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La longue errance des casinos de Chamonix

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Hôtel de l’Union

La  première  activité connue de casino à Chamonix s’exerce  durant la Belle Époque, aux alentours de 1886,  dans les salons de l’hôtel de l’Union, lieu ou l’on se réunit pour lire, bavarder, jouer, danser…  Ce premier Casino, ainsi  qu’un débit de boissons seront officialisés en 1891 par Adolphe Schreiber.

Villa des Fleurs annexe de hôtel de l'Union copyright Gay Couttet

La villa des Fleurs Copyright Gay Couttet

 

 Mais très vite, faute de place,  l’activité se déplace en face de  l’hôtel à la Villa des Fleurs (actuelle Potinière).

 Dès 1892 Mr Lespinasse directeur du Casino de l’hôtel, présente le projet ambitieux d’un casino grandiose au Bois du Bouchet. La commune, intéressée, lui concède  la parcelle mais lui demande en échange de construire à proximité un hôtel de 300 chambres au « confort le plus raffiné ».  On offrira des cures hydrothermales avec l’eau sulfureuse des Mouilles, des « cures de lait » grâce à une laiterie moderne, et tous les soins d’une station « climatérique ». Mais Mr Lespinasse abandonne  Chamonix en 1893,  laissant une dette de 90Fr.

Casino Villa des Fleurs hôtel de l'Union à gauche

Casino Villa des Fleurs hôtel de l’Union à gauche

Le Casino continue donc son activité  à la Villa des Fleurs et à l’hôtel de l’Union.

 

La Villa des Fleurs est  tenue par Mr J. Cusin qui  y fondera quelques années plus tard  « le Muséum de Chamonix » où il proposera des conférences avec projections lumineuses. Le Muséum sera transformé plus tard en « grand cinématographe du Mont Blanc.)

 

Casino du Bois du Bouchet copyright Gay Couttet

Casino du Bois du Bouchet
copyright Gay Couttet

En janvier 1903, la nouvelle rue de la plage est ouverte. Le conseil municipal loue pour 24 ans à Mrs Henry Devouassoud et Jacques Curral  22 ha au Bois du Bouchet. Ils  ont le « droit d’y construire tout ce qui pourrait intéresser le touriste et lui rendre le séjour plus agréable ». Six mois plus tard, la concession est cédée à une société anonyme, « le Casino municipal ».

En 1905,  le casino  du Bouchet ouvre avec une grande salle de théâtre, des salles de jeux, de lecture et de concert.  L’autorisation des jeux est accordée en 1908.

Mais ce casino municipal peine à fonctionner, il est  mal chauffé en hiver, les charges sont trop lourdes. Le bâtiment se délabre peu à peu. D’ailleurs dès 1909 , il revient en hiver à la Villa des Fleurs, il sera abandonné en 1928. (Le bâtiment servira plus tard d’accueil et de vestiaires pour la Plage de Chamonix, jusqu’à la construction du centre sportif dans les années 1970.)

On envisage un temps la destruction de l’hôtel Royal pour la construction d’un immense palais – Puis un autre projet sur l’emplacement de la villa des Fleurs (actuel Kursaal). Ou encore sur l’emplacement de l’annexe de l’hôtel du Mont Blanc (actuelle boulangerie)

Tous ces projets seront abandonnés.

Le Casino Palace

Le Casino Palace

 

 Et c’est ainsi que faute de financement on privilégiera  les salons du Chamonix Palace (La Résidence actuelle).

Il fonctionne très bien.

 Plus tard abandonnant l’idée de construire un casino dans la rue centrale de la ville,   la commune accorde l’autorisation de la construction du Casino du Mt Blanc sur l’Arve en 1926. Celui ci appelé en 1926 casino du Mont Blanc deviendra salle Michel Croz, en 1970 salle des fêtes et salle de spectacles,  qui sera entièrement détruite par l’incendie de 1999.

 

 

casino du Mt Blanc copyright Gay Couttet

Casino du Mont Blanc construit au dessus de l’Arve (photo Gay Couttet)
année 1930 qui deviendra en 1970 salle Michel Croz

Salle des fêtes Michel Croz (ancien casino)

Salle des fêtes Michel Croz (ancien casino)
Année 1980

Casino dans l'ancien hôtel Royal

Casino dans l’ancien hôtel Royal

 

Le casino sera ensuite hébergé à l’ancien hôtel Royal à partir de 1970

 

Histoire et patrimoine Vallée de Chamonix
Christine Boymond Lasserre

 

Qu’est ce que la fontaine de Claudine ?

Litho la fontaine de ClaudineDans la collection des  tableaux de Gabriel Loppé exposés au musée Alpin  de Chamonix, une lithographie porte le titre «de la Fontaine de Claudine ».

Quelle était donc cette fontaine inconnue de nos jours ?

Est-ce le fruit de l’ imagination du peintre ? Sur la lithographie,  on devine le chemin qui conduit au Montenvers. Du temps de Loppé  existait déjà  sur ce chemin la fontaine de « Caillet ». Mais pourquoi la fontaine de Claudine ?

La réponse est dans la littérature de l’époque. Un écrivain connu  en ces temps romantiques, Etienne Pivert de Senancour, se rend  à Chamonix. Il découvre la vallée et, Inspiré par ce milieu magique,  il écrit quelques ouvrages dont un intitulé « Oberman », roman où la nature,  à l’image de la vision romantique de cette période,  prend une place prépondérante.

Il écrit également un petit roman intitulé : « Claudine, nouvelle savoyarde »

Cet ouvrage très à la mode du temps de Loppé nous raconte l’histoire d’une jeune fille séduite par un anglais sur le chemin du Montenvers…  D’où le tire de la lithographie.

 

Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Carlton : les 100 ans de l’ancien hôtel du centre ville

carlton 5En 1913 s’ouvre un hôtel de luxe le Carlton .

Paul Simond issu d’une des plus grandes familles hôtelières de Chamonix se lance. Non seulement propriétaire de l’ancien hôtel de la Poste, mais également du nouvel hôtel Astoria construit en 1907, il comprend que l’ouverture de la nouvelle rue devenue avenue de la gare deviendra un centre « stratégique » majeur pour le développement hôtelier.

Nous sommes au cœur de la Belle Époque, la clientèle provient du monde entier. Elle découvre les joies de l’hiver depuis quelques années.

 

Paul Simond, propriétaire de l'hôtel Carlton

Paul Simond, propriétaire de l’hôtel Carlton
Copyright famille Simond

Mr Simond, décide alors d’ouvrir un hôtel de tout confort, avec ascenseur, eau froide et chaude, chauffage central dans toutes les chambres, certaines de luxe avec salle de bains …

Il est de son temps. Fini les palaces à l’ancienne, il veut un hôtel moderne adoptant ce style joyeux à la mode dans toute l’Europe : l’art nouveau.

Le Carlton sera ainsi construit dans un genre tout à fait original à Chamonix.galerie marchande

Grandes baies en plein cintre au rez de chaussée afin de faire rentrer la lumière dans les salons et le restaurant. Façade arrondie, du jamais vu à Chamonix ! Et le granit omni présent, magnifiquement travaillé et qui sera un des derniers témoignages chamoniards de l’usage de ce matériau si dur à façonner.

Le conflit avec les propriétaires du Chamonix Palace en construction en face l’empêchera de bâtir l’ensemble prévu, et oui ces derniers ne voulaient pas perdre la vue sur le massif !centre chamonix années 60

Ainsi le Carlton offrira cette façade tronquée, ouverte sur le carrefour et se prolongeant vers le centre par une galerie marchande si Inédite dans ces années d’avant guerre.

Le Carlton restera pour nous tous un des témoignages le plus attrayant de la période de la Belle Époque et de son expression architectural qu’est l’Art Nouveau..

 

Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond lasserre

La compétition du KM vertical est elle une nouveauté ?

 

photo du Brévent année 1900 copyright : collection privée

 Le KM Vertical…une course mythique ?

Parallèlement à la course  du marathon chamoniard du dernier WE de juin se déroule une course assez étonnante le KM Vertical.Cette course contre la montre se déroule ainsi :

Départ de l’église de Chamonix pour arriver à la station intermédiaire de Plan Praz .3.8km avec un dénivelé de 100àm le tout réalisé par les vainqueurs autour de 30 à 35mn …

Belle performance…

Cette course connait un réel succès puisque près de 500 participants viennent ici se battre contre la montre  : de quoi impressionner les esprits sportifs ..

Cependant …en 1897 une course similaire fut  proposée aux jeunes chamoniards de l’époque. Avec départ de l’église de Chamonix – Montée par les Moussoux – passage par Bellachat – sommet du  Brévent – descente par le fameux passage de la cheminée (oublié de nos jours) –  Planpraz – Chamonix…

Le premier Edouard Payot, mettra deux heures suivi immédiatement par Jean Marie Devouassoux, Francois Joseph Cachat puis Joseph Bossoney.

 Belle performance quand on imagine le matériel de l’époque…N’est ce pas ?

Ci-dessous articles parus dans« La Croix du Mont Blanc et de Chamonix »  en août 1897 à propos de cette course qui  attira beaucoup de monde ce jour là !

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Elle est classée monument historique mais le savons nous ?

 

_mg_0199Nous allons à la poste, à la banque, à la boulangerie…  nous passons devant elle des milliers de fois.

Y  jetons-nous   un regard ?  La remarquons-nous ? L’avons-nous observée dans le détail ?

Et pourtant elle est classée monument historique !

De quoi parlons-nous ? D’une maison, d’un  bâtiment ?  Non,  tout simplement de  la magnifique fontaine située au cœur de la place Balmat.

L e 8 juin 1860, la municipalité, pas encore française, adopte le projet d’une fontaine publique « à fixer au milieu de la place publique du chef lieu ».

Le 9 septembre 1861 la commune  fait appel à «… Mr Pizelli tailleur de pierre, natif de Cambiosco en Piémont , pour l’exécution de fourniture et travaux à la construction d’un bassin en granit à établir sur la place publique . Mr Pizelli est invité à venir passer pour l’accomplissement de ses engagements et à faire exécuter à ses frais et risques tous les travaux et fournitures pour la construction d’un bassin en granit … ».

_MG_0204Les diverses délibérations municipales des années suivantes nous apportent peu de détails complémentaires,  sinon une volonté exprimée  par l’administration préfectorale recommandant aux  conseils municipaux la création de fontaines en eau potable afin de favoriser la distribution d’eau nécessaire à la population. D’ailleurs, une  seconde fontaine sera créée dans le haut du bourg, alimentée par la source des Nants.

L’observation de la fontaine Balmat nous laisse admiratif._MG_0156

Elle se compose d’un bassin  taillé dans une pièce unique, un seul  morceau de granit de 3.50m x2.40m, c’est à peine  croyable  lorsque l’on connaît la difficulté du travail de cette pierre.

 Comment les graniteurs ont-ils œuvré ? D’où vient ce bloc magnifique ?  Peut-être de la carrière d’Orthaz ? Ou d’une  carrière plus haut située au pied de la mer de glace ? Comment  l’ont-ils déplacé ? L’ont-ils creusé une fois installé sur la place ?   Etaient-ils plusieurs  tailleurs?

Nul ne connait  les  raisons qui ont  conduit les autorités à décider du  classement en monument historique en 1941. Mais ce qui est certain, c’est que cette fontaine, surprenante par sa taille, reste un témoignage majeur du travail oublié des graniteurs qui ont œuvré dans la vallée de Chamonix.

Fontaine du haut du bourg également classée

Fontaine du haut du bourg également classéel

Originaires du Piémont, voire même des vallées plus lointaines au nord du lac Majeur, ils venaient faire une saison, travaillant dans des conditions difficiles puis repartaient dans leur famille.  Ils reviendront de plus en plus nombreux lorsque Chamonix connaîtra le boum économique de la Belle Epoque. Ce sont eux qui participeront aux travaux de constructions des hôtels, des voies ferrées, puis plus tard des remontées mécaniques. Leur présence est attestée pour la  construction de nombreux immeubles  chamoniards. Beaucoup ont fait souche, souvent les  familles aux consonances italiennes  de la vallée sont héritières de ces ouvriers, sculpteurs discrets mais courageux,  qui ont œuvré pour l’embellissement de notre vallée.

 Histoire et patrimoine Chamonix

Christine Boymond Lasserre

La rencontre de Jules Payot enfant du pays avec Vladimir Illitch Oulianov devenu Lénine

Portrait Jules Payot

Portrait de Jules Payot
( 1859-1939)

 

Jules Payot recteur de l’académie d’Aix en Provence, auteur de nombreux ouvrages de morale et d’éducation a rencontré, selon les descendants de la famille, Vladimir Illitch Oulianov qui deviendra peu de temps après le fameux Lénine.

Et où ? …tout simplement dans la maison familiale qui se trouvait au centre de Chamonix.

 Le pourquoi, le comment de cette rencontre..

.A découvrir dans le  témoignage tout à fait intéressant . de Jean Fabre, petit fils de Jules.

Vidéo  TV mountain ci dessous



 Jules est le frère de Paul Payot , banquier  (mais aussi maire au début du 19ème page 1360siècle) créateur de la Banque Payot au centre de Chamonix et de Michel Payot, médecin à l’origine des premières compétitions de ski dans la vallée et de  la création du 1er club de sport de Chamonix

 Une famille inoubliable dans l’histoire de la vallée.

 

Maison qui aurait été achetée par Jules Payot à la suite de la vente des emprunts russes selon le conseil de Lénine !

 

 

Un couple mytique de la Belle Epoque à Chamonix , le couple Agutte -Sembat

un couple fusionnel exceptionnel

Georgette Agutte – Marcel Sembat

Photo fondation Agutte

 Je ne puis vivre sans lui, 12 heures qu’il est mort. Je suis en retard  »

ainsi écrit Georgette Agutte juste avant son suicide après le décès de son mari Marcel Sembat.

Qui, à cette époque, n’a pas été touché par cette histoire sublimée

Mais qui étaient-ils donc ?

Marcel Sembat, socialiste, député dans le XVIIIème arrondissement et ministre des transports entre 1914 et 1916 était un homme politique engagé et renommé. Il restera député jusqu’à sa mort. Il sera par ailleurs un grand amateur d’art.  Son discours du 3 décembre 1912 en faveur de l’art moderne restera célèbre !

Il épousera en 1897 Georgette Agutte, femme libre, divorcée d’un critique d’art, montrant une grande indépendance d’esprit.  Elle était une grande passionnée d’art dont elle fréquentait les milieux depuis sa jeunesse. 

Tous deux étaient des amateurs éclairés, ouverts aux tendances nouvelles. Ils  auront pour amis Henri Matisse, Paul Signac, Albert Marquet, André Derain. Mécènes, ils achèteront ainsi nombre d’œuvres à ces peintres amis dont ils appréciaient le talent. (Dans les dernières volontés de Georgette Agutte la collection devait regagner un musée de province. C’est Grenoble qui sera choisi).

Georgette Agutte Sembat elle-même exposera au salon des Indépendants en 1904, elle participera à la création du salon d’automne et de 1908 à 1916, elle exposera régulièrement dans les salons de l’époque…

>Tableau musée alpin de Chamonix

Tableau exposé au musée alpin de Chamonix

Elle peint des paysages, des portraits, des nus .

Très marquées par les impressionnistes et, les fauves, ses œuvres sont riches d’une palette originale et colorée.

Tous deux aimaient Chamonix où ils s’étaient fait construire une maison. Georgette Agutte faisait partie de ces femmes amateur d’alpinisme en ces débuts du XXème. Plusieurs fois par an, ils se plaisaient à venir passer quelques jours face au Mont Blanc.

C’est en montagne que le 4 septembre 1922,  Marcel Sembat décède d’une hémorragie cérébrale. 12  heures après Georgette Agutte le suivra dans la mort en se suicidant.

Que reste-t-il à Chamonix de ces deux personnages à l’amour fusionnel ?

Une maison encore marquée par leur présence et huit tableaux de Georgette Agutte dans les collections du Musée Alpin(qui fait du musée alpin  la seconde collection Agutte après le musée de Grenoble)

Six de ces   tableaux sont exposés depuis peu. On y découvre des œuvres maitresses consacrées à la montagne, inspirées du fauvisme. Rochers, glaciers, arbres y expriment une nature forte que l’artiste a manifestement connue intimement. Les couleurs sont chaudes, puissantes, il se dégage des œuvres une énergie profonde…  Georgette Agutte aimait notre vallée.

 

Allez découvrir ce talent,

 

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Tableau musée Alpin

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Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine

Quel est le plus ancien hôtel de la vallée toujours en activité ?

On imagine le Montenvers, le Richemond, l’Excelsior, l’Albert 1er, l ou l’Aiguille du midi, ou encore l’hôtel de la Prairie…. Mais l’unique hôtel qui soit, depuis sa construction, toujours exploité  en tant que tel est l’Hôtel de la Couronne à Argentière.

vue hôtel de la couronne

Carte postale

Carte postale

 Construit  vers 1863 – 1865 celui-ci n’a jamais changé d’activité depuis son origine. Édifié sous le régime de du nouvel Empire sous le nom d’Hôtel de la Couronne, il gardera ce nom jusqu’à nos jours.

 D’après la famille Mortier, actuelle propriétaire, l’hôtel prit le nom de « Couronne » à l’instigation de la famille Devouassoux d’Argentière  en succession de l’Hôtel de la Couronne de Chamonix détruit par l’incendie dévastateur de Chamonix en 1855. Cet hôtel (résidence Terminus actuellement), construit en 1832, était d’excellente réputation.

A Argentière, à cette même période, existait déjà une auberge, le Bellevue, datant de 1816, qui servait de relai pour les mulets. Ce village où les visiteurs commençaient à être de plus en plus nombreux manquait d’hébergement confortable.

IMG_5122L’hôtel de la Couronne sera plus agréable, sur deux étages,  avec une vingtaine de chambres, certaines avec une cheminée (les conduits ont été retrouvés lors des travaux de rénovation). Ce nouvel établissement sera une étape très prisée sur le chemin vers la Suisse. Il deviendra à parti des années 1870 un relai de diligences.

Les familles propriétaires se succèdent, tout d’abord les Devouassoux, puis madame Muller, fille de la maison, ensuite Mme Lamy, petite fille,  chacune apportant la modernité des temps présents.

En 1932, la maison s’agrandit d’un étage, ce qui lui donne son aspect actuel. On installe le chauffage central, grand luxe pour l’époque. Ce fut un bon choix, puisque l’hôtel sera grouillant de monde en 1937 lors des championnats du monde, sur la piste de la FIS, marquée par la victoire d’Emile Allais.

Monsieur Mortier prend le relai en 1958. Il affectionne cet hôtel, qu’il entretient avec persévérance et sens pratique. D’année en année il le modernise, installe des salles de bain dans chaque chambre et aménagera même une patinoire dans le jardin pour mettre à profit les froids sibériens des années 1960. Marcel Wibault assurera la pérennité de cette innovation par un superbe tableau qui rappelle aux anciens Argentérauds ces moments exceptionnels où tout Argentière se retrouvait au bord de la patinoire.

Mr Mortier, passe le relais à sa fille. Mais à 92 ans, toujours présent sur les lieux et toujours passionné, il prend un réel plaisir à vous raconter avec moult détails ses souvenirs liés à Argentière. Une mémoire  vive et intacte.

Histoire et patrimoine Chamonix

 Christine Boymond Lasserre : 

 

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