Catégorie : Tous les articles du blog

du 03 au 05 janvier 1908 débutent les premières compétitions de ski chamoniardes

Le tout premier concours international de ski  se déroule  à Chamonix du 03 au 05 janvier 1908.

En 1907  Montgenèvre avait organisé les premières compétitions hivernales, si bien que Chamonix, sous l’impulsion du CAF et surtout du docteur Michel Payot, décide d’organiser « en grand » ces compétitions d’hiver. En plus du ski, auront lieu durant toue la semaine suivante  jusqu’au 19 janvier  des courses pour amateurs de luges, de patinage, de bobsleigh, de ski joering et de tailing.

Un train spécial  avait été  affrété par le PLM pour transporter l’ensemble des concurrents, avec  une belle entrée en matière sous forme d’une réception à la gare au son de la Marseillaise. Face à la gare  était dressé un arc de triomphe  en glace pour les sportifs. Neuf hôtels avaient ouvert pour cette occasion.

Il fera un temps splendide et très froid pour les épreuves  avec une moyenne de température de -15°.

La présence militaire dans ces compétitions est notable. Il est vrai que l’armée avait  compris,  dès les années 1890, l’importance de ce nouveau  moyen de déplacement,  particulièrement utile pour les armées alpines. Si bien que pour ces compétitions  on remarque la participation de trois   équipes militaires : une  française (dont deux membres chamoniards Charlet et Ravanel), une  suisse et une norvégienne,  les italiens n’ayant pas pu s’entraîner annulent leur participation..

 Vendredi 3 janvier :

Ski de fond pour les équipes militaires : Argentière – Col de Balme – Chamonix, soit un dénivelé de 1200m sur une trentaine de kms !

En même temps, à Chamonix,  course de fond internationale  en terrain varié sur une distance de 22km pour amateurs et guides ; Alphonse Simond est second.

Une grande et belle fête de nuit  est organisée sur la patinoire éclairée par des lanternes vénitiennes et des feux de bengale.

 Samedi 4 janvier :

Matin : 1ère  Course de vitesse pour les équipes militaires sur un parcours de 3 km et dénivelé de 250 m environ. Celle-ci se déroule dans les champs situés entre la Mollard et les Moussoux  au pied du couloir du Brévent. Certains utilisent 2 bâtons, certains un seul ! Départ du haut des champs et  arrivée à un  arc de triomphe mis en place au pied  de la pente. Cet exercice était particulièrement difficile car, jusqu’à ce jour, on utilisait les ski  que pour se déplacer ( exercice appelé  ski de fond, donc à plat ) et non dans le cadre d’une descente « raide ». Il y eut beaucoup de chutes ; ce fut le vrai début des essais de ski de descente !


Après midi : concours de saut aux Praz, au tremplin de la Frasse, qui attire une foule enthousiaste de plus de 3000 spectateurs impressionnés par les norvégiens  qui offrent aux spectateurs ahuris  le spectacle d’un saut à deux et à trois.

 

Soirée : grand banquet au Casino municipal avec 300 convives . Avec de très nombreux discours !

Dimanche 5 janvier :

1ère Course de dames (9 participantes) sur une course de fond de 3 km entre le hameau des Plans en direction des Praz, sur un terrain varié avec obstacles, marche en forêt et dénivelé de 50m : victoire des chamoniardes  Marthe et Marie Simond.

Nouvelle démonstration des sauteurs sur le tremplin des  aux Praz.

Durant toute cette période, des pistes de luge, de bobsleigh, sont aménagées sur les champs entre la Mollard. et les Moussoux. Les champs du Savoy ne sont pas encore à la mode !  La patinoire est prise d’assaut, le ski joering et le tailIng connaissement un réel succès.

On parlera dans la presse de ces inoubliables journées du deuxième concours international de ski.

On peut dire que 1908 marque Le début des sports d’hiver à Chamonix.

Sources : Revues Club Alpin Français – Revues La Montagne -Journal  Gazette de Lausanne – Archives Amis Vieux Chamonix

Histoire et patrimoine vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Histoire de l’ancien hôpital de Chamonix

Réalisé avec l’aide de l’historique rédigé par  Christian Lemarcis, ancien directeur de l’hôpital.

Tous ici à Chamonix se souviennent de l’ancien hôpital  situé en haut de la rue Vallot, au pied du hameau des Plans. Mais depuis quand Chamonix possède-t-il un hôpital ?

Au XIXe siècle  à Chamonix existait un bureau de bienfaisance, sorte d’organisme caritatif, en partie religieux et en partie municipal.

Le 6 décembre  1876 est la date officielle pour la création d’un hospice à Chamonix grâce au legs de  Michel Auguste Balmat « en faveur de la commune de Chamonix afin de fonder un hospice pour vieillards et indigents ». Mais les héritiers engagent de nombreuses actions en justice contre cette décision, ce qui ralentit la réalisation du  projet. Finalement, ce legs se montre insuffisant pour une construction nouvelle.  Aussi, une partie des dons est utilisée pour des secours ponctuels à domicile, pour l’entretien d’un dispensaire de la Croix Rouge installé en ville et tenu par les sœurs de la Charité.

Plus tard, la commune reçoit d’autres dons, notamment des legs de Pierre Edouard Carrier, de Judith Charlet, un de la famille Michel Devouassoud et un de la famille Garny. Mais aussi des biens originaires des fabriques de Chamonix et d’Argentière (une  fabrique était un établissement public du culte catholique relevant de  l’autorité ecclésiastique, c’était un instrument d’administration pour le service public des cultes mais étaient très  impliquées dans les bureaux de bienfaisance).

 Mais mieux encore, après le décès du fameux Venance Payot, mort sans héritier direct,  on apprend par son testament olographe du 1er mars 1887  « qu’il lègue aux communes des  Houches, de Servoz,  de Chamonix et de Vallorcine une somme de 20.000 francs en capital et une propriété appelée  « Pension hôtel Bellevue » au lieu dit les Rebats (actuellement emplacement de la résidence Belgique) Le tout en faveur d’un Hospice Cantonal qui devait porter le nom  Venance Payot .

Mais alors  commence une querelle entre les diverses communes.

Effectivement, sur le testament le nom de Chamonix est biffé (chamonix) Donc Chamonix ne devrait pas faire partie de ce legs. Mais pourquoi Venance Payot aurait il enlevé Chamonix alors qu’il était un vrai chamoniard de souche ? L’affaire est conduite au tribunal en février 1905 (par les communes des Houches et de Servoz ). Le tribunal ayant étudié dans le détail le fameux testament note qu’il est bien dit au bas du testament, signé par Venance Payot,  que ce texte est écrit sans ratures et que toute clause surajoutée était donc sans valeur. Quelqu’un donc avait probablement « raturé » le nom de Chamonix … Mais qui ? Nul ne le sait.

Le bâtiment étant mal adapté pour le transformer en hôpital La commune s’engage finalement  dans la vente du bâtiment  situé aux Rebats ; Il fallait obtenir l’autorisation des héritiers Payot dont certains n’étaient toujours pas disposés à laisser partir ce bien !. Il faudra toute la diplomatie de Jules Payot (neveu de Venance) pour obtenir le consentement des  42 héritiers concernés ! La mise en vente se fait le 5 juin 1911, mais la valeur de ce bien est nettement au dessous de ce qu’avait estimé Venance Payot en son temps… Donc t il n’y a  toujours pas de nouvel hôpital à Chamonix malgré les divers legs !

En 1922 les communes de la Vallée de Chamonix acquièrent l’ancien Hôtel de la Mer de Glace au Haut du Bourg, absorbant l’ensemble des capitaux. La commune de Chamonix fera un emprunt pour combler le reste manquant.

Ce ne sera que le 4 décembre 1922 que le ministère de l’hygiène fonde officiellement « l’Hôpital-Hospice de Chamonix et Cantonal Venance Payot ».

En 1932 sont aménagés un servie plus technique de médecine et un  de chirurgie.

1939, legs de Emma Tronchet.  En 1941, legs de Stéphanie Charlet. En 1942 legs de Pierre Eloi Simond  ( legs important avec de nombreuses terres située au Tour ce qui permettra la création d’un service de maternité)

1948, legs de Judith Ducrey.

1958, on rénove et surélève le bâtiment principal.

1961, projet d’un hôpital dans les lacets du Belvédère.

1965, projet d’agrandissement non abouti.

1974,  construction du bloc opératoire.

1983,  la dernière religieuse s’en va.

1988, legs d’Hélène Couttet. Nom qui sera donné  à la MAPA,

1990, projet du nouvel hôpital, avec le soutien de Mr Balladur,  au lieu dit des Favrands,  inauguré en 1994.

Les chamoniards regretteront toujours « leur » ancien hôpital avec quasiment toutes  ses chambres orientées vers le mont Blanc, son service de chirurgie au 1er étage, sa  maternité au second, ses religieuses, ses infirmières et ses médecins  que tous connaissaient sans oublier sœur Gasparine, qui dirigeait avec autorité et empathie le 4ème étage

 

L’ancien hôpital était l’âme de cette petite ville de montagne. Ici  naissaient et mouraient  les chamoniards !

IL a été rasé, mais son souvenir restera longtemps dans la mémoire des chamoniards.

Sources : Christian Lemarcis. Ancien directeur de l’hôpital – Archives association des Amis du Vieux Chamonix

 Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

 Christine Boymond Lasserre

 

 

 

Partons en excursion à la Mer de Glace durant la période de la Belle Epoque

La Pierre à Ruskin, un témoignage oublié d’un homme d’exception !

Livre « John Ruskin et les cathédrales de la Terre » . Auteur André Hélard – Editions Guérin – 2005

 

Merci à  André Hélard qui m’a très gentiment proposé ce texte ci dessous sur la Pierre à Ruskin.

André  Hélard est écrivain spécialiste de John Ruskin.

 

 

 

 

C’est un bloc erratique (comme la Pierre d’Orthaz de l’autre côté de la vallée), un de ces énormes blocs de pierre charriés par les glaciers, au temps très lointain où ils étaient descendus dans la vallée, et restés là lorsque ceux-ci se sont retirés.

C’est sur cette pierre qu’en 1925, selon Le Figaro de l’époque, « le 6 septembre, à Chamonix, sous la présidence du préfet de la Haute-Savoie, et en présence des autorités régionales et de personnalités de France et d’Angleterre, fut solennellement apposé, dans la célèbre pierre dite « pierre à Ruskin », le médaillon en bronze de l’illustre écrivain ». Ce médaillon était l’œuvre du sculpteur Tarnowski.

Illustre écrivain, Ruskin, que Marcel Proust mettait en 1900 sur le même pied que Tolstoï, Nietzsche ou Ibsen, l’est en effet pour son œuvre immense, qui court sur 45 années, riche d’innombrables titres, dont les principaux sont Modern Painters, Les 7 Lampes de l’Architecture, Les Pierres de Venise, Sésame et les Lys.

Chamonix, dont il tomba follement amoureux lors de sa première visite, en 1833 (il avait 13 ans et demi) tint dans sa vie comme dans son œuvre (en particulier dans « Of Mountain Glory », 4e volume de Modern Painters) une place éminente, et il n’y fit pas moins de 18 séjours (parfois de 3 jours, parfois de 3 mois), entre 1833 donc et 1888.

Il aimait, en particulier, aller s’asseoir, après le dîner, pour contempler les Aiguilles et voir se coucher le soleil, sur ce qu’il appelle « ma grosse vieille pierre sous le Brévent », et qui, pour ceux des Chamoniards qui avaient fini par bien le connaître, est donc devenue « la Pierre à Ruskin ». Beaucoup de ses descriptions de soleil couchant sur les Aiguilles ont été faites depuis cet endroit d’où il avait, de sa Pierre, une vue splendide (aujourd’hui masquée par un rideau d’arbres), une des plus belles de Chamonix, sur tout le panorama des Aiguilles.

 

Mais par un étrange paradoxe l’hommage qui lui fut ainsi rendu a fini par trop souvent déformer ou occulter la réalité du lien entre Ruskin et Chamonix : c’est ce que j’appellerai le cliché de la Pierre à Ruskin : un vieil homme (barbu voire un peu barbant…), assis là à regarder les montagnes. Alors que le Ruskin amoureux de Chamonix fut d’abord un homme jeune et sportif. Il a 23 ans quand paraît le premier volume de Modern Painters où figurent ses premiers textes sur les Alpes, et 37 ans quand paraît « Of Mountain Beauty ».

 

 

Bien loin d’avoir passé son temps assis sur « sa » pierre, Ruskin eut une vraie pratique de la montagne, avec, à Chamonix, des séjours hyperactifs, en particulier à partir de 1844, avec un guide exceptionnel, Joseph-Marie Couttet. Il se révèle être un marcheur, un randonneur et même un excellent grimpeur, qui n’a cessé de parcourir les Alpes (outre Chamonix, Courmayeur, Macugnaga, Zermatt, et aussi plus tard l’Oberland bernois). Et à Chamonix, il passe « de rudes journées », il fait « de dures ascensions ». Il part souvent à 6 heures, voire à 5 heures du matin. Et il est parfois 10 h du soir quand il tient son journal, où il se déclare fourbu, mais ravi, et prêt à recommencer le lendemain. Bref, comme il l’écrit en 1844 : « Je sais que je peux marcher avec les meilleurs guides et épuiser les mauvais ».

Cette intense activité physique est pour lui la condition de sa compréhension de la montagne dans toutes ses dimensions. Il s’approprie les lieux par le regard, en un étonnant mélange d’esprit scientifique (influence de Saussure), esthétique (Turner) et religieux (la  Bible) qui marque son aboutissement dans ses magnifiques écrits sur les Alpes.

 André Hélard

Œuvres principales de John Ruskin  : Les peintres modernes( réflexions sur l’art) en cinq volumes  – Les Pierres de Venise – Les sept lampes de l’architecture –  Sésame et les lys –

Ruskin écrivain  était avant tout un grand critique d’art mais par ailleurs était peintre, aquarelliste, dessinateur et photographe avec les tout premiers daguerréotypes de Chamonix

 

Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Une belle restauration : l’ancien hôtel Beausoleil et des guides

 

Peut être que certains, parmi vous auront remarqué la belle restauration  de la façade de la résidence « Beausoleil et des guides », travail réalisé par une artiste murale  Géraldine Ciampo .

 

C’est un réel plaisir de découvrir cette façade restaurée,  témoignage de notre  histoire et notre patrimoine.

Mais savez vous que ce petit bâtiment raconte une longue et riche histoire de ce petit coin de Chamonix ?

En  1790 un certain Michel  Paccard tenait une auberge au centre de Chamonix  cette auberge  porte en 1853 le nom de « la Réunion des Amis » . On sait qu’elle se trouve à l’arrière d’un hôtel appelé  l’hôtel de l’Union disparu de nos jours.

Cet  hôtel de « la Réunion des Amis » est cité dans de nombreux ouvrages et guides entre 1868 et 1895. Selon les divers propriétaires entre 1864 et  1900, il sert  d’annexe à l’hôtel de l’Union,  prend le nom parfois  d’ hôtel du  « Palais de Cristal » puis retrouve le nom d’origine « La Réunion des Amis »

Le 20 décembre  1920 : il est passablement détruit par le feu

 

En 1923 il porte toujours le nom de la Réunion des Amis , période où  le propriétaire loue le rez de chaussée  un à usage d’épicerie.

En 1930 le bâtiment est  acheté par la famille Claret qui le rehausse d’un étage et le transforme en logements puis le réaménage en hôtel en 1936. L’hôtel s’appelle tout d’abord  « hôtel Claudia »  puis  hôtel  « Beausoleil et des guides ».

La famille se réservant le rez de chaussée utilisé pour la boucherie jusqu’en 1981.. Beaucoup  de chamoniards s’en souviennent !

 

 

 

L’hôtel est  transformé en appartements en 1989.

Les médaillons d’origine avaient été réalisés par le peintre local Serge Gaffoglio, représentant divers portraits de guides célèbres de la vallée de Chamonix. Ils ont été restaurés avec soin.

Un bon point pour notre patrimoine !

Sources : Archives et bibliothèque Association des Amis du Vieux Chamonix – Guides : Joanne 1882, 1913. Guide Diamant : 1891 – Flâneries au pied du Mont-Blanc de Christine Boymond Lasserre et Joelle Dartigue Paccalet.

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

Ellie Pellegrin : Un artiste chamoniard un peu oublié

 

Nombreux sont les endroits dans la vallée de Chamonix où l’on retrouve la « patte » d‘un artiste qui, durant près de 50 ans, a réalisé de  très belles œuvres.  Nous les  connaissons, mais   nous avons bien souvent oublié le nom de leur auteur : Elie Pellegrin.

Né à Toulon en 1914  (d’une  maman originaire de Trient), il est formé au dessin industriel et trouve  un emploi à l’arsenal de Toulon . Cependant, il  adore les beaux arts et prend des cours du soir pour découvrir le fascinant monde artistique.  . Il dessine, il invente à tout moment des objets en tous genres, c’est  le début d’une vraie passion !

Elie Pellegrin, lors d’un séjour à Chamonix, tombe amoureux de la vallée et après avoir épousé une chamoniarde, Susy  Bossoney, il  s’y installe en 1945..

Doué, il touche à tout. Au début, il travaille le bois, il prend plaisir à sculpter et donner forme à cette matière qui, sous ses mains, devient objet d’art. Profondément religieux, il se tourne naturellement vers des œuvres à thème  chrétien :  crucifix, statuettes, médailles… Il connaît vite le succès . Peu  à peu, il se tourne vers les émaux  sur métal, mais aussi sur bronze, cuivre,  et finalement argent et or.  Il développe une technique très personnelle   bien vite appréciée des amateurs d’art.

Ses créations  prennent toujours un aspect coloré, lumineux. Son esprit imagine et son talent développe un style presque  d’avant-garde, dès les années 1960. .

Son atelier est aux Praz, près de la maison familiale. C’est une  réelle petite entreprise avec un ou deux employés et les membres de la famille laquelle il est très attaché ! Il affectionne  ses  11  neveux  et nièces qui souvent viennent le visiter dans son lieu de travail.  Il ouvre en 1968  une boutique, rue Paccard, dont beaucoup se souviennent encore. Il vend aussi bien des  médailles religieuses que des petits bijoux, souvent pièces uniques. Il a un tel succès qu’il n’arrive pas à fournir l’ensemble des  commandes provenant non seulement de la France, mais du monde entier.

Son savoir faire délicat, sa technique très moderne, lui. confèrent une grande réputation. Malheureusement, n’ayant pas protégé ce savoir, il sera copié bien largement !

 

Durant  30 ans, il réalise gratuitement la matrice  des médailles de bronze  des guides honorés par la fête des guides du 15 août (visibles au musée alpin). De même, il  fabrique  la médaille représentant  Jacques Balmat et Michel Gabriel Paccard  qui se trouve   juste au dessus de la porte d’entrée de la Maison de la Montagne, celle de Jean Estéril Straton  et celle de Gérard  Devouassoux.  Et aussi  à l’entrée du bureau des guides d’Argentière.

 

Il s’essaie à la composition du vitrail, dont deux situés à la chapelle des Tines sont remarquables de précision et de couleurs vives.

Fier de son village des Praz,  il consacre beaucoup de temps avec ses amis,  René Simond, Christian Couttet et  les  familles Tairraz et Chamel, à l’entretien de la chapelle située tout près de son atelier. Il sculpte la  très belle statue de la Vierge située au dessus de la porte d’entrée, de même celle à gauche dans le chœur, et la porte du tabernacle admirable travail d’émail sur bois.

C’est encore lui qui réalise la porte du tabernacle de la nouvelle chapelle du Tour. Et aussi l’oratoire situé en face de l’hôtel Excelsior.

Il prend sa retraite officielle à 75 ans,  mais continuera de travailler jusqu’à 90 ans, tant son inspiration artistique avait besoin de s’exprimer.

Respect Mr Pellegrin !

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 Hôtel de Chamonix , devenu hôtel « le Chamonix » avec Mélanie

 

Pour nous, ce petit « Hôtel  le Chamonix » est avant tout évocateur de la bonhomie et de la bonne humeur de Mélanie. Elle et son mari, Mr Guy Bouchard, l’achètent en 1965. Tous deux tiennent l’hôtel jusqu’au décès de Guy . Mélanie prend alors en main cette petite entreprise familiale. Elle est chaleureuse, toujours gaie et les guides et moniteurs voisins ont plaisir à se rendre au café-restaurant de l’hôtel. Leur habitude d‘aller  chez Mélanie ,   amène le petit café à changer  son enseigne pour devenir le  café restaurant  « Chez Mélanie». Mélanie, avec son sens de l’accueil, fera de son café le camp de base réputé  des habitués du quartier.

 

Les témoignages chaleureux lors de la cérémonie funéraire de Mélanie témoignent de son incroyable  dynamisme et gentillesse.

 

Mais ce petit « Hôtel de Chamonix », car tel est son nom originel,  pourrait raconter bien  de choses. Son histoire remonte au milieu du XIXe siècle. Il est construit selon les habitudes chamoniardes  avec des murs constitués des boules d’Arve liées  à la  chaux puis recouverts de crépi.

 

Joseph Victor Folliguet, menuisier, guide, entrepreneur, achète par adjudication  en 1883  un immeuble  faisant partie d’un lot de trois bâtiments. Il le transforme en petit hôtel.

On y remarque les encadrements de granit aux portes et aux fenêtres qui sont l’identité locale  typique en ces périodes de la Belle Epoque. De même pour les ferronneries bordant les fenêtres de l’hôtel. A sa mort en 1898,  c’est son épouse  Marie Dorothée Folliguet née Tairraz qui  tient l’hôtel quelques temps.

Puis Emma,   sa fille,  hérite de l’hôtel. Femme énergique et volontaire, elle  gère  son petit hôtel mais aussi l’Hôtel Suisse (https://www.blogdechristineachamonix.fr/lhotel-suisse-devenu-le-park-hotel-suisse-une-belle-histoire-dune-famille-hoteliere-chamoniarde/)  situé en bordure de la route nationale (rue Paccard actuellement),  propriété de son mari Etienne Alphand.  Ils sont pratiques, et comprennent l’intérêt de communiquer au mieux afin d’attirer  les clients potentiels et c’est ainsi  qu’ils  diffusent une publicité accrocheuse aux deux noms : Folliguet et Alphand.

A la mort d’Emma, ce sera son fils Joseph Alphand qui le gérera avec son épouse Elise Vuarand, qu’il a épousée en 1937. Joseph décède en 1957. Elise gère un temps l’hôtel, ou plutôt le met en location. Sans  héritier, elle vend l’hôtel aux époux Bouchard en 1965.

Sources : Archives personnelles de  Nadine Bouchard, archives association des Amis du Vieux Chamonix

Histoire et patrimoine vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

 

 

 

Quelle est l’origine du nom d’Argentière ?

 

Argentière et son église avec sa façade baroque et son clocher en flèche !

 Dans les anciens documents comme ceux de la gabelle du sel de 1561, Argentière n’existe pas en tant que hameau ou village. A cette époque, lorsque  l’on évoquait les hameaux du haut de la Vallée, les documents citent les  « hameaux  et maisons escartés de la dimerie au dessus des Thynes » .

Ce n’est qu’en 1726  que le nom « Argentière » apparaît officiellement  lorsqu’est créée sa paroisse. Au tout début, les habitants  avaient pour habitude de parler de « l’Argeintire » qui deviendra dans les documents paroissiaux « l’Argentière » puis « Argentière ».

Certains prétendent  que cette origine étymologique proviendrait d’une mine ou d’un filon d’argent  disparu depuis. Pour d’autres, le filon se trouverait sous le glacier…  A chacun son idée. Certains pensent  tout simplement que seule la couleur argentée du glacier aurait pu donner ce nom au village.

A savoir  qu’en France il existe de très nombreux villages appelés l’Argentière ( Ardèche – Hautes Alpes – Vivarais – Gard  – Tarentaise,  etc.), ayant souvent  un lien avec l’exploitation de mines métallifères tirant leur nom  d’ « argentaria » issu du latin « argentum » signifiant métal ( Suter).

Plus près, à Servoz, existe un lieu-dit appelé « les Argentières ».

En  remontant plus loin dans le temps,  la racine  AR est reconnue  comme étant  d’origine  indo- européenne (arg – ar(e)g) signifiant blanc-brillant, peut-être la couleur du glacier ? Mais aussi n’oublions pas que  de nombreux noms dans le massif alpin indique une occupation pré celtique. On peut donc imaginer que depuis des temps immémoriaux, on parlait d’Argentière et cela bien avant la création de la paroisse.

Certains anciens documents évoquent  une aiguille s’appelant  « Argenteria » parfois nommée « Dargentire »! Dans un parchemin des archives départementales datant de 1497 à propos de transactions concernant l’alpage des Péclereys  on retrouve l’appellation Argenteria ( acta fuerunt predicta apud campum munitum in villa de Argenteria ou l’on peut traduire ainsi les actes  furent réglés sur le domaine d’Argentière dans la commun e de Chamonix)

N’est-ce pas  resté dans la mémoire collective des habitants de la haute vallée de l’Arve? Et ne l’auraient ils pas  adopté au moment de la création de la paroisse ?

Ce qui est sûr c’est qu’en 1726, on adopte  définitivement le nom d’Argentière, écrit sans s final. !

Cependant, vers 1938, des documents  provenant  de l’évêché sont  écrits « Argentières »   ou « Argentière », avec ou  sans s !  Au bon vouloir des instances épiscopales ? Peut être aussi pour imiter les villages dont le nom  portait un s final ?

A l’arrivée du train à Argentière (1908), les publicités lancées par le PLM écrivent Argentières avec un s, et les hôtels font de même. Mais pas toujours !

Donc unanimement on écrit Argentières avec un s. Mais dans les foyers, les paroles vont bon train affirmant qu’Argentière dans les temps anciens s’écrivait sans s.

Finalement, en  1926, le conseil municipal présidé par le maire  Jean Lavaivre  décide qu’Argentière s’écrira  définitivement sans s. Mais l’épiscopat continue encore de l’écrier avec un s

 SOURCES :   Site internet Henry Sutter – Revue de géographie alpine  –  Ouvrage :  « origines des noms de montagnes de Haute Savoie » de Jean Philippe Buord  –  «  Les noms de lieux de la région du Mont Blanc » de Roland Boyer.

Revue de la paroisse du mont Blanc. – Guide Vallot .

Histoire et  patrimoine vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

 

 

error: Contenu protégé !