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La rencontre de Jules Payot enfant du pays avec Vladimir Illitch Oulianov devenu Lénine

Portrait Jules Payot

Portrait de Jules Payot
( 1859-1939)

 

Jules Payot recteur de l’académie d’Aix en Provence, auteur de nombreux ouvrages de morale et d’éducation a rencontré, selon les descendants de la famille, Vladimir Illitch Oulianov qui deviendra peu de temps après le fameux Lénine.

Et où ? …tout simplement dans la maison familiale qui se trouvait au centre de Chamonix.

 Le pourquoi, le comment de cette rencontre..

.A découvrir dans le  témoignage tout à fait intéressant . de Jean Fabre, petit fils de Jules.

Vidéo  TV mountain ci dessous



 Jules est le frère de Paul Payot , banquier  (mais aussi maire au début du 19ème page 1360siècle) créateur de la Banque Payot au centre de Chamonix et de Michel Payot, médecin à l’origine des premières compétitions de ski dans la vallée et de  la création du 1er club de sport de Chamonix

 Une famille inoubliable dans l’histoire de la vallée.

 

Maison qui aurait été achetée par Jules Payot à la suite de la vente des emprunts russes selon le conseil de Lénine !

 

 

Un couple mytique de la Belle Epoque à Chamonix , le couple Agutte -Sembat

un couple fusionnel exceptionnel

Georgette Agutte – Marcel Sembat

Photo fondation Agutte

 Je ne puis vivre sans lui, 12 heures qu’il est mort. Je suis en retard  »

ainsi écrit Georgette Agutte juste avant son suicide après le décès de son mari Marcel Sembat.

Qui, à cette époque, n’a pas été touché par cette histoire sublimée

Mais qui étaient-ils donc ?

Marcel Sembat, socialiste, député dans le XVIIIème arrondissement et ministre des transports entre 1914 et 1916 était un homme politique engagé et renommé. Il restera député jusqu’à sa mort. Il sera par ailleurs un grand amateur d’art.  Son discours du 3 décembre 1912 en faveur de l’art moderne restera célèbre !

Il épousera en 1897 Georgette Agutte, femme libre, divorcée d’un critique d’art, montrant une grande indépendance d’esprit.  Elle était une grande passionnée d’art dont elle fréquentait les milieux depuis sa jeunesse. 

Tous deux étaient des amateurs éclairés, ouverts aux tendances nouvelles. Ils  auront pour amis Henri Matisse, Paul Signac, Albert Marquet, André Derain. Mécènes, ils achèteront ainsi nombre d’œuvres à ces peintres amis dont ils appréciaient le talent. (Dans les dernières volontés de Georgette Agutte la collection devait regagner un musée de province. C’est Grenoble qui sera choisi).

Georgette Agutte Sembat elle-même exposera au salon des Indépendants en 1904, elle participera à la création du salon d’automne et de 1908 à 1916, elle exposera régulièrement dans les salons de l’époque…

>Tableau musée alpin de Chamonix

Tableau exposé au musée alpin de Chamonix

Elle peint des paysages, des portraits, des nus .

Très marquées par les impressionnistes et, les fauves, ses œuvres sont riches d’une palette originale et colorée.

Tous deux aimaient Chamonix où ils s’étaient fait construire une maison. Georgette Agutte faisait partie de ces femmes amateur d’alpinisme en ces débuts du XXème. Plusieurs fois par an, ils se plaisaient à venir passer quelques jours face au Mont Blanc.

C’est en montagne que le 4 septembre 1922,  Marcel Sembat décède d’une hémorragie cérébrale. 12  heures après Georgette Agutte le suivra dans la mort en se suicidant.

Que reste-t-il à Chamonix de ces deux personnages à l’amour fusionnel ?

Une maison encore marquée par leur présence et huit tableaux de Georgette Agutte dans les collections du Musée Alpin(qui fait du musée alpin  la seconde collection Agutte après le musée de Grenoble)

Six de ces   tableaux sont exposés depuis peu. On y découvre des œuvres maitresses consacrées à la montagne, inspirées du fauvisme. Rochers, glaciers, arbres y expriment une nature forte que l’artiste a manifestement connue intimement. Les couleurs sont chaudes, puissantes, il se dégage des œuvres une énergie profonde…  Georgette Agutte aimait notre vallée.

 

Allez découvrir ce talent,

 

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Tableau musée Alpin

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Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine

Quel est le plus ancien hôtel de la vallée toujours en activité ?

On imagine le Montenvers, le Richemond, l’Excelsior, l’Albert 1er, l ou l’Aiguille du midi, ou encore l’hôtel de la Prairie…. Mais l’unique hôtel qui soit, depuis sa construction, toujours exploité  en tant que tel est l’Hôtel de la Couronne à Argentière.

vue hôtel de la couronne

Carte postale

Carte postale

 Construit  vers 1863 – 1865 celui-ci n’a jamais changé d’activité depuis son origine. Édifié sous le régime de du nouvel Empire sous le nom d’Hôtel de la Couronne, il gardera ce nom jusqu’à nos jours.

 D’après la famille Mortier, actuelle propriétaire, l’hôtel prit le nom de « Couronne » à l’instigation de la famille Devouassoux d’Argentière  en succession de l’Hôtel de la Couronne de Chamonix détruit par l’incendie dévastateur de Chamonix en 1855. Cet hôtel (résidence Terminus actuellement), construit en 1832, était d’excellente réputation.

A Argentière, à cette même période, existait déjà une auberge, le Bellevue, datant de 1816, qui servait de relai pour les mulets. Ce village où les visiteurs commençaient à être de plus en plus nombreux manquait d’hébergement confortable.

IMG_5122L’hôtel de la Couronne sera plus agréable, sur deux étages,  avec une vingtaine de chambres, certaines avec une cheminée (les conduits ont été retrouvés lors des travaux de rénovation). Ce nouvel établissement sera une étape très prisée sur le chemin vers la Suisse. Il deviendra à parti des années 1870 un relai de diligences.

Les familles propriétaires se succèdent, tout d’abord les Devouassoux, puis madame Muller, fille de la maison, ensuite Mme Lamy, petite fille,  chacune apportant la modernité des temps présents.

En 1932, la maison s’agrandit d’un étage, ce qui lui donne son aspect actuel. On installe le chauffage central, grand luxe pour l’époque. Ce fut un bon choix, puisque l’hôtel sera grouillant de monde en 1937 lors des championnats du monde, sur la piste de la FIS, marquée par la victoire d’Emile Allais.

Monsieur Mortier prend le relai en 1958. Il affectionne cet hôtel, qu’il entretient avec persévérance et sens pratique. D’année en année il le modernise, installe des salles de bain dans chaque chambre et aménagera même une patinoire dans le jardin pour mettre à profit les froids sibériens des années 1960. Marcel Wibault assurera la pérennité de cette innovation par un superbe tableau qui rappelle aux anciens Argentérauds ces moments exceptionnels où tout Argentière se retrouvait au bord de la patinoire.

Mr Mortier, passe le relais à sa fille. Mais à 92 ans, toujours présent sur les lieux et toujours passionné, il prend un réel plaisir à vous raconter avec moult détails ses souvenirs liés à Argentière. Une mémoire  vive et intacte.

Histoire et patrimoine Chamonix

 Christine Boymond Lasserre : 

 

Viollet le Duc à Chamonix. Qui s’en souvient ?

Eugène Viollet Le Duc découvre Chamonix en 1868. Connu pour ses travaux de rénovation de bâtiments historiques, on a parfois oublié sa passion pour la montagne et ses études sur le massif du Mont Blanc.

Promeneur infatigable, il va durant plus de 10 ans se rendre l’été à Chamonix et arpenter chemins et sentiers,explorant chaque petit coin du massif du Mont Blanc. Accompagné de ses guides, il travaille du lever du jour au coucher du soleil, dormant parfois deux ou trois nuits consécutives en altitude. A Chamonix, il se raconte que Mr Viollet le Duc avait conçu un tabouret spécial. Celui-ci, monté sur des pieds aux hauteurs différentes, lui permettait de se positionner au mieux dans la pente lors de ses longues séances de dessin.

Le bas du glacier des Bossons par Viollet le Duc. Collection RMN

 

 

Ses études, ses esquisses, ses croquis, nous montrent un homme méticuleux soucieux de précision. Ses tableaux nous révèlent un peintre subtil maitrisant avec talent le travail de l’aquarelliste.  Les atmosphères sont ressenties avec beaucoup de force et de justesse. Il réalisera plus de 600 tableaux et dessins…

 D’une étonnante modernité, il s’initie enfin à la cartographie et publiera en 1876 une carte à 1/40.000 du Mont Blanc admirable de minutie.

 Quand il arrive à Chamonix pour la première fois en 1868, il loge à l’Hôtel Terminus tenu par Madame Tairraz.

Celle-ci, sachant à quel point il apprécie peu la clientèle séjournant à Chamonix, le recevra dès 1869 dans sa maison familiale située à la lisière de la forêt au pied du Brévent, au lieu dit « la Côte ». Madame Tairraz lui demandera alors de concevoir une seconde maison dite « maison à loyer » (une maison à loyer étant innovatrice pour l’époque puisqu’il s’agissait de construire une maison avec un logement pour le propriétaire et des logements aux étages supérieurs que l’on pouvait louer). Du jamais vu à cette époque !

 Viollet le Duc s’était depuis longtemps intéressé à l’architecture de montagne. Il estimait que celle-ci des était des mieux intégrées au paysage et à la morphologie des terrains accidentés.

Dessin de la Maison de la Côte de Viollet le Duc

Dessin de la Maison de la Côte de Viollet le Duc

Collection RMN

 Il se met vite à la tâche et dresse les plans de cette maison. Il s’inspire des fermes locales pour élaborer son projet. Telle la ferme traditionnelle adossée à la pente, sa maison se composera d’une base en pierre surmontée de deux étages en bois. En amont, se trouvent cuisine, sanitaires et tout ce qui concerne la domesticité. En aval, les chambres s’ouvrent sur de larges fenêtres et balcons donnant sur le midi et les sommets.

Mais Viollet le Duc comprend aussi la nécessité d’avoir une maison moderne avec tout le confort… Chaque chambre disposera d’une cheminée et d’une salle de bain… Ce qui était révolutionnaire pour l’époque. Construite de 1872 à 1873, cette maison de Viollet le Duc se veut exemplaire.  Il y montre ses talents d’architecte capable de construire une demeure confortable néanmoins inspirée de l’habitat traditionnel.Maison de la Côte- Dessin de Viollet le Duc -Copyright Musées nationaux                                                 Dessin de Viollet le Duc . Copyright RMN

 L’eau coulera bien longtemps sous les ponts avant qu’un autre architecte, Mr Henry Jacques le Même, de Megève, invente, 60 ans après, ce qu’il appellera « le chalet skieur » directement inspiré de l’habitation locale. Que de points communs entre eux !

 La maison de la Côte deviendra, avec son annexe, « l’Hôtel des chalets de la Côte », tenu par Mr Harang.

  Puis les bâtiments seront partiellement transformés dans les années 1920 pour être occupés par une maison d’enfant appelée « les Soldanelles ».

Dans les années 1970, tout sera balayé par des promoteurs plus intéressés par le profit d’une grande résidence que par cette veille maison pour eux sans intérêt.

Nul ne s’en est ému …

Dommage ! Sa vision de l’architecture moderne avait 60 ans d’avance !

 Mais qui s’en souvient à Chamonix ?

 

 Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine vallée de Chamonix

 

 

 

 

Chamonix ? D’où vient ton nom ?

 

Quelle est donc l’étymologie du nom Chamonix ?

 

1682-theatrum-sabaudiae

Theatrum Sabaudiae 1682

Cette question a déjà fait couler beaucoup d’encre, et chaque pheilologue apporte son interprétation. Libre à chacun de choisir son explication parmi les nombreuses propositions !

Le sujet est d’autant plus complexe que Chamonix a traversé l’histoire avec des orthographes différentes : Chamonio (1225), Chammonis(1229),Chamunix(1289),Chamony(1399), Chamouny(1581),Chamony(1652).Chamounis (1682).

 Le prieuré de la vallée de Chamonix prend définitivement son nom de «Chamonix» en 1793, sous la révolution française. Avant on ne parlait que du prieuré de la vallée de Chamonix.

 Le premier document historique datant de 1091  parle, à propos de Chamonix, d’un « campus munitum », terme latin  qui signifie « champ clos », ou « fortifié », avec une connotation militaire. Origine romaine? certainement pas ! Médiévale bien sûr, le latin étant la langue utilisée pour tous documents officiels.  

⇒   D’après Roland Boyer (« le nom des lieux de la région du    Mont  Blanc »), le campus munitus couvre toute la vallée de Chamonix .

Il est vrai que, encore de nos jours, cette interprétation est la plus couramment admise. Cependant l’étymologie  a fait des progrès et il est intéressant de rechercher les diverses autres versions.

 ⇒   Selon Mr Charles Durier, la racine « chamon » signifierait    « friche » en vieux français ; le mot aurait été alors latinisé en    « chamoniagum » , idée d’ailleurs retenue par Mr Jean Yves  Mariotte  (historien) et par Mr Charles Vallot.

 ⇒    Mr Charles Marteaux, étymologiste reconnu, voit deux origines possibles (dictionnaire étymologique de lieux en France édition 1911) :

1 –  soit une latinisation de «camon » qui désignait un genre de pré, peut être sur une hauteur.

2 –  Soit une racine ligure où « Cam », « Cham », « Char », « cha » auraient été utilisés pour désigner un site de montagne, « une élévation », « une hauteur arrondie » .(on pourrait trouver la même racine dans le nom de Chamole dans le Jura, dans Chamoux ou Chamousset en Savoie).

  Le philologue breton François Falc’hun nous apprend qu’en Bretagne,  montagne se dit « menez » et que ce terme vient du vieux breton « monid » que l’on prononce « moniz »… Intéressant, non? Quant à « Cha » en breton il signifierait tête !

Donc nous pourrions envisager une racine celtique ou Chamonix voudrait dire « la tête de la montagne » 

⇒Par ailleurs, en patois, Chamonix s’écrit  « Cam(u)ni ». On peut éventuellement  retenir  « Cam » (qui est de racine ligure) comme élévation et  « ni » (qui serait de racine latine) comme neige,  Chamonix ne voudrait il pas dire  «  l’élévation de neige » ?

⇒ D’autres hypothèses plus fantaisistes ont été proposées : « le plan au moulin » (cha molinum) ou le « champ du meunier » (Jules Payot), voire même selon Victor Hugo le « champ des chamois »…

 ll y a un autre « Chamonix », logé dans une boucle de la rive gauche de l’Arve (tout près de Cluses), dominé par de hautes falaises.  Lorsque l’on regarde attentivement l’emplacement de ce hameau, il est évident qu’il y a là aussi   « un commencement de la montagne »  (selon Paul Guichonnet)

Hameau de Chamonix à côté de Cluses

Hameau de Chamonix à côté de ClusesI

 

Lieu -dit "Chamonix" à Dieulefit

Lieu -dit « Chamonix » à Dieulefit

Le nom de « Chamonix » a été donné à une propriété (rurale) de la commune de Dieulefit à la fin du XIXe siècle. Un membre de la famille Noyer (bourgeoisie aisée), devenu maire, était un adepte de l’alpinisme. C’est en raison de sa passion pour ce sport qu’il a donné le nom de Chamonix à sa propriété dieulefitoise (elle comprenait des terres et des bâtiments).

La propriété a été vendue par la famille Noyer à la fin du siècle dernier à une association qui y a construit un centre hospitalier de pointe, Dieulefit Santé. Le nom de « Chamonix » a été conservé.

(transmis par l’Association Patrimoine, mémoire Histoire d pays de Dieulefit.)

Histoire et patrimoine Chamonix

Christine Boymond  Lasserre

 

 

Abbaye de Saint Michel de la Cluse dont dépendait Chamonix

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Photo collection Sacra san Michel

L’abbaye dont a dépendu la vallée de Chamonix pendant près de 4 siècles

Les italiens l’appellent « la Sacra San Michele », avec toujours beaucoup de respect.  Il est vrai que le lieu est magique ! Située sur un piton rocheux qui domine la vallée de la Suze, la Sacra se voit de très loin …  A 960m d’altitude, elle s’impose au regard de toutes parts. Un site à visiter absolument.

Il peut paraître étrange qu’en 1091 la vallée perdue de Chamonix ait été donnée par les comtes de Genève à cette abbaye si lointaine de Saint Michel de la Cluse située près de Turin

  • .(Afin de s’attirer les bonnes grâces d’un monde divin que tout homme craignait les nobles avaient pour habitude d’offrir terres et territoires à ces abbayes toutes puissantes pensant s’assurer ainsi une vie éternelle dans la paix de Dieu).

 Nous sommes au Moyen Age, le climat se réchauffe, les Alpes se franchissent plus aisément et de ce fait les échanges s’améliorent. C’est dans ce contexte que se situe l’essor des maisons religieuses.  Celles-ci s’imposent dans une période où la foi est au centre de toutes préoccupations humaines.

Un ordre religieux prend son essor, celui fondé par Saint Bernard, les bénédictins. L’ordre s’étend dans touteEscalier dans Sacra san Michele l’Europe. Nombreux sont les monastères et abbayes édifiés dans les Alpes.  Les bénédictins circulent beaucoup, voyageant d’une abbaye à l’autre. L’itinéraire le plus fréquenté est celui qui passe par le Mont Cenis.  Saint Michel de la Cluse accueille ses premiers moines dès 868 et le sanctuaire est créé dans les dernières décennies du Xème siècle. L’abbaye deviendra une étape incontournable entre le nord et le sud de l’Europe.  Elle brillera très vite dans sa toute puissance de la Vénétie à l’Espagne. Elle sera un foyer de culture et sa splendeur rayonnera au plus haut tout au long du XIIème et XIIIème. Elle possédait alors plus de 200 dépendances et était l’une des quatre plus puissantes abbayes d’Italie.  Elle détenait plusieurs prieurés dans notre région (Héry sur Ugine, Megève, Chamonix, Port Valais près de Sion, Bursier sur le lac Léman…. ).

L’abbaye de saint Michel de la Cluse entre en décadence dès le XIVème siècle. Elle sera pillée, la bibliothèque les archives seront dispersées et elle tombera lentement en ruines. 

  • Ce qui expliquera que la vallée de Chamonix sera alors confiée à la collégiale de Sallanches, les prieurs ayant été remplacés par des laïcs avides de pouvoir temporel et omni puissants.

Restaurée au XIXème siècle, elle est redevenue un site exceptionnel à visiter.Lien ci dessous

Sacra di San Michele

www.sacradisanmichele.com/

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En Europe en plus de la Sacra San Michele trois autres abbayes ont été consacrées à Saint Michel.

 

 

 

le Mont Saint Michel situé à la frontière de la Bretagne et de la Normandie, le plus fameux.

 

 

 

 

 

 

Le saint Michael’ Mount édifié sur une île granitique au sud de la Cornouailles. Sanctuaire dès 495 qui sera mis sous la protection de saint Michel en 1044 et des moines de l’abbaye de saint Michel en Normandie y construiront une petite église et un petit monastère transformé en forteresse !

 

 

The Sanctuary of St. Michael the Archangel (Santuario di San ...

La plus ancienne se trouve sur la presqu’île de Gargano dans les Pouilles mais ici elle n’est pas en hauteur, elle est construite au fond d’une grotte accessible par un long escalier, similaire aux longs escaliers de l’abbaye de saint Michel de la Cluse.

 

 

 

Étonnant ? non?

 Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine boymond Lasserre

 

 

 

La mappe sarde Qu’é sa co ?

Mappe sarde du centre de Chamonix Copyright Archives départementales

 Les 16ème et 17ème siècles sont des périodes au cours desquelles, en Savoie, la perception de l’impôt est particulièrement confuse. Victor Amédée II, roi de Piémont Sardaigne, conscient de l’anarchie de ces levées d’impôts dont l’origine est médiévale et imprécise, impose une remise en ordre fiscale qui cherche à établir une estimation juste  des biens fonciers par catégories et par biens.  Dans la foulée est décidée l’élaboration d’un cadastre détaillé.

L’édit du 9 avril 1728 ordonne la mensuration générale de la Savoie.

Immense gageure pour l’époque !

L’innovation principale est l’élaboration des « mappes », (cartographie généralisée des parcelles de toutes les communes). Commencé en 1730 et achevé en 1738, ce relevé concernera 638 communes qui seront cadastrées dans le détail. Celle de Chamonix sera la plus grande de toutes.

20 équipes sillonnent tout le territoire.

Chaque équipe est composée de :

1 géomètre : il dessine les parcelles, les arbres, les biens …

1 métreur : il mesure les propriétés.

1 estimateur (il estime la valeur du bien). Il  est aidé d’un indicateur (seul personnage local autorisé, sa présence est nécessaire pour donner des informations sur les lieux.)

La mappe est composée de :

** Un plan cadastral dessiné à l’échelle de 1/2372. C’est à dire 1 mm=2m372. C’est un rouleau de papier entoilé portant le dessin en couleurs de toutes les parcelles (avec n° d’ordre), des chemins, des cours d’eau, des arbres,  etc…

** Un registre des parcelles appelé « livre de géométrie » qui répertorie chaque parcelle, le nom du propriétaire et l’étendue du bien

 ** Un second registre appelé « livre d’estime » qui donne le degré de « bonté » (c’est à dire la productivité) de chaque terrain.

Le tout est  envoyé à Chambéry. Des « calculateurs » sont alors  chargés de fixer pour chaque parcelle la valeur foncière et le montant de l’imposition. 

De ces deux registres on rédige la « tabelle préparatoire » qui est alors  mise en consultation dans chaque commune afin que chacun puisse faire état de  ses réclamations. Les habitants disposent d’une quinzaine de jours pour contrôler plan et registres. Réclamations inscrites dans un registre appelé «  cotes à griefs »

Puis tout retourne encore une fois à Chambéry  ou l’on établit la synthèse de toutes les informations rassemblées  dans un ouvrage final la tabelle.

 

                                                                         Exemple d’une page de tabelle


Ces tabelles  sont des registres où se  trouve le nom des propriétaires par ordre alphabétique, et 
leur condition (noble, ecclésiastique, bourgeois, laboureur…),

Le numéro de la parcelle,

La nature de cette parcelle (champ, maison, alpages, murger..),

Le nom du lieu dit,

Le degré de bonté chiffré de 0 à 3 (de bonne terres à mauvaises), 

La superficie,

Les frais de culture (déduits  des revenus),

Son estimation et sa taille (pour l’impôt).

Dans chaque commune est alors établi un cahier de mutation donnant les informations des changements de propriétaires, de propriétés, de valeurs, Le cadastre se heurte bientôt  à la difficulté de suivre les mutations foncières malgré le travail de fourmi réalisé par les secrétaires de mairie.

 Il n’est reste pas moins que la mappe donne une vue géographique très précise des parcelles et des confins. Elle resta jusqu’en 1852 le seul instrument de référence pour les limites de parcelles.

Il existait une mappe pour Chambéry, une mappe pour Turin et une mappe pour le village concerné

La mappe de Chamonix, restaurée récemment par les archives départementales, est exceptionnelle par sa taille puisque mesure 12 mètres de long. Elle n’est montrée que très rarement car, pour la voir, il faudrait la dérouler sur toute sa longueur, hors (malgré la restauration) celle-ci reste bien fragile.

A savoir que la mappe de la vallée de Chamonix est la plus grande de toutes les mappes réalisées.

Elle  est cependant visible sur le site des archives départementales    sous sa forme numérisée . Tout en sachant que la multitude des vignettes  (156) rend bien difficile l’identification d’un hameau ou d’une propriété particulière.

La marie de Chamonix possède quelques extraits dont certains ont été restaurés.

Pour la petite histoire, lors des mesures par les géomètres des montagnes et glaciers, les chamoniards craignant d’avoir à payer un impôt trop élevé personne (ni le clergé, ni la bourgeoisie ni les alpagistes ni les paysans) ne  voulait être propriétaires de ces « monts affreux »,  sous prétexte  que ceux-ci appartenaient  forcément aux habitants de Courmayeur  

Sources : L’ancien cadastre de Savoie. Max Bruchet. Archives de la Haute Savoie.

Sites : http://www.sabaudia.org

           http://www.savoie-archives.fr

 

Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Miséricordes, jouées – Collégiale de saint Ours – Aoste

 


 

La collégiale de Saint Ours se niche dans une petite ruelle, un peu à l’écart de la rue principale et dominée par une des plus belles tours romanes de la vallée mérite un arrêt prolongé.

Cette église à l’aspect gothique se dresse sur le site où ont été construites une succession d’autres églises antérieures, depuis la période paléochrétienne. De nombreux trésors sont à découvrir à l’intérieur, certains peu accessibles, d’autres vraiment cachés, d’autres encore interdits à la photo.

Diaporama miséricordes collégiale saint Ours ci dessous :

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Je vous invite à rentrer dans le chœur et à prendre le temps d’admirer les stalles datées du XVème. Celles-ci, gothiques, sont admirables de finesse et d’élégance. Mais allez … et examinez les miséricordes, les jouées, les appuie mains. De pures merveilles…

 Mais qu’est ce qu’une miséricorde, une jouée ?

 Une miséricorde :

Est une petite console en bois sculpté placé sous le siège rabattable de la stalle, sur laquelle, quand le siège était relevé, les chanoines pouvaient, « per misericordiam », s’appuyer ou s’assoir pendant les offices tout en ayant l’air d’être debout.

Une  jouée :

Est une sculpture en rond de bosses réalisée sur les bordures externes des sièges.

 

 Le travail du sculpteur, pour les stalles elles même, suivaient toujours un code établi, auquel dérogeait peu l’artiste. Mais en ce qui concerne les miséricordes et les appuie mains ou les jouées, celui-ci pouvait exprimer alors librement son art. La miséricorde supportant le postérieur des chanoines, il n’aurait pas été sage de représenter des scènes religieuses. L’artiste raillait alors les vices, les imperfections morales, physiques. Il créait un monde fantasque voire cauchemardesque. Enfants chamailleurs, goinfres, hommes de robe, ou une foule d’animaux de tous genres ornent ces stalles avec beaucoup d’humour. Tout un monde qui plonge encore ses racines dans le Moyen Age.

 Ces stalles en noyer ne portent aucune signature mais elles sont à rapprocher de celles que l’on découvre dans la cathédrale de la ville. On trouve aussi beaucoup de ressemblances avec les stalles de Saint Jean de Maurienne, et avec celles des cathédrales de Genève, les églises d’Evian, de Saint Claude ou de Fribourg et Romont en Suisse. C’est bien la preuve que les artisans circulaient dans ce même territoire qu’était la Savoie afin de proposer leurs services à qui en avait besoin.

 (C’est l’époque de la contre réforme qui mettra fin à ces sculptures pleines de vie mais qui ne correspondaient plus alors aux critères religieux en cours à partir du XVIIème siècle.)

 

Source : Robert Berton. Les chapiteaux et les stalles médiévaux d’Aoste

Guide de l’ensemble monumental de la collégiale saint Ours. Aoste. Imprimerie valdôtaine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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