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Terminal Neige – Refuge du Montenvers !

 

Terminal Neige est le  nom attribué par  la famille Sibuet à l’ensemble hôtel et restaurants de son groupe dont celui  du Montenvers, dont elle est maintenant la gérante. Raison commerciale certainement, mais cette  appellation n’est-elle pas inappropriée pour  notre Montenvers ? Le mot « terminal » évoque un aéroport, une gare, éventuellement un élément en informatique… Peut-être ici l’arrivée des voyageurs ?

C’est un terme technique,  totalement impersonnel…

Quel  rapport  avec ce site merveilleux qu’est le Montenvers ?

Arrivés sur le  site, dominés par les Drus et la Verte, les Aiguilles de Chamonix, la face nord des Grandes Jorasses, on ressent  cette nature forte et puissante,  on est saisi par  la beauté exceptionnelle de la montagne. Le Montenvers,  c’est un lieu magique, mythique,  que  les poètes ont su décrire avec  talent.   Ce terme de « Terminal Neige » est bien réducteur face à la majesté du lieu.

Ici on rencontre l’histoire de nos anciens qui y emmenaient leurs troupeaux,  puis ces mêmes paysans devenus guides  accompagnant leurs clients. Ici les grands noms de l’alpinisme ont laissé leur marque à tout jamais dans ces parois abruptes.

Depuis toujours ce lieu s’est appelé le Montenvers, écrit parfois  avec un t parfois  avec un  s.

Nul ne sait avec précision l’origine de ce mot. Est-ce ce parce qu’ici étaient des lieux d’alpages riches et verts donc une montagne verte ?  Ce qui paraîtrait logique  puisque que le mot montagne traditionnellement  signifie un lieu d’alpage. Ou est- ce parce que cette montagne est à « l’envers »  de Chamonix, c’est-à-dire de l’autre côté ?

Depuis des siècles, chamoniards, écrivains, peintres, voyageurs connus on non,  citent  toujours LE MONTENVERS  d’où l’on découvre la Mer de glace. 

cliquer 2 fois sur l'image pour agrandirNotre « Grand Hôtel du Montenvers », toujours propriété de la commune de Chamonix,  s’est toujours appelé ainsi depuis 1880… 

Maintenant il devient « LE REFUGE du Montenvers  ». Pourquoi un « refuge »?

Les montagnards savent ce qu’est un refuge : une construction en montagne où les alpinistes viennent passer la nuit. Un lieu simple, où tous partagent avec le gardien un espace restreint et le menu unique qu’il nous propose et où  le soir on se couche dans des dortoirs. La nuitée se paye à un coût modeste.

Appeler l’Hôtel du Montenvers « refuge »,  est une usurpation du terme,  une  tromperie.

Même si la restauration a été faite avec goût, même si le troisième étage, et lui seul,  est constitué de dortoirs, il s’agit bien d’un hôtel de luxe,et non d’un refuge.Les prix annoncés en témoignent (en dortoir 120€ en juillet pour une personne demi pension. Tarif site Booking ) sans parler de ceux  des chambres , tarifs réservés à une clientèle aisée, bien loin de l’idée des tarifs d’un « refuge » que peut se faire un montagnard.

L’Hôtel du Montenvers, bâtisse chérie des chamoniards, doit conserver son appellation d’origine. Il est là depuis 137 ans, de nombreux gérants l’ont exploité, mais jamais ils n’en ont changé le nom. Respectons ce lieu chargé d’histoire, ne le débaptisons pas  uniquement pour des raisons  commerciales.

La commune n’aurait elle pas  son mot à dire en tant que propriétaire du lieu ? 

Peu à peu, pour des raisons  de marketing,  notre vallée perd  de plus en plus son âme !

 

Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

 

Les Cent ans de la Résidence

En 1914 est annoncée en grande pompe  l’ouverture du second palace de Chamonix. : le  » CHAMONIX PALACE »CHAMONIX PALACE

Si le Savoy fut  construit par une famille chamoniarde descendante de la grande famille hôtelière des Couttet  et  le Majestic par la famille Cachat, ce ne fut pas le cas pour la Résidence du Mont Blanc.

Une société anonyme, la SHFS (société hôtelière franco suisse)  qui,  après avoir acquis l’Hôtel d’Angleterre et les terrains annexes de  la famille Tairraz, lance le projet de construction d’un palace au centre de Chamonix. Il s’appellera le Chamonix Palace.

Cette société implantée à Chamonix depuis 1903 sera un holding important,  propriétaire de très nombreux hôtels dans l’hexagone.

La société dresse sur l’Arve une passerelle permettant aux clients de l’Hôtel  d’Angleterre d’accéder au parc situé rive gauche. C’est sur  ces mêmes  terrains que fut entreprise la construction d’un nouveau palace.

 Le palace est construit selon les normes classiques d’édification de palaces européens. Menés  par un architecte parisien, les travaux sont conduits par une entreprise locale. Equilibré dans ses volumes,  éminemment classique avec sa rotonde en corps central  et ses longues ailes latérales,  il est le palace le plus abouti de Chamonix. L’hôtel abrite alors 150 chambres, 60 salles de bains. Jardins, tennis privés, garages, bars font la réputation de ce magnifique  établissement.

Ancien décor intérieur de la Résidence

En son milieu  descend  un escalier intérieur monumental desservant un très grand salon décoréde peintures de femmes aux poses langoureuses.

De magnifiques carreaux de ciment couvrent le sol..

Le décor intérieur , les ferroneries extérieures évoquent l’ art nouveau en vogue de l’époque.

site

 

L’inauguration a lieu en juin 1914.  La guerre est déclarée deux mois  plus tard. Le palace a bien du mal à vivre de son activité.

 

 

 

 

 

Ferronirie des garde corps

Ferronirie des garde corps 

Il connaît   ses grandes heures de gloire lors des  bals et galas des années folles. De plus, sa cuisine  réputée attire nombre de vacanciers.  Il héberge un casino pendant quelques années.

Le bâtiment est endommagé par un grand incendie en juin 1926. Il reste fermé un temps puis racheté par la famille Favre.  Il prend  alors le nom de Grand Hôtel et ses clients ont une entrée privilégiée au Casino nouvellement construit sur l’Arve. A cette période également sont vendues les parcelles riveraines de la nouvelle avenue de la gare sur lesquelles sont  édifiées les boutiques.

Carreaux de ciment

Carreaux de ciment

La seconde guerre mondiale  marquer le déclin de l’activité hôtelière  de  ce palace, qui tente de survivre une petite dizaine d’années.

Sa  partie supérieure  est  alors  transformée en appartements et le rez de chaussée acquis par la commune qui y aménage le Musée Alpin.

 

 

 

 

Décor

Décor

Stucs intérieurs

Stucs intérieurs

 

On peut encore déceler quelques traces du décor d’origine dans la pièce principale du musée.

 

 

 

 

 

 

 

 

Histoire et patrimoine de Chamonix

Pulié par  Christine Boymond Lasserre

Photos :  Christine Boymond Lasserre

Droits protégés

 

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