mars 2015 archive

A Chamonix pourquoi une rue de la Tour ?

 

Dans les temps anciens, en arrivant du prieuré,  le seul passage possible pour passer sur la rive gauche  était la passerelle  alors située à l’emplacement du pont actuel,   ensuite  le chemin se faufilait parmi les prés.  .

Traditionnellement,  ce chemin était le passage obligé emprunté par tous.

Dans Chamonix, aucun autre passage  ne permettait de passer sur l’autre rive. Le chemin traditionnel  est devenu rue. Elle  a vu passer durant des centaines d’années chamoniards et visiteurs.  Elle porte actuellement le nom de rue de la Tour.

Ici au 19ème, à la place du casino actuel (l’ancien Hôtel Royal),  se situait un hôtel appelé l’Hôtel de la Tour.  Indiqué dans les premiers guides touristiques évoquant Chamonix, il était tenu dans les années 1825-1830 par un certain Payot.

Sur une des gouaches  réalisées  par Jean Dubois (le mont Blanc vu de Chamonix),   on distingue sur la  rive gauche de l’Arve,  peu habitée à l’époque,  quelques maisons. Sans doute  l’hôtel de la Tour occupait-il  une de ces bâtisses typiquement chamoniarde.

Mais pourquoi un hôtel de la Tour ? Etait ce en raison de la tourelle  d’observation située sur le chemin du Folly ? Non ! Celle-ci,  dressée plus tard,  n’existait pas encore.

Il faut peut être remonter dans l’histoire locale, plus précisément fin 15ème , début 16ème.

En ces temps la vallée de Chamonix,  bien que dépendante de l’abbaye de st Michel de la Cluse,   était régentée par une famille qui donna plusieurs prieurs : la famille de la Ravoire.

L’un de ceux ci, Guillaume, essaya à maintes reprise de s’accaparer tous les droits acquis par les chamoniards. Il n’eut pas la vie facile si l’on en juge par les démêlés qu’il eut avec ceux-ci !

Mais,  voulant asseoir son pouvoir avec force,  n’aurait-il pas dressé une maison forte dans Chamonix ? Pourquoi pas, sachant que ce prieur cherchait à s’approprier les droits de justice qui étaient alors attribués aux syndics ?  Dans l’ouvrage d’André Perrin  » l’histoire e la vallée et du prieuré de Chamonix » on parle à propos de la nomination des procureurs représentant l’assemblée chamoniarde cette.. »‘élection avait lieu au Crettet, près de la tour de la Ravoire … »Crettet étant la colline du Couttet actuel.

C’est une  gravure de 1806  de Jean Philippe  Link « Vue du bourg… »     qui nous éclaire. Effectivement ce document représente Chamonix,  mais en zoomant  on distingue,  au fond,  très nettement,  sur une colline (certainement la colline du Couttet),   les ruines d’une tour.

 

Il y a de fortes chances qu’au début du 19ème siècle subsistaient les ruines de cette maison forte. Les chamoniards l’appelant la Tour,   il est probable que Mr Bossonay ait alors construit son hôtel au pied de celle-ci  et lui donna ainsi ce nom, aujourd’hui  mystérieux pour tous.

Cet hôtel de la Tour sera détruit en 1843 et à sa place édifié un nouvel hôtel : le Royal.

 De cette Tour il ne subsiste  maintenant que le nom de cette rue ?

 

Mais qui l’avait remarqué ?

 

 Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine Chamonix Mont Blanc

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