La première représentation picturale du massif du mont Blanc

 

 

konrad_witz_008Voici un tableau étonnant. Il date de 1444 et a été réalisé par le peintre souabe Conrad Witz. Commandé par l’évêque de Genève pour la cathédrale Saint Pierre,  il représente comme il se doit une scène religieuse. Celle-ci intitulée « la pêche miraculeuse » est peinte au bord du lac Léman.

Effectivement, la scène se passe sur la rade du lac. On y voit le Christ, les pêcheurs avec leur filet sur la barque et Saint  Pierre patron de la cathédrale de Genève nageant vers Jésus. On comprend évidemment toute la symbolique religieuse de ce tableau.

Mais ce qui est tout à fait exceptionnel pour l’époque c’est l’arrière-plan. Un  paysage topographique précis. Bien peu de tableaux,  en cette période de fin du gothique début Renaissance,  laissent une place aussi  importante aux sites naturels environnants.

Certes, au 15ème siècle,   de nombreux tableaux ont pour décor un paysage. Mais celui-ci n’est jamais  identifiable. Il est virtuel, imaginaire, il sert de décor, ou alimente une métaphore ou une symbolique comme dans certains tableaux de peintres flamands ou même de Léonard de Vinci.

Ici ce n’est pas le cas. Le décor  est exact,  conforme   à la réalité.

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On remarque très bien, sur la droite, la ville de Genève dont certaines maisons reposent sur des pilotis,  le château de l’Ile (de nos jours au centre de la ville). A l’arrière les murs d’enceinte et des petits personnages   brandissant le drapeau de la  maison de Savoie.

On admirera surtout les détails du paysage sur le fond de cette scène. On y voit distinctement le Môle au centre, le Salève à droite, les Voirons à gauche et tout au fond le Massif du Mont Blanc, le massif  Ruan – Buet – Tenneverge, et à droite celui des Bornes – Aravis.

C’est la première représentation connue de l’ensemble des ces montagnes.

 Il faudra attendre plus de trois  siècles avant que le Mont Blanc ne fasse son apparition dans la peinture.

 

Ce tableau a été restauré en 2013. Il fait partie d’un ensemble de 4  panneaux visibles au musée d’art et d’histoire de Genève. A voir absolument.

 

 

Histoire et patrimoine Chamonix – Christine Boymond Lasserre

 

Sources :

Musée Art et Histoire de Genève .

Ouvrage : le Mont Blanc vu par les peintres (Editions du Belvédère)

Auteurs : Jacques Perret et Loïc Lucas

 

 

 

Meilleurs voeux à tous mes abonnés

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Un patrimoine méconnu mais menacé : les anciennes mines de la vallée de Chamonix

Lors de  balades  il  nous arrive de découvrir des  apparences  de grottes  débouchant sur  des galeries. Elles sont nombreuses dans la vallée. Sous leur mystère,  elles  nous racontent  un passé un peu oublié.  Certaines de ces galeries sont d’anciennes mines, d’autres  sont simplement des  ouvertures exploratoires.

Quels minerais trouvait-on  donc dans  notre vallée?

De nombreux  types de  minerais ont été  exploités,  tels ceux

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Copyright Stéphane Briand

contenant  du cuivre, du plomb ou de l’argent. Ces métaux ne sont pas trouvés à l’état pur mais font souvent partie  d’un filon dit « polymétallique »,   c’est-à-dire qui  contenait plusieurs métaux dont l’extraction est très complexe.

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Servoz  hérite d’une histoire minière riche. Au 15ème  siècle,  un document atteste d’un contrat signé entre le prieur de Chamonix et un exploitant pour des mines d’or, d’argent, de plomb de cuivre et autre minéraux. Mais c’est avant tout au 18ème siècle que  l’on retrouve des contrats  souscrits  avec des maîtres mineurs. Peu de temps avant la période révolutionnaire, les chanoines signent  et accordent l’édification d’un complexe abritant la maison du directeur, les logements des ouvriers,  les dépôts de bois, etc…  Une importante société est créée…  Des directeurs sont nommés, on exploite dans toute la   zone de Pormenaz à Coupeau.  Mais la révolution sonnera le glas de cette exploitation.

Jamais Servoz ne retrouvera une activité minière très active.

Cependant des gisements un peu partout dans la vallée continueront d’être exploités durant encore une grande partie du 19ème siècle. Des techniques plus modernes pouvaient laisser espérer un travail  plus facile.  

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collection Amis Vieux Chamonix

Ainsi de 1873 à 1925  des mines d’anthracite ont été ouvertes ou 50 à 60 personnes travaillaient tirant de ces mines 2 wagons de 10 tonnes par jour ! Il y a eu  7 galeries.

 

 

N’oublions pas non plus les ardoisières très nombreuses dans toute la vallée.

 

 

Mais ce qui m’intéressait,  c’était de comprendre comment  travaillaient ces mineurs dans ces   galeries sombres.

Aussi ai-je demandé à Stéphane de m’emmener visiter une galerie, je ne vous dirai pas où, ces vestiges doivent rester confidentiels. Stéphane est un passionné, il explore depuis sa plus tendre enfance toutes ces mines… Je crois bien qu’il les connaît toutes …

C’est fascinant et passionnant de pénétrer dans ces boyaux,  car hormis le fait que l’on y trouve des minerais différents,  ces mines racontent  une histoire d’hommes.

15390910_10210349055975063_6115731676487205183_nÉtroites, creusées à la main  dans une roche particulièrement compacte, sur une bonne centaine de mètres,  elles  sont impressionnantes. Elles montent,  puis descendent, à la poursuite d’un filon repéré par les mineurs.  Certaines de ces mines sont encore étayées  de madriers de bois. Dans l’obscurité totale, les mineurs  déposaient leurs lampes à huile sur de petits rebords. Ils parvenaient ainsi à discerner les filons qu’ils recherchaient.  Ils devaient en extraire  le minerai intéressant,  c’est-à-dire creuser, tailler dans la roche dure,  extraire des blocs et ensuite les  transporter  (on imagine le poids !) à l’extérieur. De là,  ils étaient emmenés à l’exploitation pour qu’il soit  triés, concassés et réduits en poudre.

Dans les mines de Servoz l’ouvrier travaillait de 6 h du matin à 18h. Payés soit à la journée, soit au mètre d’avancement. Souvent les mineurs œuvraient  à deux et on déduisait de leur salaire  le prix des fournitures (poudre huile pour lampes etc).

Quel travail !

Aussi avons-nous un devoir de respecter et de protéger ces mines qui ont une valeur patrimoniale certaine. Elles sont le témoignage  du dur labeur de mineurs qui ont œuvré au cours des 18ème et 19ème siècles.

Malheureusement,   certaines sont aujourd’hui dégradées,  voire pillées. Beaucoup peuvent y pénétrer  impunément  et sont responsables des détériorations.

Quel intérêt y trouvent ces intrus? Ils n’y trouveront ni or, ni argent, ni cristaux…  Rien qui puisse les enrichir!

N’oublions pas que ces petits trésors sont protégés par la loi. Ces dégradations peuvent  relever  du code pénal…

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En savoir plus livret : 

Mines et ardoisières de Servoz de

l’Association Histoire et Traditions de Servoz

 

Deux très bon sites WEB

Site WEB géologiehttp://www.geologie-montblanc.fr

Site WEB minéralogie http://www.mineralogie-chamonix.orgineralogie-chamonix.org/

Merci à Stéphane Briand pour son aide.

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Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

 

 

Le moulin des artistes a disparu dans les flammes l

La scierie – moulin des Praz, appelé « le Moulin des artistes »,  a disparu dans les flammes au cours de la nuit du 9 au 10 décembre 2016.
moulin-des-artistes-brule-copieLe moulin existe depuis 1531 (voir carte des Archives départementales).

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Depuis toujours il était alimenté par une bédière issue du ruisseau du Paradis des Praz. Il n’est pas impossible que  ce moulin servit un temps de moulin à grains mais au 19ème l’aménagement des lieux pour l’activité de la scierie , celui ci  fut probablement transformé afin d’alimenter une forge indispensable pour le travail du bois.

 

 Dans ce lieu-dit « le Châble », à l‘entrée des Praz,  se trouvaient  aussi au 19ème siècle deux tanneries . Plusieurs familles  occupaient  cette courbe de l’Arve. Le tout sera emporté par une  avalanche meurtrière en 1847. Les chamoniards seront alors présents pour aider les familles touchées par ce drame.

Les tanneries disparaîtront,  mais la scierie  tenue par la famille Simond puis Vouillamoz conservera son activité jusque dans les années 1990. Philippe Vouillamoz donnera une nouvelle vie à l’atelier  en y travaillant  ses sculptures de bois et en proposant à d’autres artistes locaux d’exposer avec lui. Ces artistes faisaient revivre avec bonheur ce lieu de mémoire.

Après  la disparition de Philippe Vouillamoz , la scierie restera quelques temps fermée . Mais  rapidement elle retrouvera vie avec Andy Parkin, artiste peintre, sculpteur, amoureux fou de montagne et Peter Steltzner, fabricant de skis en bois très appréciés. L’atelier s’appelait  « Rabbit on the roof ».

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Sculpture cuivre Andy Parkin « Précaire » 1998

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Les skis fait main par Peter Steltzner

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C’était un lieu magique et chaleureux

Ils ont tout perdu, une page de notre histoire se tourne.
Mais ne perdons pas espoir…  Car depuis le 16ème siècle ce moulin a connu bien des vicissitudes et toujours il s’est redressé grâce à la communauté chamoniarde.

Soutenons les :
https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-peter-et-anati-de-r…

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Histoire et patrimoine Chamonix

Christine Boymond Lasserre

Le monument aux morts de Chamonix

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Habitués que nous sommes à passer à ses pieds,

le regardons nous vraiment ?

8019_image_11 Il est là,  bien campé sur ses jambes. Il semble songeur, mélancolique. Peut-être pense-t-il à ses compagnons morts pour la France?

20150324180151-04b67ebf-laAppuyé sur sa jambe gauche, son fusil attaché au dos et un cache nez autour du cou, il  n’est pas belliqueux. Probablement sur  le chemin du retour, il  semble avoir froid  et parait  bien   fatigué.

Cette statue en bronze, haute de 2.50 m, s’élève à 4m20 du sol sur son socle. Elle représente  le poilu édifié ici en 1921 à la mémoire de tous les jeunes chamoniards morts durant cette guerre dévastatrice que fut  la première guerre mondiale.

La commune,  lors de la proposition faite en  1920  d’ériger un  monument aux morts, précise  aux architectes et sculpteurs de France participant au concours  qu’elle désire un monument qui s’inspire «… de la nature du site et du cadre qui entoure la vallée ».

Le sculpteur choisi, George Armand Vérez , et François Dupupet,  l’architecte, ont l’idée de faire appel à des graniteurs pour réaliser le socle sur lequel  se tient notre héros. Ce sera la famille Buzzolini de Combloux qui s’en chargera.

Ce socle, bloc erratique de granit trouvé au pied du couloir d’Orthaz,  pèse 40 tonnes et mesure 4.20 m de haut.  Son volume est  impressionnant. Ce rocher, il a fallu le travailler sur place, puis le transporter jusqu’à la place du Poilu! Ce labeur est l’une des grandes fiertés de cette famille Buzzolini et des ouvriers italiens travaillant le granit dans notre vallée.

Mais comment a-t-il été transporté ?

Une superbe photo nous montre le moyen utilisé à l’époque.

Sous le bloc ont été glissés  des rondins de bois posés  eux mêmes sur deux rails faits de troncs. Les rondins  étaient alors  déplacés de l’arrière vers l’avant pour assurer le  roulement du rocher qui avançait ainsi mètre par mètre!

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Quel travail ! Combien de temps a-t-il fallu pour le transporter 002_001d’Orthaz au centre ville ? Mais la tâche n’était pas achevée. Il a fallu  dresser le bloc et installer la statue de bronze en son sommet. Une autre photo nous montre un système sophistiqué de poutres, de palans et de poulies qui ont permis l’élévation cette masse de 40 tonnes.

Mais il est intéressant  de retourner sur l’emplacement d’origine du rocher.

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L’avez-vous regardé avec attention?

 

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Sur le côté on discerne avec  précision des marches taillées, jamais terminées. A quelle construction  étaient elles destinées ?

20161101_160259-copieA l’arrière on distingue encore des traces de la « pioda », pioda que l’on retrouve sur le bloc du monument aux morts. C’était une série de trous taillés à la broche. Dans ces petits orifices  le graniteur enfonçait  peu à peu des coins de fer afin de provoquer une petite fissure. Là il  insérait de la « poudre noire »,   explosif  qui permettait   de fracturer  la pierre. Ici le bloc a été tranché net. L’ouvrier  a fait un excellent travail !

A regarder  de plus près, on distingue très bien que ce bloc a été exploité  à plusieurs reprises. Pour fabriquer d’autres monuments ? Peut être.

Celui du monument aux morts est le dernier gros  bloc taillé dans la vallée.Aussi, devant ce monument, nous  nous trouvons en face de deux symboles  forts

Tout d’abord la mémoire d’une guerre dévastatrice qui aura endeuillé toutes les familles chamoniardes comme celles de toutes les communes de  France. Ne l’oublions pas.

Mais ce monument est aussi  le témoignage du travail d’ouvriers venus de l‘autre côté des montagnes, les graniteurs italiens, qui, quittant leur pays d’origine, sont venus travailler ici dans notre vallée. Ils ont, par ce dernier gros chantier,  laissé l’empreinte d’un peuple dur à la peine. Ils sont devenus pour la plupart chamoniards. Ils font partie de notre histoire locale.

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Inauguration du monument aux morts en 1921 collection Yves Borrel

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Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

 

Mont Oreb à Vallorcine . D’où nous vient ce nom biblique ?

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Le Mont Oreb au dessus du hameau du Couteray à Vallorcine

Mais d’où nous vient donc ce nom aux consonances bibliques ?

Le Mont Oreb domine le hameau du Couteray à Vallorcine et culmine à 2634m. C’est un lieu  privilégié  durant ces périodes d’automne en raison de l’ensoleillement exceptionnel de sa face sud ouest.

Une superbe randonnée sauvage nous emmène  au sommet. Ici c’est le domaine  des bouquetins et des marmottes, rarement dérangés car le lieu est peu fréquenté.

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Départ des voies d’escalade

De son pied partent des voies d’escalade aux noms  peu ordinaires. Selon les degrés de difficulté, vous pouvez grimper la voie de  « l’été indien », celle des  « diamants de sang » ou encore « la chasse aux trésors » ou « les chercheurs d’or ».

pierre-sculptee-2Dans les pentes herbeuses du sommet  on découvre  une pierre   gravée,   sur laquelle  on discerne un dessin précis où l’on  reconnaît les  « tables de la loi » **.

 Étrange, non ?

Cette inscription pourrait-elle être la raison du nom biblique du sommet ?

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Mont HOREB dans le désert du Sinaï.

Pour information,  dans la bible est cité  le Mont Horeb (mais avec un H), où Moïse aurait reçu les fameuses tables de la loi (voir ci-dessous). Celui ci se situe dans le Sinaï,  culminant  à 2285m. 

Mais ici à Vallorcine ? Y a-t-il une réelle origine biblique ?

Pourquoi donc ces inscriptions sur cette pierre perdue ?

De tous temps les Vallorcins  ont appelé ce sommet  l’Avouille Mousse ou encore la Tête Motze , c’est-à-dire l’Aiguille émoussée ou l’aiguille arrondie.

Alors ? Pourquoi le Mont Oreb ?

La  réponse nous vient de l’ouvrage écrit par Germaine Lévy Pinard  (« La vie quotidienne à Vallorcine ») où celle-ci précise que Mr Horace Bénédict de Saussure demanda à son guide, Pierre Bozon,  le nom de la  montagne qui dominait le hameau du Couteray.

croix-montets-avec-mont-oreb2-copie Il est évident que Mr de Saussure demandait le nom du sommet qu’il voyait. Mais au  18ème siècle, les sommets étaient rarement nommés, seuls les alpages  possédaient un nom.  Aussi  Pierre Bozon donna-t-il  à son client   le nom de l’alpage situé   à proximité. Celui-ci s’appelait « Lo rey » ou « Lo riez » .  Horace Bénédict de Saussure ne comprenant peut être pas avec précision ce que lui  dit son guide,  entendit « l’Oreb »… C’est ainsi que Mont Oreb  sera le nom donné par le naturaliste à cette montagne dominant le hameau.

 L’Avouille Mousse  prendra définitivement le nom biblique de Mont Oreb.

Mais pourquoi donc ces inscriptions sur une de ces pierres ?

 Il nous faut tout simplement remonter il y a une cinquantaine d’années  où un guide et un de ses amis , radiesthésiste et chercheur d’or,  découvrent ce lieu particulier et  isolé. 

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Celui ci  mystique et probablement inspiré par le lieu et par ce nom biblique, eut  l’idée de graver ces tables de la loi. Ignorant probablement l’origine exacte du nom de ce sommet, il fut certainement intrigué par cette appellation religieuse peu commune, d’où son envie de marquer à jamais sur une pierre le symbole du Mont Oreb afin d’intriguer les futurs alpinistes! Aidé de son guide, il réalisa son projet… Le secret fut bien gardé jusqu’à nos jours.

 Ces inscriptions figurent encore. A vous de les trouver !

 

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** (Les tables de la loi sont, dans la bible,  des tables en pierre sur lesquelles Dieu a gravé les dix commandements.… « Moïse retourna et descendit de la montagne, les deux tables du témoignage dans sa main; les tables étaient écrites des deux côtés, elles étaient écrites de l’un et de l’autre côté. Les tables étaient l’ouvrage de Dieu, et l’écriture était l’écriture de Dieu, gravée sur les tables. )

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Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

La richesse patrimoniale de notre vallée en vidéo

De la route nationale à la rue Paccard

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Photos collection Auguste Couttet

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photos haut : carte postale collection Couttet

photo bas Christine Boymond Lasserre

 

Très belle Eau Forte représentant Argentière

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Eau Forte « village d’Argentière » J.Drevet . 

Cette eau-forte a été vendue aux enchèreshttp://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=2406508 chez Agutte, mais attribuée par erreur je pense à Joannes car lorsqu’on agrandit la signature, elle correspond à Joanny. Et la date est bien 1950!  Signé Mr B.M.

Comment une statue n’est pas toujours bien comprise

 

 

 

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Oui !  cette année nous fêtons les 230 ans de la première ascension du Mont Blanc.

Non ! La magnifique statue trônant au centre de Chamonix ne commémore pas cette  première ascension réalisée  par Jacques Balmat et Michel Gabriel Paccard en 1786. Erreur bien souvent reprise par les  visiteurs, les   journalistes et même aussi par nombre de chamoniards.

 Cette statue représente  Horace Bénédict de Saussure avec  Jacques Balmat,   le docteur Michel Gabriel Paccard y est absent. Pourquoi ?

Regardons les inscriptions :

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A l’avant de la statue : A  H.B de Saussure – Chamonix reconnaissant –

 

 

 

IMG_1387A l’arrière on lit :

Erigé en MDCCCLXXXVII (c’est-à-dire en 1887) – avec le concours des clubs alpins français, suisse, italien, anglais – l’Appalachian Mountain club de Boston – la société des touristes autrichiens et de l’académie des sciences de Paris.

Et oui! Cette statue fut érigée, un siècle plus tard,  à la mémoire de  Mr Horace Bénédict de Saussure qui parvint au sommet du Mont Blanc en août 1787 (donc un an après la première ascension) avec l’aide de plusieurs  guides dont Jacques Balmat.

Mais pourquoi donc la statue honore-t-elle  de Saussure et non  nos deux chamoniards ?

En 1834 un testament de J.A.  Chenal Joseph-Agricola Chenal, homme politique savoyard de Sallanches, inscrit  dans son testament de mars 1834 que «  seront données quatre mille livres neuve du Pièmont…à la charge de faire élever à la commune de Chamonix un monument en granit d’après les plans et devis d’un architecte renommé et à l’endroit qu’il jugera à la mémoire de Mr Bénédict de Saussure, le premier qui  a fait connaître mes vallées et qui leur a donné la juste célébrité dont elles jouissent . Je veux que l’inscription suivante soit gravée  A Mr Bénédict de Saussure, Chamonix reconnaissant »

Il  est vrai que l’ouvrage  « Voyages dans les Alpes » de Mr  de Saussure   traduit en plusieurs langues, sera le best seller de l‘époque et nombre de visiteurs se  rendront dans la vallée à la suite de la lecture de cette œuvre.

D‘ où la reconnaissance  de Mr Chenal envers Horace Bénédict  de Saussure qui avait, par ce livre, fait une des meilleures publicités  qui soit pour les Alpes.

Plusieurs projets seront initiés dont un obélisque tiré du granit de la Pierre d’Orthaz. Mais la commune,  en octobre 1840, met fin à ce projet d’autant que l’obélisque a  été endommagé par quelques personnages malveillants.

Ce legs de J.A. Chenal accordé sous le régime du royaume de Piémont Sardaigne devait aussi  être reconnu par  la France devenue en 1860  le nouvel état…

Ce sera chose faite en  1883  avec la précision que la somme devait  être utilisée dans un délai de 5 ans.

Les choses se précipitent. Le legs n’est pas suffisant pour réaliser un monument prestigieux et c’est ainsi qu’une commission est créée pour rassembler  les fonds. Divers clubs alpins participent ainsi au financement de ce monument.

Il est inauguré en grande pompe le 28 août 1887 pour les cent ans de l’ascension du Mont Blanc par Mr Horace Bénédict de Saussure.

AUTRE statue 1 - CopieC’est ainsi que Chamonix possède un des plus beaux monuments savoyards. Cette statue, représentant  le savant et l’alpiniste, unis par un regard commun en direction  du sommet. Elle est magnifique…

 

Michel Gabriel Paccard n’y figure pas …  Certes …  Mais lors de l’érection de ce monument il s’agissait de commémorer un homme, Horace Bénédict de Saussure. Le sculpteur Emile Sanson a représenté celui-ci avec Jacques Balmat  qui l’avait conduit au sommet.

 Il est vrai cependant qu’ en ces années 1887 on avait un peu oublié le docteur Michel Gabriel Paccard qui,  mort en    1827, s’était fait voler la vedette par Jacques Balmat mort plus tard en 1834.

Paccard et Balmat seront à leur tour honorés,

Copie de Jessica maison de la montagne - Copie en 1875 pour Balmat par une stèle sur le parvis de l’église,

_MG_0225et en 1932 pour Paccard par un médaillon à l’entrée de l’Hôtel de ville

puis enfin par sa propre statue en 1986 à IMG_6139l’occasion du  bicentenaire de la première ascension du mont Blanc.

 

 

 

 

 

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HISTOIRE ET PATRIMOINE 

CHRISTINE BOYMOND LASSERRE

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