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Une peinture murale étonnante à découvrir à Annecy !

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Vidéo copyright : Christine Boymond Lasserre

De Chamonix, il est aisé de se rendre à Annecy. On flâne sur les rives du lac, on se promène le long des canaux, on admire le palais de l’île, mais connaît-on ses églises, pourtant nombreuses dans l’enceinte de la veille ville ?

Face à l’hôtel de ville, l’austère église Saint Maurice  est édifiée au dessus du canal Saint Dominique. Son apparence trapue et sobre peut surprendre.  Elle fut la chapelle du couvent des dominicains installés à Annecy au cours du 15ème siècle. Saccagée durant la période révolutionnaire, elle retourna au culte dès le début du XIXème. Privée de ses moines, elle devint une église paroissiale. On a alors méconnu son décor intérieur et les murs furent recouverts de bois.

Lors de sa rénovation, en 1955, on entreprit de retirer le bois plaqué aux murs. Quelle ne fut pas la surprise de découvrir deux peintures murales inconnues à ce jour !

Tout d’abord dans un enfeu au milieu de la nef, une scène représentant l’Assomption de la Vierge. Belle surprise ! Mais l’étonnement fut plus grand encore lorsque, plus loin dans le chœur, on découvrit à gauche de celui-ci une peinture large de 4.35 m sur 2.20m. Une fresque surprenante apparut.

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Traitée en perspective presque parfaite, elle représente un gisant décharné reposant sur un tombeau entouré de pleureurs encapuchonnés, protégés par de petites voûtes d’arêtes traitées en style gothique flamboyant, reposant sur des colonnettes.

 Une inscription sur le haut nous apprend qu’il s’agit de sieur Philibert de Monthouz qui appartenait à l’une des plus anciennes maisons du Genevois. Probablement sa dalle funéraire se trouve-t-elle au pied de cette peinture.

Le gisant tient dans la main un phylactère où est inscrit en latin « cet instant est terrible ». Les pleureurs, sans doute des moines, ont une expression saisissante. Chaque visage, chaque main, expriment leurs sentiments. L’un d’entre eux tient lui aussi un phylactère où se lit en latin : « quand l’homme mourra il aura pour héritage les aspics et les vers ». L’homme de l’époque savait regarder la réalité de la mort. C’était l’art mortuaire médiéval que l’on retrouve dans nombre d’endroits en Europe.

Cette manière de représenter la mort était courante à cette époque, mais plutôt sous forme de sculptures, comme dans l’église de Brou, ou sur les tombeaux des ducs de Bourgogne à Dijon. Mais ce qui est exceptionnel ici est que ce sujet mortuaire est une peinture voulant imiter une sculpture.

Les pleurants placés en hémicycle nous démontrent la technique réussie d’un trompe l’œil abouti. Traitée dans une couleur camaïeu rehaussée d’ocre, cette peinture murale intrigue beaucoup.

D’où l’étonnement des spécialistes.

Quel peintre a réalisé cette peinture ? Certains y voient l’influence de l’école rhénane, mais nul ne connaît l’artiste qui l’a exécutée.

 

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