Miséricordes, jouées – Collégiale de saint Ours – Aoste

 


 

La collégiale de Saint Ours se niche dans une petite ruelle, un peu à l’écart de la rue principale et dominée par une des plus belles tours romanes de la vallée mérite un arrêt prolongé.

Cette église à l’aspect gothique se dresse sur le site où ont été construites une succession d’autres églises antérieures, depuis la période paléochrétienne. De nombreux trésors sont à découvrir à l’intérieur, certains peu accessibles, d’autres vraiment cachés, d’autres encore interdits à la photo.

Diaporama miséricordes collégiale saint Ours ci dessous :

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Je vous invite à rentrer dans le chœur et à prendre le temps d’admirer les stalles datées du XVème. Celles-ci, gothiques, sont admirables de finesse et d’élégance. Mais allez … et examinez les miséricordes, les jouées, les appuie mains. De pures merveilles…

 Mais qu’est ce qu’une miséricorde, une jouée ?

 Une miséricorde :

Est une petite console en bois sculpté placé sous le siège rabattable de la stalle, sur laquelle, quand le siège était relevé, les chanoines pouvaient, « per misericordiam », s’appuyer ou s’assoir pendant les offices tout en ayant l’air d’être debout.

Une  jouée :

Est une sculpture en rond de bosses réalisée sur les bordures externes des sièges.

 

 Le travail du sculpteur, pour les stalles elles même, suivaient toujours un code établi, auquel dérogeait peu l’artiste. Mais en ce qui concerne les miséricordes et les appuie mains ou les jouées, celui-ci pouvait exprimer alors librement son art. La miséricorde supportant le postérieur des chanoines, il n’aurait pas été sage de représenter des scènes religieuses. L’artiste raillait alors les vices, les imperfections morales, physiques. Il créait un monde fantasque voire cauchemardesque. Enfants chamailleurs, goinfres, hommes de robe, ou une foule d’animaux de tous genres ornent ces stalles avec beaucoup d’humour. Tout un monde qui plonge encore ses racines dans le Moyen Age.

 Ces stalles en noyer ne portent aucune signature mais elles sont à rapprocher de celles que l’on découvre dans la cathédrale de la ville. On trouve aussi beaucoup de ressemblances avec les stalles de Saint Jean de Maurienne, et avec celles des cathédrales de Genève, les églises d’Evian, de Saint Claude ou de Fribourg et Romont en Suisse. C’est bien la preuve que les artisans circulaient dans ce même territoire qu’était la Savoie afin de proposer leurs services à qui en avait besoin.

 (C’est l’époque de la contre réforme qui mettra fin à ces sculptures pleines de vie mais qui ne correspondaient plus alors aux critères religieux en cours à partir du XVIIème siècle.)

 

Source : Robert Berton. Les chapiteaux et les stalles médiévaux d’Aoste

Guide de l’ensemble monumental de la collégiale saint Ours. Aoste. Imprimerie valdôtaine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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