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Publicité pour oxygène parue en 1898

En feuilletant  la  » Revue illustrée du Mont Blanc et de Chamonix » parue en  juillet 1898 on y trouve une publicité tout à fait  amusante sur la possibilité de commander de l’oxygène à emporter pour aller en alltitude.

Il est précisé : « indispensable contre les troubles de la respiration et le mal de montagne »

Dans une de ces revues un long article écrit par Mr Joseph Vallot décrit  d’ailleurs  les difficultés que beaucoup ont  lorsqu’ils tentent le mont Blanc. Il se plaint d’ailleurs déja du trop grand nombre de personnes se trouvant en haute montagne et méconnaissant le milieu !

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Photo publié par Christine Boymond Lasserre – Droits réservés

A Chamonix une ancienne villa typique de l’Art Nouveau : l’hôtel de l’Aiguille Verte

hotel aiguille verte 5Cet hôtel en sortie de ville, riverain de la route des Praz, mérite plus qu’une observation rapide de sa façade. Construit en ces débuts du XXème siècle, il est l’une des plus belles expressions architecturales de l’art nouveau à Chamonix.hôtel aiguille verte

Jules Bossoney, maire de Chamonix entre 1908 et 1920, est l’initiateur de la construction de cette superbe villa en 1906, à titre privé.

Tout d’abord guide, il participe à la construction de l’observatoire Janssen et à l’édification des refuges de la Charpoua et du Couvercle. Par la suite, élu de la commune, il se révèle un maire dynamique et entreprenant en cette période faste de la Belle Epoque.

Dès l’origine, cette villa est destinée à recevoir des visiteurs, qui sont de plus en plus nombreux dans la vallée. La construction comporte deux maisonnettes identiques reliées par une entrée commune.

Chaque habitation possède un salon, une salle de bains, une cuisine, des chambres en étage, une loggia et un logement pour le personnel.

détail aiguille verte 2

La courbe est inhérent à l’Art Nouveau

Mais l’originalité de cette villa réside dans le choix de son décor résolument art nouveau.

faience aiguille verte

Le travail de la céramique est majeur dans l’art nouveau

La façade réunit une grande diversité de matériaux : bois, faux colombages, larges verrières dans la véranda, briques dans les angles, le tout typique de cette expression artistique.

aigui verte 2Des céramiques aux couleurs éclatantes ont résisté au temps. Magnifiques, variées, elles ornent, selon la tradition de l’art nouveau, les dessous de fenêtres.  Les ferronneries en volutes des rambardes sont à l’image de ce style décoratif  nouveau en France.

L’intérieur se singularise par des sols faits de carreaux de ciment joliment décorés. Différents selon les pièces,  ils ont été conservés et portent témoignage des nouvelles techniques découvertes à cette période.aigui verte 7

Cette ancienne villa illustre avec réussite la fantaisie de cette expression architecturale qu’est l’art nouveau en cette période de la Belle Epoque. Elle montre par ailleurs la volonté d’un maire sensible aux modes décoratives et faisant preuve de modernisme.

Aujourd’hui exploitée en hôtel depuis 1945, elle aurait un besoin urgent de restauration. C’est pour les propriétaires et pour les amoureux du patrimoine un sujet de vive préoccupation.

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Copyright Mme Gaubiac

 Article et photos : Christine Boymond lasserre – Droits protégés

histoire t patrimoine Chamonix

Venance Payot (1826-1902) : guide naturaliste, éditeur, collectioneur, conseiller municipal, maire …

Un chamoniard naturaliste mais aussi guide, élu local, marchand, collectionneur, éditeur…Un homme actif de son temps.

Manuscrit écrit par Venance Payot

Il fait le Mont Blanc à 15 ans, il sera naturellement guide et son intérêt pour la géologie, la faune, la flore, les glaciers le conduira à participer aux expéditions des scientifiques venant à Chamonix. Il accompagnera ainsi le fameux Dr Pitschener en 1861.

A plusieurs reprises conseiller municipal il deviendra maire pour deux mandats le 1er de 1863 à 1864 puis de 1881 à 1882. Il obtiendra également un siège de conseiller d’arrondissement de la Haute Savoie de 1892 à 1898.

Il s’opposera farouchement au projet de la construction du train du Montenvers publiant un pamphlet virulent contre la décision de la préfecture.

Il possédait au centre de Chamonix un magasin au nom de « Cristal de roche »ou il proposait à la vente cristaux,

Boutique "au cristal de roche" à gauche de la photo

Boutique « au cristal de roche » à gauche de la photo

pierres diverses, papillons, objets en tous genre, livres etc.…

Il est l’auteur de nombreux guides et brochures destinés aux touristes qu’il vendait dans son magasin ou déposait dans les hôtels de Chamonix..

Ce naturaliste atypique avait accumulé tout au cours de sa vie coléoptères, minéraux, fossiles herbiers….se constituant ainsi une des collections les plus intéressantes de la région. Il échangeait très régulièrement avec les scientifiques de l’époque et de nombreuses sociétés savantes européennes.

Un érudit à part entière.

Mosaïque sur la façade de la banque Laydernier rappelant l'emplacement de la boutique de Venance Payot

Mosaïque sur la façade de la banque Laydernier rappelant l’emplacement de la boutique de Venance Payot.

Conscient de sa collection étonnante il décide à l’âge de 70 ans de léguer ses diverses collections à la ville

d’Annecy. Les objets seront accompagnés d’une somme d’argent dont les intérêts devaient servir à perpétuité à l’entretien de ses collections. Celles-ci furent exposées a partir de 1900 dans une pièce particulière du musée d’Annecy.

Actuellement les collections sont rangées dans les magasins et réserves de la bibliothèque d’Annecy.

Elles furent exposées temporairement il y a quelques années au sein même de la bibliothèque de Bonlieu à Annecy.

Celle-ci a désormais, grâce à ces collections exceptionnelles, mis en ligne  sur le site de Lectura un parcours très intéressant  et très instructif sur Venance Payot.

A découvrir en cliquant sur le lien ci-dessous : ↓

                                     Venance Payot

La dernière éxécution capitale à Chamonix d’un crime réalisé à Vallorcine

Le drame de Vallorcine raconté par Stephen d'Arve

Le drame de Vallorcine raconté par Stephen d’Arve

Elle remonte au 28  janvier 1868, huit ans après l’annexion.

Elle est relatée par Stephen d’Arve, chroniqueur de la vie chamoniarde, qui a assisté à la mise à mort sur le pré de foire, actuelle place du Poilu.

L’homme qui a été guillotiné, condamné à mort pour assassinat par la Cour d’Assises  d’Annnecy, n’avait pourtant pas tué sa victime qui avait réchappé à son  agression.  C’est dire à quel point la justice de cette époque était expéditive !

Plan du lieu du meurtre dressé par la police Archives départementales

Plan du lieu du meurtre dressé par la police.  copyright Archives départementales

Le « crime » eut lieu dans  la nuit du 12 au 13 août 1867, dans le petit village de Vallorcine. A 10h du soir, un homme vint frapper à la porte du presbytère et réveilla l’abbé Mariaz, curé de Vallorcine. Il lui demanda de venir porter secours à son camarade  très malade, recueilli à la caserne des douaniers du Chatelard. Le curé suivit l’homme en toute confiance, mais arrivé au pont sur l’eau noire, celui-ci lui assena plusieurs coups de gourdin sur la tête puis le poussa dans le torrent.

Blessé mais vivant, le prêtre parvint à se hisser hors de l’eau et alla chercher secours chez un voisin. 

Pendant ce temps, le bandit retournait au presbytère et, sous la menace, exigeait de la servante Mélanie qu’elle lui remit les économies du curé, quatre pièces de cinq francs et sa montre en or, puis  s’enfuyait.

Aussitôt  on se lança à la recherche de l’ « assassin ». Celui-ci fut arrêté pas loin de la frontière par les douaniers. C’était un valdotain du nom de Vicquery François-Basile, scieur de long de son état.  Il nia farouchement être l’auteur du crime, mais un enfant avait retrouvé son chapeau dans l’Eau noire, perdu au cours de la rixe. Le chapeau portait la marque d’un fabriquant d’Aoste, c’était une preuve ! Il fut transféré à la prison de Bonneville.

Le procès d’Assises s’ouvrit à Annecy le 17 décembre 1867 devant une foule nombreuse. L’accusé continua à nier toute participation au crime.

La  veille du jour fatidique, deux « Messieurs »  sont venus  à Annecy « prendre livraison »  du condamné pour le conduire sur le lieu de son exécution.   L’un était l’exécuteur en titre de Grenoble, l’autre celui de Chambéry. Ils étaient accompagnés de l’abbé Laffin. On fit croire à Vicquery  qu’on devait le conduire à Chamonix pour un complément d’enquête, mais apparemment  il n’en crut pas un mot.  Pendant le voyage, le prisonnier refusa toute nourriture et toute boisson tandis que les messieurs et  leurs accompagnants se restauraient lors des étapes. A Servoz la calèche fut remplacée par un traineau à neige. Le jeune avocat commis fit, en vain, tout ce qu’il put  pour atténuer sa culpabilité en arguant des « coups et blessures sans intention de donner la mort ». Le jury, à l’unanimité, répondit  par l’affirmative aux cinq questions posées par le président. Le verdict est rendu par la cour : « La cour condamne l’accusé Vicquery à la peine de mort et ordonne que l’exécution publique aura lieu à Chamonix ». Le pourvoi en cassation et le recours en grâce par Napoléon III furent rejetés.

Le condamné reçut de l’aumônier une dernière absolution, baisa le crucifix, et gravit les huit marches de la plateforme,  soutenu par les deux exécuteurs. Une foule d’environ 1500 personnes se pressait  autour de l’échafaud, c’est-à-dire l’équivalent de  la population de Chamonix. On y dénombrait  de nombreuses femmes.

C’est ainsi que fut guillotiné à Chamonix le valdotain François Basile Vicquery . « Ce n’était heureusement pas du sang français » commenteront les spectateurs…

Stephen d’ Arve  ne relata toute cette histoire que  30 ans plus tard, en 1901,  dans un petit livre intitulé « Le drame de Vallorcine ». Dans son épilogue, citant Victor Hugo, il pose franchement la question de l’inhumanité de la peine capitale, supprimée depuis longtemps en Suisse et en Italie.  « Etait-il nécessaire de faire jaillir à si grands frais tant de sang humain sur la neige immaculée de Chamonix ? »

 

 Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

De quand date la route Chamonix – Martigny :

ROUTE CHAMONIX – MARTIGNY

Après le rattachement de la Savoie à la France,   Napoléon III veut visiter ses nouveaux territoires  et vient dans la vallée de Chamonix.

Lors de sa venue, il fait un temps épouvantable. Effaré par le dangereux chemin muletier qui le conduit à Chamonix, Il décide de financer la construction d’une route carrossable de Sallanches à Chamonix, route qui sera terminée en 1870.

Diligence au départ de Chamonix

Diligence au départ de Chamonix

Très vite, les diligences assureront la liaison entre Genève et Chamonix. La route nationale est tracée vers Argentière puis arrive dans la vallée de Vallorcine entre 1882 et 1886. Un nouvel itinéraire vers la Suisse est alors tracé.

Mais qu’en est il de la route de l’autre côté de la frontière, en direction de Martigny. ?

 

Autrefois, pour accéder en Suisse, les voyageurs empruntaient le col de Balme (récit de Goethe lors de son passage dans la vallée en novembre 1779) : « …notre guide nous propose de passer le col de Balme, haute montagne au nord de la vallée du côté du Valais …  de ce point élevé nous pouvons encore , si nous sommes heureux,  contempler d’un coup d’œil la vallée de Chamonix…. ».

Passage de la tête noire en 1934

Passage de la tête noire en 1934

C’est à partir de 1825 que les valaisans déposent un projet de « route à chars » pour relier Martigny à Chamonix. On décide alors de passer par la Tête noire et le col des Montets.

Le passage de la Tête noire était connu de longue date comme un étroit chemin appelé le « mauvais pas ».  Le voyageur était contraint de descendre de son mulet en raison de la difficulté du passage au dessus du vide. Le percement d’un tunnel s’impose donc, et les travaux de la « roche percée » de Tête noire sont réalisés entre 1827 et 1836. C’est à cet endroit que s’ouvre en 1834 une auberge, futur hôtel qui ne sera détruit que lors de la modernisation de la route en 1950.

Le pont au niveau de la frontière suisse-sarde est refait à neuf en 1840.

Cependant, en raison des gros frais engagés, les travaux de la route avancent lentement.

Théophile Gautier, en 1868, nous précise dans son ouvrage « Les vacances du lundi » que le trajet se fait encore à pied ou à dos de mulet, mais que la route commence à être praticable aux chars légers. Mais la pente est  si raide entre  Martigny  et  le col de la Forclaz qu’en 1871 le conseil d’Etat doit rappeler  que le parcours reste un chemin muletier interdit à tout véhicule. La route ne devient officiellement carrossable qu’en 1875 et le passage du Châtelard sera élargi en 1888.

La concurrence de la route des diligences de Vernayaz, Salvan, les Marécottes et Finhaut  sera longtemps d’une vive concurrence.

De plus l’itinéraire resta longtemps dangereux et impressionnant. Dans le livre «les folles années de Chamonix », Gaby Curral Couttet raconte : « … Tête noire porte bien son nom, je n’osais regarder dans un décor triste et sombre, ces abîmes à pic… Deux voitures ne pouvaient se rencontrer sans friser la catastrophe si bien qu’il était obligatoire de téléphoner du Châtelard à Tête noire et de Tête noire à Martigny pour savoir si la voie étai libre : que de fois avons-nous été contraints de nous arrêter à Tête noire pour attendre souvent plus de deux heures le passage de la voiture engagée dans l’autre sens… maman nous racontant le parcours qu’elle avait fait en diligence où le lourd véhicule risquait à tout moment de basculer … »

Ce n’est que plus tard dans les années 1950 que la route sera modernisée devenant largement plus accessible.

 

Sources : Sandro Benedetti : les voies de communications et le développement touristique.Les chemins historiques du canton du Valais. Berne : 2003

Article réalisé par Christine Boymond lasserre – Droits prot&égés

 

Une des plus anciennes photos de Chamonix

archives départementales 2Photo appartenant aux Archives départementales copyright Archives départementales

La virée des villas de villégiature en vidéo


  Découvrez en diaporama vidéo la virée originale

des villas de villégiature

Cliquer ci dessous :

Cette balade nous emmènera à la découverte des villas de villégiature construites dès le début des années 1900 à la périphérie de Chamonix.

 Au « Lac à l’anglais », nous évoquerons l’histoire étonnante d’un lord anglais amoureux de Chamonix. Nous emprunterons à pied l’ancien chemin emprunté par les diligences. Cette route, traversant le village des Pècles, nous conduira de villa en villa, de ferme en ferme, vers le centre de Chamonix.

Ce sera pour nous tous l’occasion d’observer avec plus d’attention ces villas appelées « folies », tant les concepteurs ont laissé libre cours à leur imagination.

Ensemble, sous la conduite de Christine Boymond Lasserre, guide conférencière, nous essaierons de découvrir leur histoire et leur architecture.

Nous verrons, entre autres, la « Villa Rosemont de style néo palladien, la « Villa Farman », témoignage du style anglo normand si couru dans les stations balnéaires du début du XXème, deux anciennes demeures construites par Nuba pacha, prince égyptien , puis « la villa Butterfly », une des plus étonnantes sur notre itinéraire, et aussi « la villa des Pècles », et d’autres sur notre chemin , sans oublier « la villa Grande Savoyarde », récemment restaurée.

Cette balade d’environ deux heures trente se terminera au Majestic, palace somptueux, témoignage de la Belle Époque de Chamonix.

 

 Edité par Christine Boymond Lasserre

HISTOIRE ET PATRIMOINE CHAMONIX

 

 

 

 

 

 

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