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Les façades changeantes de l’église de Chamonix

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photo carte postale

Depuis le XIIème siècle,  Chamonix possède une église.  Elle ne fut  tout d’abord  qu’une chapelle pour les Bénédictins installés dans la vallée par les comtes de Genève,  construite selon  l’orientation traditionnelle  Est- Ouest.

De par son emplacement, elle est au cœur de la vie chamoniarde.  Ici  ou à ses abords immédiats se déroulent nombre de cérémonies, réunions publiques.  Les chamoniards défendent leurs intérêts à l’intérieur même de cet édifice dont ils ont la charge. Elle est détruite par un incendie le 4 décembre  1583… «La maison et l’église du prieuré qui furent harses et bruslés ». On entreprend de nouveaux  travaux en 1587.

 Elle est  reconstruite si sommairement qu’en 1606, lors de la visite de l’évêque Saint François de Sales, celui-ci en note l’état de  délabrement.

Probablement trop vétuste et devenue insuffisante ou exigüe,  elle est reconstruite de 1702 à 1709 dans son orientation  actuelle*, par des maîtres italiens originaires du Valsesia,  aux frais des paroissiens, hormis le chœur que financent les chanoines de Sallanches. Seul est conservé l’ancien  clocher.

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Image collection Viatimages

L’église est de style baroque. Elle  est consacrée le 8 septembre 1714. Le nouvel évêque remarque sa « magnificence » et la considère comme une des plus belles églises de son diocèse. Plus tard,  en 1758 un nouveau et violent incendie détruit la charpente et une grande partie du mobilier. L’église perd alors son décor typique du XVIIIème siècle.

Au  XIXème, la vallée s’ouvre au tourisme, l’église s’orne alors d’un décor empire qui subsistera jusqu’en 1926. Détériorée par les nombreuses infiltrations d’eau, l’église sera peu à peu dépouillée de son ornementation. Ne seront conservés  que le retable principal et les retables latéraux.

16092015 - CopieSi l’aménagement intérieur  varie avec le temps et les modes, il en est de même pour sa façade extérieure qui d’une façade baroque magnifique (élevée en 1709), passe  en 1840 à une  façade composée d’un péristyle avec fronton triangulaire, celui-ci  reposant sur 4 colonnes. Cependant,  on remarque  à l’arrière les restes du décor baroque.

Ceci pour  une quarantaine d’année  seulement car dès 1862, voulant rajouter une travée à l’église (afin de pouvoir recevoir plus de monde) sous les recommandations d’un architecte annécien Mr Camille  Ruphy,  on modifie  à  nouveau   son aspect extérieur.

rue vers église avec bureau des guides

photo  RMF  –  Copyright résrvé

A l’époque,  Chamonix découvre et exploite depuis peu le granit, pierre si dure à travailler. La porte est ainsi agrémentée  d’encadrements de granit mais également  de lourds pilastres  qui ceinturent la façade orientée vers le sud. C’était une grande nouveauté pour l’époque.

Cette façade est toujours la façade actuelle.

L’église de Chamonix sera classée monument historique en 1979 après le passage de monsieur le président de la république Mr Valery Giscard d’Estaing.

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*La première église du XIIè  fut construite dans le sens est- ouest. On ne connait pas à ce jour son aspect. Elle sera reconstruite au XVIIIè dans l’orientation que nous lui connaissons.

 

 Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Le REGINA au village des PRAZ

le Regina

De la famille  de Raymond Couttet  des Praz

Ce fut un hôtel prestigieux en cette période de la Belle Epoque. Construit en 1906 par Marie Couttet, veuve avec cinq enfants,  Marie entreprend  la construction de cet hôtel de 5 étages après celle du National des Praz édifié en 1902. Tourné ver le sud il dispose d’un très grand jardin très apprécié par la clientèle des habitués, avec en peu plus en avant un potager offrant légumes et fruits frais.

 

 

 

regina praz porche 1 - Copie     A l’architecture typiquement chamoniarde, avec ses encadrements de granit, il  possède à cette époque  en face nord (sur la route nationale) un très beau porche d’entrée avec une marquise, hélas détruit depuis.

Sa face sud élégante rythmée par une alternance de balcons offre à toutes les chambres une vue magnifique sur le Mont Blanc. Une longue terrasse au rez de chaussée ouvre sur un grand parc et permet d’accéder aux jardins ombragés.

Il reçoit essentiellement une  clientèle fidèle de médecins et d’enseignants d’Afrique du nord qui souvent restent tout l’été, du 15 juin au 15 septembre; pour cette raison il sera nommé un temps « le grand hôtel d’Orient ».

Cet hôtel, ainsi que le National, n’ouvrent qu’en été,

De ce fait, la clientèle n’a  besoin que d’un chauffage dit de « demi saison » lors des froides journées d’été. Seuls les lieux communs fréquentés par la clientèle possèdent des radiateurs, et les clients ouvrent les portes de leurs chambres afin de profiter de la chaleur.

 

La famille Couttet, dynamique et entreprenante possède, par ailleurs, un très bel hôtel appelé « le Grand Hôtel de Saint Raphaël » à Cannes qu’elle gère en hiver lorsque le Régina ferme durant la période hivernale.

 

 

regina praz 1 - CopieLa Gendarmerie nationale  rachète le bâtiment en 1967 pour y recevoir les familles de gendarmes en vacances.Il est rehaussé de deux  étages en son sommet, notamment pour y installer un restaurant panoramique,  et d’une cage d’ascenseur sur le côté dans les années 1970.

 

 

Cette transformation esthétiquement malheureuse détruira   l’équilibre originel de cet élégant bâtiment typiquement chamoniard.

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

Le village des Bois perd-il son âme ?

 

outaLe village des Bois est pour tout chamoniard un des lieux privilégiés où chacun aime à flâner.

Ici l’atmosphère des temps anciens transpire  encore lorsque l’on se promène tranquillement dans ce hameau aux écarts de Chamonix.  Ici des greniers d’origine, des fermes traditionnelles, des maisons mitoyennes témoignages du 18ème siècle. Mais encore  des chemins de servitude menacés par la privatisation.

Les temps changent, la pression immobilière est forte comme ailleurs. Le village ne bénéficie d’ancune mesure de protection

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Ainsi de beaux greniers de pierre ont disparu laissant place à de vagues bâtiments sans âme et sans caractère.

 

 

 

 

Et une des plus belles fermes du hameau disparaît…

Dommage Les propriétaires n’avaient pas pu aller au bout de leur désir de réhabilitation et de restauration de ce lieu magnifique .

Triste ! Non ?

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Histoire et patrimoine Chamonix

Edité par Christine Boymond Lasserre

L’enfant de Shôzô Hamada : une statue ravissante

 

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Une  adorable petite  statue orne depuis  1998 l’entrée des jardins de  Fujiyoshida (au dessus du parking saint Michel  à sa sortie supérieure).

Arrêtez- vous !  Elle vous sourit, vous interpelle, vous invite au à la sérénité.

Cette statuette  exprime la douceur. Elle dégage tant de  de quiétude  que nous pourrions avoir  envie de  l’emporter !  

Offerte à Chamonix,  à l’occasion du vingtième anniversaire du  jumelage de Chamonix avec Fujiyoshida, la cité japonaise a fait appel à Mr Shôzô Hamada  sculpteur japonais, originaire de la ville. Cette statue  est  un joli  témoignage  de la nature  des liens qui lient Chamonix à Fujiyoshida,  sa ville  jumelle depuis 1978.

Cette œuvre,  intitulée « warashiko »signifie « l’enfant » .Elle  révèle le sentiment profond d’un homme  attentif aux  émotions  de ses semblables. Les mains  magiques de cet artiste transforment ce  matériau dur,  si  difficile à travailler. Il  le réchauffe, le modèle et arrive  avec une habileté étonnante à  donner une lumière au  regard de cet enfant. C’est magnifique… Parvenir à faire parler la pierre avec une telle expression est bien la preuve de   son talent.

Mr Shôzô H25012016_0001amada a sculpté ainsi de très nombreuses petites statues du même matériau. Essaimées dans tout le Japon,  elles font la joie des japonais.

 

L'enfant 127012016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La commune de Fujiyoshida avec cette statuette  montre  aux Chamoniards la chaleur et la générosité du peuple japonais.

C’est réussi. Puissions-nous exposer un jour à Chamonix une autre statuette de ce sculpteur si habile et expressif !

 

 Histoire et patrimoine Chamonix

Christine Boymond Lasserre

Les ardoises et les pierres meulières des Posettes

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Lors de cette promenade magnifique conduisant aux Posettes  nous profitons d’un des paysages les plus somptueux de notre vallée.

 Ici sur les flancs des divers chemins conduisant aux sommets les hommes y ont laissé leurs marques. Témoignages d’une période révolue et qui fut si dure !

Les ardoisières des Posettes

Tout le monde connait le coin  dit des ardoisières. Ici  Vallorcins,  Montrottis,  torzerains depuis 1838 et durant   près de 100 ans ont travaillé  là été comme hiver. Ces ardoises grises étaient utilisées tout d’abord pour recouvrir les sols des fermes chamoniardes,  mais on abandonna ce type d’exploitation car trop fines. On eut alors l’idée de les polir afin de commercialiser des ardoises pour recouvrir les toits. Abandonnées pendant la première guerre mondiale,  les carrières sont ré ouvertes.

restes des  baraquements des ouvriers Photo Mathieu Petetin geologie-montblanc.fr

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En 1921 une vingtaine d’ouvriers travaillaient sur  2 carrières produisant 430 tonnes d’ardoises. Celles-ci  étaient expédiées dans l’est du pays dont les mines d’ardoises avaient  été totalement détruites par les combats.

 

Jules Cachat  construisit en 1922 un petit téléphérique reliant les ardoisières au village du Tour qui permettra de descendre ces ardoises  plus rapidement et avec plus de sécurité.

Témoignage de Aimé Ancey de Vallorcine (revue la météorologie N°52)

….Dans ma jeunesse, j’étais cultivateur, comme tout le monde ! On avait des vaches… Après la première guerre, j’ai travaillé là-haut, aux Posettes, dans les ardoisières. Je n’y suis pas retourné depuis 1927. Il y avait un grand bâtiment…Un téléphérique montait et descendait les ardoises. Nous autres, nous montions à ski l’hiver. On travaillait tout le temps, été comme hiver. On montait le lundi, on redescendait le samedi….

Vers 1935 le dernier exploitant  livrait encore d’importantes quantités d’ardoises pour écoliers. Ce sera la fin des ardoisières (Paul Payot « au royaume du Mont Blanc).

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Entrée de galerie Photo Mathieu Petetin geologie-montblanc.fr

Des galeries toujours existantes mais dangereuses restent le témoignage de ces mines, au dessus subsistent les ruines de ce bâtiment  ou logeaient ces ouvriers. Hébergement bien précaire mais qui permettaient à ceux-ci de ne pas avoir  à descendre dans la vallée chaque soir.

Plus tard d’autres ardoisières furent exploitées près de l’ancien alpage du Chenavier. Ces ardoises vertes, plus délicates exploitées par Mr Cretton durant une vingtaine d’années après la seconde guerre serviront essentiellement à recouvrir les  toits des  greniers de la vallée. Elles étaient transportées au haut du village de Montroc par une sorte de petit téléphérique. On peut encore apercevoir la carrière lorsque l’on emprunte le chemin vers les Posettes  entre le Chenavier et la bifurcation vers le sommet.

 Mais par ailleurs  savons-nous qu’au Chenavier ainsi qu’au lieu dit des Chaleyres aux Posettes  dans une pente recouverte maintenant  de  rhododendrons, on exploitait là des veines de conglomérat  dont on faisait des pierres meulières.

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Pierre meulière enfouie photo Mathieu Petetin geologie-montblanc.fr

Elles  servaient probablement  aux nombreux moulins répartis dans la vallée. Ces pierres taillées sur place sont magnifiques. Il faut les chercher noyées dans les rhododendrons. Elles  pèsent de 500kg à 1 tonne ! Comment donc ces hommes pouvaient ils travailler sur ces blocs de pierre ? A quel moment et pendant combien de temps a-t-on exploité ces carrières ? Et surtout comment donc pouvaient-ils les transporter ? Elles ne pouvaient être portées par les  mulets… on imagine la charge ! Peut être en fin d’hiver  en les faisant glisser dans la neige ? La mémoire collective l’a t’elle oubliée ?

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Piere meulière récupérée aux chaleyres par Roland Cretton

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Quel travail ahurissant ! On ne peut qu’être admiratif devant ce travail d’hercule que réalisaient nos anciens. Ne l’oublions pas. Et mettons en valeur ces carrières qui sombrent dans l’oubli.

 

 Aux Posettes  ce versant se caractérise par des bandes de terrains carbonifères constitués de schistes ardoisiers et de grès conglomératiques tiré du site :

a consulter sur le site : http://www.géologie-montblanc.fr .

 

Bonjour je viens de revisiter en détails votre site web. Etant passionné par le patrimoine. Je me permet juste une petite remarque au sujet des Posettes. Une carrière d’ardoise n’est pas une Mine. Ce sont deux choses très différentes. Les ardoisières sont des toutes des carrières. Qu’elles soit exploitées à ciel ouvert ou par galeries. Une carrière souterraines se compose de galeries le plus souvent ouvertes pour atteindre les couches de schistes ardoisiers. C’est à dire qu’elle traverse des parties qui séparent la couche de la surface. Une fois que ces galeries trouvent la couche des chantiers (sortes de chambres d’exploitations) sont ouvertes. Le meilleur exemple était les ardoisières de Montvauthier . Cette carrière à été exploité d’une façon quasi industrielle. Les galeries (à un endroit précis de la carrière) traverses la pierre de qualité médiocre. Puis elles longent une couche d’ardoises et de masses gréseuses. Tout les chantiers furent ouverts le long du massif gréseux. Les chantiers se nommaient  »chambres » voir  »Carrel ». Les blocs d’ardoises étaient exploités dans les chambres puis extraits par les galeries. Plusieurs types de galeries: Puis amener à l’atelier des fendeurs. Le principe était le m^me à celle des Posettes. Seules l’échelles des travaux varie. Les Posettes est plus une carrière dite artisanale. Voila j’espère que ce petit courrier vous apportera des infos pouvant répondre à votre attente. Cela n’enlève absolument rien bien à la grande qualité de votre site si passionnant.

Stéphane Briand

 Edite par Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine Chamonix Mont Blanc

Comment on enlaidit le patrimoine à Chamonix

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Vue  sur le carrefour prise de l’hôtel des balances appelé  ensuite l’hôtel Centrall

La résidence des Balances,  ancien hôtel de la Belle Epoque,  trône au centre de Chamonix.

Depuis des siècles,  chamoniards et visiteurs passent par  le carrefour  situé au pied de ce bâtiment, en direction de l’unique passerelle franchissant  l’Arve ou pour se rendre à l’église.

 

 La famille Devouassoux avait,  en 1905,  construit ici un des fleurons du patrimoine chamoniard. Transformé en appartements dans les années 1980,  l’hôtel a perdu un peu de son âme, mais rien de sa structure originelle

 

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La résidence des Balances anciennement hotel Central1905, 

Son toit haussmannien, ses balcons ouvragés, ses encadrements de granit, son escalier intérieur rappellent les temps de la Belle Epoque.

Il y a peu encore,  une fleuriste occupait  au rez de chaussée  un des anciens salons de l’hôtel.  Lors de son installation, le plafond était _MG_0161recouvert de frisette. Elle eut l’idée de la retirer et découvrit alors un superbe décor peint. Elle mit ainsi en valeur une ornementation  raffinée datant de l’origine.

Une peinture en trompe l’œil représentait un balcon orné de fleurs. Au dessous,  une frise courait le long du mur.

_MG_0169Aux quatre coins,  quatre médaillons évoquaient  des paysages de montagne, une scène de bateau sur un lac et le dernier figurait le château de Chillon._MG_0175

J’avais plaisir à le montrer  lors de mes visites guidées, et la propriétaire était ravie de mon passage.

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Aujourd’hui tout a disparu. En une nuit… plus de décor, plus de plafond peint, plus de fleurs…

_MG_1510une misérable couche de peinture blanche a recouvert l’ensemble. Les peintures sont perdues à jamais…

Le nouveau propriétaire, une enseigne de sport,  n’avait cure de ces vieilleries et n’y voyait certainement aucun intérêt.

 

_MG_1505Vu de l’extérieur,  l’enseigne  du magasin  est d’une horrible banalité.  Mais de plus elle est répétée sur les vitres des fenêtres du premier étage, en contravention me semble t’il  avec la réglementation :

A Chamonix, toute publicité est interdite en dehors des enseignes réglementaires.

Ainsi est  dénaturé  cet ensemble architectural qui aurait mérité, au contraire,  qu’on  le mettre en valeur.

 

N’aurait on pas pu, comme Annecy l’a fait en son temps,   lancer une politique de protection du patrimoine qui aurait permis d’ éviter ces abus  d’enseignes  extérieures  et  de protéger ces décors  intérieurs que d’autres à Chamonix ont su respecter et préserver.

Histoire et patrimoine de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

A Chamonix pourquoi une rue de la Tour ?

 

Dans les temps anciens, en arrivant du prieuré,  le seul passage possible pour passer sur la rive gauche  était la passerelle  alors située à l’emplacement du pont actuel,   ensuite  le chemin se faufilait parmi les prés.  .

Traditionnellement,  ce chemin était le passage obligé emprunté par tous.

Dans Chamonix, aucun autre passage  ne permettait de passer sur l’autre rive. Le chemin traditionnel  est devenu rue. Elle  a vu passer durant des centaines d’années chamoniards et visiteurs.  Elle porte actuellement le nom de rue de la Tour.

Ici au 19ème, à la place du casino actuel (l’ancien Hôtel Royal),  se situait un hôtel appelé l’Hôtel de la Tour.  Indiqué dans les premiers guides touristiques évoquant Chamonix, il était tenu dans les années 1825-1830 par un certain Payot.

Sur une des gouaches  réalisées  par Jean Dubois (le mont Blanc vu de Chamonix),   on distingue sur la  rive gauche de l’Arve,  peu habitée à l’époque,  quelques maisons. Sans doute  l’hôtel de la Tour occupait-il  une de ces bâtisses typiquement chamoniarde.

Mais pourquoi un hôtel de la Tour ? Etait ce en raison de la tourelle  d’observation située sur le chemin du Folly ? Non ! Celle-ci,  dressée plus tard,  n’existait pas encore.

Il faut peut être remonter dans l’histoire locale, plus précisément fin 15ème , début 16ème.

En ces temps la vallée de Chamonix,  bien que dépendante de l’abbaye de st Michel de la Cluse,   était régentée par une famille qui donna plusieurs prieurs : la famille de la Ravoire.

L’un de ceux ci, Guillaume, essaya à maintes reprise de s’accaparer tous les droits acquis par les chamoniards. Il n’eut pas la vie facile si l’on en juge par les démêlés qu’il eut avec ceux-ci !

Mais,  voulant asseoir son pouvoir avec force,  n’aurait-il pas dressé une maison forte dans Chamonix ? Pourquoi pas, sachant que ce prieur cherchait à s’approprier les droits de justice qui étaient alors attribués aux syndics ?  Dans l’ouvrage d’André Perrin  » l’histoire e la vallée et du prieuré de Chamonix » on parle à propos de la nomination des procureurs représentant l’assemblée chamoniarde cette.. »‘élection avait lieu au Crettet, près de la tour de la Ravoire … »Crettet étant la colline du Couttet actuel.

C’est une  gravure de 1806  de Jean Philippe  Link « Vue du bourg… »     qui nous éclaire. Effectivement ce document représente Chamonix,  mais en zoomant  on distingue,  au fond,  très nettement,  sur une colline (certainement la colline du Couttet),   les ruines d’une tour.

 

Il y a de fortes chances qu’au début du 19ème siècle subsistaient les ruines de cette maison forte. Les chamoniards l’appelant la Tour,   il est probable que Mr Bossonay ait alors construit son hôtel au pied de celle-ci  et lui donna ainsi ce nom, aujourd’hui  mystérieux pour tous.

Cet hôtel de la Tour sera détruit en 1843 et à sa place édifié un nouvel hôtel : le Royal.

 De cette Tour il ne subsiste  maintenant que le nom de cette rue ?

 

Mais qui l’avait remarqué ?

 

 Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine Chamonix Mont Blanc

Aux Bouchards et à Vallorcine des représentations et inscriptions identiques du XVIIIème siècle

Dans la vallée de Chamonix nombreuses sont les inscriptions sur les poutres, sur des greniers. Mais savons nous  bien les voir !

Protégeons les. Elles sont le témoignage du travail de nos anciens.

Aux Bouchards sur le fronton d’un grenier :Une herminette dans la partie supérieure. En bas: une croix de Savoie – une serpe ou hache  – la date 1742 – des initiales LB

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A Vallorcine sur la poutre maîtresse d’une ancienne ferme une inscription similaire la date 1789,  surmontée de la croix de saint Maurice , au dessous les initiales JMC – une serpe ou hache – une équerre -une herminette

 

 

 

 

 

 

 

 

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