Category: Découvrir le patrimoine de Chamonix

Une des dernières boutiques à l’ancienne de Chamonix : « A la Ville de Venise »

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_MG_1577Quel heureux fouillis  que cette boutique de jouets située  sur l’avenue Michel Croz ! Ce commerce est encore dans son état  d’origine : l’escalier trônant au milieu du magasin, le décor ancien,  les étagères,  la multitude de tiroirs remplis de trésors, tout est comme l’ont créé les premiers propriétaires.

Fouillez un peu, et vous  trouverez  parmi les peluches et les   jouets plus modernes  des figurines Hummel, des assiettes faites main  et  de vraies  céramiques italiennes.20151129_172000

Les clients connaisseurs, venant souvent de loin, savent trouver chez le fils de Mme Biancucci les objets les plus inattendus, les plus rares !

Manquent les lustres d’origine du plafond. Ceux-ci,  magnifiques,  n’ont pu résister aux lois imposées par la sécurité !

Cette boutique emblématique de Chamonix s’appelle «  A la ville de Venise », mais voilà,  lors des travaux  d’extension entrepris à l’étage la célèbre enseigne  que tous les chamoniards connaissaient…  a disparu ! Volée ! Mais non elle vient d’être retrouvée sous un couverture de bois récemment retirée.

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photo collection Bernadette Tsuda

« La Ville de Venise » à l’origine occupait de magnifiques  constructions  en  bois que l’on voit sur   certaines photos d’époque. Situés devant le Métropole  (A l’époque  Hôtel Moderne et Victoria),  ils seront déménagés danS les années 1920 vers l’Outa.  Ils resteront d’abord magasins de souvenirs,  puis seront transformés en  boite de nuit (appelée  « l’Igloo » ) pour finalement être détruits  en 1968 lors de  la construction de la résidence actuelle l’ « Outa ».

Mais pourquoi   «   Ville de Venise » ?

Collection Bernadette Tsuda

Collection Bernadette Tsuda

Ces magasins étaient tenus par une fratrie : Dominique, Atilio et Emilio Salvador.

Famille brésilienne installée dans le Frioul,  ils ouvrirent  dès les années 1900 ces boutiques haut de gamme  à Bruxelles, Montreux, Londres et finalement Chamonix. Ici se  vendaient aussi bien des lustres de Murano,  des dentelles de Burano, des porcelaines de Vénétie 20151129_171549,  des figurines  de Capo del Monte,  cette porcelaine si délicate venant de Naples. Des  objets de luxe très appréciés des touristes  de la Belle Epoque et des Années Folles.

La boutique   située  devant le Métropole étant menacée de destruction, Emilio décide alors de faire construire la galerie marchande actuelle en 1926 et ouvre   son nouveau magasin en 1928.

 Sur le seuil   apparaît une belle mosaïque où  sont  inscrits son nom,  la date_MG_1566 de l’ouverture du magasin  sous les ailes d’un aigle symbole de puissance !

La famille tiendra ce magasin typique jusque dans les années 1980. Repris alors  par Mme Biancucci,  laquelle durant une dizaine d’années se déplacera encore  régulièrement en Italie pour ramener à Chamonix ces souvenirs de qualité qui faisaient de la « Ville de Venise » sa réputation.

 

 

_MG_1558A côté de la boutique,  une entrée conduit  aux appartements des étages supérieurs.   _MG_1555Une magnifique ferronnerie art déco  orne la porte d’entrée. Celle-ci,  typique de cette période,  est agrémentée de deux lettres C et D: ces initiales correspondent aux initiales du  propriétaire ayant acquis l’étage supérieur,  un Devouassoux, probablement issu de la famille qui avait construit en 1905 l’ancien hôtel voisin appelé l’Hôtel central correspondant actuellement à la résidence des Balances.

 A regarder de plus près lors de nos balades chamoniardes.

 Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond laserre

Comment on enlaidit le patrimoine à Chamonix

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Vue  sur le carrefour prise de l’hôtel des balances appelé  ensuite l’hôtel Centrall

La résidence des Balances,  ancien hôtel de la Belle Epoque,  trône au centre de Chamonix.

Depuis des siècles,  chamoniards et visiteurs passent par  le carrefour  situé au pied de ce bâtiment, en direction de l’unique passerelle franchissant  l’Arve ou pour se rendre à l’église.

 

 La famille Devouassoux avait,  en 1905,  construit ici un des fleurons du patrimoine chamoniard. Transformé en appartements dans les années 1980,  l’hôtel a perdu un peu de son âme, mais rien de sa structure originelle

 

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La résidence des Balances anciennement hotel Central1905, 

Son toit haussmannien, ses balcons ouvragés, ses encadrements de granit, son escalier intérieur rappellent les temps de la Belle Epoque.

Il y a peu encore,  une fleuriste occupait  au rez de chaussée  un des anciens salons de l’hôtel.  Lors de son installation, le plafond était _MG_0161recouvert de frisette. Elle eut l’idée de la retirer et découvrit alors un superbe décor peint. Elle mit ainsi en valeur une ornementation  raffinée datant de l’origine.

Une peinture en trompe l’œil représentait un balcon orné de fleurs. Au dessous,  une frise courait le long du mur.

_MG_0169Aux quatre coins,  quatre médaillons évoquaient  des paysages de montagne, une scène de bateau sur un lac et le dernier figurait le château de Chillon._MG_0175

J’avais plaisir à le montrer  lors de mes visites guidées, et la propriétaire était ravie de mon passage.

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Aujourd’hui tout a disparu. En une nuit… plus de décor, plus de plafond peint, plus de fleurs…

_MG_1510une misérable couche de peinture blanche a recouvert l’ensemble. Les peintures sont perdues à jamais…

Le nouveau propriétaire, une enseigne de sport,  n’avait cure de ces vieilleries et n’y voyait certainement aucun intérêt.

 

_MG_1505Vu de l’extérieur,  l’enseigne  du magasin  est d’une horrible banalité.  Mais de plus elle est répétée sur les vitres des fenêtres du premier étage, en contravention me semble t’il  avec la réglementation :

A Chamonix, toute publicité est interdite en dehors des enseignes réglementaires.

Ainsi est  dénaturé  cet ensemble architectural qui aurait mérité, au contraire,  qu’on  le mettre en valeur.

 

N’aurait on pas pu, comme Annecy l’a fait en son temps,   lancer une politique de protection du patrimoine qui aurait permis d’ éviter ces abus  d’enseignes  extérieures  et  de protéger ces décors  intérieurs que d’autres à Chamonix ont su respecter et préserver.

Histoire et patrimoine de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

La villa de la Tournette connait une nouvelle vie

 

Tournette 2015

Construite et occupée  par les frères Couttet et leurs descendants,  puis par Mr Maurice Herzog, elle fut rachetée par la mairie en  2000. Abandonnée une dizaine d’années  et souvent squattée, puis restaurée par la municipalité,  elle est à ce jour confiée à André Manoukian pour en faire une Maison des artistes.Maison des artistes

Le musicien  s’engage  à  la faire vivre,  avec des concerts ouverts à tous.

C’est une belle renaissance pour  une maison de caractère.

Joseph et Jules Couttet *seraient certainement heureux  et fiers  de la magnifique restauration  effectuée sur  leur villa la Tournette.

Joseph, sur la fin de sa vie,  rêvait d’en faire un musée. Il affectionnait tout particulièrement cette magnifique maison qu’il avait construite  avec son frère Jules  dans le parc dépendant du Grand Hôtel Couttet et du Parc.Ce ne sera pas un musée mais un temple de la musique.

La maison   a une forme vraiment étrange,  tout à fait étonnante dans le contexte chamoniard. Elle repose sur une base solide en granit, et s’élève en forme pyramidale vers l’épi  de faîtage. Les façades sont protégées à l’est et au sud par une galerie de plain pied constituée d’une élégante et fine colonnade en bois. Le plus  inhabituel   est sans conteste, vu de l’extérieur, la répartition des fenêtres dans la toiture  qui laisse deviner l’agencement intérieur.

  On admire ici l’art des angles, des pans coupés, des cercles, des arrondis et des octogones.

girouetteEn son sommet tournoie  une girouette empreinte  d’histoire représentant  les deux frères en ski  de fond.  La légende raconte qu’ils auraient rapporté d’un voyage en Norvège, avec le docteur Michel  Payot,  les premiers skis dans la vallée.

Construite en 1926,  la Tournette  se rattache à l’esprit original  des années de la Belle Epoque et des Années folles. On y lit une architecture  dans laquelle on retrouve la fantaisie de l’art nouveau et la géométrie de l’art déco.

La commande n’aurait elle pas été faite avant la guerre, (les plans font penser à la période avant guerre) mais celle ci a peut être  contraint les frères à différer leur projet .    C’est une question que l’on peut se poser. on sait que Joseph Couttet a passé une grande partie de la guerre dans les tranchées)

05 09 FACE CUISINE - CopieLes plans sont signés par Mr Debry,  architecte de la ville de Chamonix,  auteur de nombreuses réalisations dans la vallée.Le graphisme des plans, incroyablement  détaillés, est  remarquable. Ils sont exposés au sous-sol de la maison. 

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Détail ravissant d’un des plans

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Tournette à sa construction sans la girouette 5

Villa les Améthystes en 1926collection privée

 

 

 

A sa construction la maison prit le nom de « Villa des Améthystes »  mais l’orthographe en étant trop complexe on lui donna le nom de  Tournette. Pour quelle raison ? Nul ne le sait.  Y-a-t-il un lien avec les rochers de la Tournette sur le chemin du Mont Blanc ?

Dégagée des haies et des arbres  qui  l’étouffaient, la villa est maintenant bien visible aussi  bien  de l’entrée du parc que de l’avenue des Allobroges qui la longe au sud.

A l’intérieur,  l’ambiance feutrée  de l’origine est   préservée, les volumes restent les mêmes et la décoration mêlant l’ancien et le moderne est une réussite. Bravo au jeune talentueux décorateur chamoniard Victor Armand  qui a su restituer   l’âme particulière de cette maison.

Ici seront donnés régulièrement des concerts ouverts à tous,  André Manoukian l’a promis. Le studio d’enregistrement High Tec  aménagé dans l’ancienne  cave offrira la possibilité aux groupes voulant faire des enregistrements de venir le faire à Chamonix, en échange de quoi  ils seront logés dans les chambres des étages supérieurs et devront donner des concerts au sein de cette Maison des Artistes.

Ambitieux, André Manoukian rêve d’en faire une « Villa Médicis » chamoniarde. Le rêve est permis.

 

Mais qui étaient donc Joseph et Jules Couttet :

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Joseph Couttet et sa femme Aimée à Venise en 1926

Jules et Joseph Couttet étaient les fils du fameux guide et hôtelier François Couttet dit « Baguette ». Ce François,  après avoir construit dès 1868 une pension,  construira en 1880 le Grand Hôtel Couttet et du Parc. Il aura cinq enfants qui marqueront à leur tour toute l’histoire hôtelière de la Belle Epoque aux années Folles.

Joseph était le second, Jules le dernier. Ensemble, au décès des parents,  ils tiendront l’hôtel, et ensemble ils construiront cette magnifique villa.

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Le docteur Michel Payot

Joseph ami du docteur Michel Payot fut un des promoteurs du sport d’hiver à Chamonix. Il contribua à y importer le ski tout au début du siècle par le truchement des skieurs de l’armée norvégienne avec qui il organisa les premiers sauts à ski au tremplin des Frasses.

Simultanément Jules et Joseph mirent sur pied avec leur beau frère Jean Lavaivre, maire de Chamonix l’organisation hivernale de la station et créèrent coup sur coup la première patinoire, la piste de bob et les premiers itinéraires de ski de printemps. Tous deux seront très actifs dans la vie chamoniarde et œuvrant avec insistance pour la création des premiers jeux olympiques de 1924.Leurs soeurs mettront en route trois hôtels fameux à chamonix, le palace du Savoy, l’hôtel des Alpes, l’hôtel du Beau Site.

Joseph Couttet fut un alpiniste passionné et rien de ce qui touchait à la montagne ne le laissait indifférent.

Les deux frères meurent tous deux en 1961 à l’age de 91 ans pour Joseph et 86 pour Jules.

 

                                                                 

 Edité par Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de Chamonix

 

 

A Chamonix pourquoi une rue de la Tour ?

 

Dans les temps anciens, en arrivant du prieuré,  le seul passage possible pour passer sur la rive gauche  était la passerelle  alors située à l’emplacement du pont actuel,   ensuite  le chemin se faufilait parmi les prés.  .

Traditionnellement,  ce chemin était le passage obligé emprunté par tous.

Dans Chamonix, aucun autre passage  ne permettait de passer sur l’autre rive. Le chemin traditionnel  est devenu rue. Elle  a vu passer durant des centaines d’années chamoniards et visiteurs.  Elle porte actuellement le nom de rue de la Tour.

Ici au 19ème, à la place du casino actuel (l’ancien Hôtel Royal),  se situait un hôtel appelé l’Hôtel de la Tour.  Indiqué dans les premiers guides touristiques évoquant Chamonix, il était tenu dans les années 1825-1830 par un certain Payot.

Sur une des gouaches  réalisées  par Jean Dubois (le mont Blanc vu de Chamonix),   on distingue sur la  rive gauche de l’Arve,  peu habitée à l’époque,  quelques maisons. Sans doute  l’hôtel de la Tour occupait-il  une de ces bâtisses typiquement chamoniarde.

Mais pourquoi un hôtel de la Tour ? Etait ce en raison de la tourelle  d’observation située sur le chemin du Folly ? Non ! Celle-ci,  dressée plus tard,  n’existait pas encore.

Il faut peut être remonter dans l’histoire locale, plus précisément fin 15ème , début 16ème.

En ces temps la vallée de Chamonix,  bien que dépendante de l’abbaye de st Michel de la Cluse,   était régentée par une famille qui donna plusieurs prieurs : la famille de la Ravoire.

L’un de ceux ci, Guillaume, essaya à maintes reprise de s’accaparer tous les droits acquis par les chamoniards. Il n’eut pas la vie facile si l’on en juge par les démêlés qu’il eut avec ceux-ci !

Mais,  voulant asseoir son pouvoir avec force,  n’aurait-il pas dressé une maison forte dans Chamonix ? Pourquoi pas, sachant que ce prieur cherchait à s’approprier les droits de justice qui étaient alors attribués aux syndics ?  Dans l’ouvrage d’André Perrin  » l’histoire e la vallée et du prieuré de Chamonix » on parle à propos de la nomination des procureurs représentant l’assemblée chamoniarde cette.. »‘élection avait lieu au Crettet, près de la tour de la Ravoire … »Crettet étant la colline du Couttet actuel.

C’est une  gravure de 1806  de Jean Philippe  Link « Vue du bourg… »     qui nous éclaire. Effectivement ce document représente Chamonix,  mais en zoomant  on distingue,  au fond,  très nettement,  sur une colline (certainement la colline du Couttet),   les ruines d’une tour.

 

Il y a de fortes chances qu’au début du 19ème siècle subsistaient les ruines de cette maison forte. Les chamoniards l’appelant la Tour,   il est probable que Mr Bossonay ait alors construit son hôtel au pied de celle-ci  et lui donna ainsi ce nom, aujourd’hui  mystérieux pour tous.

Cet hôtel de la Tour sera détruit en 1843 et à sa place édifié un nouvel hôtel : le Royal.

 De cette Tour il ne subsiste  maintenant que le nom de cette rue ?

 

Mais qui l’avait remarqué ?

 

 Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine Chamonix Mont Blanc

Aux Bouchards et à Vallorcine des représentations et inscriptions identiques du XVIIIème siècle

Dans la vallée de Chamonix nombreuses sont les inscriptions sur les poutres, sur des greniers. Mais savons nous  bien les voir !

Protégeons les. Elles sont le témoignage du travail de nos anciens.

Aux Bouchards sur le fronton d’un grenier :Une herminette dans la partie supérieure. En bas: une croix de Savoie – une serpe ou hache  – la date 1742 – des initiales LB

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A Vallorcine sur la poutre maîtresse d’une ancienne ferme une inscription similaire la date 1789,  surmontée de la croix de saint Maurice , au dessous les initiales JMC – une serpe ou hache – une équerre -une herminette

 

 

 

 

 

 

 

 

Un découverte du patrimoine de la vallée avec France 3

 Découvrir  le reportage sur le patrimoine de la vallée de Chamonix tourné ave France 3  émission Midi en France le 15 janvier 2015

 Cliquer ci dessous :

 

 

Histoire et patrimoine de Chamonix

Publie par Christine Boymond Lasserre

La fin d’une belle aventure familiale: l’hôtel Excelsior aux Tines

 

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En 1900,   le tourisme explose dans la vallée de Chamonix.

 Le hameau des Tines se situe au pied  de la Mer de Glace. Les touristes de plus en plus nombreux viennent admirer ce glacier  exceptionnel. Beaucoup parmi eux,  descendant par le Chapeau,  s’arrêtent  aux Tines avant de rejoindre Chamonix.

L’arrivée du train en gare des Tines  offre une belle opportunité d’ouvrir un second hôtel dans le hameau après celui  de la Mer de glace tenu par la hôtel mer de glace Tines 2famille Simond.

 

 Paul Charlet se lance en 1905 dans la construction d’une auberge pour héberger les italiens travaillant sur la voie ferrée. Rapidement,  l’hôtel qu’il appelle  Excelsior s’agrandit se transforme pour devenir un hôtel de prestige. Il sera suivi de près par l’Hôtel de la Forêt des Tines.

L’Excelsior sera racheté en 1913 par la famille Cheilan et restera la propriété de cette même famille jusqu’à nos jours.

Construit selon la tradition chamoniarde, ce bel édifice rappelle la longue tradition hôtelière de la vallée.

Un premier bloc est édifié,  puis le succès venant une aile lui sera rapidement adjointe,   lui donnant son aspect actuel.

excelsior 1 - CopieNombreux sont les hôtels chamoniards construits selon cette architecture en deux corps .   Celui-ci obéit à la tradition locale  des encadrements de portes et fenêtres en granit, même matériau utilisé pour  les balcons  et les chainons d’angle. Les italiens,  nombreux dans la vallée,  avaient apporté de leurs régions d’origine  ce savoir-faire magnifique qu’ils ont mis en œuvre dans toute la vallée.

Quatre générations de Cheilan ont géré avec soin cet hôtel situé face  au mont Blanc.  On travaillait en famille, les heures  ne comptaient pas.

 Chaque génération apportera une touche supplémentaire dans le confort et les divers équipements afin que l’hôtel s’adapte à la modernité de son temps. Chacun  fera  sienne cette devise familiale « Chez nous, vous êtes chez vous ».

 Beaucoup se souviendront de l’accueil chaleureux de Mme Margueritte Cheilan  qui, pendant plus de 45 ans,  mettra tout son cœur à la bonne direction de l’hôtel familial.

Son mari, André,  ardent chamoniard, se chargera de l’entretien de lachapelle tines 3 chapelle nichée au fond des Tines. Afin d’assurer le service d’une messe régulière, il fournissait le gite aux prêtres venus en vacances dans la vallée en échange d’une ou deux messes hebdomadaires.

fond décor chapelle tines Mr Cheilan était un fervent royaliste,  ce qui explique le décor particulier de fleurs de lys de la chapelle.

Des clients prestigieux venaient chaque année à l’Excelsior. Ils en  appréciaient l’emplacement exceptionnel mais surtout l’esprit familial et la convivialité ainsi que sa table réputée.

Les exigences des temps actuels ne permettent  plus  à cette famille de continuer cette belle histoire.

Mais les bâtiments perdurent, ils resteront le témoignage d’une   époque où l’hôtellerie familiale occupait une grande place dans la vallée.

 

 

Histoire – Patrimoine – Chamonix

Christine

 

Belle surprise près du Col de Balme : une borne du XVIIIème siècle

Nos randonnées chamoniardes nous réservent  parfois de belles surprises !

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Combien de fois sommes nous allés avec enfants, petits enfants ou amis au col de Balme pour une balade dominicale Le site est  magnifique, la randonnée est facile, c’est toujours un plaisir de parcourir ces crêtes  d’où le panorama est  exceptionnel. Le plus  souvent nous empruntons les chemins balisés.

 Si l’on s’en écarte un tant soit peu, en longeant  tout simplement la ligne de crête qui court de la tête de Balme vers le col des Posettes,  nous   buttons sur deux  bornages   dressés au cours des siècles passés  sur cette  ligne frontalière. Ils marquent l’emplacement exact de la frontière entre la France et la Suisse.

 

Borne à la tête de Balme

Borne à la tête de Balme

 

Certes nous connaissons la borne située au col de Balme  avec l’inscription France d’un côté et Suisse de l’autre. Ou encore celle de la Tête de Balme avec un F et un S. Toute deux  réalisées en 1891 au temps où le gouvernement   érigea le long de ses frontières ces bornes de granit afin d’en préciser ses nouveaux contours.

 

Borne côté France

Borne côté France

Mais ici sur l’arête,  juste au dessus de la gare supérieure du télésiège des Esserts, nous découvrons, à côté de  la borne classique de 1891, une borne rare datant de 1737-1738.

Celle-ci d’ailleurs figure sur un tableau du XVIIIème siècle.

D’un côté  figure la croix de Savoie couronnée. Cette représentation correspond effectivement à l’emblème de la maison royale de Savoie en 1738. Les couleurs sont passées mais on devine la croix blanche sur fond rouge. Celle-ci est surmontée de la couronne du royaume de Sardaigne. Cette couronne est formée d’un cercle surmontée de 8 fleurons, ceux-ci servant de base à des diadèmes perlés qui se réunissent au sommet par un globe et une croix.

 

 

P1010111De l’autre côté nous retrouvons sur la partie basse de la borne le blason de l’évêque de Sion, une épée et une crosse surmontée de la mitre et au dessus le blason des sept dizains valaisans représentés par sept étoiles en  représentation de la république fédérale du Valais  de 1600 jusqu‘à 1802 .

 

Il est intéressant de noter qu’en cette période le Valais était une  république fédérale appelée la république des sept dizains et l’évêque de Sion en était un des princes électif,  d’où la double représentation évêque et Valais sur cette borne.

Cette république disparaîtra avec le rattachement du Valais à la confédération helvétique en 1815. Le Valais sera alors représenté par treize étoiles sur fond rouge et blanc.

 

Une belle découverte à faire par ces belles journées d’automne.

Col de Balme 18ème siècle - Copie

Tableau du XVIIIème intitulé Col de Balme On y voit très bien cette même borne

 Histoire et patrimoine Chamonix

 Histoire et patrimoine d la vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

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