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Refuge du Montenvers redevient Grand Hôtel du Montenvers mais quid de l’appellation Terminal Neige

 Suite à l’article précédent de mon blog sur le changement de nom de l’hôtel du Montenvers, nous avons appris que la famille Sibuet  aurait décidé de revenir au nom d’origine « Le Grand Hôtel du Montenvers ».

En effet, les chamoniards  ont exprimé des réactions très vives à l’appellation « Refuge » qui avait été donnée à cet hôtel par le nouveau gérant, l’estimant inappropriée.

Nous attendons maintenant de revoir l’ancien nom « Grand Hôtel du Montenvers » réapparaître  au fronton de ce bâtiment historique.

Par contre, nous craignons que le terme « Terminal neige »  pour le site du Montenvers,  vide de sens, continue à fleurir sur internet et sur les documents publicitaires.

 

 

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Terminal Neige – Refuge du Montenvers !

 

Terminal Neige est le  nom attribué par  la famille Sibuet à l’ensemble hôtel et restaurants de son groupe dont celui  du Montenvers, dont elle est maintenant la gérante. Raison commerciale certainement, mais cette  appellation n’est-elle pas inappropriée pour  notre Montenvers ? Le mot « terminal » évoque un aéroport, une gare, éventuellement un élément en informatique… Peut-être ici l’arrivée des voyageurs ?

C’est un terme technique,  totalement impersonnel…

Quel  rapport  avec ce site merveilleux qu’est le Montenvers ?

Arrivés sur le  site, dominés par les Drus et la Verte, les Aiguilles de Chamonix, la face nord des Grandes Jorasses, on ressent  cette nature forte et puissante,  on est saisi par  la beauté exceptionnelle de la montagne. Le Montenvers,  c’est un lieu magique, mythique,  que  les poètes ont su décrire avec  talent.   Ce terme de « Terminal Neige » est bien réducteur face à la majesté du lieu.

Ici on rencontre l’histoire de nos anciens qui y emmenaient leurs troupeaux,  puis ces mêmes paysans devenus guides  accompagnant leurs clients. Ici les grands noms de l’alpinisme ont laissé leur marque à tout jamais dans ces parois abruptes.

Depuis toujours ce lieu s’est appelé le Montenvers, écrit parfois  avec un t parfois  avec un  s.

Nul ne sait avec précision l’origine de ce mot. Est-ce ce parce qu’ici étaient des lieux d’alpages riches et verts donc une montagne verte ?  Ce qui paraîtrait logique  puisque que le mot montagne traditionnellement  signifie un lieu d’alpage. Ou est- ce parce que cette montagne est à « l’envers »  de Chamonix, c’est-à-dire de l’autre côté ?

Depuis des siècles, chamoniards, écrivains, peintres, voyageurs connus on non,  citent  toujours LE MONTENVERS  d’où l’on découvre la Mer de glace. 

cliquer 2 fois sur l'image pour agrandirNotre « Grand Hôtel du Montenvers », toujours propriété de la commune de Chamonix,  s’est toujours appelé ainsi depuis 1880… 

Maintenant il devient « LE REFUGE du Montenvers  ». Pourquoi un « refuge »?

Les montagnards savent ce qu’est un refuge : une construction en montagne où les alpinistes viennent passer la nuit. Un lieu simple, où tous partagent avec le gardien un espace restreint et le menu unique qu’il nous propose et où  le soir on se couche dans des dortoirs. La nuitée se paye à un coût modeste.

Appeler l’Hôtel du Montenvers « refuge »,  est une usurpation du terme,  une  tromperie.

Même si la restauration a été faite avec goût, même si le troisième étage, et lui seul,  est constitué de dortoirs, il s’agit bien d’un hôtel de luxe,et non d’un refuge.Les prix annoncés en témoignent (en dortoir 120€ en juillet pour une personne demi pension. Tarif site Booking ) sans parler de ceux  des chambres , tarifs réservés à une clientèle aisée, bien loin de l’idée des tarifs d’un « refuge » que peut se faire un montagnard.

L’Hôtel du Montenvers, bâtisse chérie des chamoniards, doit conserver son appellation d’origine. Il est là depuis 137 ans, de nombreux gérants l’ont exploité, mais jamais ils n’en ont changé le nom. Respectons ce lieu chargé d’histoire, ne le débaptisons pas  uniquement pour des raisons  commerciales.

La commune n’aurait elle pas  son mot à dire en tant que propriétaire du lieu ? 

Peu à peu, pour des raisons  de marketing,  notre vallée perd  de plus en plus son âme !

 

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Christine Boymond Lasserre

 

 

 

Le centre de Chamonix en 1890 et en 2017

Les Bouchards : connaissez vous ce hameau hors du temps ?

 Au delà des Houches, dans ce petit vallon caché de Vaudagne sur le chemin vers le mont Borrel se niche un hameau des plus magnifiques.

Ici le temps est suspendu. Quelques maisons, entourées de greniers et remises,  un four à pain. Pas de clôtures. Il y a les Bouchards d’en haut,  avec trois maisons, les Bouchards d’en bas avec cinq maisons. En patois  on dit les Bouchards d’ava et les Bouchards d’amon.

On apprécie ce milieu préservé, authentique. Certaines de ces  anciennes fermes ont été restaurées,  sans ostentation, dans le respect de l’architecture originelle. La plupart datent de la fin du 18ème, début du 19ème.  Sur la mappe sarde  on en comptait un plus grand nombre.

Ces fermes sont édifiées selon le même plan, comme toutes celles de notre vallée. Leurs bases sont construites avec les pierres des torrents, jointoyées à la chaux puis crépies  également à la chaux.   Ce rez-de-chaussée    abritait  à la fois les hommes, à l’aval du bâtiment  vers le soleil. et  les animaux  à l’amont (vaches- chèvres-cochon,  parfois un mulet).Le long des façades, sur le pignon avant, courent des galeries où l’on faisait sécher le linge et aussi les petites récoltes comme les oignons ou les prunes produites dans les champs du côté de Servoz -Passy. De même pour  le chanvre ou le lin qui étaient suspendus à de  longues perches accrochées au pignon.

 Pour accéder  à l’intérieur on emprunte  une sorte de « sas » appelé le « devant de l’Outa ». Celui-ci  donne sur  deux portes. L’une ouvre sur un  un couloir appelé « puech » par lequel on accédait   au logement familial, d’abord   à la cuisine appelée outa. Outa lieu de la « bourne » immense cheminée traversant la totalité de la maison. A l’intérieur on y fumait les salaisons, provisions indispensable pour la survie de toute la famille.

De là on accédait au   pèle, pièce chauffée par un poêle, le  lieu de vie de la famille. Parfois trouve t-on  une chambre supplémentaire  pour les parents.

Du « devant de l’outa »  une autre porte donne  accès à l’écurie où se tenaient  les bêtes  le temps des longues périodes d’hivernage.

Au sous-sol se trouvait la cave. Y étaient entreposés les fromages fabriqués par la famille, les salaisons fumées ou salées sur place,  les réserves de « tartiffles » (pommes de terre) ou fruits produits dans  les environs.

La partie supérieure abrite la grange à foin. Une  charpente dite « à colonnes » s’appuye  sur la maçonnerie du bas.  Les parois sont formées par un mantelage de planches horizontales non jointes afin d’aérer l’ensemble. Adossée à l’amont, est aménagé  un accès de plain pied. On  stockait « les trosses » de foin,  afin de nourrir les bêtes durant les longs mois d’hiver.

Chacune des ses fermes possède un, voire deux greniers. Un four a été restauré.

Ici on est en paix.   Respectons ce lieu magnifique…

 

Merci à Yves Borrel pour sa collaboration

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Christine Boymond Lasserre

 

 

Ces petites maisons typiquement chamoniardes qui se transforment !

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Christine Boymond  Lasserre

Vidéo prise d’un drone du sommet de la statue du Christ Roi des Houches

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Christine Boymond lasserre

Sur la commune des Houches une statue monumentale : le Christ Roi

 

A 1265 m d’altitude,  on la distingue à peine dans le paysage, perdue qu’elle est dans l’immensité de la montagne. Il faut être à son pied pour  prendre la mesure de cette statue monumentale. Elle mesure 25 mètres de haut, pèse 500 tonnes. Imposante, campée sur un éperon rocheux de 50m, elle domine de  200 m le  fond de la vallée  face au Mont-Blanc.

Carte postale années 1940…

Mais quelle est donc l’histoire de cette statue inaugurée en août  1934? Pourquoi à cet endroit  dans la vallée de Chamonix  une statue du Christ Roi ?

C’est un abbé,  l’abbé Claude Marie Delassiat, curé des Houches en 1926, qui rêve de rendre hommage au pape Pie XI mieux connu, dans la vallée,  sous le nom d’Achille Ratti. Il avait gravi le Mont Blanc côté italien en 1890, il  avait logé aux Houches. Devenu pape, il  avait proclamé, dans une encyclique, la royauté universelle du Christ c’est-à-dire la primauté du Christ Roi sur l’homme alors que monte en Europe la vague des dictatures. Cette statue veut symboliser l’amour et la paix entre les hommes. Projet soutenu non seulement par l’évêque, le Vatican et les instances politiques mais aussi par les habitants de la vallée. Désir de paix de la part de l’église  ? volonté de domination par la foi ? Les années 1930 sont troubles, elles  annoncent un chaos que nul ne peut imaginer.L’Eglise cherche à prévaloir sa volonté sur l’esprit laïc dominant de l’époque.

L’abbé  lance une souscription. En 3 ans il récolte la somme nécessaire pour la réalisation de son projet.

On fait appel à un sculpteur parisien, George Serraz , spécialiste de l’art religieux. L’architecte Viggo Féveile, installé à Chamonix,  supervise l’ensemble des travaux. Ce sera donc une statue monumentale en béton, matériau devenu à la mode depuis l’après guerre. On imagine les difficultés rencontrées pour la réalisation des travaux dans ce lieu qui n’était desservi par aucune route carrossable. La base de la statue  sera composée de blocs de béton coupés en tranches, puis assemblées sur place. Le buste, les bras, la tête sont réalisés tout d’abord  en terre. De ces réalisations on en ferra des moules en plâtre. Le béton sera alors coulé dans ces moules. Quelques détails seront travaillés directement sur le béton frais.

Le socle de ce monument abrite  une chapelle avec deux autels où deux prêtres pouvaient officier en même temps. Elle et est décorée de diverses statues dont un buste du pape Pie XI et d’une statue de « Marie reine du monde ».  Un escalier tournant  de 84 marches à l’intérieur  permet d’accéder à une plateforme dissimulée derrière la couronne. On dit même qu’un passage existe le long du bras qui bénit !

 

Cette statue est non seulement typique de l’art religieux de l‘époque dans un contexte international de gigantisme mais elle est par ailleurs une émanation explicite de l’art décoratif. Cette expression artistique de l’entre deux guerre se révèle ici dans cette statue monumentale. L’ « art déco » est l’art du modernisme. Tout d’abord on utilise les nouveaux matériaux, ici ce sera le béton. Puis « l’art déco » est l’art  de la géométrie, de la symétrie, en rupture avec « l’art nouveau » qui est l’art des circonvolutions. La statue du Christ Roi est représentative de cette vision moderne.

Grâce aux drones on peut aujourd’hui mieux apprécier cette statue  emblématique quelque fois moquée pour sa silhouette massive.

Son intérêt historique mérite qu’on l’apprécie.

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Autres statues monumentales de Christ Roi :

Brésil à Rio : statue de 25m de haut sur un piédestal de 85m – 1931

Portugal à Almada Lisbonne : 28m de haut sur un portique de 82m – 1949-

Suisse dans le Valais à Lens: statue de 15m su socle de 15m – 1935

Pologne à Świebodzin : statue de 33 m de haut – 2010

Bibliographie :

Gilbert Gardes Histoire monumentale des deux Savoies

Revue de l’illustration 1934

Yves Borrel : document écrit  pour la commune des Houches

Paul Guichonnet : Encyclopédie savoyarde

 

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Christine Boymond Lasserre

Qu’est devenu l’ancien kiosque du PLM de Chamonix

Un des plus charmants hôtels de notre vallée : l’Hôtel de la Prairie au village des Bois

 

Il évoque une   petite maison du bonheur, une exception dans cette vallée où profit  jongle avec urbanisation. On est sous le charme de cet hôtel  construit au cœur des  champs face au Mon Blanc. On  admire sa façade ancienne et traditionnelle, on aime sa tonnelle luxuriante et ses nappes à carreaux… Ici on ressent ce sentiment d’un passé suranné qu’évoque ce lieu hors du temps.

  Henri Claret Tournier construit entre 1900 et  1905 un petit hôtel sur une jolie parcelle de terre appelée « les Carrés », dont il a hérité tandis que son frère  recevait  la ferme familiale proche.Les habitants du village participent à la construction, les graniteurs de la carrière voisine réalisent  tous les encadrements en granit  des fenêtres et portes de l’hôtel.

Henri  avait compris que la poussière et l’agitation du centre de Chamonix pouvaient faire fuir des clients qui seraient alors à la recherche d’un lieu verdoyant et tranquille. Pari gagné. L’hôtel n’ouvrira que l’été,  mais ne désemplira pas de saison en saison d’été.

C’est bien chez Henri  que les clients citadins viendront se reposer et profiter du calme absolu de ce village authentique. A l’arrière de la maison,  selon la tradition,  il  y eut longtemps une écurie qui permettait ainsi de fournir la clientèle  en lait frais. De même un potager  jouxtait l’hôtel. Du bio avant l’heure…

Henri était guide. Il sera guide chef en 1920, et  aussi conseiller municipal pour la commune de Chamonix.  Avec ses clients qui logeaient chez lui il parcourra  la montagne, les emmenant  partout dans le massif. Il ira, entre autres,  99 fois au sommet du Mont Blanc, le plus souvent avec eux.  Belle performance !

HHenri Claret Tournier et son épouse Aline, sa fille Perlina, et l’employée de maison.

Henri avait pour épouse Aline, une Charlet venue d’Argentière. C’est elle qui tiendra l’hôtel lorsque son mari de guide partait en montagne. C’est elle qui saura recevoir cette clientèle citadine. L’hôtel ne désemplissait pas de tout l’été. La clientèle anglaise prenait plaisir à passer un mois ou deux ici  au village des Bois, loin des fumées londoniennes.

Le livre d’or est de ces années là est un vrai plaisir à lire. Nombreux sont les annotations, les poèmes sur l’extrême gentillesse des propriétaires de l’hôtel.

Perlina, la fille adorée d’Henri , prendra la succession. D’une main de maître elle tiendra l’hôtel jusque dans les années 1950. C’est à cette époque que Jean Louis Barrault et Madeleine Renaud  résideront à la chambre n°16 face au Mont Blanc, dans  cette pension au cachet si rare .Ce  petit hôtel se transforme doucement. Il était difficile pour les héritiers  de moderniser un hôtel datant des années 1900. Cependant, contrairement à beaucoup d’autres hôtels de la vallée qui changeront de mains,  il restera la propriété de la famille. En 1950 Jean et  Louisette font de cet hôtel une pension de famille chaleureuse et appréciée de tous, connue entre autre pour son excellente cuisine .On gardera jusqu’en 1990 la veille tradition chamoniarde d’appeler les clients pour les repas à l’aide d’une cloche… C’est dire à quel point cet hôtel était  apprécié à sa juste valeur pour l’authenticité de ses habitudes.

De nos jours il est tenu par Geneviève, la petite fille de Perlina. Elle entretient avec bonheur la tradition familiale,  elle  modernise peu à peu les lieux, leur conservant ce charme d’une autre époque.

On ne peut que souhaiter que cet hôtel, à l’attrait  si  indéfinissable,  puisse rester encore longtemps au milieu des prés méritant son  nom de « la Prairie ».

On lui souhait longue vie…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Christine Boymond Lasserre

La rue de l’église Aujourd’hui – Hier (en image)

 

 

A gauche on distingue très bien le magasin musée « Au Cristal de Roche  » construit par Venance Payot ancien guide, ancien maire de Chamonix, éditeur, collectionneur scientifique passionné .
Le magasin fut détruit et remplacé par la banque Payot édifiée en 1930 par Paul Payot, neveu de Venance Payot
A l’arrière un bâtiment, second hôtel du « Mont Blanc » construit en 1857, détruit pour être remplacé par le bâtiment Kursaal (actuellement le bar Cheval rouge et boulangerie).
Ici était le carrefour , le lieu de rencontre entre les guides chamoniards et leurs clients venus des divers hôtels.
A droite on voit très bien l’hôtel le Terminus et l’ancien relais des diligences devenu pharmacie , un peu plus loin se trouvait le bureau des guides (emplacement actuel du magasin hightech) et un peu plus loin encore on reconnaît l’hôtel Impérial devenu hôtel de ville en 1907.

 

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Christine Boymond Lasserre

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