Une famille chamoniarde de passionnés : Les Claret horlogers 

Au début du XIXe siècle, l’horlogerie se modernise. La Suisse toute proche est, depuis le XVIIe siècle, un pays fondateur de l’horlogerie.

Le matériel horloger délicat nécessite bien souvent réparation et entretien. On a besoin d’artisans au savoir faire que Genève trouve auprès d’ouvriers souvent originaires du monde paysan, d’où l’implication de certains vallorcins. C’est ainsi que Jean François Bozon s’initie à ce travail de précision. Sa fille Rosine épouse Jean Marie Claret qui se forme auprès de son beau père. Ils ont deux fils, Joseph et Clément.

A Cluses a été créé en 1848 l’Ecole Nationale d’Horlogerie. On se sacrifie pour que Joseph puisse suivre la formation mais à condition que celui-ci paie des études d’horlogerie à son frère Clément. Ce qu’il fera, assurant le financement des études de son frère.

  Clément Claret à l’école d’horlogerie de Cluses

Clément se passionne pour ce matériel de précision. Il adore étudier ces mécanismes pour comprendre ce qui se cache derrière la mesure du temps qui parfois peut paraître si mystérieux. Manipuler ces montres ou ces horloges demande une patience infinie et une précision extrême. L’horlogerie devient vite une passion qu’il saura transmettre à ses descendants. Après l’école, il travaille plusieurs années chez Pateck et chez Philip à Genève. On peut supposer qu’il devait être un sacré bon ouvrier pour pouvoir intégrer ces ateliers déjà renommés .

Dès 1880 Chamonix entre dans cette période faste qu’est la Belle Epoque , Clément comprend que son pays d’origine peut enfin lui offrir la possibilité de vivre de son métier. Il épouse Marie Elise Simond, ils achètent une maison en 1888 à la famille Payot.

C’est toujours cette même petite maison au 114 rue Vallot qui va voir se succéder de père en fils ces Claret passionnés. Son fils Jean François, lui aussi enthousiasmé par ces petites mécaniques, fait l’école de Cluses. Il travaille en collaboration avec son père. La saison d’été est forte, les visiteurs ont toujours besoin de faire réparer leurs montres et la réputation de la maison Claret n’est plus à faire ! L’atelier regorge d’objets mystérieux pour les néophytes : loupe visière, rouages, ressorts, carillons, une multitude d’objets minuscules entretenus avec soin par la famille. Et l’hiver ce sont les habitants de la vallée qui apportent leurs horloges et montres afin de les faire réparer. On fait totalement confiance au savoir faire de Jean François qui tient la boutique jusqu’en 1950.

                                                                           Le magasin en 1960

Et la passion continue chez les Claret puisque Georges (fils de Jean François) entame lui aussi ses études d’horlogerie à Cluses où il sera pensionnaire rentrant à Chamonix chaque WE en vélo ! Il succède à son père dès la fin de son service militaire. Tous à Chamonix lui confient avec plaisir leurs veilles pendules ou montres, car il saura toujours les réparer. On sent chez lui sa passion pour ce métier si original et chacun apprécie son extrême gentillesse et ce regard qui s’éclaire lorsqu’on lui apporte une vieille pendule de famille.

 

Et Pierre, tel son père, son grand père ou son arrière grand père continue dans cette passion familiale. D’ailleurs, à l’âge de 10 ans il adore aller à l’atelier paternel ! Il démonte et remonte les pendules sans aucun problème. La passion est passée de père en fils ! Il se forme à l’horlogerie comme ses ancêtres mais rajoute une formation en bijouterie car là aussi manipuler et travailler sur des pierres précieuses nécessite cette méticulosité, cette précision, ce savoir faire commun à l’horlogerie. Il aime son métier. Vous pouvez lui apporter une vielle montre perdue au fond d’un tiroir ou une pendule provenant de votre grenier il aura un plaisir immense à lui redonner vie !

 

 

 

Située toujours dans l’ancienne boutique achetée en 1888 cinq générations passionnées par le même travail  se sont succédées au 114 rue Vallot.
BRAVO à la famille Claret ! C’est rare !

 

 

 

 

 

 

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

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