Catégorie : Découvrir l’histoire de Chamonix

Articles sur l'histoire très riche de la Vallée de Chamonix

Samuel Birmann peintre romantique à Servoz

Tout au long du XVIIIe siècle et début du XIXe, Servoz était une étape bien agréable pour les voyageurs harassés par le chemin périlleux emprunté pour se rendre dans la vallée de Chamonix. A l’époque, on utilisait des chars à bancs, seul moyen de locomotion jusqu’à la construction de la route entre 1862 et 1870. Le trajet était épuisant. Lorsque les voyageurs arrivaient à Servoz, nombreux étaient parmi eux les artistes frappés par la beauté du site. Ils immortaliseront ce paysage calme et paisible. Le panorama exceptionnel découvert à la sortie de la forêt sera chanté aussi bien par des peintres que par des écrivains.

Samuel Birmann (peintre romantique bâlois  1793-1847) vient dans la vallée en 1823 et édite en 1826 son ouvrage intitulé « Souvenirs de la Vallée de Chamonix » . Il fait une longue étape à Servoz. Il est séduit par l’aspect tranquille que dégage le village après le cheminement si difficile provenant de Chedde.

Il écrit » :«Les Alpes offrent au regard leurs sommités couvertes de neige et de glaces éternelles…. Une force inconnue attire l’homme vers ces régions élevées …C’est quand le voyageur arrive à Servoz que le mont Blanc se présente à ses regards d’une manière grandiose ;… c’est aussi de là que l’on commence à saisir d’une manière distincte les détails de cette masse imposante. A son pied l’on distingue les Montées, plus bas commence la plaine de Servoz et le château saint Michel s’élève sur un rocher que baignent les flots de l’Arve…

Avant de quitter cette belle vallée, on fera bien de s’arrêter quelques instants et de contempler le beau paysage que présentent les environs de Servoz… La commune de Servoz se compose de plusieurs villages, Servoz même, le Bouchet où sont l’église et l’auberge, les villages du Mont, la Combe, la Côte – au pied du rocher des Fiz – le village du lac près du château Saint Michel, la Vaudagne, à droite des Montées, le Châtelard sur le sentier des chèvres. Les arbres fruitiers prospèrent encore sur ce point, on y trouve de forts beaux noyers… »

Au cours de son séjour, il peint la petite plaine de Servoz et dans ses représentations d’arbres, on note la vision romantique qu’il a des forces qui animent la nature .

Cependant  il rentre dans le détail de la vie locale ainsi il représente des bergères au pied de l’oratoire de Notre Dame du lac. Mais aussi un four à pain qui ressemble à celui du Vieux Servoz.

A ce propos il écrit : Communément chaque ménage fait plusieurs fournées à la fois et se pourvoit de pain pour un ou deux mois quelquefois pour quatre, on trouve même du pain d’une année ; vieux il devient si dur qu’on est obligé de le couper à la hache. Aussi les indigènes mangent peu de pain, surtout du pain de qualité inférieure qui contient beaucoup de son. En général on l’accommode  avec du bouillon chaud et du fromage.

 Il continue ensuite son chemin vers Chamonix, immortalisant la vallée, l’église, le glacier des Bois puis Argentière.

Un beau témoignage à découvrir.

Source : Ouvrage écrit par Samuel Birmann,( peintre bâlois) »Souvenirs de la Vallée de Chamonix » avec 25 feuilles en aquatinte. Association des Amis du vieux Chamonix

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

L’ancien hôtel de Paris, quelle histoire !

Ancien hôtel construit en 1894 par Denis Bernadet, ingénieur sur la ligne de chemin de fer du PLM et son épouse Léocadia Couttet, qui était propriétaire d’une remise dans la rue Nationale (Denis Bernadet est maire de Chamonix de 1935 à 1940).A l’époque, l’hôtel ouvre sur un jardin par un magnifique escalier double, disparu depuis. Les balcons sont côté sud afin de profiter de la vue sur le mont Blanc. Au décès de Mr Bernadet en 1942, l’hôtel est confié à son neveu Mr Miegeville qui le met en gérance. Il est tenu par les Weissen-Couttet puis par Mr Gattoni, pour finalement être acheté par Mr Louis Janin en 1958.  L’hôtel défie alors la chronique locale.

De 1958 à 1969, l’Hôtel de Paris devient la plaque tournante des alpinistes. Son propriétaire , Mr Louis Janin, seigneur du lieu, animateur doué pour se lier d’amitié avec les personnalités les plus incroyables, attire tous ceux qui ont un petit grain de fantaisie, toutes classes sociales confondues.

Couverture livre de Mirella Tenderini

Il réserve les 24 mansardes de l’hôtel aux alpinistes fauchés. Pierre Mazeau ,  Dany Badier , Antoine Vieille, Robert Guillaume participent à la valse des alpinistes attachés à ce lieu devenu mythique. Gary Hemming, l’alpiniste hippie, s’y installe d’une manière quasi permanente de 1963 à 1968. Puis le fameux Lothar et les frères Bodin.

Ici on respecte assez peu l’ordre établi, d’où le succès international du petit Hôtel de Paris. Les chambres servaient de dépôt à ces alpinistes disparaissant parfois plusieurs jours, mais jamais Louis Janin n’aurait évacué brodequins, cordes ou sacs à dos. Certaines chambres aux étages inférieurs possédaient parfois une salle de bains, ce qui n’empêchaient pas les privilégiés de les prêter aux aventuriers alpinistes logeant sous les combles.

Les frères Pierre et Henri Lesueur – Lucien Berardini – Robert Paragot Archives Robert Paragot

 

Les parisiens alpinistes Robert Paragot, Lucien Berardini et Edmond Denis  marquent de leur emprise cet hôtel chamoniard. L’appartement de Dany Badier à Paris était devenu l’annexe de l’Hôtel de Paris pour les alpinistes en attente de retrouver la capitale de l’alpinisme. On y retrouvait tous ceux qui de Suisse ou d’Italie ont marqué les étapes de l’alpinisme moderne comme Loulou Boulaz, Michel Vaucher, Walter Bonatti , et tant d’autres.

Mais on y voit aussi Samy Fray, Hugues Auffray, Roger Vadim, Jane Fonda et leur bande. On y a croisé  Brigitte Bardot, probablement séduite par ce milieu marginal. Le bar attenant appelé le Bivouac voit des fêtes ahurissantes réjouissant tout ce petit monde Plus tard les chamoniards viendront s’y encanailler eux aussi :  Lionel Terray, Louis Lachenal, Georges Payot, Gérard Devouassoux, Marc Martinetti, sans oublier René Desmaison installé depuis peu à Chamonix. Tous imprègnent de leurs personnalités l’alpinisme moderne. Nombreux parmi eux participent à des secours improbables.

Des journalistes comme Christian Brincourt ou Gérard Géry de Paris Match  adoraient cet endroit dont ils racontaient l’histoire au fur et à mesure des exploits de chacun. Avec le déplacement  de ces alpinistes vers les Andes out l’Himalaya, les fêtes se firent moins folles.

L’hôtel se dégrade, Louis Janin peine à sortir de ses dettes faramineuses. Il quitte Chamonix pour Avoriaz. L’hôtel de Paris est transformé en appartements.

Sources : Archives familiales Miegeville – Revues Paris Match – Revue Alpi-Rando juillet 1986

Histoire et Patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

Partir en balade à la Mer de Glace au temps de la Belle Epoque

 

La première réalisation de la Haute Route Chamonix -Zermatt en 1903

Quand on est amateur de randonnée un jour ou l’autre on désire s’offrir cette fabuleuse traversée entre Chamonix et Zermatt. Cette course en haute montagne en hiver est parmi les plus belles courses mythiques des Alpes et laisseau randonneur un des plus beaux souvenirs de randonnée hivernale.

Mais que savons nous de ceux qui ont, un jour, entrepris cette première traversée ?

Il nous faut revenir au tout début du ski dans la vallée de Chamonix initié par un médecin Michel Payot qui  découvre fin XIXe ce nouveau moyen de transport  venu de Norvège :  les skis. Il estime que ce nouveau matériel offre « un exercice merveilleux et complet » . Il devient « fan » et pressent tout l’intérêt de ces deux planches de bois  arrivés de Scandinavie. Président de la section du CAF de Chamonix,  il se montre en toute heure dynamique et entreprenant.

Les premiers essais de randonnées dans la vallée de Chamonix sont engagées par le docteur Michel Payot :

 Le 12 février 1902  le Col de Balme : à 13h il monte en direction du col de Balme avec  Joseph Ducroz qui utilisait des skis pour la seconde fois, arrivent à 14h aux chalets de Charamillon. La marche est difficile, la neige colle, il n’empêche qu’à 14h45 ils arrivent au sommet. C’est la première tentative de randonnée dans la vallée. C’est un évènement !

Dans la foulée, il repart le 24 février 1902, :  Chamonix – Col du Géant – Courmayeur  accompagné des guides Alfred Simond, Joseph Ravanel (dit le Rouge, son grand ami), Joseph Couttet, René Payot. Ils partent de Chamonix dans le but de  traverser le  Col du Géant.  Ils  atteignent en 14 heures le village de Courmayeur. Bel exploit pour l’époque.

Dès lors Michel Payot et ses amis partent vers de nouvelles aventures .

L’année suivante dès , dès le début d’hiver, Michel Payot entreprend avec ses amis Joseph Couttet, Alfred Simond, et Joseph Ravanel  la grande et magnifique traversée de Chamonix à Zermatt.

L’équipement est lourd :

Des skis de 2 mètres de long avec monture métallique et bandes de peaux de phoques à  fixer sous le ski avec des petits clous.

Une paire de raquettes.

Un sac pesant 10kgs.

Un bâton de frêne long  de 1.80mètres muni d’une rondelle de bois à 0.20cm au dessus du bout pour empêcher de s’enfoncer et sur l’extrémité équipée un pic en acier pouvant remplacer le piolet.

Une paire de chaussons en feutre se mettant par-dessus les chaussures pour se protéger du froid, un maillot en grosse laine avec large ceinture alpine pour éviter l’introduction de la neige sous les vêtements.

Un nécessaire pour réparer les skis.

Un appareil de photo de 10kg !

L’Itinéraire était connu l’été  mais évidemment l’hiver c’était une autre aventure !

Ils partent d’Argentière le vendredi 16 janvier 1903.

Le récit décrit par Michel Payot est passionnant. Le ski n’est pas encore au « top » de ses qualités et bien souvent il faut aller à pied enfonçant dans une neige profonde exigeant des efforts particulièrement violents ! la neige se dérobe bien souvent sous les pieds  On part  tôt , en cours de nuit afin de profiter du clair de lune. On s’encorde, on se désencorde… Les températures sont glaciales  mais il fait beau, même le vin gèle. On suit leur itinéraire, jour après jour,  pas à pas virage par virage, car guider les skis dans de la neige profonde n’est pas toujours aisé ! Ils sont débrouillards, costauds et alignent des distances incroyables  autant à la montée qu’à la descente. Il arrive qu’ils descendent jusqu’en bas de vallée pour ensuite remonter et aligner dénivelées impressionnantes.  Certaines cabanes d’altitude, comme Chanrion, ne sont pas toujours équipées il faut donc prévoir nourriture et couvertures ! A l’occasion ils se font accompagner par un ou deux guides locaux. Le temps  parfois  se dégrade, un brouillard épais les enveloppe et  ils retournent parfois sur leurs pas.  La descente à skis, attachés par une corde, n’est pas toujours évidente.   La parfaite adaptation de Joseph Ravanel à ces conditions impressionne Michel Payot, admiratif des qualités de ce guide d’exception ! La neige est abondante et si parfois le cheminement est difficile, souvent il se fait avec douceur et tranquillité. La descente sur Zermatt est rude, longue, glaciale.

Mais quels souvenirs pour cette équipe qui vient d’ouvrir, sans le savoir, une des voies les plus appréciées et qui comble tout skieur de randonnée.

Les noms de Col du Chardonnet, Fenêtre de Saleinaz, Glacier d’Otemma,  Col de l’Evêque ,  Glacier de Ferpècle, Col d’Herens, Glacier de Zmutt   évoquent pour chacun un souvenir d’une randonnée hors norme dans les Alpes.

Comme disait Michel Payot : … « Qu’avons-nous rapporté de cette longue mais si belle traversée ? … des fatigues inouïes, des souffrances en tout genre, mais nous conservons tous l’ardent désir de continuer ces merveilleuses courses d’hiver ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais qui était donc Michel Payot ?

Sources : Revues La Montagne du Club Alpin Fançais- Revue Alpine section lyonnaise 1903

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

du 03 au 05 janvier 1908 débutent les premières compétitions de ski chamoniardes

Le tout premier concours international de ski  se déroule  à Chamonix du 03 au 05 janvier 1908.

En 1907  Montgenèvre avait organisé les premières compétitions hivernales, si bien que Chamonix, sous l’impulsion du CAF et surtout du docteur Michel Payot, décide d’organiser « en grand » ces compétitions d’hiver. En plus du ski, auront lieu durant toue la semaine suivante  jusqu’au 19 janvier  des courses pour amateurs de luges, de patinage, de bobsleigh, de ski joering et de tailing.

Un train spécial  avait été  affrété par le PLM pour transporter l’ensemble des concurrents, avec  une belle entrée en matière sous forme d’une réception à la gare au son de la Marseillaise. Face à la gare  était dressé un arc de triomphe  en glace pour les sportifs. Neuf hôtels avaient ouvert pour cette occasion.

Il fera un temps splendide et très froid pour les épreuves  avec une moyenne de température de -15°.

La présence militaire dans ces compétitions est notable. Il est vrai que l’armée avait  compris,  dès les années 1890, l’importance de ce nouveau  moyen de déplacement,  particulièrement utile pour les armées alpines. Si bien que pour ces compétitions  on remarque la participation de trois   équipes militaires : une  française (dont deux membres chamoniards Charlet et Ravanel), une  suisse et une norvégienne,  les italiens n’ayant pas pu s’entraîner annulent leur participation..

 Vendredi 3 janvier :

Ski de fond pour les équipes militaires : Argentière – Col de Balme – Chamonix, soit un dénivelé de 1200m sur une trentaine de kms !

En même temps, à Chamonix,  course de fond internationale  en terrain varié sur une distance de 22km pour amateurs et guides ; Alphonse Simond est second.

Une grande et belle fête de nuit  est organisée sur la patinoire éclairée par des lanternes vénitiennes et des feux de bengale.

 Samedi 4 janvier :

Matin : 1ère  Course de vitesse pour les équipes militaires sur un parcours de 3 km et dénivelé de 250 m environ. Celle-ci se déroule dans les champs situés entre la Mollard et les Moussoux  au pied du couloir du Brévent. Certains utilisent 2 bâtons, certains un seul ! Départ du haut des champs et  arrivée à un  arc de triomphe mis en place au pied  de la pente. Cet exercice était particulièrement difficile car, jusqu’à ce jour, on utilisait les ski  que pour se déplacer ( exercice appelé  ski de fond, donc à plat ) et non dans le cadre d’une descente « raide ». Il y eut beaucoup de chutes ; ce fut le vrai début des essais de ski de descente !


Après midi : concours de saut aux Praz, au tremplin de la Frasse, qui attire une foule enthousiaste de plus de 3000 spectateurs impressionnés par les norvégiens  qui offrent aux spectateurs ahuris  le spectacle d’un saut à deux et à trois.

 

Soirée : grand banquet au Casino municipal avec 300 convives . Avec de très nombreux discours !

Dimanche 5 janvier :

1ère Course de dames (9 participantes) sur une course de fond de 3 km entre le hameau des Plans en direction des Praz, sur un terrain varié avec obstacles, marche en forêt et dénivelé de 50m : victoire des chamoniardes  Marthe et Marie Simond.

Nouvelle démonstration des sauteurs sur le tremplin des  aux Praz.

Durant toute cette période, des pistes de luge, de bobsleigh, sont aménagées sur les champs entre la Mollard. et les Moussoux. Les champs du Savoy ne sont pas encore à la mode !  La patinoire est prise d’assaut, le ski joering et le tailIng connaissement un réel succès.

On parlera dans la presse de ces inoubliables journées du deuxième concours international de ski.

On peut dire que 1908 marque Le début des sports d’hiver à Chamonix.

Sources : Revues Club Alpin Français – Revues La Montagne -Journal  Gazette de Lausanne – Archives Amis Vieux Chamonix

Histoire et patrimoine vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Histoire de l’ancien hôpital de Chamonix

Réalisé avec l’aide de l’historique rédigé par  Christian Lemarcis, ancien directeur de l’hôpital.

Tous ici à Chamonix se souviennent de l’ancien hôpital  situé en haut de la rue Vallot, au pied du hameau des Plans. Mais depuis quand Chamonix possède-t-il un hôpital ?

Au XIXe siècle  à Chamonix existait un bureau de bienfaisance, sorte d’organisme caritatif, en partie religieux et en partie municipal.

Le 6 décembre  1876 est la date officielle pour la création d’un hospice à Chamonix grâce au legs de  Michel Auguste Balmat « en faveur de la commune de Chamonix afin de fonder un hospice pour vieillards et indigents ». Mais les héritiers engagent de nombreuses actions en justice contre cette décision, ce qui ralentit la réalisation du  projet. Finalement, ce legs se montre insuffisant pour une construction nouvelle.  Aussi, une partie des dons est utilisée pour des secours ponctuels à domicile, pour l’entretien d’un dispensaire de la Croix Rouge installé en ville et tenu par les sœurs de la Charité.

Plus tard, la commune reçoit d’autres dons, notamment des legs de Pierre Edouard Carrier, de Judith Charlet, un de la famille Michel Devouassoud et un de la famille Garny. Mais aussi des biens originaires des fabriques de Chamonix et d’Argentière (une  fabrique était un établissement public du culte catholique relevant de  l’autorité ecclésiastique, c’était un instrument d’administration pour le service public des cultes mais étaient très  impliquées dans les bureaux de bienfaisance).

 Mais mieux encore, après le décès du fameux Venance Payot, mort sans héritier direct,  on apprend par son testament olographe du 1er mars 1887  « qu’il lègue aux communes des  Houches, de Servoz,  de Chamonix et de Vallorcine une somme de 20.000 francs en capital et une propriété appelée  « Pension hôtel Bellevue » au lieu dit les Rebats (actuellement emplacement de la résidence Belgique) Le tout en faveur d’un Hospice Cantonal qui devait porter le nom  Venance Payot .

Mais alors  commence une querelle entre les diverses communes.

Effectivement, sur le testament le nom de Chamonix est biffé (chamonix) Donc Chamonix ne devrait pas faire partie de ce legs. Mais pourquoi Venance Payot aurait il enlevé Chamonix alors qu’il était un vrai chamoniard de souche ? L’affaire est conduite au tribunal en février 1905 (par les communes des Houches et de Servoz ). Le tribunal ayant étudié dans le détail le fameux testament note qu’il est bien dit au bas du testament, signé par Venance Payot,  que ce texte est écrit sans ratures et que toute clause surajoutée était donc sans valeur. Quelqu’un donc avait probablement « raturé » le nom de Chamonix … Mais qui ? Nul ne le sait.

Le bâtiment étant mal adapté pour le transformer en hôpital La commune s’engage finalement  dans la vente du bâtiment  situé aux Rebats ; Il fallait obtenir l’autorisation des héritiers Payot dont certains n’étaient toujours pas disposés à laisser partir ce bien !. Il faudra toute la diplomatie de Jules Payot (neveu de Venance) pour obtenir le consentement des  42 héritiers concernés ! La mise en vente se fait le 5 juin 1911, mais la valeur de ce bien est nettement au dessous de ce qu’avait estimé Venance Payot en son temps… Donc t il n’y a  toujours pas de nouvel hôpital à Chamonix malgré les divers legs !

En 1922 les communes de la Vallée de Chamonix acquièrent l’ancien Hôtel de la Mer de Glace au Haut du Bourg, absorbant l’ensemble des capitaux. La commune de Chamonix fera un emprunt pour combler le reste manquant.

Ce ne sera que le 4 décembre 1922 que le ministère de l’hygiène fonde officiellement « l’Hôpital-Hospice de Chamonix et Cantonal Venance Payot ».

En 1932 sont aménagés un servie plus technique de médecine et un  de chirurgie.

1939, legs de Emma Tronchet.  En 1941, legs de Stéphanie Charlet. En 1942 legs de Pierre Eloi Simond  ( legs important avec de nombreuses terres située au Tour ce qui permettra la création d’un service de maternité)

1948, legs de Judith Ducrey.

1958, on rénove et surélève le bâtiment principal.

1961, projet d’un hôpital dans les lacets du Belvédère.

1965, projet d’agrandissement non abouti.

1974,  construction du bloc opératoire.

1983,  la dernière religieuse s’en va.

1988, legs d’Hélène Couttet. Nom qui sera donné  à la MAPA,

1990, projet du nouvel hôpital, avec le soutien de Mr Balladur,  au lieu dit des Favrands,  inauguré en 1994.

Les chamoniards regretteront toujours « leur » ancien hôpital avec quasiment toutes  ses chambres orientées vers le mont Blanc, son service de chirurgie au 1er étage, sa  maternité au second, ses religieuses, ses infirmières et ses médecins  que tous connaissaient sans oublier sœur Gasparine, qui dirigeait avec autorité et empathie le 4ème étage

 

L’ancien hôpital était l’âme de cette petite ville de montagne. Ici  naissaient et mouraient  les chamoniards !

IL a été rasé, mais son souvenir restera longtemps dans la mémoire des chamoniards.

Sources : Christian Lemarcis. Ancien directeur de l’hôpital – Archives association des Amis du Vieux Chamonix

 Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

 Christine Boymond Lasserre

 

 

 

Partons en excursion à la Mer de Glace durant la période de la Belle Epoque

Quelle est l’origine du nom d’Argentière ?

 

Argentière et son église avec sa façade baroque et son clocher en flèche !

 Dans les anciens documents comme ceux de la gabelle du sel de 1561, Argentière n’existe pas en tant que hameau ou village. A cette époque, lorsque  l’on évoquait les hameaux du haut de la Vallée, les documents citent les  « hameaux  et maisons escartés de la dimerie au dessus des Thynes » .

Ce n’est qu’en 1726  que le nom « Argentière » apparaît officiellement  lorsqu’est créée sa paroisse. Au tout début, les habitants  avaient pour habitude de parler de « l’Argeintire » qui deviendra dans les documents paroissiaux « l’Argentière » puis « Argentière ».

Certains prétendent  que cette origine étymologique proviendrait d’une mine ou d’un filon d’argent  disparu depuis. Pour d’autres, le filon se trouverait sous le glacier…  A chacun son idée. Certains pensent  tout simplement que seule la couleur argentée du glacier aurait pu donner ce nom au village.

A savoir  qu’en France il existe de très nombreux villages appelés l’Argentière ( Ardèche – Hautes Alpes – Vivarais – Gard  – Tarentaise,  etc.), ayant souvent  un lien avec l’exploitation de mines métallifères tirant leur nom  d’ « argentaria » issu du latin « argentum » signifiant métal ( Suter).

Plus près, à Servoz, existe un lieu-dit appelé « les Argentières ».

En  remontant plus loin dans le temps,  la racine  AR est reconnue  comme étant  d’origine  indo- européenne (arg – ar(e)g) signifiant blanc-brillant, peut-être la couleur du glacier ? Mais aussi n’oublions pas que  de nombreux noms dans le massif alpin indique une occupation pré celtique. On peut donc imaginer que depuis des temps immémoriaux, on parlait d’Argentière et cela bien avant la création de la paroisse.

Certains anciens documents évoquent  une aiguille s’appelant  « Argenteria » parfois nommée « Dargentire »! Dans un parchemin des archives départementales datant de 1497 à propos de transactions concernant l’alpage des Péclereys  on retrouve l’appellation Argenteria ( acta fuerunt predicta apud campum munitum in villa de Argenteria ou l’on peut traduire ainsi les actes  furent réglés sur le domaine d’Argentière dans la commun e de Chamonix)

N’est-ce pas  resté dans la mémoire collective des habitants de la haute vallée de l’Arve? Et ne l’auraient ils pas  adopté au moment de la création de la paroisse ?

Ce qui est sûr c’est qu’en 1726, on adopte  définitivement le nom d’Argentière, écrit sans s final. !

Cependant, vers 1938, des documents  provenant  de l’évêché sont  écrits « Argentières »   ou « Argentière », avec ou  sans s !  Au bon vouloir des instances épiscopales ? Peut être aussi pour imiter les villages dont le nom  portait un s final ?

A l’arrivée du train à Argentière (1908), les publicités lancées par le PLM écrivent Argentières avec un s, et les hôtels font de même. Mais pas toujours !

Donc unanimement on écrit Argentières avec un s. Mais dans les foyers, les paroles vont bon train affirmant qu’Argentière dans les temps anciens s’écrivait sans s.

Finalement, en  1926, le conseil municipal présidé par le maire  Jean Lavaivre  décide qu’Argentière s’écrira  définitivement sans s. Mais l’épiscopat continue encore de l’écrier avec un s

 SOURCES :   Site internet Henry Sutter – Revue de géographie alpine  –  Ouvrage :  « origines des noms de montagnes de Haute Savoie » de Jean Philippe Buord  –  «  Les noms de lieux de la région du Mont Blanc » de Roland Boyer.

Revue de la paroisse du mont Blanc. – Guide Vallot .

Histoire et  patrimoine vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

 

 

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