alors attribués aux syndics ?  Dans l’ouvrage d’André Perrin  » l’histoire e la vallée et du prieuré de Chamonix » on parle à propos de la nomination des procureurs représentant l’assemblée chamoniarde cette.. »‘élection avait lieu au Crettet, près de la tour de la Ravoire … »Crettet étant la colline du Couttet actuel.

C’est une  gravure de 1806  de Jean Philippe  Link « Vue du bourg… »     qui nous éclaire. Effectivement ce document représente Chamonix,  mais en zoomant  on distingue,  au fond,  très nettement,  sur une colline ?????????(certainement la colline du Couttet),   les ruines d’une tour.

Il y a de fortes chances qu’au début du 19ème siècle subsistaient les ruines de cette maison forte. Les chamoniards l’appelant la Tour,   il est probable que Mr Bossonay ait alors construit son hôtel au pied de celle-ci  et lui donna ainsi ce nom, aujourd’hui  mystérieux pour tous.

Cet hôtel de la Tour sera détruit en 1843 et à sa place édifié un nouvel hôtel : le Royal.

 De cette Tour il ne subsiste  maintenant que le nom de cette rue ?rue de la tour

Mais qui l’avait remarqué ?

 

 

 

 

Edité par Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine Chamonix Mont Blanc

Deux anciens preventorium à Chamonix : le Miremont et les Soldanelles

miremont 2A la vue de ce joli bâtiment construit dans la montée  de la Mollard, on se dit que ce grand édifice  a dû,   à une époque, abriter  un hôtel,  voire une grande villa de vacances familiales.

Le Miremont  héberge en 1933  un préventorium, sous l’impulsion d’un médecin  pédiatre,  le docteur Robert Aulagnier. Celui-ci,  atteint de tuberculose pulmonaire,  constata que de nombreux sanatoriums  pour adultes existaient au Plateau d’Assy,  mais qu’aucun n’était réservé aux enfants.

 

 En  1923 déjà le docteur Tobé, spécialiste de cette terrible maladie,  avait créé   dans les anciens chalets de la Côte de Violet Leduc, un premier préventorium *. Mal accueilli par la municipalité de l’époque ( on craignait le développement d’une épidémie), il abandonne Chamonix , s’installe au Plateau d’Assy, afin d’y lancer le grand programme des sanatoriums,  financé par la famille Rockefeller qui soutenait  à l’époque la lutte anti tuberculeuse en France.

preventorium soldanellesSon projet chamoniard  initial  est  alors repris par le docteur Aulagnier qui tout d’abord ouvre le Miremont en 1933,  puis  acquiert  en 1937 les  maisons de la Côte qui deviendront le préventorium des Soldanelles, établissement   dédié aux  soins de que l’on appelait la « primo-infection »  tuberculeuse*.

Dans les deux bâtiments  le docteur Aulagnier pouvait recevoir 200 enfants.

pages couvertureOn comptait 55 lits au Miremont et 144 aux Soldanelles. Jusqu’en 1970,  les deux établissements ont fonctionné à plein régime. Mme Aulagnier prendra la suite après le décès de son mari jusqu’à la fermeture des établissements en 1977. La médecine avait fait de réels progrès :  le BCG avait été découvert, mettant à l’abri nombre d’enfants,  et les traitements antituberculeux avaient permis les traitements à domicile.

Certains se souviennent encore de ces enfants se promenant l’après midi dans le champ du Savoy ou l’hiver faisant de la luge sur les pentes toutes proches.

pages 3 et 4

 

Ces maisons médicalisées, dirigées par un médecin, assisté d’infirmières et  de monitrices d’enfants,   ont permis à des milliers  de bambins venus de toute la  France de se soigner au soleil et au bon air chamoniard.

 

 

A noter qu’à Chamonix deux autres établissements ont eux aussi accueillile prieuré 2  beaucoup d’enfants  en soins  de primo infection : le « Prieuré » créé par le docteur Chabanolles  en     et le « Grand Couttet ».

 

* Maladie encore bénigne qui résulte du premier contact avec le bacille de Koch.

 

Histoire et patrimoine Chamonix

Edité par Christine Boymond lasserre

Le cimetière du Biollay : l’âme de Chamonix

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 Cliquer ci dessous : vidéo réalisée par TV8 Mont Blanc

Vidéo après les 30 secondes de publicité 

 

Vidéohttp://replay.8montblanc.fr/watch.php?vid=a8be5212a

 

 

 

 

Belle surprise près du Col de Balme : une borne du XVIIIème siècle

Nos randonnées chamoniardes nous réservent  parfois de belles surprises !

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Combien de fois sommes nous allés avec enfants, petits enfants ou amis au col de Balme pour une balade dominicale Le site est  magnifique, la randonnée est facile, c’est toujours un plaisir de parcourir ces crêtes  d’où le panorama est  exceptionnel. Le plus  souvent nous empruntons les chemins balisés.

 Si l’on s’en écarte un tant soit peu, en longeant  tout simplement la ligne de crête qui court de la tête de Balme vers le col des Posettes,  nous   buttons sur deux  bornages   dressés au cours des siècles passés  sur cette  ligne frontalière. Ils marquent l’emplacement exact de la frontière entre la France et la Suisse.

 

Borne à la tête de Balme

Borne à la tête de Balme

 

Certes nous connaissons la borne située au col de Balme  avec l’inscription France d’un côté et Suisse de l’autre. Ou encore celle de la Tête de Balme avec un F et un S. Toute deux  réalisées en 1891 au temps où le gouvernement   érigea le long de ses frontières ces bornes de granit afin d’en préciser ses nouveaux contours.

 

Borne côté France

Borne côté France

Mais ici sur l’arête,  juste au dessus de la gare supérieure du télésiège des Esserts, nous découvrons, à côté de  la borne classique de 1891, une borne rare datant de 1737-1738.

Celle-ci d’ailleurs figure sur un tableau du XVIIIème siècle.

D’un côté  figure la croix de Savoie couronnée. Cette représentation correspond effectivement à l’emblème de la maison royale de Savoie en 1738. Les couleurs sont passées mais on devine la croix blanche sur fond rouge. Celle-ci est surmontée de la couronne du royaume de Sardaigne. Cette couronne est formée d’un cercle surmontée de 8 fleurons, ceux-ci servant de base à des diadèmes perlés qui se réunissent au sommet par un globe et une croix.

 

 

P1010111De l’autre côté nous retrouvons sur la partie basse de la borne le blason de l’évêque de Sion, une épée et une crosse surmontée de la mitre et au dessus le blason des sept dizains valaisans représentés par sept étoiles en  représentation de la république fédérale du Valais  de 1600 jusqu‘à 1802 .

 

Il est intéressant de noter qu’en cette période le Valais était une  république fédérale appelée la république des sept dizains et l’évêque de Sion en était un des princes électif,  d’où la double représentation évêque et Valais sur cette borne.

Cette république disparaîtra avec le rattachement du Valais à la confédération helvétique en 1815. Le Valais sera alors représenté par treize étoiles sur fond rouge et blanc.

 

Une belle découverte à faire par ces belles journées d’automne.

Col de Balme 18ème siècle - Copie

Tableau du XVIIIème intitulé Col de Balme On y voit très bien cette même borne

 Histoire et patrimoine Chamonix

 Histoire et patrimoine d la vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Un gypaète barbu au nom de Jacques Balmat

 

Les falaises du cirque du cirque du fer à Cheval dominé par le Ruan

Les falaises du cirque du cirque du Fer à Cheval dominé par le Ruan

Un matin de septembre 1834, Jaques Balmat avec son compagnon vallorcin Pache s’engage sur les pentes du mont Ruan. Cristallier, Jacques Balmat, le vainqueur du Mont Blanc avec Michel Paccard en 1786, était depuis toujours à la recherche d’hypothétiques mines d’or que l’on prétendait avoir découvert dans nos régions montagneuses.

Il se rendait  souvent à Genève pour faire analyser certains échantillons qu’il rapportait  de ses pérégrinations montagnardes. Or, un jour,  le chimiste Abraham Raisin lui annonce qu’il a découvert des traces d’or dans un prélèvement  trouvé dans  la région du Mont Ruan.

 Jacques Balmat décide alors de tenter sa chance. Il marche  le long des pentes du massif du  Ruan, en traverse le glacier,  puis s’engage sur des vires  surplombant  le 10712783_819381251447332_5450742791528405016_ncirque côté Sixt. Les vires sont de plus en plus étroites. Pache n’ose le suivre. Ce seront les derniers instants ou Jacques Balmat sera vu vivant. Pache rentrera seul à Vallorcine, ne faisant plus aucun commentaire sur cette expédition hasardeuse.

 Les nombreuses recherches entreprises dans la région du Fer à cheval – Sixt pour retrouver le corps resteront vaines.

Il avait 72 ans.

Ce sera seulement 19 ans après que le syndic de Sixt  Bernard Biord lèvera le voile sur cette disparition. Il révèlera à son confesseur que deux jeunes bergers avaient bien vu le corps tomber de la falaise.  Il leur avait alors interdit d’en montrer le lieu. Mais pourquoi donc ? Tout simplement il redoutait l’installation d’une entreprise minière qui risquait de dévaster la forêt. Effectivement,  dans les siècles précédents,  la vallée avait subi  diverses catastrophes suite à une déforestation excessive pour exploiter des mines de fer. Il voulait éviter à son village les mêmes désagréments.

Jacques Balmat repose toujours au pied  des falaises du Ruan.

 180 ans plus tard, la commune de Sixt décide de baptiser le nouveau gypaète barbu, né dans les falaises de Sixt-Fer à cheval,  du  nom de ce personnage si illustre de notre vallée de Chamonix. Jacques Balmat connaît une nouvelle vie. Il survolera de nouveau, par le biais de son filleul,ses chères montagnes.

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gypaète barbu  – copyright Asters

Histoire  et patrimoine Chamonix

Texte : Christine Boymond Lasserre

Droits réservés

 

La fête des guides en 1898

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Journal La revue du Mont Blanc .Copyright Archives départementales

 

 

 

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 Journal La Revue du Mont Blanc. Copyright Archives départementales

 

Histoire et patrimoine Chamonix

 publié par Christine Boymond Lasserre

Droits réservés

Les 750 ans de Vallorcine

Cette année, Vallorcine commémore les 750 ans de son entrée dans l’histoire de la vallée de Chamonix…

 _MG_7337dat « Nous frère (Richard), prieur du prieuré de Chamonix , du diocèse de Genève, à tous ceux qui liront le présent texte, faisons savoir que sciemment et de plein gré, sans y avoir été conduit par quelque ruse ou crainte, mais assuré de droit et de fait, nous avons donné et concédé, en notre nom et au nom de nos successeurs, à titre d’albergement perpétuel, aux Teutoniques  de la vallée des ours  et à leurs héritiers, la moitié de la vallée des ours susdite.

« Cette vallée est délimitée d’un côté par l’eau appelée Barberine , d’un autre par la montagne appelée Salenton , d’un autre par le lieu où naît l’eau appelée Noire  jusqu’à la limite qui sépare le territoire de Martigny  et le territoire de l’église de Chamonix .

« De même, nous signifions que les hommes susdits nommés Teutoniques, et leurs héritiers demeurant au même endroit, soient les hommes liges du susdit prieuré de Chamonix et soient tenus d’acquitter annuellement à la fête de saint Michel archange huit deniers de service et à la Toussaint chaque année quatre livres de cens au prieur de Chamonix du moment, sommes à verser et à acquitter intégralement.

« Et si quelqu’un des susdits Teutoniques veut se déplacer en un autre lieu, nous faisons savoir qu’il pourra emporter ses biens meubles avec lui librement et absolument, ainsi que vendre ses propriétés, le droit du domaine de Chamonix étant sauvegardé, mais à des hommes liges du dit prieuré et non à d’autres.

  « D’autre part, ils pourront demeurer en paix et libres de menées , de visites  et de corvées et, dans le respect des autres usages, droits et coutumes de l’église ou du prieuré de Chamonix, ils doivent obéir au prieur du dit lieu et sont tenus de répondre en tous points, dans le respect des droits de propriété et de seigneurie du dit prieuré conformément à ce qui est en usage et jouissance chez les autres hommes de Chamonix. En foi de quoi nous, prieur susdit, avons apporté notre sceau pour qu’on l’appose sur la présente page.

« Fait au cloître de Chamonix, l’année du seigneur 1264, le deuxième des ides de mai 

 

 

Ce document est riche de détails. Nous apprenons ainsi que la vallée de Vallorcine est bien appelée déjà « la vallée

des ours », que celle-ci est confiée à une population dénommée les « teutoniques ». On y retrouve également  la délimitation  assez précise du territoire concerné. Par ailleurs,  ces teutoniques resteront libres, c’est-à-dire que le prieuré de Chamonix leur reconnait le statut enviable de propriétaires des lieux.

Mais qui sont donc ces « teutoniques », pourquoi cette appellation ? Ont-ils été appelés ainsi  par les prieurs de Chamonix ? Occupaient-ils déjà les lieux ?  A-t-on simplement régularisé une situation  nouvelle?

C’est difficile de  le dire avec précision.

Actuellement,  les chercheurs estiment  que cette population serait probablement constituée de colons venus du haut Valais appelés les Walser. Ceux-ci,   issus d’une population plus ancienne originaire de tribus germaniques arrivant du nord de l’Europe,  auraient colonisé peu à peu les hautes vallées des Alpes,  profitant d’une période climatique plus clémente pour le passage des cols alpins.

 

La migration Walser s’est effectuée par la colonisation de hautes terres d’altitude (près des cols) sous l’entreprise des monastères

_MG_7891De cette culture,  peu d’éléments précis dans la vallée de Vallorcine permettent d’en affirmer l’implantation formelle.  Cependant,  quelques éléments d’architecture encore visibles dans le paysage vallorcin tels les regats ou raccards (commun à des vallées suisses et italiennes de culture Walser) sont  peut être bien le témoignage de l’installation  de ces « teutoniques » dans la vallée des ours.

 

 

 

1264-2014   Vallorcine a célèbré le 750e anniversaire de la charte d’albergement octroyée par Richard prieur de Chamonix aux Teutonici de Valloursine et à leurs héritiers à perpétuité.

La migration à travers les Alpes et la colonisation de ces terres d’altitude par les Walser est un fait unique par son amplitude et sa durée. Ces paysans défricheurs provenant de Souabe puis du Haut Valais ont été appelés par les pouvoirs ecclésiastiques et seigneuriaux. Les actes témoignant de cet appel sont les chartes d’albergement, en allemand Erblehenbriefe. Ils se sont installés dans le haut des vallées près des cols ce qui était stratégique au moment où le trafic de transit se développait. Là où ils se sont implantés, il s’est avéré que ce sont les territoires les plus soumis aux aléas tels que les glissements de terrains, avalanches etc. Au XIIIe siècle, l’émigration s’est d’abord produite vers l’ouest dont Vallorcine puis sur le versant méridional par les cols du Théodule et de Gries, ils ont fondé des colonies dans les vallées en étoile autour du Mont Rose ( dénommées la garde allemande par De Saussure): Macugnaga, le Val Sésia, Gressoney, le val d’Ayas. de Formazza à Bosco-Gurin et par les cols de la Furka et l’Oberalp ils ont essaimé les Grisons où ils se sont fortement implantés par touches. La fin de la diaspora se situe au XVe siècle, au moment du petit âge glaciaire, dans le Haut Prättigau et les deux Walsertal. Walser, contraction de Walliser (valaisan), est le terme utilisé pour les distinguer des autres populations alémaniques.

Max Waibel, spécialiste suisse des études Walser, décrit ainsi Vallorcine dans son ouvrage, « En chemin vers les Walser »: ( transmis par Dominique Ancey de Vallorcine)

PUBLIE PAR CHRISTINE BOYMOND LASSERRE . DROITS RESERVES

 Histoire et patrimoine Chamonix

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