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Les Soldanelles (2) :

Soldanelles filles

carte postale

 

Suite à l’article sur les préventoriums des Soldanelles et Miremont j’au reçu de nombreux mails de  réactions d’anciens « jeunes malades ». Certains de ces courriers sont effectivement intéressants aussi  je vous propose de partager avec vous quelques uns de ceux-ci.

Tous parlent avec émotion de ces moments passés aux Soldanelles au pied du Brévent. Beaucoup se souviennent de l’extrême gentillesse de Mr et Mme Aulagnier. Leurs souvenirs d’enfants sont touchant voire poignants. Je ne peux m’empêcher de vous les transmettre.

 

miremont 2Bonjour Madame, j’ai trouvé par hasard  votre communication sur le préventorium des Soldanelles, duquel j’ai été pensionnaire de Mars à Juin 1964 à l’âge de 13 ans Cela m’a permis de revivre avec émotion ces quelques mois passés à Chamonix, de revoir le docteur Aulagnier, son épouse – ils étaient très gentils tous les deux, le Miremont où nous passions nos radiographies et les visites médicales, enfin plein de souvenirs, de visages et de noms, des anecdotes qu’il faudrait que j’écrive un jour sur la vie dans cet établissement. Je l’ai recherché lors d’un séjour à Chamonix vers 1995 mais les bâtiments n’existent plus, remplacés par des immeubles d’habitations de masse. Merci Madame de m’avoir donné l’occasion de me remémorer tout cela,

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Madame,

Merci de votre disponibilité. Je vous confirme donc que mon père, le Dr Armand Olivennes ( a l’époque Oliewenstein) a été gardé pour une primo infection tuberculeuse au sana des Soldanelles. Il y est resté pendant plusieurs mois (ou années??) et a été caché dans un grenier par le Dr Aulagnier lors d’une (une c’est sur ou plus??) rafle a la recherche d’enfants juifs (par des français ou allemands?). 

Je recherche donc la famille de ce Dr Aulagnier. 

Si vous avez des informations sur les prénoms des enfants Aulagnier, je suis intéressé. Peut être par l’état civil de la mairie de Chamonix. 

Bien a vous. 

Pr François OLIVENNES

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Livre  « L’autre éducation sentimentale » de Pierre-Jean REMY, de l’Académie française, qui raconte son séjour aux Soldanelles en 1951, à partir de la page 70  jusqu’à la page 85.

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En tant qu’ancien pensionnaire, J’ai pris connaissance de votre page sur les préventoriums le Miremont et les Soldanelles avec émotion…

Christian Leygnier

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SOUVENIRS DE MON SÉJOUR AUX SOLDANELLES,

préventorium de Chamonix, de mars à juin 1964.

Comte DP

Si je dois remonter le fil de ma mémoire pour me remémorer ce court séjour en Haute-Savoie, je me revois d’abord quittant un soir le port de Marseille avec Maman, disant adieu à Papa et à mes frères et sœurs qui nous avaient accompagnés depuis la Corse jusque là, pour rejoindre la Gare Saint-Charles en exergue d’un voyage nocturne dont la perspective ne m’enchantait guère…Une atmosphère fébrile enveloppait alors l’immense halle métallique, un brouhaha de cris, de sifflets, des porteurs qui se bousculaient, s’invectivaient, des voyageurs pressés, la fumée de quelques locomotives bruyantes dont les tampons s’entrechoquaient violemment contre des wagons ou des butoirs, rien de rassurant pour un gamin de treize ans qui venait tout juste de quitter sa montagne natale et qui se préparait à sa première séparation d’avec le cocon familial.

Depuis plusieurs mois je traînais avec  une mauvaise toux, assez légère mais accompagnée d’une petite fièvre qui avait inquiété mes parents. N’avions-nous pas avec nous notre grand-oncle paternel, dont on disait qu’il était poitrinaire, et dans les bras duquel j’étais toujours fourré, souvent pour écouter à la radio une émission qu’il affectionnait particulièrement, « Les Grandes Voix Humaines », les grands airs d’opéra que j’ai grâce à lui appris à aimer…De fait, au cours de l’année 1963, j’avais appris à l’Institution Sainte-Marie que ma cuti-réaction à la tuberculine était devenue positive et il avait fallu dès lors, d’examen en examen, de radiographie en radiographie, se résoudre à l’idée qu’une « primo-infection » tuberculeuse était à l’œuvre. Nous étions même venu consulter, à Marseille, l’éminent professeur de Lannoy, un ami de Papa, chez lequel on m’avait pratiqué une des toutes premières tomographies, examens qui confirmaient la nécessité d’un traitement au P.A.S. ( Para-Amin salicylate de Sodium ) , sorte de granulé amer qu’il me fallut ingurgiter plusieurs fois par jour, juste avant les repas, durant des mois, sans qu’une amélioration ne se dessinât vraiment.

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Deux anciens preventorium à Chamonix : le Miremont et les Soldanelles

miremont 2A la vue de ce joli bâtiment construit dans la montée  de la Mollard, on se dit que ce grand édifice  a dû,   à une époque, abriter  un hôtel,  voire une grande villa de vacances familiales.

Le Miremont  héberge en 1933  un préventorium, sous l’impulsion d’un médecin  pédiatre,  le docteur Robert Aulagnier. Celui-ci,  atteint de tuberculose pulmonaire,  constata que de nombreux sanatoriums  pour adultes existaient au Plateau d’Assy,  mais qu’aucun n’était réservé aux enfants.

 

 En  1923 déjà le docteur Tobé, spécialiste de cette terrible maladie,  avait créé   dans les anciens chalets de la Côte de Violet Leduc, un premier préventorium *. Mal accueilli par la municipalité de l’époque ( on craignait le développement d’une épidémie), il abandonne Chamonix , s’installe au Plateau d’Assy, afin d’y lancer le grand programme des sanatoriums,  financé par la famille Rockefeller qui soutenait  à l’époque la lutte anti tuberculeuse en France.

preventorium soldanellesSon projet chamoniard  initial  est  alors repris par le docteur Aulagnier qui tout d’abord ouvre le Miremont en 1933,  puis  acquiert  en 1937 les  maisons de la Côte qui deviendront le préventorium des Soldanelles, établissement   dédié aux  soins de que l’on appelait la « primo-infection »  tuberculeuse*.

Dans les deux bâtiments  le docteur Aulagnier pouvait recevoir 200 enfants.

pages couvertureOn comptait 55 lits au Miremont et 144 aux Soldanelles. Jusqu’en 1970,  les deux établissements ont fonctionné à plein régime. Mme Aulagnier prendra la suite après le décès de son mari jusqu’à la fermeture des établissements en 1977. La médecine avait fait de réels progrès :  le BCG avait été découvert, mettant à l’abri nombre d’enfants,  et les traitements antituberculeux avaient permis les traitements à domicile.

Certains se souviennent encore de ces enfants se promenant l’après midi dans le champ du Savoy ou l’hiver faisant de la luge sur les pentes toutes proches.

pages 3 et 4

 

Ces maisons médicalisées, dirigées par un médecin, assisté d’infirmières et  de monitrices d’enfants,   ont permis à des milliers  de bambins venus de toute la  France de se soigner au soleil et au bon air chamoniard.

 

 

A noter qu’à Chamonix deux autres établissements ont eux aussi accueillile prieuré 2  beaucoup d’enfants  en soins  de primo infection : le « Prieuré » créé par le docteur Chabanolles  en     et le « Grand Couttet ».

 

* Maladie encore bénigne qui résulte du premier contact avec le bacille de Koch.

 

Histoire et patrimoine Chamonix

Edité par Christine Boymond lasserre

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