décembre 2016 archive

Un patrimoine méconnu mais menacé : les anciennes mines de la vallée de Chamonix

Article réalisé avec l’aide de Stéphane Briand

Lors de  balades  il  nous arrive de découvrir des  apparences  de grottes  débouchant sur  des galeries. Elles sont nombreuses dans la vallée. Sous leur mystère,  elles  nous racontent  un passé un peu oublié.  Certaines de ces galeries sont d’anciennes mines, d’autres  sont simplement des  ouvertures exploratoires.

Quels minerais trouvait-on  donc dans  notre vallée?

De nombreux  types de  minerais ont été  exploités,  tels ceux

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Copyright Stéphane Briand

contenant  du cuivre, du plomb ou de l’argent. Ces métaux ne sont pas trouvés à l’état pur mais font souvent partie  d’un filon dit « polymétallique »,   c’est-à-dire qui  contenait plusieurs métaux dont l’extraction est très complexe.

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Servoz  hérite d’une histoire minière riche. Au 15ème  siècle,  un document atteste d’un contrat signé entre le prieur de Chamonix et un exploitant pour des mines d’or, d’argent, de plomb de cuivre et autre minéraux. Mais c’est avant tout au 18ème siècle que  l’on retrouve des contrats  souscrits  avec des maîtres mineurs. Peu de temps avant la période révolutionnaire, les chanoines signent  et accordent l’édification d’un complexe abritant la maison du directeur, les logements des ouvriers,  les dépôts de bois, etc…  Une importante société est créée…  Des directeurs sont nommés, on exploite dans toute la   zone de Pormenaz à Coupeau.  Mais la révolution sonnera le glas de cette exploitation.

Jamais Servoz ne retrouvera une activité minière très active.

Cependant des gisements un peu partout dans la vallée continueront d’être exploités durant encore une grande partie du 19ème siècle. Des techniques plus modernes pouvaient laisser espérer un travail  plus facile.  

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collection Amis Vieux Chamonix

Ainsi de 1873 à 1925  des mines d’anthracite ont été ouvertes ou 50 à 60 personnes travaillaient tirant de ces mines 2 wagons de 10 tonnes par jour ! Il y a eu  7 galeries.

 

 

N’oublions pas non plus les ardoisières très nombreuses dans toute la vallée.

 

 

Mais ce qui m’intéressait,  c’était de comprendre comment  travaillaient ces mineurs dans ces   galeries sombres.

Aussi ai-je demandé à Stéphane de m’emmener visiter une galerie, je ne vous dirai pas où, ces vestiges doivent rester confidentiels. Stéphane est un passionné, il explore depuis sa plus tendre enfance toutes ces mines… Je crois bien qu’il les connaît toutes …

C’est fascinant et passionnant de pénétrer dans ces boyaux,  car hormis le fait que l’on y trouve des minerais différents,  ces mines racontent  une histoire d’hommes.

15390910_10210349055975063_6115731676487205183_nÉtroites, creusées à la main  dans une roche particulièrement compacte, sur une bonne centaine de mètres,  elles  sont impressionnantes. Elles montent,  puis descendent, à la poursuite d’un filon repéré par les mineurs.  Certaines de ces mines sont encore étayées  de madriers de bois. Dans l’obscurité totale, les mineurs  déposaient leurs lampes à huile sur de petits rebords. Ils parvenaient ainsi à discerner les filons qu’ils recherchaient.  Ils devaient en extraire  le minerai intéressant,  c’est-à-dire creuser, tailler dans la roche dure,  extraire des blocs et ensuite les  transporter  (on imagine le poids !) à l’extérieur. De là,  ils étaient emmenés à l’exploitation pour qu’il soit  triés, concassés et réduits en poudre.

Dans les mines de Servoz l’ouvrier travaillait de 6 h du matin à 18h. Payés soit à la journée, soit au mètre d’avancement. Souvent les mineurs œuvraient  à deux et on déduisait de leur salaire  le prix des fournitures (poudre huile pour lampes etc).

Quel travail !

Aussi avons-nous un devoir de respecter et de protéger ces mines qui ont une valeur patrimoniale certaine. Elles sont le témoignage  du dur labeur de mineurs qui ont œuvré au cours des 18ème et 19ème siècles.

Malheureusement,   certaines sont aujourd’hui dégradées,  voire pillées. Beaucoup peuvent y pénétrer  impunément  et sont responsables des détériorations.

Quel intérêt y trouvent ces intrus? Ils n’y trouveront ni or, ni argent, ni cristaux…  Rien qui puisse les enrichir!

N’oublions pas que ces petits trésors sont protégés par la loi. Ces dégradations peuvent  relever  du code pénal…

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En savoir plus livret : 

Mines et ardoisières de Servoz de

l’Association Histoire et Traditions de Servoz

 

Deux très bon sites WEB

Site WEB géologiehttp://www.geologie-montblanc.fr

Site WEB minéralogie http://www.mineralogie-chamonix.orgineralogie-chamonix.org/

Merci à Stéphane Briand pour son aide.

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Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

 

 

 

Le moulin des artistes a disparu dans les flammes l

La scierie – moulin des Praz, appelé « le Moulin des artistes »,  a disparu dans les flammes au cours de la nuit du 9 au 10 décembre 2016.
moulin-des-artistes-brule-copieLe moulin existe depuis 1531 (voir carte des Archives départementales).

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Depuis toujours il était alimenté par une bédière issue du ruisseau du Paradis des Praz. Il n’est pas impossible que  ce moulin servit un temps de moulin à grains mais au 19ème l’aménagement des lieux pour l’activité de la scierie , celui ci  fut probablement transformé afin d’alimenter une forge indispensable pour le travail du bois.

 

 Dans ce lieu-dit « le Châble », à l‘entrée des Praz,  se trouvaient  aussi au 19ème siècle deux tanneries . Plusieurs familles  occupaient  cette courbe de l’Arve. Le tout sera emporté par une  avalanche meurtrière en 1847. Les chamoniards seront alors présents pour aider les familles touchées par ce drame.

Les tanneries disparaîtront,  mais la scierie  tenue par la famille Simond puis Vouillamoz conservera son activité jusque dans les années 1990. Philippe Vouillamoz donnera une nouvelle vie à l’atelier  en y travaillant  ses sculptures de bois et en proposant à d’autres artistes locaux d’exposer avec lui. Ces artistes faisaient revivre avec bonheur ce lieu de mémoire.

Après  la disparition de Philippe Vouillamoz , la scierie restera quelques temps fermée . Mais  rapidement elle retrouvera vie avec Andy Parkin, artiste peintre, sculpteur, amoureux fou de montagne et Peter Steltzner, fabricant de skis en bois très appréciés. L’atelier s’appelait  « Rabbit on the roof ».

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Sculpture cuivre Andy Parkin « Précaire » 1998

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Les skis fait main par Peter Steltzner

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C’était un lieu magique et chaleureux

Ils ont tout perdu, une page de notre histoire se tourne.
Mais ne perdons pas espoir…  Car depuis le 16ème siècle ce moulin a connu bien des vicissitudes et toujours il s’est redressé grâce à la communauté chamoniarde.

Soutenons les :
https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-peter-et-anati-de-r…

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Histoire et patrimoine Chamonix

Christine Boymond Lasserre

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