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La petite chapelle des Chosalets

_MG_0606Parmi les nombreuses chapelles disséminées dans la vallée de Chamonix,  celle des Chosalets, située à l’entrée du village,   a ceci de particulier qu’elle est privée. La légende familiale des Ravanel  raconte qu’en ces lieux avait été trouvée une statue du 16ème siècle. Quelle était cette statue, d’où venait-elle ? Nul ne le sait plus,  mais il est vrai que le passage de la révolution française dans la vallée avait vu la destruction de nombre d’oratoires et chapelles.

 Jeanne Ravanel, originaire du hameau et propriétaire de quelques terrains,  entreprend alors  la construction d’une chapelle. Celle-ci  sera  bénie et consacrée par le révérend  Pinget de l’église d’Argentière le 17 août 1875. Elle prendra le nom de Notre Dame du Bon Secours.chapelle 2 chosalets

 Au 19ème siècle nombre d’enfants mouraient en bas âge, ce qui était toujours un grand drame. Notre Dame du Bon Secours était évoquée essentiellement pour la protection des enfants et des mères. Aussi naturellement Jeanne choisit-elle  de consacrer cette petite chapelle à la Vierge Marie priée si souvent par les mamans.

A la disparition de Jeanne, les neveux  héritent de cette  modeste chapelle.  Les générations se succèdent. Toutes,  au fur et à mesure du temps qui passe,  entretiennent cet édifice,  témoignage patrimonial important pour le village.

Des travaux d’entretien sont toujours indispensables,  mais pas faciles à réaliser. Aussi  la famille crée en 2002 une association  loi 1901 qui permet de financer les travaux de restauration et de rénovation nécessaires à l’extérieur. De nouvelles ancelles  recouvrent le toît et un nouveau coq trouve sa place au sommet de l’épi de faîtage.

En 2011  on entreprend la réfection de la peinture des façades extérieures, de la porte d’entrée et des volets.

Elle a maintenant fière allure.

DSC00705A l’intérieur trône un petit maître autel néo gothique  en bois,  typique de cette période de la fin du 19 ème siècle.  En son milieu, Notre Dame du Bon Secours avec l’enfant Dieu dans ses bras. A sa droite une statue de Saint Joseph, toujours évoqué lui aussi pour protéger  les familles. A sa gauche Saint François de Sales, le saint évêque originaire de la région d’Annecy  et  si aimé par la population savoyarde. Sur les côtés deux statues,  le Sacré Cœur et  St Antoine de Padoue.

Malgré l’entretien régulier de la famille, l’intérieur se dégrade.

Chapelle privée elle ne peut recevoir de l’aide de l’état. Comment cette petite association familiale peut elle arriver à la tenir en bon état ?

L’été, la famille s’efforce de la maintenir ouverte et est toujours joliment fleurie.

Promeneurs  arrêtez vous, elle mérite un détour !

 Histoire et patrimoine Chamonix

Publié par Christine Boymond Lasserrre

Le cimetière du Biollay : l’âme de Chamonix

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 Cliquer ci dessous : vidéo réalisée par TV8 Mont Blanc

Vidéo après les 30 secondes de publicité 

 

Vidéohttp://replay.8montblanc.fr/watch.php?vid=a8be5212a

 

 

 

 

Un gypaète barbu au nom de Jacques Balmat

 

Les falaises du cirque du cirque du fer à Cheval dominé par le Ruan

Les falaises du cirque du cirque du Fer à Cheval dominé par le Ruan

Un matin de septembre 1834, Jaques Balmat avec son compagnon vallorcin Pache s’engage sur les pentes du mont Ruan. Cristallier, Jacques Balmat, le vainqueur du Mont Blanc avec Michel Paccard en 1786, était depuis toujours à la recherche d’hypothétiques mines d’or que l’on prétendait avoir découvert dans nos régions montagneuses.

Il se rendait  souvent à Genève pour faire analyser certains échantillons qu’il rapportait  de ses pérégrinations montagnardes. Or, un jour,  le chimiste Abraham Raisin lui annonce qu’il a découvert des traces d’or dans un prélèvement  trouvé dans  la région du Mont Ruan.

 Jacques Balmat décide alors de tenter sa chance. Il marche  le long des pentes du massif du  Ruan, en traverse le glacier,  puis s’engage sur des vires  surplombant  le 10712783_819381251447332_5450742791528405016_ncirque côté Sixt. Les vires sont de plus en plus étroites. Pache n’ose le suivre. Ce seront les derniers instants ou Jacques Balmat sera vu vivant. Pache rentrera seul à Vallorcine, ne faisant plus aucun commentaire sur cette expédition hasardeuse.

 Les nombreuses recherches entreprises dans la région du Fer à cheval – Sixt pour retrouver le corps resteront vaines.

Il avait 72 ans.

Ce sera seulement 19 ans après que le syndic de Sixt  Bernard Biord lèvera le voile sur cette disparition. Il révèlera à son confesseur que deux jeunes bergers avaient bien vu le corps tomber de la falaise.  Il leur avait alors interdit d’en montrer le lieu. Mais pourquoi donc ? Tout simplement il redoutait l’installation d’une entreprise minière qui risquait de dévaster la forêt. Effectivement,  dans les siècles précédents,  la vallée avait subi  diverses catastrophes suite à une déforestation excessive pour exploiter des mines de fer. Il voulait éviter à son village les mêmes désagréments.

Jacques Balmat repose toujours au pied  des falaises du Ruan.

 180 ans plus tard, la commune de Sixt décide de baptiser le nouveau gypaète barbu, né dans les falaises de Sixt-Fer à cheval,  du  nom de ce personnage si illustre de notre vallée de Chamonix. Jacques Balmat connaît une nouvelle vie. Il survolera de nouveau, par le biais de son filleul,ses chères montagnes.

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gypaète barbu  – copyright Asters

Histoire  et patrimoine Chamonix

Texte : Christine Boymond Lasserre

Droits réservés

 

Les Cent ans de la Résidence

En 1914 est annoncée en grande pompe  l’ouverture du second palace de Chamonix. : le  » CHAMONIX PALACE »CHAMONIX PALACE

Si le Savoy fut  construit par une famille chamoniarde descendante de la grande famille hôtelière des Couttet  et  le Majestic par la famille Cachat, ce ne fut pas le cas pour la Résidence du Mont Blanc.

Une société anonyme, la SHFS (société hôtelière franco suisse)  qui,  après avoir acquis l’Hôtel d’Angleterre et les terrains annexes de  la famille Tairraz, lance le projet de construction d’un palace au centre de Chamonix. Il s’appellera le Chamonix Palace.

Cette société implantée à Chamonix depuis 1903 sera un holding important,  propriétaire de très nombreux hôtels dans l’hexagone.

La société dresse sur l’Arve une passerelle permettant aux clients de l’Hôtel  d’Angleterre d’accéder au parc situé rive gauche. C’est sur  ces mêmes  terrains que fut entreprise la construction d’un nouveau palace.

 Le palace est construit selon les normes classiques d’édification de palaces européens. Menés  par deux architectes suisses Mr Verrey et Heydel, les travaux sont conduits par une entreprise locale. Équilibré dans ses volumes,  éminemment classique avec sa rotonde en corps central  et ses longues ailes latérales,  il est le palace le plus abouti de Chamonix. L’hôtel abrite alors 200 chambres répartis entre le rez de chaussée et les cinq étages reliés entre eux par un grand escalier avec ascenseur et un escalier de service. Chaque suite a sa salle de bains et cabinet de toilette avec WC privé et les chambres qui n’ont pas de cabinet de toilette sont pourvue d’une salle d’eau avec eau chaude et froide.

Dans l’aile centrale, à chaque étage, existait un appartement de luxe avec entrée et couloir spécial composé d’un salon et de deux grandes chambres à coucher possédant chacune un cabinet de toilette et salle de bains.  Jardins, tennis privés, garages, bars font la réputation de ce magnifique  établissement.

Au rez de chaussé inférieur e trouvait des billards anglais, un local pour coiffeur, et une grande salle de jeux pour les enfants.Sur ce même palier se trouvait les salles à manger du personnel des clients et de l’hôtel.

Ancien décor intérieur de la Résidence

L’entrée principale, bordée des bureaux des concierges,  se trouvait au rez de chaussée supérieur . Elle ouvrait sur une magnifique hall avec au fond un escalier. Sur les côtés les murs étaient décorés de peintures de femmes aux poses langoureuses. les colonnes de l’époque étaient recouvertes d’onyx avec des chapiteaux de bronze.

De magnifiques carreaux de ciment couvrent le sol..

Attenant à ce hall. un salon était réservé aux dames en style Louis XVI  avec une cheminée en marbre et de l’autre côté du couloir  se trouvait un agréable salon destiné à la correspondance.

De grandes salles à manger occupaient toute la partie ouest du palace éclairées par de vastes baies vitréesLe décor intérieur , les ferronneries extérieures évoquent l’ art nouveau en vogue de l’époque.

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L’inauguration a lieu en juin 1914.  La guerre est déclarée deux mois  plus tard. Le palace a bien du mal à vivre de son activité.

 

 

 

 

 

Ferronirie des garde corps

Ferronirie des garde corps 

Il connaît   ses grandes heures de gloire lors des  bals et galas des années folles. De plus, sa cuisine  réputée attire nombre de vacanciers.  Il héberge un casino pendant quelques années.

Le bâtiment est endommagé par un grand incendie en juin 1926. Il reste fermé un temps puis racheté par la famille Favre.  Il prend  alors le nom de Grand Hôtel et ses clients ont une entrée privilégiée au Casino nouvellement construit sur l’Arve. A cette période également sont vendues les parcelles riveraines de la nouvelle avenue de la gare sur lesquelles sont  édifiées les boutiques.

Carreaux de ciment

Carreaux de ciment

La seconde guerre mondiale  marquer le déclin de l’activité hôtelière  de  ce palace, qui tente de survivre une petite dizaine d’années.

Sa  partie supérieure  est  alors  transformée en appartements et le rez de chaussée acquis par la commune qui y aménage le Musée Alpin.

 

 

 

 

Décor

Décor

Stucs intérieurs

Stucs intérieurs

 

On peut encore déceler quelques traces du décor d’origine dans la pièce principale du musée.

 

 

Histoire et patrimoine de Chamonix

  Christine Boymond Lasserre

Photos :  Christine Boymond Lasserre

 

 

La fête des guides en 1898

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Journal La revue du Mont Blanc .Copyright Archives départementales

 

 

 

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 Journal La Revue du Mont Blanc. Copyright Archives départementales

 

Histoire et patrimoine Chamonix

 publié par Christine Boymond Lasserre

Droits réservés

Les 750 ans de Vallorcine

Cette année, Vallorcine commémore les 750 ans de son entrée dans l’histoire de la vallée de Chamonix…

 _MG_7337dat « Nous frère (Richard), prieur du prieuré de Chamonix , du diocèse de Genève, à tous ceux qui liront le présent texte, faisons savoir que sciemment et de plein gré, sans y avoir été conduit par quelque ruse ou crainte, mais assuré de droit et de fait, nous avons donné et concédé, en notre nom et au nom de nos successeurs, à titre d’albergement perpétuel, aux Teutoniques  de la vallée des ours  et à leurs héritiers, la moitié de la vallée des ours susdite.

« Cette vallée est délimitée d’un côté par l’eau appelée Barberine , d’un autre par la montagne appelée Salenton , d’un autre par le lieu où naît l’eau appelée Noire  jusqu’à la limite qui sépare le territoire de Martigny  et le territoire de l’église de Chamonix .

« De même, nous signifions que les hommes susdits nommés Teutoniques, et leurs héritiers demeurant au même endroit, soient les hommes liges du susdit prieuré de Chamonix et soient tenus d’acquitter annuellement à la fête de saint Michel archange huit deniers de service et à la Toussaint chaque année quatre livres de cens au prieur de Chamonix du moment, sommes à verser et à acquitter intégralement.

« Et si quelqu’un des susdits Teutoniques veut se déplacer en un autre lieu, nous faisons savoir qu’il pourra emporter ses biens meubles avec lui librement et absolument, ainsi que vendre ses propriétés, le droit du domaine de Chamonix étant sauvegardé, mais à des hommes liges du dit prieuré et non à d’autres.

  « D’autre part, ils pourront demeurer en paix et libres de menées , de visites  et de corvées et, dans le respect des autres usages, droits et coutumes de l’église ou du prieuré de Chamonix, ils doivent obéir au prieur du dit lieu et sont tenus de répondre en tous points, dans le respect des droits de propriété et de seigneurie du dit prieuré conformément à ce qui est en usage et jouissance chez les autres hommes de Chamonix. En foi de quoi nous, prieur susdit, avons apporté notre sceau pour qu’on l’appose sur la présente page.

« Fait au cloître de Chamonix, l’année du seigneur 1264, le deuxième des ides de mai 

 

 

Ce document est riche de détails. Nous apprenons ainsi que la vallée de Vallorcine est bien appelée déjà « la vallée

des ours », que celle-ci est confiée à une population dénommée les « teutoniques ». On y retrouve également  la délimitation  assez précise du territoire concerné. Par ailleurs,  ces teutoniques resteront libres, c’est-à-dire que le prieuré de Chamonix leur reconnait le statut enviable de propriétaires des lieux.

Mais qui sont donc ces « teutoniques », pourquoi cette appellation ? Ont-ils été appelés ainsi  par les prieurs de Chamonix ? Occupaient-ils déjà les lieux ?  A-t-on simplement régularisé une situation  nouvelle?

C’est difficile de  le dire avec précision.

Actuellement,  les chercheurs estiment  que cette population serait probablement constituée de colons venus du haut Valais appelés les Walser. Ceux-ci,   issus d’une population plus ancienne originaire de tribus germaniques arrivant du nord de l’Europe,  auraient colonisé peu à peu les hautes vallées des Alpes,  profitant d’une période climatique plus clémente pour le passage des cols alpins.

 

La migration Walser s’est effectuée par la colonisation de hautes terres d’altitude (près des cols) sous l’entreprise des monastères

_MG_7891De cette culture,  peu d’éléments précis dans la vallée de Vallorcine permettent d’en affirmer l’implantation formelle.  Cependant,  quelques éléments d’architecture encore visibles dans le paysage vallorcin tels les regats ou raccards (commun à des vallées suisses et italiennes de culture Walser) sont  peut être bien le témoignage de l’installation  de ces « teutoniques » dans la vallée des ours.

 

 

 

1264-2014   Vallorcine a célèbré le 750e anniversaire de la charte d’albergement octroyée par Richard prieur de Chamonix aux Teutonici de Valloursine et à leurs héritiers à perpétuité.

La migration à travers les Alpes et la colonisation de ces terres d’altitude par les Walser est un fait unique par son amplitude et sa durée. Ces paysans défricheurs provenant de Souabe puis du Haut Valais ont été appelés par les pouvoirs ecclésiastiques et seigneuriaux. Les actes témoignant de cet appel sont les chartes d’albergement, en allemand Erblehenbriefe. Ils se sont installés dans le haut des vallées près des cols ce qui était stratégique au moment où le trafic de transit se développait. Là où ils se sont implantés, il s’est avéré que ce sont les territoires les plus soumis aux aléas tels que les glissements de terrains, avalanches etc. Au XIIIe siècle, l’émigration s’est d’abord produite vers l’ouest dont Vallorcine puis sur le versant méridional par les cols du Théodule et de Gries, ils ont fondé des colonies dans les vallées en étoile autour du Mont Rose ( dénommées la garde allemande par De Saussure): Macugnaga, le Val Sésia, Gressoney, le val d’Ayas. de Formazza à Bosco-Gurin et par les cols de la Furka et l’Oberalp ils ont essaimé les Grisons où ils se sont fortement implantés par touches. La fin de la diaspora se situe au XVe siècle, au moment du petit âge glaciaire, dans le Haut Prättigau et les deux Walsertal. Walser, contraction de Walliser (valaisan), est le terme utilisé pour les distinguer des autres populations alémaniques.

Max Waibel, spécialiste suisse des études Walser, décrit ainsi Vallorcine dans son ouvrage, « En chemin vers les Walser »: ( transmis par Dominique Ancey de Vallorcine)

PUBLIE PAR CHRISTINE BOYMOND LASSERRE . DROITS RESERVES

 Histoire et patrimoine Chamonix

La source sulfureuse des Mouilles

P1050458Dans un lieu secret peu connu des  chamoniards se nichent les ruines d’une ancienne source sulfureuse découverte au début du XIXème siècle.

En 1823 une eau jaillissant des Mouilles, analysée  par un médecin Mr de Gimbernat, se révèle « minérale, froide, saline, sulfureuse», et obtient une autorisation royale d’exploitation.

Les frères Simond  propriétaires de la source et propriétaires  de l’hôtel de l’Union au centre ville , aménagent des canalisations en bois de la source des Mouilles  à l’hôtel afin de proposer à leurs clients des bains, luxe incroyable à cette époque._MG_0745 - Copie

En 1834, Mr Morin chimiste de Genève la considérait riche en « qualité thérapeutique ».

Cependant les conduites seront emportées par les inondations régulières de l’Arve et de l’Aveyron. Elles seront abandonnées.

En 1863,  le docteur Depraz relance une demande d’autorisation d’exploitation.mulets + source - Copie

Les sources d’eau des Mouilles sont alors étudiées  avec soin par l’académie de médecine de Paris. Celle ci estime « la sources sulfureuse  conforme aux eaux les plus réputées contre les maladies de la peau, les ulcères et les cachexies »  et les sources d’eau naturelle toute proche se révèlent des «  eaux ferrugineuses appropriées aux malades souffrant de  constitutions lymphatiques et débilitantes ».

Cependant le conseil général des mines estime qu’il ne sera pas possible d’accorder une autorisation définitive avant « qu’un captage convenable de la source ait été opéré ».

L’autorisation tarde à venir. Les hôteliers chamoniards rêvent  de créer une station hydrominérale à l’image des stations thermales en vogue à cette période. On veut une belle station climatérique.

Le projet est relancé.

En 1876 une nouvelle étude est faite par le docteur Duchosal : « l’eau jaillissante est une eau claire, limpide dont l’odeur est celle des œufs couvés, dont la température est de 9 centigrades… » Il  indique, après analyse des eaux et enquête auprès de la population locale, « que ces eaux peuvent être employées en boisson, en douches, bains, injection, en inhalation et même peut être embouteillée. « Leur emploi peut être étendu à presque tous les cas de maladie chroniques dans lesquels on emploie les eaux de st Gervais..Peu de pays peuvent offrir autant de facilités pour un établissement hydrothérapique… ».

La société des hôtels réunis de Chamonix envisage un grand projet avec hôtel de 300 chambres, exploitation de la source couplé avec des bains de lait.

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Le projet ne sera jamais réalisé.

 

 

 

La source abandonnée voit cependant les chamoniards s’y rendre régulièrement lui appropriant des qualités curatives appréciées par tous.

La première guerre arrête toute idée de création de station thermale.

En 1930 le nouveau propriétaire, Mr Alphand,entreprend de remettre au gout du jour l’exploitation de la source des Mouilles. Les analyses sont réalisées quatre années de suite  par le ministère des la santé publique,  celui-ci accorde enfin en 1936 pour 30 ans  l’exploitation du lieu. Mr Alphand construit alors un petit édifice au dessus de la source, aménage un kiosque à musique et se lance dans l’exploitation de sa source.

Elle prend le nom de « la vivifiante ». Celle-ci sera analysée très régulièrement. On abandonne vite  l’idée d’embouteillage, l’eau ne gardant pas ses propriétés minérales.

Le petit établissement fonctionne ainsi une trentaine d’années recevant quelques curistes et surtout quelques curieux, la source ayant toujours sa réputation locale. Les médecins de la vallée recommandant à leurs malades de la boire régulièrement.

La source peu à peu débite de moins en moins en raison des travaux de canalisation des sources naturelles réalisés  afin d’assécher les zones marécageuses de ce petit quartier de la vallée.

Les chamoniards continueront jusque dans les années 1970 à venir faire provision de cette eau aux qualités médicinales.

La source se tarit et le lieu sera laissé à l’abandon._MG_0303

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A ce jour l’endroit est triste, sale (ormis quelques très beaux graffs), pas entretenu par des propriétaires peu soucieux de ce lieu historique.

 

 

 

 Sources : Archives Amis du Vieux Chamonix –  Archives départementales – livre de Pépé Luc – livre les folles année de Chamonix de Gaby Curral Couttet.

 

 Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine Chamonix

Moulins : Une activité essentielle de l’économie chamoniarde des siècles passés

Copie de tableau 3 fond payot

Coypright Fond Payot

De nombreuses lithographies et dessins nous apportent le témoignage d’une activité oubliée de nos jours, essentielle pour l’économie locale,  celle des moulins actionnés par le courant des torrents et cascades abondants dans la vallée.

Dès le moyen âge, se tiennent de nombreuses et âpres négociations avec les prieurs pour la mise en œuvre de machines actionnées par la force de l’eau. Moulins à farine, moulins à « foulon »  (chanvre et lin ), moulins de scierie. (voir liste actes notariés ci dessous)

 Avec l’arrivée des visiteurs et une nette amélioration des conditions de vie la vallée connaît   un nouvel essor, les moulins se développent et se généralisent.

 Les plus nombreux seront les foulons associés à des tanneries pour travailler le chanvre.  Cette plante répandue dans toute la vallée était utilisée pour nombre d’objets : cordes, vêtements, draps. Travail fastidieux, pénible, avec de nombreuses opérations.

Pour la conservation on utilisait de l’écorce de mélèze qui servait de tanin et des acides naturels pour la souplesse, d’où les odeurs fortes qui rejetaient les tanneries à l’extérieur des villages.

Moulins et tanneries à l'entrée des Praz

Moulins et tanneries avant l’entrée du village des Praz

 

 

 

On travaillait également le lin que l’on réservait pour les vêtements « du dimanche » et parfois quelques draps.

 

 

 

 

Scierie aux TinesCopyiright Mme Luisier

Scierie aux Tines
Photo Mme Luisier

Mais encore plus fréquents étaient les moulins de scieries dont le bois servait à la construction, à la fabrication du mobilier, aux  outils et alimentait les chauffages des maisons. Ce matériau était à la base de l’économie locale. Chaque hameau possédait une à deux scieries.

Il est intéressant de noter qu’en 1829 l’administration cherchait à contrôler ces scieries qu’elle considérait « comme nuisibles » à la conservation des forêts, car nombreux étaient les propriétaires faisant des coupes de bois dites bois de lune (c’est-à-dire coupé de nuit sans aucun contrôle).

 Il y avait aussi quelques moulins couplés avec des forges. La forge comprenait un martinet indispensable pour travailler les outils agricoles.

Ex le 28 octobre 1861 (concernant la fabrique de sonnettes

Scierie Tronchet du bord d'Arve dans rue des moulins

Scierie Tronchet du bord d’Arve dans rue des moullins

Joseph Auguste Tronchet meunier cède aux frères Michel et Pierre Devouassoud, maréchaux et serruriers,  «le droit de placer dans la « bezière »  provenant de la rivière Arve qui fait mouvoir les moulins que le dit venant possède au sommet du bourg de Chamonix deux roues pour la mouvance d’un martinet et autres artefacts que les frères Devouassoud vont établir ».

 

 

Tableau : peintre anonyme. Copyright Fond PAYOT

Un moulin dépendait  d’une installation hydraulique pour amener l’eau. Celle-ci était conduite au dessus de la roue à aubes par une canalisation de bois inclinée, sorte de chenal suspendu à ciel ouvert.  Souvent l’eau était détournée du lit principal du torrent par une bédière.

_MG_6779Par sa force, l’eau actionnait le mouvement de la roue. La plus grande difficulté était d’avoir une amenée d’eau régulière. Les rapports de syndics du 18ème précisent que beaucoup de ces scieries ne fonctionnaient qu’en période de « hautes eaux », c’est à dire à la fonte des neiges ou en période de grandes pluies. D’ailleurs les scieries ne pouvant fonctionner toute l’année, les scieurs se faisaient bûcherons ou louaient leurs bras.

 

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 HISTORIQUE  DES DIVERS ACCORDS NOTARIÉS SIGNES

DANS LA VALLÉE   avec carte  de 1531

 

Historique moulins24022014 

Carte de l'Arve et ses moulins Mappe sarde Copyright Archives départementales

Carte de l’Arve et ses moulins
Copyright Archives départementales 10 G 273 BIS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources : Ouvrages de l’académie salésienne 1941 – Couvert Du Crest : une vallée insolite

HISTOIRE ET PATRIMOINE CHAMONIX

  Christine Boymond Lasserre

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