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Film des années 1900-1905 . Mer de Glace et Mauvais Pas.

Ci dessous un petit film de 3mn appartenant à l’association des Amis du Vieux Chamonix .

Il date probablement des années aux alentours de 1900-1905. On y voit les touristes venus découvrir la fameuse Mer de Glace. Ils sont accompagnés par leurs guides et remarquez l’impeccable tenue des guides cravatés s’empressant auprès de leurs clients pour les aider à franchir les marches taillées dans le glacier.

Et en seconde partie nous découvrons le fameux  passage un peu dangereux du « Mauvais Pas » ou nous pouvons voir les clientes en robes longues descendre plutôt assez habilement ce chemin un peu aérien !

La complexe histoire des casinos et salles es fêtes de Chamonix

A Chamonix, dès le début du XIXe siècle, des animations étaient organisées pour les visiteurs dans les hôtels. Ces animations ont été au départ liées à l’autorisation d’ouverture de casinos qui à cette époque était donnée par l’État.

Or, sous le régime du royaume de Piémont Sardaigne, l’État était particulièrement réticent et l’on voit donc se dessiner des essais de salons de jeux dans certains hôtels. On relève, dans un ouvrage rédigé par Victor Masse, auteur d’un essai intitulé « Plans en relief de la vallée de Chamonix », une note descriptive d’un document enregistré officiellement en 1851 évoquant l’Hôtel du Nord auquel est rajouté un « Casino des Étrangers » ce qui veut bien dire qu’il était réservé aux visiteurs et fermé à la population locale. Mais la formulation est suffisamment évasive pour avoir un doute quant à la réalité des possibilités des jeux de hasard dans cet établissement.   A la lecture du Figaro de mai 1883 et dans les archives départementales, on évoque un Cercle International du Casino de Chamonix situé dans l’hôtel des Chalets de la Côte, où l’on pratiquait des « jeux de commerce », activité qui ne dura pas plus d’un an ou deux.  Ce type d’animation se poursuit dans l’Hôtel de l’Union de 1886 à 1893, mieux situé au centre de Chamonix. En mai 1891, un certain Adolphe Schreiber demande l’autorisation de construire un casino face à l’Hôtel de l’Union.  Ce sera l’année suivante que la commune de Chamonix, soucieuse de proposer à sa clientèle une animation digne d’une station prestigieuse, donne l’autorisation de salles de jeux-casino à Mr Cusin Bellencourt. Il construit la Villa des Fleurs qui abrite de 1904 à 1906 un « Cercle International des Étrangers ».

 

Dans les archives départementales on note la présence d’une table de petits chevaux. Fin 1906, sous l’enseigne du Casino, on remarque une nouvelle enseigne intitulée « Alpineum ». Le bâtiment est situé route nationale (rue Paccard actuelle). La Villa des Fleurs change donc d’activité.   Les jeux semblent s’arrêter au profit d’animations. On y donne spectacles, concerts, mais surtout les premiers films de l’époque dont l’ascension du mont Blanc réalisée en 1907 par la famille Vallot. On y expose également des objets qui seront plus tard à l’origine de la création du musée.

 

 

 

 

 

 

Il est probable que les activités de jeux se sont arrêtées en raison de la construction d’un casino au Bois du Bouchet lancé en 1903 par Henri Devouassoux et Jacques Curral qui, obtiennent de la commune « le droit d’y construire tout ce qui pourrait intéresser les touristes » et lui rendre le séjour plus agréable ». Six mois plus tard, le tout est cédé à une « Société anonyme du Casino Municipal de Chamonix » qui échappe ainsi aux initiateurs d’origine. C’est à ce moment-là que paraît pour la première fois l’idée de proposer du théâtre et des concerts, La commune lui confère la qualité de « Casino Municipal » bien qu’elle ait peu appréciée le changement répété des propriétaires ! En 1904, les travaux sont lancés par l’architecte Paul Henri Furet. Un beau bâtiment voit le jour en 1905 sur les prés en bordure du Bouchet. Ce Casino obtient les diverses autorisations accordées par l’État pour ouvrir une salle où se pratiquent entre autres les jeux de baccara. Deux saisons animent le casino : de juin à octobre et du 15 décembre au 15 mars. La commune peut enfin proposer à ses clients « toutes les attractions des villes d’eaux ». Théâtre, concerts animent la vie touristique de la vallée d’autant qu’un café, un restaurant, un bar américain complètent l’ensemble des services. Juste à côté est aménagé aussi un établissement d’hydrothérapie «  à l’eau d’Arve » ! En raison de son éloignement, on lance un service de calèches avec le centre-ville. Cependant, il semblerait que les propriétaires de cette société changent continuellement ce qui rend les rapports avec la commune bien souvent houleux !

Par ailleurs, en raison des directeurs qui changent bien souvent, ce casino peine à fonctionner. D’autant qu’il est mal chauffé en hiver, les charges sont lourdes, les revenus faibles et le bâtiment se délabre d’année en année. En 1915, une partie du toit s’effondre, non reconstruit.  La pluie apporte son lot de moisissures et de destructions des murs.  Il ferme dans les années 1920.

La commune cherche à rompre le monopole des jeux de la société et se met en quête de trouver un autre emplacement. Plusieurs projets voient le jour ! Dès la mi-1923 la ville autorise la Société  Hôtelière Franco-Suisse, propriétaire du Chamonix Palace,   à ouvrir un « Grand Casino de Chamonix Mont Blanc » en tant que concessionnaire de jeux qu’on installera  au  rez de chaussée.

 

 

En 1926, la commune se lance dans l’idée d’un casino édifié au-dessus de l’Arve. Typique de la période Art Déco, ce bâtiment se caractérise par une façade à quatre colonnes surmontées d’un fronton triangulaire. Puis l’édification d’une galerie commerciale de part et d’autre anime cette nouvelle rue qui avait été tracée au moment de l’arrivée du train en 1901. La Société du Grand Casino de Chamonix Mont -Blanc est née.

Il propose non seulement des salles de boules et de baccara mais aussi un bar, un dancing et de nombreuses animations en tous genres :  thés et soupers dansants, manifestations de sports et d’élégance et attractions artistiques.

 

Dès les années 1950   les chamoniards peu à peu s’approprient le lieu. Un grand nombre de festivités se déroulent dans ses magnifiques salles construites au-dessus de l’eau, beaucoup se souviennent des galas, des spectacles des groupes scolaires, des démonstrations de danse, des rencontres folkloriques, des concerts en tous genres ou encore de de l’élection de Miss France.

Finalement, dans les années 1970, la partie jeux du casino est transférée au Royal (emplacement actuel) et l’ancien bâtiment est modernisé avec une avec une nouvelle façade.  L’intérieur est transformé en salles des fêtes. Qui ne se souvient pas de ces fêtes organisées avec la piste de danse éclairée de lumières colorées ! Il prend le nom de SALLE MICHEL CROZ (du nom de la rue).

L’animation continue alors de plus belle : concerts, théâtre, fête des guides, fêtes de Noël, etc… font la joie de tous les chamoniards qui se souviennent encore avec nostalgie de ces événements et fêtes en tous genres.

Tout s’arrête avec le terrible incendie de 1999 qui détruit l’ensemble du bâtiment.

Rien n’est reconstruit au-dessus de l’Arve en raison de la difficulté à en assurer la sécurité.

 

 

Ce 2 décembre 2021 est inaugurée une nouvelle salle des fêtes dans une des coupoles de l’ensemble de Chamonix Nord, transformée pour offrir aux chamoniards fêtes, concerts, théâtre.

Suite à un vote des habitants, elle prend le nom de EMC2 c’est dire Espace Michel Croz 2 pour rappeler l’ancienne salle mythique adorée des chamoniards.

 

Sources :
Archives Amis du Vieux Chamonix, Paul Payot, Archives départementales (4M67-68).
Recherches sur l’histoire des casinos français de Mr André Reynckens.

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

Une institution chamoniarde : la librairie Landru

La variété des éditions Landru

En 1930,  Jean Landru et son épouse Marie Louise arrivent à Chamonix. Ils achètent sous les arcades de l’avenue de la gare (actuellement avenue Michel Croz) un fonds de commerce. Jean, dont les parents avaient déjà une librairie dans sa ville natale, est passionné par les livres. Il décide alors d’ouvrir une librairie – papeterie – point presse. Très vite celle-ci connaît un réel succès. Mais la guerre approche avec son lot d’inquiétudes. Jean livre avec Marie Louise les journaux proposés aux rares hôtels encore ouverts.  On fait le « gros dos» et finalement le couple décide de s’installer définitivement à Chamonix.

La libraire s’installe alors dans l’ancien restaurant de l’Hôtel du Métropole qui avait été transformé en 1940. Avec la guerre, le papier est une denrée rare. Jean a, par un heureux hasard, hérité d’un gros lot de papier et lui qui rêve de livres de qualité se lance dans l’édition. Il aime les beaux ouvrages, il aime les beaux dessins, il aime les belles gravures. Il édite des livres libres de droit. Mais son goût pour le dessin et la peinture l’incite à faire appel à des illustrateurs. « Les fables de La Fontaine » sont ainsi illustrées par Jean Effel particulièrement connu à l’époque pour ses dessins proposés dans un grand nombre de publications nationales, aussi bien « l’Humanité » que « le Figaro » !

Ou encore « L’art d’aimer » d’Ovide Illustré par Uzelac, un peintre d’origine serbe installé en France dont les dessins magnifiques montrent son talent d’artiste. Le goût de Jean est éclectique, on trouve dans son choix aussi bien Chopin par Guy de Pourtales (romancier qui s’était passionné pour les artistes romantiques) mais aussi Baudelaire avec « Les Fleurs du mal ».

Ou encore  le livre  « Oeuvres Alpines »  de Théodore Camus alpiniste lyonnais passionné et dont les écrits sont parmi les plus belles pages écrites sur l’alpinisme.

 

 

 

Mais il édita également des auteurs locaux dont James Couttet avec un ouvrage sur la technique du ski réalisé avec l’aide de Philippe Gaussot ou  encore Roger Frison Roche avec Premier de Cordée édité en 1943 .

Mais pour moi, les meilleurs restent ceux liés à mes souvenirs d’enfant avec les deux magnifiques livres de « Youpi le chamois » et « Hopy la marmotte », tous deux contés par Philippe Gaussot et illustrés par René Pellos dont les dessins magnifiques et les récits de nos deux héros de la montagne ont marqué mon enfance.  Merci Mr Jean Landru !

Hélas un mauvais investissement et des centaines de livres bloqués en Amérique du Sud marqueront la fin des éditions Landru.

Mais qu’à cela ne tienne. On se remet au travail, et la bienveillance de Jean et de son épouse puis de Madame Collignon qui prit le relais en 1974, la libraire Landru est restée le témoin de la passion des lecteurs de la vallée. Ici dans ce lieu devenu mythique la librairie a gardé cette atmosphère particulière où   se côtoient aussi bien les chamoniards que les visiteurs de passage ou les habitués des résidents secondaires car chacun y trouve son plaisir de lecture, de partage et d’échanges ! On ne peut que s’en féliciter !

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Une belle histoire familiale celle de l’hôtel de l’Aiguille du midi

 

L’histoire commence avec Aristide Cupelin né à « Le Nant » qui devient guide en 1899. Il épouse le 7 juin 1905 Elisabeth Fournier surnommée Elise originaire de Salvan qui a un garçon d’un 1er mariage . Cet enfant appelé Jules Marcel sera élevé par Aristide.

Le couple construit et ouvre en 1908 une auberge qu’ils appellent Hôtel pension de l’Aiguille du Midi. Bien situé près de la gare, et sur le chemin conduisant au glacier des Bossons, nombreux sont les touristes s’arrêtant à cette auberge à l’accueil chaleureux.

Jules Marcel Simond (dit « à la polenta ») hérite en 1920 de l’hôtel et de ses dépendances en échange d’une rente annuelle pour ses parents. Il épouse la même année Adeline Hélène Simond ( née à la Frasse) qui possède une belle expérience de gouvernante à Paris. La pension de l’époque est  composée d’un rez de chaussée et de 2 étages avec 14 chambres dont 4 mansardées au cœur d’un petit parc et d’un jardin très apprécié.

Cette seconde génération agrandit d’une aile supplémentaire l’hôtel dès 1925, le rendant nettement plus confortable. Ils aménagent les dépendances arrivant ainsi à 80 chambres. Ils ont deux enfants Denise et Arlette qui travaillent régulièrement à l’hôtel et les aident.

 

 

Denise épouse Jean Farini originaire des Mouilles mais aussi guide, tous deux prennent le relais dès 1945. Ils sont la 3ème génération.  Tout le monde à Chamonix se souvient de Jean animateur hors pair jonglant avec ses activités de guide et d’hôtelier et de Denise attentive à ses clients. Ici chacun met « la main à la pâte ».  Il y a beaucoup d’ambiance. Le charisme de Jean « y » est pour beaucoup. On agrandit les chambres, on les modernise. On aménage une piscine.

 

 

A l’avant de l’hôtel Le terrain de tennis est transformé en patinoire l’hiver.

 

 

 

 

 

L’été on y organise un tournoi  qui prend le nom de Coupe Jean Farini.

 

 

 

L’hôtel est connu pour ses animations : le 15 août, les soirées crêpes, les soirées cochonnailles, les bals costumés et j’en passe. Il y a de la vie dans ce petit hôtel des Bossons…. Afin d’améliorer le restaurant et lui offrir une vue encore plus ouverte ils construisent la rotonde ouverte sur le jardin qui, encore de nos jours, permet aux clients de profiter de la vue exceptionnelle sur l’Aiguille du Midi. Ils ont deux enfants Bernard et Cathy.

 

 

Bernard prend le relais en 1975. Ancien pâtissier au casino de Charbonnières, formé dans les plus grands restaurants de l’époque, il tient à s’investir dans l’hôtel familial.  Il épouse une normande Martine ( formée à l’école hôtelière de Granville puis à Londres) et tous deux développent le restaurant et le fameux buffet de desserts (vous souvenez vous de ce gâteau représentant l’hôtel et se  dépendances réalisé avec 60kg de chocolat?). Ils sont la 4ème génération.

Ils agrandissent encore un peu l’hôtel le reliant directement  à l’ancienne annexe. Bernard s’investit avec passion dans l’hôtel mais aussi dans la vie publique et reçoit la médaille nationale du tourisme.

 

 

 

Et c’est ainsi qu’ arrive, la 5ème génération puisque deux des enfants Marie Laure et Vincent avec leurs époux et épouse (Antonin et Carla) s’investissent peu à peu dans l’hôtel. Ils apportent leur jeunesse, leurs idées nouvelles, leurs regards sur ce monde du tourisme en pleine mutation.  Ils savent garder une atmosphère familiale, en complicité avec Bernard au jardin et Martine toujours attentive aux clients.

L’hôtel de l’Aiguille du Midi est encore l’hôtel bienveillant, accueillant et soucieux de ses clients. Merci à eux tous .

Espérons que La 6ème génération prendra le relais !

Sources : Archives de la famille Farini et de l’association des Amis du Vieux Chamonix

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Snell…ce ne sont ni des Balmat, ni des Tairraz, ni des Couttet mais quelle belle histoire chamoniarde !

Chez  Snell,  l’aventure du magasin commence avec une belle histoire d’amour entre une jolie chamoniarde, Marthe Devouassoud  (de la famille de la fabrique des sonnettes) et un jeune militaire américain, Harold Snell, venu à Chamonix à la fin de la guerre pour se reposer avant de repartir aux USA. Harold reparti, Marthe n’a pas oublié la promesse de son américain de revenir l’épouser. Les lettres sont nombreuses et Harold veut tenir sa promesse, mais avant tout la famille tient à s’assurer de la bonne vertu du promis et après vérification auprès du pasteur de la petite ville d’origine d’Harold et la conversion de celui-ci  à la religion catholique, les deux jeunes gens se marient enfin en 1927.

Après la  naissance de Donald, ils ouvrent dès 1928 dans la rue Paccard (Résidence « Les Evettes » actuellement) un magasin d’antiquités appelé « Aux Armes de Savoie « .

Le magasin « Aux Armes de Savoie » dans la rue Paccard (ancienne route nationale)

les chamoniards ont pour habitude de recommander Harold pour servir d’interprète et. Harold ayant pris goût à l’alpinisme, devient un  interlocuteur recherché pour ses conseils. Déjà de nombreux alpinistes anglophones viennent à Chamonix si bien que le magasin d’antiquités voit se mêler avec les commodes Louis XV ou Empire tout un matériel de montagne : guêtres, piolets, cordes, mousquetons etc.

 

En 1934 le magasin d’antiquités déménage rue Vallot (Actuellement Ice breaker)  l

 

 

 

Marthe et Harold avec Yvette l’épouse de Donald

Le magasin rue Paccard  affiche l’enseigne :« Snell, articles de sports ». Il devient une référence en termes de matériel, d’autant que l’on  voit de plus en plus d’alpinistes amateurs sur les pentes des parois des aiguilles de Chamonix.

 

 

 

Durant la guerre, l’activité ralentit, d’autant que dès 1942 un nom américain  comme Snell agace les autorités.  Le magasin est spolié par les autorités du gouvernement Pétain en 1943. La famille récupère officiellement le magasin en 1948.

 

 

 

Donal s’active auprès de son père pour relancer l’activité du magasin. Si bien que durant les années 1950-1968 on  voit passer chez Snell les grands noms de l’alpinisme : Doug Scott, Chris Bonnington, Paragot, Bérardini, Desmaison, Rébuffat, Lachenal ou Terray.

 

 

 

En 1970, Snell s’installe en face dans le bâtiment nouvellement construit, « l’Outa ». Il est pratique, moderne et le magasin devient le lieu de rassemblement de tous les « potes » férus de montagne et de ski ! Il y a même un mur de granit où l’on peut essayer le matériel proposé dans le magasin.

 

 

Par ailleurs, les Snell possèdent  un champ près de la grosse Pierre d’Orthaz , surnommé le « Snell’s field »,  lieu de rassemblement de tous les alpinistes de passage, bien souvent anglophones. Chacun se souvient du petit camping installé à  cet endroit..

 

Le magasin est un lieu de rencontres, pour trouver un partenaire d’escalade, pour laisser un message à un ami,  un tableau situé au cœur du magasin est mis à disposition de chacun.

c’et le moment ou Donald crée avec ses collègues Sporalp et Sanglard la brochure 3S  afin de proposer  en commun leurs matériel de sports et leurs connaissances du monde alpin.

 

 

Dans les années 1970-1980,   Donald avec son épouse Yvette organisent  pour les petits chamoniards des activités ludiques et sportives entre autre la fameuse « Coupe Snell»  dans le champ du Savoy que les enfants adoraient.

 

 

Yasuo Kanda

Sans oublier dans cette même période l’arrivée à Chamonix des japonais, férus de montagne, grands alpinistes reconnus dont Masalu et Torunagamo, qui prêtent main forte aux Snell. Certains parmi eux eux s’installent et font souche à Chamonix . Tous les chamoniards connaissent Yasuo Kanda et Hiroshi Tsuda  piliers du magasin Snell. Beaucoup  épouseront des chamoniardes et l’on nommera leur descendance « Japoniards».

Le magasin Snell est devenu une institution.

Dans les années 1980-1990 , C’est Olivier qui commence à épauler ses parents  avec l’aide de Corinne son épouse.

C’est le temps  du monoski, des couleurs fluo, du Gore Tex, du film  « Apocalypse Snow » ou encore « Opéra vertical ». le temps des grandes descentes à ski dans une poudreuse de rêve.  Snell est   toujours à l’affût des nouveautés.

Tous se souviennent de cette productrice de cinéma  venue au, magasin afin d’équiper des pieds à la tête une centaine de personnes venue pour le tournage du James Bond ( « Le monde ne suffit pas » ). Une sacré belle aventure.

On s’adapte aux nouveautés telles que le trail. De nombreux magasins s’installent mais Snell reste la référence.

Olivia Snell

Maintenant, la 4ème génération prend le relais avec  Olivia fille

Marthe Devouassoud épouse Snell

d’Olivier et de Corinne qui s’investit déjà dans ce magasin familial  né de l’amour d’une chamoniarde et d’un américain en 1918.

 

 

Archives et photos familiales Snell

Histoire et patrimoine vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

La Résidence Victoria  ne paie pas de mine et pourtant…

 

Détruite en grande partie par l’incendie de 1999 qui ravagea la salle Michel Croz, la résidence Victoria raconte cependant l’histoire prestigieuse d’un des hôtels les plus marquants de la vie hôtelière chamoniarde pendant plus de cent ans !

Celle ci commence vers 1770 lorsque Jean Pierre Tairraz édifie au centre de Chamonix un hôtel qu’il baptise « Hôtel de la Ville de Londres ». Bourrit qui y descend en 1787, le décrit comme étant un établissement de très belle qualité. IL est fréquenté aussi bien par une clientèle britannique comme lord Byron ou Shelley que par les impératrices Joséphine de Beauharnais ou Marie Louise lors de leur passage discret dans la vallée.( D’ailleurs longtemps après on fera visiter les chambres où elles séjournèrent).

Les deux fils de Jean Pierre (Joseph Marie et Victor Amédée) prennent le relais à la mort de leur père en 1814. Durant trente ans, ils assoient la réputation de l’hôtel. Mais ils meurent tout deux en 1844 et ce sont les deux fils de Victor Amédée (Auguste et Edouard) qui prennent la succession, et forts de leur succès, ils édifient vers 1848 -1850 en bordure d’Arve un hôtel nettement plus prestigieux réunissant  les deux hôtels sous le nom  « de Grand hôtel de Londres et d’Angleterre ». La nouvelle construction présente la particularité d’être construite en léger encorbellement au dessus du lit de la rivière, son implantation ayant nécessité une reprise du lit de l’Arve. L’hôtel s’ouvre largement sur le mont Blanc, possède des bains, et on aménage une passerelle franchissant l’Arve.

Une partie de l’hôtel de Londres est détruit par l’incendie de 1855 qui ravage le haut de la ville de Chamonix. Les frères Tairraz cependant s’empressent de le reconstruire, mais avec un toit à deux pans (contrairement au bâtiment d’origine qui était typique du XVIIIe siècle avec un toit à 4 pans).

Les frères Tairraz consacrent leur temps à faire de cet ensemble hôtelier un des plus confortable de Chamonix réputé pour sa vue, sa cuisine excellente et l’accueil chaleureux des propriétaires.

Auguste sans enfant meurt en 1856, son frère Edouard en 1858. La fille d’Edouard , Athala, étant trop jeune, la famille crée la Société Anonyme des Hôtels qui gère l’hôtellerie jusqu’en 1878, année de mariage d’Athala. C’est ensuite son mari Mr Crépeaux qui commence à exploiter lui-même l’Hôtel de Londres et d’Angleterre qu’il porte à un haut degré de prospérité, et à la tête duquel il se trouvait encore en 1897.

Mais le couple ne s’entend pas et finalement Athala, écartant son mari, créée en 1911 avec ses enfants une autre société sous le nom de Société Hôtelière Franco-Suisse de Chamonix qui exploite les hôtels.  Athala reste propriétaire des murs et possède des parts dans la société Franco-suisse. En 1920 la société vend l’ancien hôtel de londres

Sous la bonne garde d’Athala la société construit 13 magasins le long de la nouvelle avenue de la gare et édifie le Chamonix Palace de l’autre côté de l’Arve.

L’hôtel est  finalement vendu en 1927.

Il connait une autre vie avec la famille Simiot,  dont  Edgar Couttaz,  qui ayant épousé une fille Simiot va donner les dernières grandes heures de gloire à l’hôtel. Celui-ci ferme dans les années 1960.

 

Il sera malheureusement très endommagé par l’incendie de 1999 et ne sera même pas reconstruit selon le style ancien que lui avait donné la famille Tairraz.

 

Quelques éléments ont échappé à la destruction du feu dont un magnifique escalier, de beaux stucs et des encadrements extérieurs de granit raffinés uniques à Chamonix .

 

 

 

 

 

Sources : Archives Amis du Vieux Chamonix, Archives départementales Guides touristiques Conty, Joanne.

Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine Chamonix Mont Blanc

Un GUIDE UNIQUE sur l’histoire et le patrimoine de Chamonix Mont Blanc et sa vallée

Guide historique et patrimonial de Chamonix Mont Blanc et sa vallée.

Bonjour à tous,

Je suis heureuse de vous annoncer l’arrivée d’un guide historique et patrimonial sur Chamonix et sa vallée ( de Servoz à Vallorcine)dont je suis l’auteure.

Edité chez Esope il est de petit format pour emporter dans un sac, il est tout d’abord clair à lire avec des plans afin de répertorier  les 180 lieux que j’ai choisis de vous montrer.  Riche de renseignements et de détails historiques il est cependant  ludique et  très agréable à lire. Il est illustré de  nombreuses photos récentes et anciennes mais aussi de nombreux tableaux témoignages du passé de cette vallée au destin exceptionnel.

Rien n’existe à ce jour  en terme de guide pour visiter Chamonix et sa vallée.

Il est donc UNIQUE !

Guide historique et patrimonial de Chamonix Mont Blanc et sa vallée.

Bicentenaire de la création de la Compagnie des Guides : 2021 ou 2023 ?

 

Délibération conseil municipal du 24 juillet 1821 Archives départementales 6 FS 194

En 1821, le 24 juillet un conseil municipal se rassemble autour du syndic Jean Marie Claret Tournier. L’ordre du jour étant d’essayer de réguler et de discipliner l’attitude des guides qui, pour certains, laissent une mauvaise image auprès des clients . La commune craint de voir baisser la fréquentation des visiteurs dans la vallée : « beaucoup se rendent coupables de mille impolitesses envers les étrangers en les assaillant sur la route par leurs importunités »

Délibération conseil municipal du 24 juillet 1821 Archives départementales 6 FS 194

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On dresse alors une liste de 34 guides patentés et douze supplémentaires (mais ne sont pas reconnus comme guides), ils sont seuls autorisés à conduire des clients. Est établi un tour de rôle pour la distribution des courses et est nommé un « commis intelligent » (guide chef) choisi parmi les guides pour la distribution des excursions. Concernant les mulets, ne sont autorisés que les mulets des guides concernés (éventuellement ceux des auberges). Par ailleurs chaque guide devra payer une somme de 10 livres à la commune pour droits de passage sur les fonds communaux.

Les contrevenants à ce règlement sont amenés à payer une amende à la commune.

On remarquera que rien n’évoque l’accident de 1820 ou trois guides décèdent et disparaissent dans le glacier lors de la tentative vers le mont Blanc du docteur Hamel.

Beaucoup considèrent que cette décision du conseil municipal du 24 juillet est l’acte de naissance de la Compagnie des Guides de Chamonix.

Mais dans le royaume de Piémont Sardaigne avant de promulguer un règlement la commune se doit de le faire reconnaître par l’intendant du royaume. L’État a un droit de regard sur les décisions.

Conscient que l’avenir du développement touristique de la région est une belle aubaine le Vice intendant Mr Gaspard Sébastien Brunet mesure l’intérêt de la situation car il faut encourager le tourisme en aidant le visiteur à mieux appréhender leur voyage, mais aussi à gérer une commune tentée d’administrer ces guides prompts à la tentation d’améliorer leurs gains.

En 1822, le Vice Intendant aidé et conseillé par son ami Joseph Nicolas Nicollet (originaire de Cluses) propose une série d´adaptations au règlement proposé par le Conseil Municipal.

Nombreuses sont ensuite les échanges entre l’état et la commune de Chamonix qui se solderont par le fameux « Manifeste de la Royale Chambre des Comptes (CAD L’Etat) finalisant un règlement structuré qui voit le jour officiellement le 9 mai 1823 avec 58 articles (dans le règlement du conseil municipal de 1821 il y en avait dix) plus  la création d’une  caisse de prévoyance.

C’est l’annonce officielle de la création de la Compagnie des Guides de Chamonix.

 

Ainsi, le tour de rôle proposé en 1821 est maintenu avec des détails d’organisation précis :

On instaure définitivement un  guide chef.

On exige la tenue d’un registre avec liste des guides, des courses mais aussi des clients.

On dresse une liste de 40 guides de Chamonix que l’on divise en deux classes !

On impose des tarifs  pour l’ensemble des courses.

On crée une catégorie d’aspirants, de même une liste de 24 porteurs (mais qui ne fait pas partie des guides).

…Finalement un règlement  strict mais plutôt favorable aux guides.

Parmi ces diverses catégories de règlement deux sont parmi les plus importantes car toujours d’ usage 200 ans après.

1erLa tragédie de l’accident du docteur Hamel en 1820 a fait prendre conscience aux autorités et à l’ensemble de la communauté chamoniarde de la fragilité de la relation « guide-client » L e guide est il le serviteur du client? Un client fortuné a-t-il tous les droits ? Ce sera une des décisions majeures du règlement à venir de 1823. On précise ainsi que la décision de faire demi-tour doit être décidé à la majorité des voix entre les voyageurs et les guides et comme les guides sont toujours plus nombreux …

Le guide sera donc seul juge de la décision à prendre en cas de risque.

Une première décision écrite dans le marbre du 1er règlement : majeur pour la profession.

2e le vice intendant Gaspard Sébastien Brunet aidé et « poussé » par Joseph Nicolas Nicollet, savoyard, prend conscience de la dangerosité de ce nouveau métier. Celui-ci conscient des drames que peuvent causer un accident ou une disparition se préoccupe de l’intérêt du guide et suggère d’intégrer «les amendes et les rétributions annuelles pour former « une masse  qui serait une sorte d’épargne et de prévoyance au moyen de laquelle on pourrait venir au secours des guides frappés de quelques malheurs »  c’est ainsi qu’est imaginé un fonds de secours qui à l’origine proposait un reversement à la commune alors que dans ce nouveau règlement l’État propose un reversement aux guides .

Décision incroyablement innovante pour l’époque. C’est l’origine de la création du premier fonds de solidarité toujours d’actualité de nos jours 200 ans après! Mais qui fut proposé par l’Etat !

C’est ainsi que l’on peut considérer que l’idée d’un règlement pour contrôler les guides est né en 1821 mais qu’il sera concrétisé par l’Etat en 1823.

Sources : Archives départementales . Archives Association des Amis du Vieux Chamonix

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

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