Category: Découvrir le patrimoine de Chamonix

Un alpage de petite montagne ou « mointieu » : Charousse

 

En cette période de confinement puis de dé confinement, Charousse reste un des lieux les plus chers aux habitants de la vallée. Pour le promeneur, Charousse au pied du massif du Mont Blanc est un lieu magique. Ici  On bascule dans le temps, on s’imprègne de cette atmosphère de sérénité sur ce léger plateau protégé par la forêt, où l’homme a bâti ces «chalets». Possession depuis plusieurs siècles de familles de Vaudagne, les fermes sont rachetées durant l’entre deux guerres par l’architecte Albert Laprade qui, séduit par cette clairière et  passionné de culture rurale, engage une grande partie de sa fortune à leur entretien et à leur conservation.

Merci Mr Laprade !

 

Charousse nous raconte la vie rude de ces paysans lorsque, à la mi-saison, six familles quittaient leurs fermes de Vaudagne en début d’été pour venir loger ici avec leur troupeau pendant un mois ou deux. C’était ce que l’on appelait la «remue». Quand l’herbe ne suffisait  plus, chacun envoyait ses vaches au troupeau communautaire, plus haut encore dans les pâturages supérieurs appelés « la grande montagne ».

Charousse était une estive dite de «petite montagne» ou «montagnette» ou encore « mointieux ». C’est-à-dire de transition entre la vie au village et la montée en alpage supérieur. Cette « montagnette » comprenait  six chalets, dont cinq datant du XVIIIe, le tout dans une belle unité architecturale propre aux temps anciens. Ils sont un témoignage unique dans notre vallée de ces temps révolus. L’ensemble architectural de Charousse est remarquable. Authentique, il nous éclaire sur l‘art de la construction rurale qui traduit ce savoir vivre en commun avec les bêtes. La cohabitation hommes-animaux était une nécessité vitale. C’était le principe de base de l’habitat traditionnel dans la vallée de Chamonix.. Le séjour étant temporaire, l’aménagement restait rudimentaire.Les chalets ont tous été édifiés selon un plan commun.

 

Une partie supérieure en bois abritait la grange, une partie inférieure édifiée en pierres où logeaient les familles et les bêtes divisée en deux sections distinctes.. Dans la partie occupée par l’homme se trouvaient, une ou deux pièces dont la cuisine, appelée « outa » la pièce à tout faire . C’est ici que le foyer s’ouvrait sur une grande hotte pyramidale traversant la grange. Dans cette large cheminée appelée « bouerne » on faisait  fumer les salaisons. Tout à  côté, le « pèle » servait de pièce commune à l’ensemble de la famille.. Les animaux occupaient l’autre section maçonnée tournée vers l’aval.  Cet  espace communiquait avec l’extérieur par une porte mais était aussi toujours accessible depuis l’outa.Il est à noter la solidité de la  charpente des granges. Elle devait résister aux tonnes de neige qui la  recouvraient en hiver. Ces fermes ont quasiment toutes conservé une « cort’na », auvent clos sur trois côtés donnant accès à l’habitation, à l’écurie et à la grange.

Cet ancien alpage a évidement a perdu le son et l’écho  des clarines qui, dans les temps anciens, y résonnaient.  On doit à Mr Laprade et à ses successeurs d’avoir su préserver ce bel ensemble. Que serait il devenu sans eux ?

Sources : archives de l’ « Association dans l’temps » des Houches – De nombreuses et enrichissantes discussions avec Mme Barré fille de Mr Laprade dont je garde un très joli souvenir. Avec un grand merci à tous les membres de la famille qui m’ont toujours très bien accueillie.

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Le Richemond : une belle histoire de famille hôtelière

 

 Le « Richemond », un des derniers hôtels de famille au centre de Chamonix, trône sur sa butte au dessus de la rue Paccard. Ici l’ambiance tranquille plaît à grand nombre de visiteurs charmés par ce lieu chargé de l’histoire d’une famille chamoniarde et de l’hôtellerie traditionnelle de la station. Le  Richemond  respire un art de vivre,  le respect des clients fidèles d’année en année et amoureux de ce lieu à l’atmosphère paisible à l’écart de l’agitation de la rue juste en contrebas.

En 1887 Joseph Victor Folliguet, maire de Chamonix propose à la location une villa intitulée la « villa Beau Séjour » Villa devenant rapidement la   « pension hôtel Beau Séjour ».  Elle est magnifique, avec ses encadrements de granit, ses planches de rives découpées comme on en voit encore sur quelques rares maisons de ce type dispersées dans Chamonix. Dans cette villa a d’ailleurs séjourné Edouard Whymper qui, lors d’un passage en 1896, laissa au propriétaire un de ses ouvrages signé de sa main.

Jules Folliguet, fils de Joseph Victor, entrepreneur tient une entreprise de bâtiments et participe à  la construction de l’hôtel du Montenvers en 1880 et du Régina aux Praz. Mais à la mort de son père, il hérite du terrain et de la pension. Si bien qu’il lance en 1912 la construction du Richemond.  Dès 1913-1914 les maçons érigent un bel immeuble de cinq étages surmonté d’un toit à la Mansart  L’hôtel offre 52 chambres,  chaque étage dispose de trois chambres avec salles de bains plus une salle d’eau commune pour les autres chambres non équipées. L’hôtel prend le nom de « Beauséjour et Richemond ». L’ouverture est prévue pour la saison d’été 1914. L’entrée en guerre ralentit bien sûr l’activité de l’hôtel qui devra faire le « gros dos » en attendant des jours meilleurs. La vie reprend entre les deux guerres, le restaurant a bonne réputation,  un orchestre anime régulièrement les soirées organisées par la famille. L’hôtel connait une très belle activité durant la période des JO de 1924.

Stucs, cheminées,  carreaux de ciments aux couleurs riches et variées décorent encore l’hôtel actuel. Les balcons sont ornés de ferronneries très décoratives expression artistique de l’Art Nouveau en vogue à cette période de Belle Epoque.

 

Jules gère l’hôtel avec ses enfants : trois fils et une fille. Après moult péripéties, ce sera finalement Rosa (née Devouassoud) épouse d’Edouard, fils de Jules, qui prend la succession dans les années 1930. L’hôtel connait une belle activité avec plus de 30 personnes travaillant pour la maison le restaurant pouvant accueillir une centaine de clients !

Durant la période de la seconde guerre mondiale, l’hôtel est réquisitionné dès 1943 et attribué à la  Gestapo,  le cinquième étage devient la prison de la ville. C’est d’ailleurs dans une de ces geôles que le fameux Muck, polonais d’origine juive, sera interné mais, grand sportif, il s’enfuira en glissant le long de la conduite d’eau !

C’est dans la villa que sera signée la reddition des forces allemandes de la vallée de Chamonix.

Geneviève fille de Rosa épouse en 1945 un client tombé amoureux de cette belle chamoniarde et qui peu à peu gère l’hôtel avec son épouse.

Tous à Chamonix se souviennent de Mr Sarraz Bournet Il  décide en 1962 de ne conserver que le nom Richemond.  Ce sont ensuite les enfants, Claire et Bruno qui depuis  gèrent le Richemond. En 2004 ils ferment le restaurant  devenu trop lourd à entretenir. Ils rénovent, restaurent, entretiennent avec passion cet hôtel familial. Ils ont su conserver la décoration d’origine qui lui donne cette atmosphère si singulière et si chaleureuse.

Bravo et que le Richemond soit encore longtemps un modèle !

 

Sources : Archives de la famille Saraz Bournet. Archives de l’association des Amis du Vieux Chamonix

Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

Maison communale, Hôtel de ville : toute une histoire !

 

A l’emplacement actuel de l’hôtel de ville , avant le terrible incendie de 1855 qui détruisit une grande partie de Chamonix, se trouvait le premier hôtel «  Mont Blanc » édifié par Gaspard Simond et Victor Tissay en 1849.

Dès 1857, après l’incendie,  Mme Veuilland, veuve de Mr Florentin Tairraz, engage les travaux d’un établissement qu’elle baptise « Grand Hôtel de la Couronne ». En 1859, il prend le nom d’Hôtel de Saussure, puis Hôtel « Impérial et de Saussure ». Il est vendu en 1869 à la « Société des Hôtels de Chamonix » (absorbée plus tard par une société dite « «Immobilière et Industrielle de Chamonix »). L’hôtel est alors dirigé par les divers actionnaires de cette société et  il  prend un temps le nom de « Hôtel Impérial », « Grand Hôtel Impérial » puis « Grand Hôtel Impérial et Métropole ». Géré par des directeurs  , l’hôtel reste une référence dans l’hôtellerie chamoniarde. En 1906, Edouard Simond, propriétaire de l’Hôtel de la Croix Blanche et maire de Chamonix, se porte acquéreur de l’hôtel suite à la dissolution de la société hôtelière. Finalement, ce sera le 21 octobre 1908 que la commune de Chamonix, à l’étroit dans ses locaux, achète pour 250 000 Fr le bâtiment afin de le transformer en hôtel de ville.

Il est inauguré officiellement lors du passage du président de la république Mr Armand Fallières à Chamonix le 7 septembre 1910.  L’hôtel de ville occupe le rez de chaussée et le premier étage. La partie supérieure étant transformée en appartements et divers bureaux dont ceux du notaire.  Peu à peu, l’hôtel de ville finira par occuper l’ensemble du lieu.

Construit sous la période du royaume de Piémont Sardaigne, l’hôtel de grande envergure pour l’époque est édifié selon un style néoclassique relativement simplifié rappelant le style piémontais. Ce qui en fait un des bâtiments les plus élégants de la ville. Un corps principal légèrement plus élevé marqué de pilastres en granit. Ce même matériau que l’on retrouve aux encadrements des portes et fenêtres, singularité chamoniarde repris par bien d’autres hôtels dans les décennies suivantes. L’immeuble se distingue par un haut porche d’entrée mis en valeur par des colonnes de granit. Les garde-corps tous différents d’un étage à un autre ornent les différents balcons de la façade sud.

 

Dans le porche, à gauche on voit un médaillon datant de 1932 de Paul Sylvestre sculpteur représentant Michel Gabriel Paccard. A droite, en septembre 1959 est inauguré un autre médaillon réalisé par le sculpteur Landowski en l’honneur d’Emile Chautemps, ancien conseiller général de Chamonix, député sénateur, vice-président du sénat.

 

Mais auparavant, où se trouvait donc le lieu qui recevait les édiles ?

Au moment du retour au Royaume de Piémont Sardaigne on trouve dans les archives de la ville une réclamation demandant à l’intendant du royaume de remettre en état le bâtiment servant de maison communale. Il se trouvait le long de la route nationale (actuellement rue Paccard), et sur ce document accompagné d’un plan on a le descriptif détaillé de l’édifice avec « chambre d’arrêt » (probablement une geôle), une cuisine, un corridor d’entrée, une place d’écurie. La maison communale restera dans ces lieux,  puis en 1864, au moment des projets d’alignement de cette route principale, une partie de ces édifices  est détruite dont la maison communale. Les bureaux sont alors transférés dans la maison située entre l’hôtel Impérial et la messagerie, ils partagent le bâtiment  avec le bureau des guides.

Sources : Archives communales, archives départementales, archives association des Amis du Vieux Chamonix

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

En cette période de confinement découvrir un lieu très fréquenté : Super U de Chamonix

Dans le cadre du confinement, nous sommes appelés à nous rendre dans un des rares magasins ouvert dans le centre ville de Chamonix : le supermarché Payot-Pertin. L’été dernier, sa rénovation lui a redonné de la couleur. Mais avant d’être un super-marché, qu’était donc ce bâtiment ?

En regardant les anciennes photos, vous découvrirez que cet immeuble a abrité, d’une part un hôtel : l’hôtel de la Paix, et d’autre part une pâtisserie : la fameuse « PDA » (la Pâtisserie Des Alpes) .

 

 

Hôtel de la Paix

Construit  probablement vers 1870 par une famille Claret Tournier, l’hôtel connaîtra nombre de propriétaires différents, dont Mr Bourgeois en 1895 et 1896, Mme Eloi Couttet en 1912, Mr Gustave Tairraz en 1924, Mr Alfred Tairraz en 1925, et Alfred Couttet (guide) en 1940. Il sera ensuite géré par des consorts qui, fin 1944, vendent l’hôtel à Romain Payot.

On sait que durant la seconde guerre mondiale l’hôtel a abrité nombre des jeunes enfants juifs.

 

 

 

 

 

PDA Pâtisserie Des Alpes

Beaucoup, parmi les anciens, se souviennent encore de la fameuse pâtisserie « PDA » . Jean Edouard Devouassoud créa d ‘abord dans les années 1870 une  boulangerie qui connut  un réel succès. Après la première guerre mondiale, la boulangerie est abandonnée au profit de la pâtisserie et ce sont Hélène et Jeanne Vallet (nièces de Mr Devouassoud)  qui tiennent cette « PDA ». C’est d’ailleurs Jeanne qui épousera René Payot associé de son  frère Paul Payot banquier. Il sera le père d’ un autre Paul Payot ( le fameux historien) avant de décéder durant la guerre de 14-18.

Les deux femmes tiennent d’une main de fer la boutique et leur pâtissier, le célèbre François Aubert,  fabrique durant 40 ans les meilleurs macarons qui soient . Il les expédie dans le monde entier. A la lecture des journaux et des publicités la « PDA » est toujours référencée comme étant la meilleure pâtisserie de Chamonix. Dans les années 50, la pâtisserie change de main, mais  la tradition se perpétue..On fait même jusqu’à 56 sortes de chocolats différents !

La pâtisserie ferme en 1961, vendue à Romain Payot qui avait quelques années auparavant acheté l’ancien hôtel de la Paix.

Sources :  Archives famille Payot Pertin – Archives association des Amis du Vieux Chamonix – Revue Relief – Livre : Flâneries au pied du Mt Blanc de Ch Boymond Lasserre et Joëlle Dartigue Paccalet

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

 

Le village des Praz vers 1925-1930

Petite histoire du bivouac des Périades

 

VIDEO REALISEE par SEBASTIEN MONTAZ  ROSSET

Bousculé par un éboulement en raison des conditions climatiques, le petit bivouac des Périades menaçait de s’effondrer. Jean Sébastien Knoetzer,( guide de haute montagne – professeur à l’ENSA ) et quelques amis ont, grâce à la générosité de donateurs, réussi à l’héliporter en bas dans la vallée, avant de prendre place sur la terrasse du Majestic, d’où il rejoindra bientôt  le Musée alpin.

Ce petit refuge a une histoire qu’il est intéressant de rappeler.

Dans les années 1920-1925 , les alpinistes, de plus en plus nombreux et motivés, cherchaient à ouvrir de nouvelles voies plus ardues dans ce secteur du massif. En août 1928, deux grimpeurs, Paul Chevalier et Maurice Sauvage, membres du tout nouveau GHM (Groupe de Haute Montagne ), décident de construire un petit abri au milieu de cette belle arête faîtière que sont les Périades.  Paul Chevalier, architecte, conçoit cet abri, en établit le plan et le construit  lui-même, payant de sa poche les frais de l’édification  Les deux compagnons choisissent la pointe de Sisyphe à 3459mètres, proche de la Brèche Puiseux. Le matériel est monté à dos d’homme. Ils l’inaugurent dans la nuit du 10 au 11 août 1928 ce qui leur permet de réussir la première ascension de la calotte de Rochefort par l’arête nord. Bel exploit pour l’époque !

Haut de 1.50m, long de 3 mètres et large de 2 mètres,  recouvert de planches brutes sans bardage, sans poêle, ce tout petit refuge pouvant abriter 3 ou 4 personnes donne alors aux grimpeurs la possibilité de parcourir cette magnifique arête que sont les Périades. Ce sera une ouverture vers les voies nouvelles offertes aux alpinistes.  Il prend alors le nom de bivouac Paul Chevalier.

Malgré les conditions hivernales venteuses l’abri  résiste longtemps aux intempéries. Avec le temps il devient propriété du Club Alpin Français.

Photo Georges Tairraz 1957

En  1957 cette sympathique cabane  commence à présenter  quelques faiblesses. A l’initiative du président de la section du CAF du Jura, Mr René George, il est entrepris de le consolider. On fait appel à Armand Couttet, ancien président du syndicat des guides et menuisier, pour refaire une nouvelle porte. Celui ci la fabrique, l’emporte là haut et refuse de présenter une facture  … «  je ne ferai pas de note pour cette petite porte, cela n’en vaut pas la peine d’ailleurs, je me suis assez servi des refuges du CAF dans ma vie d’alpiniste !».

Le bivouac Paul Chevalier s’appelle encore ainsi en 1946.

Puis avec le temps, les alpinistes finissent par l’appeler par son lieu de situation et le petit refuge Paul Chevalier prend le nom de Bivouac des Périades.

 

Il est encore restauré en 1996 par Armand Comte et Serge Bladet. Il est très souvent fréquenté par les cristalliers.

Juste après son affaissement, une tentative de redressement est effectuée par Christophe Lelièvre  (gardien du Couvercle), Christopher  Baud (guide et cristallier) et Sébastien Kayati (cristallier).

Bientôt, un nouvel emplacement sera choisi afin d’élever un autre bivouac. Mais le petit abri construit par Paul Chevalier va pouvoir prendre sa retraite tranquillement  dans la vallée protégé des intempéries.

Merci aux initiateurs du projet d’avoir voulu le sauvegarder. D’autres de ce type ont malheureusement déjà disparu !

Bibliographie : Site de l‘association des Amis du Vieux Chamonix  -site Bernard Cottard –  Revues du Club alpin français. – – Revues du Groupe de Haute Montagne.

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Le Grand Hôtel Couttet et du Parc va t’il enfin retrouver ses lettres de noblesse?

 

Tout commence par la chronique d’une famille hôtelière chamoniarde qui aura marqué de son empreinte les plus belles années de la Belle Époque,  jusqu’aux  années folles.  François Couttet (né en 1828) , guide de haute montagne, avait l’habitude dès, les années 1855, d’héberger ses clients dans sa maison familiale. Son abord sympathique,  sa bonhomie  étaient très appréciés des britanniques. Ceux-ci l’incitèrent à construire une auberge afin de recevoir dignement ses clients qui appréciaient son savoir faire et ses connaissances.

Dès 1867, il construit  «  l’Hôtel Pension Couttet ». Fort de son succès, une quinzaine d’années plus tard,  il édifie le Grand Hôtel Couttet qui devient peu de temps après  le Grand Hôtel Couttet et du Parc. L’hôtel connaît ses heures de gloire durant la Belle Époque, puis dans les années folles, grâce aux deux fils: Joseph et Jules, très impliqués dans le développement de la commune de Chamonix.. Par ailleurs leurs sœurs (Joséphine, Aline, Sarah)  seront à l’origine de la création du palace le Savoy, de l’hôte du Beau Site et de l’hôtel des Alpes, beaux établissements prestigieux de la vallée.

 

Cet hôtel chargé de souvenirs nous évoque la présence d’Edward Whymper, venu ici chaque année de 1865 à sa mort en 1911 dans une chambre de l’hôtel. Le fréquentaient aussi Gabriel Loppé, ce peintre grand ami de François Couttet, le critique d’art et poète John Ruskin, Lord Sinclair l’inventeur du merveilleux petit coin appelé « le Lac à l’anglais » aux Gaillands,  Alphonse Daudet, Albert Mummery,  le musicien Rimsky Korsakoff, et tant d’autres.

 

Le Grand Hôtel Couttet et du Parc ferme ses portes en 1939. Les bâtiments  rouvrent en 1946 en tant que préventorium (pour enfants atteints de primo-infection tuberculeuse), ainsi que l’hôtel Beau-rivage (UCPA), sous la dénomination « Centres Guynemer », mais qu’on appelait à Chamonix « Centre Couttet ». Mme Ehrhardt,  puis son fils Paul en assurent la direction. Vers 1950, un directeur national de la Santé impose la construction des terrasses de béton. L’activité préventorium cesse en 1970. Le Couttet alors est loué par la SARL Couttet à une association du département des Yvelines, l’ADEPEP, qui en a fait un centre de colonies de vacances, classes de neige et classes vertes. L’hôtel est ensuite occupé par les employés et la direction de l’UCPA voisin, le temps de la rénovation du Beau-rivage (UCPA)  La commune rachète l’ensemble, parc et bâtiments en 1990.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2003 l’ensemble du parc et de l’hôtel est menacé de destruction. Est prévu à cet emplacement un auditorium haut de 16 mètres et une école et maison de la musique haut de 12 mètres.

Bon nombre  chamoniards sont affolés par ce projet ambitieux et c’est ainsi qu’en 2004 est lancé une pétition alertant la DRAC sur la menace portée sur l’ensemble historique de ce quartier. La DRAC se fait pressante, la commune renonce  à ce projet. Merci Eric !

 

 

 

 

 

 

 

L’hôtel Couttet est alors  abandonné.  Pendant de nombreuses années, le rez de chaussée est occupé par le club des anciens, par le club de bridge, par des groupes musicaux. Les étages laissés à l’abandon, sont souvent squattés. Les murs tagués. Les bâtiments se dégradent.

Vient alors en 2013 l’idée de remettre sur pied cet ensemble historique. On parle de logements sociaux, de maisons pour nos anciens, mais le coût de la rénovation très élevé (5 500€ par m2) ne peut être assuré par la commune. Est donc lancé un appel à projet. Dans les conditions imposée par la  commune est précisé que les bâtiments  (qui restent la propriété de la commune) doivent conserver le caractère architectural initial afin de sauvegarder  l’âme et l’histoire de cette prestigieuse famille hôtelière chamoniarde.

C’est finalement  Paris Inn Group qui est choisi. Cette société créée en 2005 sous sa forme actuelle est issue d’une épopée hôtelière familiale née en 1923 et intéressée essentiellement par  l’aménagement et la rénovation  d’hôtels historiques. On ne peut qu’espérer qu’ils auront le souci de ce passé dont certains ici à Chamonix se sont battus pour le préserver

Puisse le Grand Hôtel Couttet et du Parc retrouver enfin ses lettres de noblesse ! Nous veillerons !

Bibliographie : Archives notariales aux archives départementales d’Annecy

 

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Mieux comprendre Chamonix Nord !

Faisons un petit tour dans le passé pour mieux comprendre Chamonix Nord.

En mai 1958 est créé un haut commissariat à l’éducation physique et aux sports, une grande nouveauté dans la vision de l’éducation nationale. Ce haut commissariat est confié à Maurice Herzog qui considère que le sport est quelque chose d’essentiel dans la politique nationale et internationale. Puis celui-ci est nommé en 1963 à la tête d’un secrétariat à la jeunesse et aux sports rattaché au ministère de l’éducation nationale. Est ainsi  décidé d’introduire le sport au sein des activités scolaires.

Par ailleurs, en cette même période, l’État modifie les diverses branches de l’éducation.  Sont alors créés en 1963 les CES (Collèges d’Enseignement Secondaire) qui ont pour vocation de regrouper l’ensemble du premier cycle ,  6ème- 5ème-4ème et 3ème , qui étaient en ces années là dispatchées en deux cycles différents.

Avec  Henri Cettour, futur directeur de l’ENSA, Maurice Herzog met en place un premier plan quinquennal ayant pour ambition de fournir une série d’équipements et structures d’enseignement sportif dans toute la France. L’objectif étant de mettre la jeunesse et le sport au cœur d’une politique de renouveau de l’éducation des jeunes. La première réalisation sera le fameux lycée sportif de Font Romeu.

C’est dans cet esprit que le 30 mars 1968, après l’élection de Maurice Herzog à la mairie de Chamonix, le conseil municipal lance une étude en vue de la création d’un complexe sportif et culturel pour Chamonix. En cette époque, exceptées les remontées mécaniques, Chamonix disposait pour ses habitants de peu d’équipements sportifs, et les cours complémentaires se trouvaient à l’école du centre. Beaucoup d’élèves qui désiraient prendre une autre option devaient se rendre à Bonneville.

Sous l’impulsion de Joseph Comiti, nouveau secrétaire à la jeunesse et aux sports, Chamonix est retenu en 1969 pour la réalisation d’une importante opération expérimentale ! On imagine ainsi pour Chamonix la cité scolaire  idéale en tentant de regrouper  l’esprit et les jambes pour un projet pédagogique innovateur. D’une part un pôle culturel avec un CES accueillant des sections sport-études (complètement nouveau à l’époque), une école  hôtelière, l’ENSA, une MJC, une bibliothèque… D’autre part un pôle sportif avec hall omnisports, centre nautique, tennis etc… Et l’ensemble des ces deux pôles devant être reliés par des galeries et coursives permettant aux étudiants de passer de leurs activités scolaires aux activités sportives et internat sans quitter cette cité « idéale ».

On fait alors appel à Roger Taillibert qui avait déjà beaucoup œuvré pour des équipements sportifs et éducatifs. Le projet est lancé officiellement. Le centre sportif est la première tranche réalisée sur une surface de 6 875m2 abrité sous neuf voûtes en voile mince de béton précontraint (technique permettant de réaliser des espaces aérés et ouverts sur l’extérieur). Joseph Comiti vient à l’inauguration du centre nautique. Mais en 1974 il perd son poste et le  ministère suivant se désintéresse totalement de ce projet initial.

La commune de Chamonix ayant toujours le financement accordé par l’éducation nationale pour le collège doit s’empresser de l’utiliser. On abandonne l’idée des coursives, des passages d’un pôle à l’autre qui faisaient l’originalité du projet, afin de poursuivre la construction du pôle éducatif . C’est une partie de l’esprit novateur qui ne sera ainsi jamais menée à terme ! Ici sont construites sur une surface de 41 000m2 dix neuf autres voûtes dans ce même matériau qu’est le béton pré contraint et sont construites alors trois tours pour abriter les 600 internes des deux collèges et les élèves de l’ENSA. Seul des bâtiments en élévation pouvaient abriter autant d’élèves. Le terrain n’était pas extensible !

Mr Taillibert imaginait les tours comme une réplique aux Aiguilles qui leur faisant face.

 

La caractéristique de cet ensemble sont ces voûtes reposant sur trois points permettant d’alléger l’impact visuel. Ceci grâce à l’emploi d’un voile mince de béton précontraint . Et ayant des portées variables, elles ouvrent sur de belles vues panoramiques.

 

Les voûtes hautes de 22 à 60mètres sont équipées de lanterneaux circulaires de 6 à 9 mètres de diamètre apportant la lumière au cœur des coupoles triangulaires. Celles ci permettent une grande liberté pour l’aménagement intérieur. Étudiées par l’ingénieur suisse Heinz . Elles ont permis à Mr Taillibert de perfectionner sa pratique des coupoles sphériques pour le complexe olympique de Montréal ou encore le hall de conférences d’Abu Dhabi.

l’architecte Roger Taillibert (décédé récemment) auteur du parc des Princes à Paris, du stade olympique de Montréal  et tant d’autres, a marqué son temps et a été mondialement reconnu par ses pairs.

Stade olympique Montréal

Parc des Princes Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaucoup de chamoniards même s’ils ont apprécié la forme élégante des coupoles,  ont eu du mal à accepter les tours jugées agressives dans ce paysage de vallée sans heurts visuels majeurs et les ont même reprochées au maire en place. D’autres, au contraire, y ont vu le signal d’une modernité compatible avec notre cadre de vie et une esthétique répondant à l’élancement de nos aiguilles. N’a-t-on pas parlé de classer l’ensemble comme patrimoine du XXè siècle, tant elles sont représentatives des nouveaux courants architecturaux ?

 

Quelques chiffres : Centre culturel et cité scolaire : 45000m2. Bibliothèque municipale : 1480m2, Maison pour tous:2167m2. ENSA : 9950m2. Centre sportif : 6875m2
Bibliographie : Comptes rendus des conseils municipaux années 1968-1969,1970.Revue architecture n° 389, site Agence Roger Taillibert , revue architecture d’aujourd’hui 1968 et 1972,site internet CAUE, magasine de l’architecture en station, Chamonix information n° 10, revue Relief n°11.
Histoire et patrimoine vallée de Chamonix
Christine Boymond Lasserre

 

 

Les 130 ans d’une belle histoire familiale à Vallorcine : l’hôtel du Buet

Tout habitant de la vallée a, un jour, fréquenté l’hôtel du Buet. Déjà enfants,  après une balade dans le vallon de Bérard, nous avions droit à un verre de limonade si nous avions bien marché. Plus tard, lors des randonnées à ski, à Beugeant, au col Cornu, à Bérard ou au Buet, la récompense était cette croûte au fromage dégustée après ces randos mémorables

L’hôtel du Buet fête cette année ses 130 ans.

 

 

 

Maurice Chamel avait déjà, dès les années 1884 -1885, entamé, avec son frère Félix, qui travaillait à l’époque à l’hôtel Beau Rivage de Genève , la construction d’une auberge-restaurant avec quelques chambres. L’établissement est construit en embauchant les vallorcins dont Marie Burnet qui transporta un jour 5 « hottes » de chaux.

Maurice était alors maire de Vallorcine et conduisait la diligence Martigny-Chamonix.

L’arrivée de la route pour diligences en 1885-86 incite Maurice à agrandir et l’agrément donné par l’Etat est accordé en 1889. L’hôtel naît officiellement cette année là.

 

 

Nombreux sont les touristes s’arrêtant à l’hôtel durant les étés d’avant guerre. Les registres de l’époque sont riches de noms provenant de tous  pays USA, Russie, Angleterre, Allemagne, etc…).

Le 7 janvier 1904 logent à l’hôtel une équipe chamoniarde, constituée de l’abbé d’Argentière, du docteur Michel Payot,de  Joseph Ravanel ( le Rouge) guide, Joseph Couttet ( hôtelier) , Robert Charlet, Désiré Charlet, Henri Simond (guide), Emile Fontaine et un client.  Ils réalisent ensemble la première hivernale du Buet. Les mêmes qui, l’année précédente, avaient réalisé en janvier 1903 la première traversée à ski Chamonix-Zermatt. Le début d’une longue histoire ! En 1920, huit skieurs vallorcins effectuent la montée en 5h la descente en 45mn !

Le confort de l’hôtel était modeste. Une colonne d’eau à l’arrière du bâtiment approvisionnait l’ensemble de la maison. Chaque chambre avait des bassines et le personnel apportait tous les matins l’eau nécessaire aux clients .On éclairait à la bougie ou avec des lampes à pétrole.

L’arrivée du train en juin 1908 engendre des changements notables dans la vie du village. La vie est quelque peu bouleversée par la venue d’ouvriers piémontais dont certains logent tout près de l’hôtel dans un baraquement aujourd’hui disparu. Pour l’inauguration, le 1er juillet 1908, plus de 200 personnes sont reçues à l’hôtel, un « fameux » repas est proposé à l’ensemble des convives.

Durant l’été de cette même année huit trains desservent la vallée. Les cascades de la vallée deviennent accessibles. De même le Buet qui voit la construction  d’un nouveau refuge !

L’hôtel a un emplacement idéal,  chaque train débarquant des cohortes de touristes, dont nombreux sont ceux qui résident à l’hôtel. Celui-ci s’adjoint une annexe, l’hôtel prend alors le nom d’Hôtel du Buet et de la Gare.  Il faudra attendre les 1934 -1935 pour que le train arrive enfin en hiver. D’ailleurs, l’électricité arrive à l’hôtel en 1930. Le bâtiment est déjà rehaussé d’un étage.

L’hôtel poursuit année après année son essor. Jules, le fils, prend la succession, aidé plus tard de son fils Maurice, digne successeur de son grand père.

Avec l’arrivée de la période sombre de l’occupation allemande à partir de 1943, Germaine Chamel, la  mère de Maurice, s’honore en participant aux réseaux constitués dans la vallée pour aider au cheminement des juifs cherchant désespérément à fuir le pays. En 1979 elle est reconnue comme « JUSTE PARMI LES NATIONS» par l’Etat d’Israël . Discrètement, sur le côté du bar de l’hôtel, est encadrée l’attestation délivrée par la Commission des Justes et le plateau offert par Alexander  Rotenberg  venu personnellement à Vallorcine afin de remercier ceux qui avaient participé à sa fuite vers la Suisse. « Inspirée par l’amour de son prochain elle a sauvé des griffes des collaborateurs de l’Allemagne nazie la vie de nombreux persécutés destinés à être déportés dans les camps de la mort »

 

Maurice Chamel 3ème génération

Après guerre, l’hôtel doit se moderniser. Les contraintes, les règles de plus en plus strictes  sont parfois bien lourdes à assumer. Durant longtemps, l’hôtel continue à recevoir ces clients  « fidèles des fidèles » attachés à la famille. Des liens étroits se sont noués avec ces clients habitués au lieu.

 

 

 

Avec la quatrième génération  l’hôtel du Buet continue. Marie Anne, Véronique, leurs enfants s’attachent à poursuivre cette longue tradition hôtelière et familiale.

 

 

 

 

 

Longue vie aux Chamel arrivée dans la vallée en 1623 et longue vie à hôtel familial chargé de souvenirs que tous ici s’emploient  à transmettre.

Bibliographie : Archives familiales Famille Chamel. Vallorcine de Françoise et Charles Gardelle, les sauveteurs de l’ombre de Michel Germain et Robert Moos, Vallorcine de Nathalie Devillaz

 

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

Il y a cent ans le MAJESTIC ouvrait officiellement ses portes


En période de Belle Epoque (1885-1914), Chamonix connaît un développement fulgurant. La famille Cachat, propriétaire de l’Hôtel Mont-Blanc, se lance dans la construction d’un palace. Elle possède des terrains remarquablement bien situés au pied des pentes du Brévent. L’avenir touristique est prometteur et le projet est grandiose. On fait appel à Alexandre Bordigoni, architecte suisse. Dès 1911 les travaux sont engagés. Un immense  palace voit le jour. 300 chambres dont 200 avec salles de bains. Il trône au milieu de jardins somptueux. Des tennis sont aménagés en contre bas afin d’ assurer à la clientèle une animation estivale.

 

Pour ce faire, la famille fait un très gros emprunt auprès du Comptoir Suisse. Hélas, la guerre est déclarée en septembre 1914. C’est la chute du tourisme, le personnel est manquant, le palace vivote. Après guerre, la vie reprend peu à peu. On inaugure officiellement le palace durant l’été 1919. Les voyageurs reviennent dans la vallée. Le palace connaît même en ces années folles une vie éblouissante de fêtes mondaines, galas, bals masqués, concerts en tous genres pour satisfaire une clientèle internationale bien souvent exigeante et excentrique. Animation qui cache cependant une gestion difficile pour la famille. Le coût de l’emprunt lancé avant guerre a quintuplé, la famille, prise à la gorge, se voit dans l’obligation de confier la gestion du palace à la banque ! L’arrivée de la seconde guerre mondiale est évidemment catastrophique, les touristes sont peu nombreux.
A partir de 1943, le palace est réquisitionné pour servir d’hôpital aux officiers allemands, puis en 1944 aux officiers américains.
Après la guerre, la vie reprend peu à peu, le palace cependant ne retrouve pas cette clientèle riche et aisée des périodes fastes. Bien que le sultan du Maroc ou l’Agha Khan viennent régulièrement avec leur cour, le Majestic peine à entretenir ce prestigieux palace où plus de 200 personnes, dont 80 cuisiniers, sont nécessaires pour le faire vivre ! Chaque cuisinier dirige une brigade (environ 7-8 personnes) pour chaque spécialité (viandes, poissons, entrées). Sans compter un chef saucier, un chef grillades, et deux chefs pâtissiers (gâteaux et entremets). Plus toute une équipe de plongeurs : un pour les casseroles en cuivre, un pour les autres casseroles, un pour les couverts en vermeil, un pour les simples couverts, un pour les verres en cristal, etc … Sans oublier, à l’hôtel, plus d’une centaine de personnes, femmes de chambres, hommes de main, chapeauté par un directeur, aidé d’ un chef de réception et concierges secondés par une multitude de sous mains, comme coursiers, porteurs, jardiniers. Et des gendarmes à la retraite afin de surveiller les nombreux couloirs et salons du palace, mais également le personnel à la sortie de leur travail!
Cette abondance de personnel, usage d’une autre époque, coûte cher. Les années 1950-1960 marquent le déclin de cette hôtellerie de prestige. Est alors décidée la transformation du palace en habitations. Victor Saglia, architecte spécialiste de ce type de travaux, s’engage dans ce projet ambitieux. Les suites et chambres sont transformées en appartements et bureaux. La commune achète les trois quarts du rez de chaussée en 1961 pour accueillir l’organisation des courses des championnats du monde de ski de 1962.
Le palace connaît alors une nouvelle vie grâce à son rez de chaussée préservé dans son décor d’origine.

Merci à Pierre Osterberger pour les souvenirs de son apprentissage dans les cuisines du Majestic qu’il m’a gentiment transmis.

 

 

 

 

Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

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