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Viollet le Duc à Chamonix. Qui s’en souvient ?

Eugène Viollet Le Duc découvre Chamonix en 1868. Connu pour ses travaux de rénovation de bâtiments historiques, on a parfois oublié sa passion pour la montagne et ses études sur le massif du Mont Blanc.

Promeneur infatigable, il va durant plus de 10 ans se rendre l’été à Chamonix et arpenter chemins et sentiers,explorant chaque petit coin du massif du Mont Blanc. Accompagné de ses guides, il travaille du lever du jour au coucher du soleil, dormant parfois deux ou trois nuits consécutives en altitude. A Chamonix, il se raconte que Mr Viollet le Duc avait conçu un tabouret spécial. Celui-ci, monté sur des pieds aux hauteurs différentes, lui permettait de se positionner au mieux dans la pente lors de ses longues séances de dessin.

Le bas du glacier des Bossons par Viollet le Duc. Collection RMN

 

 

Ses études, ses esquisses, ses croquis, nous montrent un homme méticuleux soucieux de précision. Ses tableaux nous révèlent un peintre subtil maitrisant avec talent le travail de l’aquarelliste.  Les atmosphères sont ressenties avec beaucoup de force et de justesse. Il réalisera plus de 600 tableaux et dessins…

 D’une étonnante modernité, il s’initie enfin à la cartographie et publiera en 1876 une carte à 1/40.000 du Mont Blanc admirable de minutie.

 Quand il arrive à Chamonix pour la première fois en 1868, il loge à l’Hôtel Terminus tenu par Madame Tairraz.

Celle-ci, sachant à quel point il apprécie peu la clientèle séjournant à Chamonix, le recevra dès 1869 dans sa maison familiale située à la lisière de la forêt au pied du Brévent, au lieu dit « la Côte ». Madame Tairraz lui demandera alors de concevoir une seconde maison dite « maison à loyer » (une maison à loyer étant innovatrice pour l’époque puisqu’il s’agissait de construire une maison avec un logement pour le propriétaire et des logements aux étages supérieurs que l’on pouvait louer). Du jamais vu à cette époque !

 Viollet le Duc s’était depuis longtemps intéressé à l’architecture de montagne. Il estimait que celle-ci des était des mieux intégrées au paysage et à la morphologie des terrains accidentés.

Dessin de la Maison de la Côte de Viollet le Duc

Dessin de la Maison de la Côte de Viollet le Duc

Collection RMN

 Il se met vite à la tâche et dresse les plans de cette maison. Il s’inspire des fermes locales pour élaborer son projet. Telle la ferme traditionnelle adossée à la pente, sa maison se composera d’une base en pierre surmontée de deux étages en bois. En amont, se trouvent cuisine, sanitaires et tout ce qui concerne la domesticité. En aval, les chambres s’ouvrent sur de larges fenêtres et balcons donnant sur le midi et les sommets.

Mais Viollet le Duc comprend aussi la nécessité d’avoir une maison moderne avec tout le confort… Chaque chambre disposera d’une cheminée et d’une salle de bain… Ce qui était révolutionnaire pour l’époque. Construite de 1872 à 1873, cette maison de Viollet le Duc se veut exemplaire.  Il y montre ses talents d’architecte capable de construire une demeure confortable néanmoins inspirée de l’habitat traditionnel.Maison de la Côte- Dessin de Viollet le Duc -Copyright Musées nationaux                                                 Dessin de Viollet le Duc . Copyright RMN

 L’eau coulera bien longtemps sous les ponts avant qu’un autre architecte, Mr Henry Jacques le Même, de Megève, invente, 60 ans après, ce qu’il appellera « le chalet skieur » directement inspiré de l’habitation locale. Que de points communs entre eux !

 La maison de la Côte deviendra, avec son annexe, « l’Hôtel des chalets de la Côte », tenu par Mr Harang.

  Puis les bâtiments seront partiellement transformés dans les années 1920 pour être occupés par une maison d’enfant appelée « les Soldanelles ».

Dans les années 1970, tout sera balayé par des promoteurs plus intéressés par le profit d’une grande résidence que par cette veille maison pour eux sans intérêt.

Nul ne s’en est ému …

Dommage ! Sa vision de l’architecture moderne avait 60 ans d’avance !

 Mais qui s’en souvient à Chamonix ?

 

 Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine vallée de Chamonix

 

 

 

 

Chamonix ? D’où vient ton nom ?

 

Quelle est donc l’étymologie du nom Chamonix ?

 

1682-theatrum-sabaudiae

Theatrum Sabaudiae 1682

Cette question a déjà fait couler beaucoup d’encre, et chaque pheilologue apporte son interprétation. Libre à chacun de choisir son explication parmi les nombreuses propositions !

Le sujet est d’autant plus complexe que Chamonix a traversé l’histoire avec des orthographes différentes : Chamonio (1225), Chammonis(1229),Chamunix(1289),Chamony(1399), Chamouny(1581),Chamony(1652).Chamounis (1682).

 Le prieuré de la vallée de Chamonix prend définitivement son nom de «Chamonix» en 1793, sous la révolution française. Avant on ne parlait que du prieuré de la vallée de Chamonix.

 Le premier document historique datant de 1091  parle, à propos de Chamonix, d’un « campus munitum », terme latin  qui signifie « champ clos », ou « fortifié », avec une connotation militaire. Origine romaine? certainement pas ! Médiévale bien sûr, le latin étant la langue utilisée pour tous documents officiels.  

⇒   D’après Roland Boyer (« le nom des lieux de la région du    Mont  Blanc »), le campus munitus couvre toute la vallée de Chamonix .

Il est vrai que, encore de nos jours, cette interprétation est la plus couramment admise. Cependant l’étymologie  a fait des progrès et il est intéressant de rechercher les diverses autres versions.

 ⇒   Selon Mr Charles Durier, la racine « chamon » signifierait    « friche » en vieux français ; le mot aurait été alors latinisé en    « chamoniagum » , idée d’ailleurs retenue par Mr Jean Yves  Mariotte  (historien) et par Mr Charles Vallot.

 ⇒    Mr Charles Marteaux, étymologiste reconnu, voit deux origines possibles (dictionnaire étymologique de lieux en France édition 1911) :

1 –  soit une latinisation de «camon » qui désignait un genre de pré, peut être sur une hauteur.

2 –  Soit une racine ligure où « Cam », « Cham », « Char », « cha » auraient été utilisés pour désigner un site de montagne, « une élévation », « une hauteur arrondie » .(on pourrait trouver la même racine dans le nom de Chamole dans le Jura, dans Chamoux ou Chamousset en Savoie).

  Le philologue breton François Falc’hun nous apprend qu’en Bretagne,  montagne se dit « menez » et que ce terme vient du vieux breton « monid » que l’on prononce « moniz »… Intéressant, non? Quant à « Cha » en breton il signifierait tête !

Donc nous pourrions envisager une racine celtique ou Chamonix voudrait dire « la tête de la montagne » 

⇒Par ailleurs, en patois, Chamonix s’écrit  « Cam(u)ni ». On peut éventuellement  retenir  « Cam » (qui est de racine ligure) comme élévation et  « ni » (qui serait de racine latine) comme neige,  Chamonix ne voudrait il pas dire  «  l’élévation de neige » ?

⇒ D’autres hypothèses plus fantaisistes ont été proposées : « le plan au moulin » (cha molinum) ou le « champ du meunier » (Jules Payot), voire même selon Victor Hugo le « champ des chamois »…

 ll y a un autre « Chamonix », logé dans une boucle de la rive gauche de l’Arve (tout près de Cluses), dominé par de hautes falaises.  Lorsque l’on regarde attentivement l’emplacement de ce hameau, il est évident qu’il y a là aussi   « un commencement de la montagne »  (selon Paul Guichonnet)

Hameau de Chamonix à côté de Cluses

Hameau de Chamonix à côté de ClusesI

 

Lieu -dit "Chamonix" à Dieulefit

Lieu -dit « Chamonix » à Dieulefit

Le nom de « Chamonix » a été donné à une propriété (rurale) de la commune de Dieulefit à la fin du XIXe siècle. Un membre de la famille Noyer (bourgeoisie aisée), devenu maire, était un adepte de l’alpinisme. C’est en raison de sa passion pour ce sport qu’il a donné le nom de Chamonix à sa propriété dieulefitoise (elle comprenait des terres et des bâtiments).

La propriété a été vendue par la famille Noyer à la fin du siècle dernier à une association qui y a construit un centre hospitalier de pointe, Dieulefit Santé. Le nom de « Chamonix » a été conservé.

(transmis par l’Association Patrimoine, mémoire Histoire d pays de Dieulefit.)

Histoire et patrimoine Chamonix

Christine Boymond  Lasserre

 

 

Abbaye de Saint Michel de la Cluse dont dépendait Chamonix

0362

Photo collection Sacra san Michel

bbaye de Saint Michel de la Cluse

L’abbaye dont a dépendu la valée de Chamonix pendant près de 4 siècles

Les italiens l’appellent « la Sacra San Michele », avec toujours beaucoup de respect.  Il est vrai que le lieu est magique ! Située sur un piton rocheux qui domine la vallée de la Suze, la Sacra se voit de très loin …  A 960m d’altitude, elle s’impose au regard de toutes parts. Un site à visiter absolument.

Il peut paraître étrange qu’en 1091 la vallée perdue de Chamonix ait été donnée par les comtes de Genève à cette abbaye si lointaine de Saint Michel de la Cluse située près de Turin

  • .(Afin de s’attirer les bonnes grâces d’un monde divin que tout homme craignait les nobles avaient pour habitude d’offrir terres et territoires à ces abbayes toutes puissantes pensant s’assurer ainsi une vie éternelle dans la paix de Dieu).

 Nous sommes au Moyen Age, le climat se réchauffe, les Alpes se franchissent plus aisément et de ce fait les échanges s’améliorent. C’est dans ce contexte que se situe l’essor des maisons religieuses.  Celles-ci s’imposent dans une période où la foi est au centre de toutes préoccupations humaines.

Un ordre religieux prend son essor, celui fondé par Saint Bernard, les bénédictins. L’ordre s’étend dans touteEscalier dans Sacra san Michele l’Europe. Nombreux sont les monastères et abbayes édifiés dans les Alpes.  Les bénédictins circulent beaucoup, voyageant d’une abbaye à l’autre. L’itinéraire le plus fréquenté est celui qui passe par le Mont Cenis.  Saint Michel de la Cluse accueille ses premiers moines dès 868 et le sanctuaire est créé dans les dernières décennies du Xème siècle. L’abbaye deviendra une étape incontournable entre le nord et le sud de l’Europe.  Elle brillera très vite dans sa toute puissance de la Vénétie à l’Espagne. Elle sera un foyer de culture et sa splendeur rayonnera au plus haut tout au long du XIIème et XIIIème. Elle possédait alors plus de 200 dépendances et était l’une des quatre plus puissantes abbayes d’Italie.  Elle détenait plusieurs prieurés dans notre région (Héry sur Ugine, Megève, Chamonix, Port Valais près de Sion, Bursier sur le lac Léman…. ).

L’abbaye de saint Michel de la Cluse entre en décadence dès le XIVème siècle. Elle sera pillée, la bibliothèque les archives seront dispersées et elle tombera lentement en ruines. 

  • Ce qui expliquera que la vallée de Chamonix sera alors confiée à la collégiale de Sallanches, les prieurs ayant été remplacés par des laïcs avides de pouvoir temporel et omni puissants.

Restaurée au XIXème siècle, elle est redevenue un site exceptionnel à visiter.Lien ci dessous

Sacra di San Michele

www.sacradisanmichele.com/

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En Europe en plus de la Sacra San Michele trois autres abbayes ont été consacrées à Saint Michel.

  1. le Mont Saint Michel situé à la frontière de la Bretagne et de la Normandie, le plus fameux.

  2. Le saint Michael’ Mount édifié sur une île granitique au sud de la Cornouailles. Sanctuaire dès 495 qui sera mis sous la protection de saint Michel en 1044 et des moines de l’abbaye de saint Michel en Normandie y construiront une petite église et un petit monastère transformé en forteresse !

    800px-St_Michael's_Mount

    photo collection privée

  3. La plus ancienne se trouve sur la presqu’île de Gargano dans les Pouilles mais ici elle n’est pas en hauteur, elle est construite au fond d’une grotte accessible par un long escalier, similaire aux longs escaliers de l’abbaye de saint Michel de la Cluse.

Étonnant ? non?

 

 

 

La mappe sarde Qu’é sa co ?

 

 MAPPE SARDE CENTRE CHAMONIX.       Cliché Archives départementales

Les 16ème et 17ème siècles sont des périodes au cours desquelles, en Savoie, la perception de l’impôt est particulièrement confuse. Victor Amédée II, roi de Piémont Sardaigne, conscient de l’anarchie de ces levées d’impôts dont l’origine est médiévale et imprécise, impose une remise en ordre fiscale qui cherche à établir une estimation juste  des biens fonciers par catégories et par biens.  Dans la foulée est décidée l’élaboration d’un cadastre détaillé.

L’édit du 9 avril 1728 ordonne la mensuration générale de la Savoie.

Immense gageure pour l’époque !

L’innovation principale est l’élaboration des « mappes », (cartographie généralisée des parcelles de toutes les communes). Commencé en 1730 et achevé en 1738, ce relevé concernera 638 communes qui seront cadastrées dans le détail. Celle de Chamonix sera la plus grande de toutes.

20 équipes sillonnent tout le territoire.

Chaque équipe est composée de :

1 géomètre : il dessine les parcelles, les arbres, les biens …

1 métreur : il mesure les propriétés.

1 estimateur (il estime la valeur du bien). Il  est aidé d’un indicateur (seul personnage local autorisé, sa présence est nécessaire pour donner des informations sur les lieux.)

La mappe est composée de :

** Un plan cadastral dessiné à l’échelle de 1/2372. C’est à dire 1 mm=2m372. C’est un rouleau de papier entoilé portant le dessin en couleurs de toutes les parcelles (avec n° d’ordre), des chemins, des cours d’eau, des arbres,  etc…

** Un registre des parcelles appelé « livre de géométrie » qui répertorie chaque parcelle, le nom du propriétaire et l’étendue du bien

 ** Un second registre appelé « livre d’estime » qui donne le degré de « bonté » (c’est à dire la productivité) de chaque terrain.

Le tout est  envoyé à Chambéry. Des « calculateurs » sont alors  chargés de fixer pour chaque parcelle la valeur foncière et le montant de l’imposition. 

De ces deux registres on rédige la « tabelle préparatoire » qui est alors  mise en consultation dans chaque commune afin que chacun puisse faire état de  ses réclamations. Les habitants disposent d’une quinzaine de jours pour contrôler plan et registres. Réclamations inscrites dans un registre appelé «  cotes à griefs »

Puis tout retourne encore une fois à Chambéry  ou l’on établit la synthèse de toutes les informations rassemblées  dans un ouvrage final la tabelle.

 

Exemple d’une page de tabelle


Ces tabelles  sont des registres où se  trouve le nom des propriétaires par ordre alphabétique, et 
leur condition (noble, ecclésiastique, bourgeois, laboureur…),

Le numéro de la parcelle,

La nature de cette parcelle (champ, maison, alpages, murger..),

Le nom du lieu dit,

Le degré de bonté chiffré de 0 à 3 (de bonne terres à mauvaises), 

La superficie,

Les frais de culture (déduits  des revenus),

Son estimation et sa taille (pour l’impôt).

Dans chaque commune est alors établi un cahier de mutation donnant les informations des changements de propriétaires, de propriétés, de valeurs, Le cadastre se heurte bientôt  à la difficulté de suivre les mutations foncières malgré le travail de fourmi réalisé par les secrétaires de mairie.

 Il n’est reste pas moins que la mappe donne une vue géographique très précise des parcelles et des confins. Elle resta jusqu’en 1852 le seul instrument de référence pour les limites de parcelles.

Il existait une mappe pour Chambéry, une mappe pour Turin et une mappe pour le village concerné.

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La mappe de Chamonix, restaurée récemment par les archives départementales, est exceptionnelle par sa taille puisque mesure 12 mètres de long. Elle n’est montrée que très rarement car, pour la voir, il faudrait la dérouler sur toute sa longueur, hors (malgré la restauration) celle-ci reste bien fragile.

A savoir que la mappe de la vallée de Chamonix est la plus grande de toutes les mappes réalisées.

Elle  est cependant visible sur le site des archives départementales    sous sa forme numérisée . Tout en sachant que la multitude des vignettes  (156) rend bien difficile l’identification d’un hameau ou d’une propriété particulière.

La marie de Chamonix possède quelques extraits dont certains ont été restaurés

Pour la petite histoire, lors des mesures par les géomètres des montagnes et glaciers, les chamoniards craignant d’avoir à payer un impôt trop élevé personne (ni le clergé, ni la bourgeoisie ni les alpagistes ni les paysans) ne  voulait être propriétaires de ces « monts affreux »,  sous prétexte  que ceux-ci appartenaient  forcément aux habitants de Courmayeur  

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Sources :

L’ancien cadastre de Savoie. Max Bruchet. Archives de la Haute Savoie.

Sites : http://www.sabaudia.org

           http://www.savoie-archives.fr

 

Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

 

 

 

 

 

Vidéo Virée de Vaudagne – Les Bouchards – Charousse

Découvrir en vidéo la virée de Vaudagne – Les Bouchards – Charousse

De belles découvertes étonnantes  à faire


 

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Photos anciennes : Yves Borel – famille Brooke – Musée des Houches

 

Avec la participation d’Yves Borrel président de l’ « association dans le temps » des Houches et de Claire Thiolière, accompagnatrice de moyenne montagne, car nous emprunterons au cours de notre périple un joli petit sentier de montagne.

 

Nichés dans un vallon secret, ce village et ces deux hameaux ont résisté à l’urbanisation envahissante de la vallée. Nous aurons d’autant plus de plaisir à découvrir ces lieux retirés.

Ici, les habitants ont su maintenir avec constance une école, une chapelle, et ils ont préservé  avec soin un habitat montagnard très authentique.  A Vaudagne et aux Bouchards, nous pourrons peut-être rencontrer certaines de ces familles qui se sont efforcées de sauvegarder le patrimoine local. Que de belles découvertes à faire.  J’espère que très gentiment, ils nous ouvriront l’intérieur de leurs maisons privées, ils évoqueront pour nous le passé rural de leurs ancêtres. Nous apprécierons l’architecture traditionnelle de ces vielles fermes et de leurs annexes. Puis, par ce petit chemin ravissant que certains connaissent peut-être, nous nous rendrons sur ce plateau magique qu’est l’alpage de Charousse.  Lieu préservé par la volonté d’un architecte, Mr Laprade, qui découvrit dans les années 1930 cette « montagne »  tout à fait singulière. Il n’aura de cesse de protéger ce lieu hors du temps.

 

 

 

 

Le « lac à l’Anglais ». Pourquoi s’appelle t’il …à l’Anglais »

 

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Ce charmant petit lac, niché dans la forêt tout près du mur d’escalade, raconte une histoire étonnante. Celle d’un anglais si amoureux de Chamonix qu’il décide, en 1886, d’acheter ces parcelles situées à la sortie du hameau des Pècles.

A l’époque, les diligences empruntent cette route, d’où la vue est magnifique. A cet endroit, il y a deux fermes protégées par un paravalanche, et très peu d’arbres. Quelques bêtes paissent près de l’Arve. Il n’est pas difficile pour Lord Sinclair d’acquérir ces quelques prés sans grand intérêt, hormis la source qui jaillit et offre une eau limpide et surtout si fraîche. Est-ce cette belle eau qui incite notre anglais à choisir ce lieu ?

 

Lord Sinclair est client de François Couttet, guide et propriétaire du tout nouvel « Hôtel Couttet et du Parc ». Il vient régulièrement à Chamonix. Certainement fasciné par cette vallée enchanteresse, il cherche à créer ce qui, partout en Europe, est en vogue : un « parc à fabriques ».

En effet, depuis quelques décennies déjà, des parcs ou des jardins sont créés en de nombreux lieux afin d’inciter à la promenade, à la découverte, sans être dérangé par des éléments extérieurs.

Dans ces parcs sont construits des édifices décoratifs (appelés des « fabriques ») qui doivent dégager une atmosphère rustique, antique ou… asiatique.

 

Nous connaissons tous le jardin du Petit Trianon, où le promeneur traverse des rochers et des grottes aménagées artificiellement afin de lui donner le sentiment de se retrouver dans une nature sauvage ! Ou encore le parc Monceau et ses temples antiques !

ruine-chapelle-2Notre ami John Sinclair, particulièrement touché par la nature forte qui s’impose en ce lieu dominé par le Mont Blanc, décide alors de creuser un lac au contact de la source abondante qui nait au pied du rocher. Il plante à proximité des arbres inconnus dans la vallée. Il aménage de fausses grottes…,  puis il fait construire une fausse ruine au bord de l’eau… Un petit sentier qui monte graduellement au-dessus du lac permet au promeneur de se livrer à la rêverie ou à la méditation. Nous sommes encore dans la sensibilité du romantisme finissant du XIXème siècle.

 
Ce petit lac est devenu la folie du moment.
Tout touriste venant Chamonix empruntait un mulet pour aller visiter ce que chacun chantait comme le lieu « à voir ». On naviguait en barque sur le lac, on se faisait peur à franchir les pas dangereux qui permettaient d’accéder aux grottes. On poussait des portes artificielles de pierre pour passer d’une grotte à l’autre puis, tout en bavardant, on se rendait au kiosque qui dominait le lac d’où l’on avait la vue la plus merveilleuse de la vallée.
Le temps a passé. Les épicéas ont pris le dessus, créant une forêt sombre.  Le promontoire fut pris d’assaut par les ronces, les grottes abandonnées furent endommagées, on créa de nouveaux aménagements.
L’intérêt se porta désormais sur le nouveau lac, plus grand, créé pour édifier les remblais de la nouvelle voie ferrée. Ce fut le nouveau lieu de rendez-vous, vite relayé par le nouveau mur d’escalade aménagé par la Compagnie des guides dans les années 1930.
Seuls dans la mémoire des habitants des Gaillands resteront le nom de « lac à l’anglais » et du « kiosque à l’anglais ».

Bien plus tard, en 1939, certains chercheront la manière d’exploiter l’eau de la source   si fraîche et si pure. Et dans les années 1970 de gros projets immobiliers menaceront ce lieu secret. Le terrain est alors acheté par la municipalité.
img_8189 L’attraction principale est aujourd’hui le rocher d’escalade où viennent s’exercer les grimpeurs. Connaissent-ils eux même l’histoire de ces lieux ? Le calme du lac et de sa ruine est désormais animé par les cris des enfants suspendus à la tyrolienne qui le traverse. Saura  t’on leur raconter l’histoire de ce lieu un peu hors du temps et riche d’une histoire originale ?

 

copyright
Histoire et patrimoine Chamonix
Christine Boymond Lasserre

Le plus vieux parchemin de Chamonix

 

 

Cliché : Archives départementales Haute Savoie

Acte de donation, par les comtes de Genève, de la vallée de Chamonix aux moines bénédictins de l’abbaye de Saint Michel de la Cluse en 1091

Au nom de la sainte et indivisible trinité ,moi Aimon, Comte de Genève, et mon fils Gérold donnons et concédons au Seigneur Dieu notre Sauveur, et à Saint Michel Archange de la Cluse, tout Chamonix avec ses dépendances, depuis la rivière appelée Desa et la roche appelée blanche, jusqu’aux Balmes , en tant qu’il semble relever entièrement de mon Comté, à savoir les terres, forêts, alpages, chasses, tous les plaids et bans afin que les moines qui servent Dieu et l’Archange possèdent tout cela et les tiennent sans contradiction de personnes, ne retenant rien pour nous, si ce n’est les aumônes et les prières pour nos âmes et celles de nos parents, afin que Saint Michel l’    Archange nous conduise avec eux dans le paradis de la joie. Si quelqu’un, ce qu’à Dieu ne plaise, voulait enfreindre cette donation, qu’il soit en anathème et malédiction, comme Dathanet Abiron, jusqu’à résipiscence et satisfaction.

De cette donation sont légitimes témoins les frères utérins du Comte, Willelme de Faucigny et Amédée, ainsi que Thurunbert de Nangy, Albert Chevalier de Gomoens(Goumouens, canton de Vaud Suisse), le prêtre Engeldrand et Silvo.

Moi, André , chapelain du Comte, ai écrit cette charte sur l’ordre du Comte lui-même et l’ai remise, le samedi, vingt septième de la lune, sous le règne du pape Urbain.

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Résumé article de Mr Paul Guichonnet.

Journal Le Messager septembre 1991.

Comment ce magnifique parchemin en bon état daté de 1091 est-il arrivé jusqu’à’ à nous ?

Lorsqu’en 1519   les chanoines du chapitre de la collégiale de Sallanches succèdent aux religieux de l’abbaye de saint Michel, ils descendent dans leur résidence principale à Sallanches le gros des archives de leur succursale .C’est là, dans un grenier, que le notaire Bonnefoy les découvrira en 1831 et les transférera chez lui pour les étudier. Plus de 449 liasses de l’ancienne collégiale. Celles- ci avaient échappées à la destruction des armées révolutionnaires.

Le texte de la charte n’était cependant pas inconnu puisqu’en 1660 Samuel Guichenon, érudit, le publia dans son « histoire généalogique de la royale maison de Savoie ». Mais nous devons la redécouverte de la charte à Markham Sherwill qui, en 1832, curieux de l’histoire chamoniarde, rencontre Mr Bonnefoy ce qui lui permet de remettre aux yeux du monde une part de l’histoire chamoniarde :   … « à la première vue des vénérables papiers je compris la joie enthousiaste qu’éprouve un antiquaire en découvrant quelques nouveaux trésors… et la poussière qui les recouvrait paraissait aussi vieille que le Prieuré lui-même ». Il publie ainsi en 1831 à Londres la première histoire de la vallée de Chamonix.

En 1879 et 1883 Mr Bonnefoy publie les pièces les plus importantes dont la charte datée de 1091. Photographiée, elle sera alors éditée à plusieurs reprises. Vient alors en 1907 la séparation de l’Eglise et de l’Etat, les documents sont rapatriés aux archives départementales.

Immédiatement, les historiens se penchent sur ce document précieux .On le soumet à l’Ecole des Chartes où l’historien Maurice Prou écrivait à son collègue annécien «je ne crois pas que l’écriture puisse être de la fin du XIe … On la daterait plutôt du milieu du XIIe, ne serait-ce pas une charte du XIe recopiée ou interpolée ou en tout cas refaite au XIIe ? Remarque intéressante qui ne sera reprise qu’en 1979 par Jean Yves Mariotte qui, directeur des archives départementales, effectua un examen serré et en proposa une traduction précise (texte ci-dessous).

Ce document « vrai-faux », selon Mr Mariotte, a tourmenté nombre de spécialistes car si on s’en réfère aux documents de l’époque, ce parchemin   manque de précisions : pas de lieu, pas de date précise. Certes les témoins et les signataires sont bien attestés, mais le texte est bref et on est frappé par l’imprécision dans l’identification.  A l‘époque, les dotations énuméraient généralement dans le détail les donations. Surtout on ne mentionne ni les hommes qui, en général, sont toujours cités, et l’on reste dans une description générique trop imprécise. Le rappel au règne d’Urbain II permet de dater la signature entre 1089 et 1099.

Les historiens en concluront que cette charte a été reprise au XIIe siècle.  Effectivement, dans ces mêmes archives, deux actes datés de 1202 et 1204 marquent le début d’une série de pièces de plus en plus abondantes qui montrent, selon Mr Mariotte, « une identité de main et une quasi simultanéité chronologique ».

La fameuse charte de la fin du XIème serait donc la transcription abrégée voire la nouvelle rédaction dans la seconde moitié du XIIème voir même plus tard d’un acte ayant réellement concédé aux Bénédictins la totalité de Chamonix.

Pourquoi ?

Il faut savoir qu’à l’époque, lors de donation aux grandes abbayes savoyardes, les seigneurs conservaient « l’avouerie ». C’est-à-dire la protection et la défense du lieu. Il est probable que celle-ci avait été usurpée par d’autres seigneurs (probablement les Nangy).  La garde du prieuré fut reprise en 1204 par les comtes de Genève.  Les moines exhumant un document élagué de toutes dépendances envers les comtes de Genève afin d’affirmer leur autonomie.

La charte attribuée à 1091 serait donc une version remaniée du document original du 12ème siècle, mais le document nous confirme bien que la vallée été donnée aux moines en fin du XIe siècle. 

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

 

Y a-t-il des monuments historiques dans la vallée de Chamonix?

   Le logo des Monuments historiques représente le labyrinthe de la cathédrale de Reims-16ème siècle.

Souvent,  au cours des visites,  une  question nous est posée : y a-t-il des monuments historiques dans la vallée ? Si oui… quels sont- ils ?                                                  

  Nombreux sont les édifices de la vallée qui présentent un intérêt  historique ou patrimonial. Notre histoire est riche depuis que  les chamoniards ont bâti leurs villages, leurs fermes, leurs maisons, leurs hôtels. Ils s’y sont identifiés et les bâtiments qu’ils ont édifiés sont représentatifs de leur aventure séculaire.

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[spoiler title= »Comprendre les divers types de classification sur le plan national et régional (CLIQUEZ SUR LE PLUS POUR LES DÉCOUVRIR) »]

Un M.H.C : est un Monument  Historique Classé  répertorié dans  la Base Mérimée de l’inventaire national  du patrimoine culturel.

Il y a deux types de classements :

      1  –  Classement au titre de Monument historique. Niveau d’intérêt national.

     2  –  Inscription au titre de Monument historique. Niveau d’intérêt régional.

Un O.C : est un Objet  Classé répertorié  dans  la Base Palissy de l’inventaire national du patrimoine culturel.

Un S.C : est un  Site naturel Classé d’intérêt National , répertorié au  D.I.R.E.N Rhône Alpes.

Un S.I : est un Site naturel Inscrit  d’intérêt régional répertorié au D.I.R.E.N Rhône Alpes

Une I.C : est une Image classée d’intérêt national  répertoriée dans la  Base Mémoire de l’inventaire national du patrimoine culturel.

Une Z.P.P.A.U.P :  est une Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager. (Lancé par un maire et  son conseil municipal en partenariat avec l’ État.)

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Dans la vallée de Chamonix sont classés :

M.H.C  MONUMENTS CLASSES à CHAMONIX

  •   Église saint Michel. Monument  classé d’intérêt national.Classée le 28.12.1979

  • Fontaine en granit au sommet de la ville. Monument classé d’intérêt national  – Classée le 26.03.1941

  •  Fontaine en granit. Place Balmat. Monument classé d’intérêt national- Classée le 26.03.1941

  •  Presbytère (Maison de la Montagne). Monument inscrit d’intérêt régional -Classé le 12.03.1941.

O.C  :  OBJETS CLASSES   à CHAMONIX

  •   Autel-gradin-retable d’autel -maître autel  de l’église, 2ème quart du 19ème – Classé le 22.03.1976.

  •  Ciboire. Église de Chamonix, 4ème quart du 18ème – Classé le 22.03.1976.

  •  Ostensoir. Église de Chamonix, 18ème – Classé le 22.03.1976.

  •   Autel -retable Notre Dame des gloires de l’église, 2ème quart du 19ème – Classé le 22.03.1976.

  •   Autel – Retable du Sacré Cœur de l’église, 2ème quart du 19ème – Classé le 22.03.1976.

  •   Cabine du téléphérique Megève-Rochebrune devenue celle  du premier téléphérique de l’Aiguille du midi, 2è quart  du 20ème siècle.  Classée 28.07.1992.

  • Cabine N°1 du premier téléphérique de l’Aiguille du midi à la gare de la Para, 1er quart du 20ème siècle- Classé le 28.07.1992.

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  O.C : OBJETS  CLASSES  à  ARGENTIERE 

  •   Retable du maître autel de l’église, 17è Classé le 05.11.1912.

  •   Bas relief de l’Adoration des Mages de l’église, 17ème  – Classé le 05.11.1912.

  •   Ostensoir, 18ème – Classé 10.04.1963.

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O.C : OBJETS CLASSES aux  HOUCHES 

  •   Retable église, 2ème quart 18ème – Classé le 02.04.1984.

  •   Cloche, 1743, 2ème  quart du 18 ème – Classé le 27.08.1943

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 O.C : OBJETS CLASSES   à SERVOZ :

  •   Tableau « Vierge à l’enfant  avec donateur », 1661 , signé J.Claude Raull – Classé le 03.10.1997

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O.C : OBJETS CLASSES  à  VALLORCINE :

  •   Cloche .1735, 2ème quart 18ème – Classé le 12.07.43.

  •   Cloche,  1179 4èmequart du 18ème. -Classé le 12.07.1943.

  •   Cloche, 1er quart 19ème -Classé le 29.12.1983.

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S.C :  SITE NATUREL CLASSE  (intérêt national):

  •  Bloc de rocher situé aux Tines route du réservoir -Classé le 04.09.1935.

  •   Bloc de rocher dit « Pierre aux Anglais », moraine du Montenvers – Classé le 04.09.1935.

  •   Balcon du Mont Blanc- Classé le 23.09.1987.

  • Massif du Mont Blanc. Classé le 14.06.1951. Décrets le 5.01.1952 et 16.06.1976.

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SI :  SITE INSCRIT  (intérêt régional)

  •  Hameau de Tréléchamps et ses abords – Classé le 28.01.1944

  •   Les gorges de la Diosaz à Servoz. Classé le 10.08.1941

I.C : Images classées : (photographies)

  •   Fond Giletta . 27 photos.

  •  Fond Boudinet. 1 photo.

  •   Fond Séeberger. 15 photos.

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On peut s’étonner  qu’aucune  chapelle  ancienne, aucun de nos  prestigieux palaces, aucun de nos anciens hôtels centenaires, aucune villa de villégiature, ne soient classés! De même que n’ont été  labellisés « monument du XXème siècle» aucun de nos bâtiments remarquables .

Toutefois, il existe à la mairie de Chamonix une liste  de 124 « édifices à protéger dans leur enveloppe», ce qui signifie que leurs façades et toitures ne peuvent être modifiées.

Nos quelques  monuments ou objets classés ne sont pas signalés par le  logo des monuments historiques .



 

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Les ferronneries à Chamonix avec vidéo

 

Découvrez la variété infinie des ferronneries chamoniardes. 

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Mais d’où nous viennent ces ferronneries ?

On note sur la mappe sarde de 1730 quelques forges  couplées à une dizaine de moulins répertoriés dans la vallée. Cette production est tournée, avant tout, vers les besoins des paysans de l’époque. Le travail du fer  dans nos vallées de montagne consiste avant tout en  une production d’ordre utilitaire, essentiellement fabrication d’objets agraires. Plus tard certains se spécialiseront dans la fabrique de sonnailles ou de matériel liée aux activités sportives. La vie rude du « laboureur » (terme de l’époque) incite celui-ci  à une architecture pratique, rationnelle. Il bâtit une habitation  résistante aux intempéries.  Le superflu n’est pas de mise ! Il y a peu d’éléments décoratifs sur les façades de l’habitat chamoniard vernaculaire.

Avec  les dernières décennies du XIX ème,  Chamonix entre dans cette période prospère que l’on appelle « la Belle Époque »(1). La vallée reçoit de plus en plus de visiteurs, il faut donc  héberger au mieux ces touristes qui découvrent ce site magnifique. Avant les hôtels de luxe et avant les palaces, de petites maisons devenant, avec le temps, des hôtels sont bâtis dans la vallée. Beaucoup de ces édifices ont une architecture simple.

Chamonix, à l’époque, n’a pas d’artisan connu pour le travail de la ferronnerie décorative…Celle-ci  est exécutée par un forgeron ou un maréchal-ferrant,  mais rares sont les artisans  chamoniards qui laissent un nom. Peu sont impliqués dans ce travail qui prend à cette époque le nom de ferronnerie d’art(2) (3).

Les petits hôtels caractérisés par la simplicité de leurs  façades s’ornent cependant de balcons aux gardes corps élégamment travaillés. En prenant le temps de regarder avec attention, on remarque que ceux-ci sont tous  différents…  Il n’y en a pas  deux semblables ! Les propriétaires font appel aux fonderies  nationales qui proposent  des catalogues. Le client a un choix varié. Il peut combiner les motifs, imaginer son décor. Le ferronnier  réalise l’ouvrage selon la volonté du client. D’où cette extrême diversité que l’on découvre à Chamonix. Chacun étant attentif à ne surtout  pas avoir le même modèle que son voisin… Une belle spécificité chamoniarde ! Les hôtels de luxe puis les palaces s’orneront eux aussi de ces ferronneries.

Ne manquons pas  d’admirer celles qui s’exposent  à notre regard. Souvent discrètes, peu mises en valeur, elles sont étonnantes pour qui sait les observer. De style classique, art nouveau, plus tard art déco, leurs motifs sont infinis. Sachons les apprécier !


(1) La période  « Belle Époque » se conjugue avec le développement  de l’industrialisation.  On  invente de nouvelles techniques, des nouveaux matériaux sont imaginés, des procédés originaux voient le jour …  C’est l’explosion d’une nouvelle ère dans tous les domaines.  

(2) Le fer n’est pas un matériau facile. Sa qualité diffère selon son origine et son traitement. Le travail à la chaleur  en forge permet toutes les déformations possible, on peut enrouler, tordre, amincir, cintrer etc.… Mais le fer peut aussi se travailler à froid sous forme de feuilles de tôle que l’on peut repousser, marteler, relever ou ajourer… Ensuite l’assemblage des différentes pièces se fait à l’aide de colliers, de liens ou de billes rivées. Ce sont essentiellement  ces deux techniques qu’utilisent les ferronniers de l’époque. On parle alors de  « ferronniers d’art ».

(3) La fabrication du fer s’industrialise. Finis les  petits artisans qui travaillent individuellement. De grandes   fonderies  fabriquent une large variété de modèles. Fonte et fer sont utilisés conjointement. Les ferronniers assemblent  les éléments  selon la volonté du client. De grands artistes marquent  de leurs noms nombre de fonderies nationales.  Dans notre région,  Genève et Lyon sont deux centres importants.

 

 

 

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