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Étiquette : pays du mont blanc -culture-patrimoine

Connaissez vous l’Association des Amis du Vieux Chamonix qui fête ses 50 ans en 2019?

Logo Amis Vieux Chamonix. Eau forte de Bouillette

Depuis 50 ans déjà cette association travaille à entretenir et valoriser la mémoire de la Vallée de Chamonix. Mais  connaissons-nous vraiment  cette association?

A l’automne 1968 Mesdames Mireille Simond et   Pighetti de Rivasso constatent  que nombre de chamoniards « jettent en Arve » leurs anciens documents encombrant leurs greniers…Elles se mobilisent  aussitôt afin que ces vieux papiers soient conservés et mis à l’abri. Dans la foulée, elles créent une association qu’elles nomment « les Amis du vieux Chamonix ».

Les statuts sont enregistrés en mars 1969, avec pour objet « de faire connaître et apprécier le passé de la Haute Vallée de l’Arve, son histoire, ses traditions, son folklore, de découvrir et de conserver les vestiges et les témoins matériels de ce passé ».

Ainsi sont précieusement sauvegardés écrits, objets, documents, photographies, œuvres d’art, etc… Est aussi fondée  une bibliothèque-conservatoire de tous les ouvrages ayant trait à l’histoire de la vallée de Chamonix, de la Savoie, du royaume Piémont-Sardaigne, des Alpes, et de la littérature alpine en général.

Chamonix est au cœur d’une histoire particulièrement riche. Chacun prend alors conscience de l’importance du but de cette association et  en une année elle compte plus de 180 membres, preuve que cette excellente initiative convainc nombre de chamoniards ! Nombreux sont alors les donateurs  qui ouvrent  leurs réserves et  apportent vieux documents, livres, objets, etc… En une année l’association compte déjà 240 ouvrages !

Dès juillet 1969, la commune confie à l’association la mission de remettre sur pied un musée digne de Chamonix qui, avait disparu depuis 1937.

L’association va gérer le musée alpin jusqu’en août 2001.

Elle ouvre également  un autre musée  dans le Vieil hôtel de 1840 au Montenvers, restaure, avec l’aide de la Compagnie des guides,  le Temple de la Nature , sauve le tunnel-aqueduc gallo-romain du Châtelard près de Servoz, menacé de disparaître dans les travaux de la Route blanche.

Récemment,  elle a dressé une liste de plus de 135 bâtiments dignes d’intérêt patrimonial sur le territoire de la commune qu’elle a transmis  à la mairie dans le cadre de la révision du PLU.

D’année en année, l’association voit ses archives et sa bibliothèque se développer et nombre d’historiens, ou simplement des amoureux de la vallée figurent parmi les visiteurs qui découvrent, avec étonnement, des documents et livres uniques et instructifs !

D’ailleurs, une centaine de livres rares ont été identifiés par la Bibliothèque Nationale de France qui les a numérisé et que l’on peut découvrir sur le site de la BNF. L’association a été reconnue d’utilité Publique. (A consulter ci dessous en cliquant sur le titre).

Liste des livres de l’association des Amis du Vieux Chamonix numérisés par la Bibliothèque Nationale de France

D’autre part elle a intégré l’Union des Sociétés Savantes de Savoie. Ces deux appartenances témoignent du haut niveau de connaissances attribué à cette association  et de la valeur réputée de son patrimoine.

pochade réalisée au sommet du Mont Blanc en 1873

Elle acquiert en 1982 (et grâce à un prêt à taux zéro d’un membre bienfaiteur) 45 toiles de Gabriel Loppé (dont les très grandes exposées au Majestic), permettant à cette  collection de rester dans la vallée. Un trésor inestimable qui fait d’elle la détentrice de la plus importante des œuvres de cet artiste amoureux de Chamonix.

Par ailleurs, grâce à ses archives et à un travail méticuleux et assidu, elle peut désormais mettre à disposition des habitants de la vallée le plus important et le mieux documenté fond de généalogie.

Depuis quatre ans, les membres du comité travaillent régulièrement pour classer d’une manière informatisée les documents papiers et les photos qu’elle possède en espérant un jour pouvoir numériser l’ensemble de cette rare collection. Car elle est riche de près de 20 000 ouvrages (livres, publications diverses, revues,  journaux, etc…)  et de quelques milliers de photographies  en tous genre, de films, de cartes postales.

Elle propose gratuitement des conférences intitulées «  A la rencontre de l’histoire » afin que tout chamoniard ou visiteur puisse se familiariser avec l’histoire de notre région.

Elle a rédigé et  publié de nombreux ouvrages tels « les Anglais à Chamonix », « le glacier des Bossons et la Mer de Glace », «Edgar  Bouillette », « 1860 la Vallée de Chamonix et l’Annexion » et tant d’autres…

Forte aujourd’hui de près de 500 membres, l’association continue avec constance à enrichir et préserver ses collections  pour les générations futures. Elle incite toujours les habitants à partager leurs documents familiaux afin que dans cinquante, cent ou deux cent ans les jeunes chamoniards puissent encore accéder à leur histoire

Pour en savoir plus , cliquer ci dessous

http://www.amis-vieux-chamonix.org

L’exposition pour les  50 ans de l’association vous permettra d’en découvrir toutes les richesses et peut être vous joindrez vous aux adhérents afin que la mémoire de cette vallée soit préservée et accessible aux générations futures.

 

Un ancien mayen à Vallorcine : Le hameau de la Poya

Bien caché, accessible uniquement à pied, ce petit hameau de la Poya est plein de charme. Ses habitants ont trouvé là un lieu de tranquillité où ils ont délibérément choisi de vivre isolés. La Poya  abrite une dizaine de maisons, plutôt petites et regroupées les unes contre les autres. Ici la voiture ne peut accéder que pour des raisons impérieuses mais elle doit repartir immédiatement. Elle n’a pas de raison de stationner dans  ce milieu préservé.

Mais qu’était-il  donc avant que la vie moderne s’en empare ?

Ces maisons trapues n’étaient pas des  maisons d’habitation, mais de petites écuries de printemps. L’usage de ces écuries  a varié avec le temps. L’hiver, entièrement recouvert par la neige, le hameau était inoccupé. C’était  un « mayen » (terme venant du Valais) désignant  des écuries  construites un peu plus haut dans les pentes et utilisées au mois de mai après les longs mois d’hiver. Ici, pendant quelques jours, à la remue, puis, ensuite, à la descente d’alpage, les bêtes pouvaient trouver l’herbe nécessaire à leur nourriture.

A la Poya, ce sont des chèvres qui occupaient essentiellement les pâtures, qui d’ailleurs s’étendaient  jusque dans le vallon de Bérard ! Regroupées en troupeau collectif, la gestion en  devint communautaire. Ces écuries étaient équipées parfois d’une chambre où pouvait dormir un membre de la famille. La commune de Vallorcine  impose alors la présence d’un chevrier engagé pour la saison, mais ce pouvait être aussi un petit vallorcin qui se voyait là confier une charge bien lourde!  On embauche ainsi de jeunes enfants parfois de moins de 10 ans ! Ces chevriers devaient être nourris par les propriétaires de chèvres. Et celui qui avait la charge du chevrier devait alors l’aider à sortir les chèvres. D’ailleurs, après la période de la scolarité obligatoire en 1881, ce sont des jeunes valaisans qui seront embauchés, les enfants vallorcins ayant l’école obligatoire jusqu’au 14 juillet ! Au début, matin et soir, chaque famille venait traire ses bêtes et ramenait le lait à la maison où était fabriqué le fromage.

En 1893, pour aider les paysans, est créée une société laitière et l’on construisit en haut du village une laiterie « tournaire » ouverte à tous. Il a fallu alors s’organiser. Chacun  allait traire ses chèvres et portait à la laiterie son lait qui était mesuré dans un bidon de 10 litres. Bidon muni d’un voyant transparent sur le côté gradué par hectolitre. Le nombre de litres de lait  de chacun était inscrit sur un livre de comptes. Par ailleurs, chaque propriétaire, en fonction du nombre de chèvres qu’il possédait,  était inscrit à un tour de rôle. En fonction de ce  tour de rôle chaque sociétaire fabriquait chacun à son tour les fromages de la traite générale  du jour. Et les fromages étaient répartis au prorata des litres de lait que donnait chaque traite.

Article 1995 . Nathalie Devillaz –  Dauphiné Libéré

Aujourd’hui, ce hameau bien préservé,  fait l’objet de soins attentifs de la part de  ses habitants locaux ou secondaires , dont deux y vivent à l’année .

Passant, souviens toi de ces vallorcins et  de ces jeunes chevriers  qui menaient là une vie bien rude !

Sources : Vallorcine de Françoise et Charles Gardelle, Revue du musée vallorcin Evlya numéro 7, Vallorcine autrefois de Nathalie Devillaz, article du Dauphiné Libéré de Nathalie Devillaz

Le clocher de l’église de Chamonix…surprenant

La structure  du clocher de Chamonix est  la construction la plus ancienne  dans la vallée car la partie maçonnée date du 12ème siècle, on a en effet retrouvé à sa base la date de 1119. A l’origine, au Moyen Age, le  clocher se trouvait à gauche de l’église qui était orientée  perpendiculairement à l’actuelle.

A la suite d’un incendie l’église fut reconstruite en 1709 dans le sens d’aujourd’hui. C’était une église baroque magnifique mais nous n’en avons pas de représentation picturale. Un tableau  représentant le bourg de Chamonix  avant la période révolutionnaire date de 1742. Il est réalisé par Martel, visiteur naturaliste venu à Chamonix . On voit le village blotti aux pieds des montagnes et l’église nous apparaît avec un clocher pyramidal, donc bien différent de ce qu’il est actuellement.

En 1758 l’ensemble des toitures et du clocher disparaît de nouveau dans un incendie. Le clocher est probablement reconstruit mais nul ne connaît sa nouvelle apparence.

A la période révolutionnaire, le gouverneur français nommé à la tête  du nouveau département du Mont Blanc, Mr  Albitte,  exige la destruction de tous les clochers savoyards. En 1794 la flèche sommitale est abattue…Tous nos clochers disparaîtront du paysage savoyard. En 1807, le clocher est reconstruit selon l’aspect traditionnel des clochers à bulbe savoyards. Un dessin de Ruskin ( apartenant au musée alpin) nous montre le  clocher chamoniard  avec sa flèche et son bulbe.

Le bulbe  était recouvert d’ancelles, mais en  1864, lors des travaux  d’agrandissement de l’église,  la crainte d’un nouvel incendie incite les chamoniards à remplacer les ancelles par du fer blanc étamé, tandis que la base  sera recouverte d’ardoises. Mais le fer blanc s’oxyde,  l’humidité pénètre la structure,  elle s’infiltre partout menaçant la charpente intérieure. En 1934 on remplace ces anciennes plaque de fer blanc par du cuivre, sensé mieux protéger l’ossature de la flèche .Malgré tout, dès les années 1995, la partie sommitale est de nouveau menacée par l’humidité. Il faut restaurer le clocher. Ni le fer blanc, ni le cuivre n’ont donné satisfaction. Que faire pour restaurer ce magnifique clocher de manière pérenne dans ce climat où les matériaux subissent de grands écarts de température qui déstabilisent les matériaux de recouvrement ?

On pense à un nouveau matériau coûteux et habituellement utilisé dans l’aéronautique ou pour les implants médicaux. C’est le le titane, il est léger,  il résiste mieux à la chaleur que l’aluminium, il est plus dur que l’acier et pèse moitié moins. Sa dureté est « virtuellement égale à celle du verre et du granit et proche du béton » Donc les contraintes sur le titane sont très faibles. S’inspirant des couvertures traditionnelles, les plaques de titane seront découpées en forme d’écailles. Le titane ne se soudant pas, on imaginera des clous spéciaux inoxydables afin de pouvoir  fixer l’ensemble sur la structure. Ainsi le clocher de l’église de Chamonix entre en l’an 2000 dans l’ère de la modernité!

Oui, c’est cher,  mais on peut espérer que les générations futures n’auront plus à s’inquiéter de l’entretien coûteux du lanternon du bulbe et  de la flèche.

Longue vie à notre clocher chamoniard 

Sources : Archives de la commune de Chamonix- Revue Pierre d’Angle.

Les divers refuges construits au sommet de l’Aiguille du Goûter.

Les incroyables défis de l’homme en haute montagne !

1854 : un abri en pierres construit par Charles Loiseau. Abri surnommé «  la cabane à l’oiseau ».

1858 : premier refuge pouvant abriter 4-5 personnes. Il faudra 80 ascensions de porteurs pour apporter les planches au sommet ! Restauré en 1882.

1906 : construction d’un nouveau refuge juste à côté du refuge précédent. Il peut abriter 7 personnes. Haut de 1m80. Mesure de 4.20mX3.20m.

854 abri en pierres construit par Charles Loiseau. Abri sur

1936 : sur emplacement du refuge de 1858. Construction d’un refuge de 30 places. Refuge privé. Acheté en 1942 par le CAF.

1957 – 1960 : agrandissement du refuge de 1936 en préfabriqué. Usage de l’hélicoptère pour monter le matériel. Inauguré en 1962.

1989 – 1990 : Refuge 1906 est démantelé et à sa place est construite une annexe de 40 places.

2010-2013 : construction du refuge actuel.

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Une heureuse initiative : la restauration de la chapelle des Tines

Depuis des temps immémoriaux,  les habitants du village ont témoigné leur attachement à cette chapelle consacrée à Saint Théodule.

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Depuis des temps immémoriaux,  les habitants du village ont témoigné leur attachement à cette chapelle consacrée à Saint Théodule. Ici, au Moyen Age, un oratoire consacré à Saint Roch, le protecteur contre

lIci, au moyen âge, un oratoire consacré à Saint Roch, le protecteur contre la peste,  fut élevé à la suite d’une épidémie de cette maladie qui, selon la légende, s’est arrêtée  aux Tines.

En 1500, une bulle papale nous apprend l’édification d’une chapelle dédiée à Saint Théodule. Ce document est intéressant car il y est précisé que cette chapelle se situe au village du Chatelard, qui fut plus tard détruit par l’avancée du glacier des Bois.

BULLE PONTIFICALE jpeg

Le culte de Saint Théodule, premier évêque du Valais,  fut probablement initié par une population locale très tournée vers cette région. Beaucoup y travaillaient, nombreux étaient ceux qui allaient sur les marchés de Martigny et donc étaient donc familiarisés avec le culte de ce valaisan.

Pendant plus de 250 ans les habitants  s’astreindront à entretenir le  bâtiment feront donner t régulièrement des messes et des prières par le biais de fondations dont certaines sont nommées dans des documents notariés.

En 1777 la chapelle est réédifiée.

Petite histoire de la chapelle des Tines

Mais elle fut détruite durant la révolution au moment de l’occupation française.  Puis elle  renaîtra encore  par la volonté des habitants, qui ensuite se feront fort de l’entretenir.

La dernière décoration intérieure est due aux royalistes de la vallée de Chamonix. Sous l’impulsion de Mr Cheilan, propriétaire de l’hôtel Excelsior, elle sera ornée en 1938 d’un décor à la mémoire du vœu de Louis XIII. Effectivement, pour le 300ème anniversaire  de ce vœu qui vit le roi mettre la France sous la protection de la Vierge après que celle-ci lui eut  accordé un fils, les royalistes locaux orneront la chapelle de fleurs de lys, d’une statue dédiée à Jeanne d’Arc et d’une autre à Saint Louis, protecteur des rois de France.

Tel est le décor actuel. Celui que les habitants des Tines ont restauré.

Le maître autel est orné d’un grand tableau représentant Saint Théodule. Cette œuvre  est d’origine.

En janvier 1924 à Chamonix

Les premiers jeux olympique d’hiver

Public au stade olympique devant la tribune officielle. Photo Auguste Balmat

En ce 5 février 1924,  se clôturaient les premiers jeux olympiques d’hiver, et c’était à Chamonix. A l’époque on l’appelait la Semaine Internationale des Sports d’Hiver de Chamonix Mont Blanc. Elle prendra plus tard le nom de Jeux olympiques d’hiver. Après la décision de choisir Chamonix pour accueillir la semaine internationale des sports d’hiver, en seulement un an, les différentes installations sont construites.

La patinoire olympique en forme d’anneau, qui servira de stade olympique pour la cérémonie d’ouverture est bâtie. Une surface de 27660 m2 de glace est préparée, comprenant également une piste de course et un terrain de curling, nécessitant la construction préalable d’un mur de béton soutenant un remblai destiné à endiguer la rivière et des conduites d’eau sont aménagées pour alimenter la surface de glace.

Le tremplin de saut est construit au lieu-dit « Le Mont » près du Glacier des Bossons. Il fera 79m de longueur et devra permettre de réaliser des sauts à 60m et plus.

La piste de bob longue de 893m et comportant 19 virages est installée aux Pèlerins, sous l’Aiguille du Midi nécessite une grande précision pour l’inclinaison des virages. Elle est réalisée non sans difficultés en pierre de maçonnerie en attendant son enneigement. Pour cette première compétition multisports dans la vallée de Chamonix, 258 athlètes (245 hommes, 13 femmes) représentant dix-sept nations sont présents : Autriche, Belgique, Canada, Etats-Unis, Estonie, Finlande, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Italie, Lettonie, Norvège, Pologne, Suède, Suisse, Tchécoslovaquie et Yougoslavie. Ce fut un réel succès. Celui-ci fut  assuré par des journalistes venus de l’Europe entière, mais aussi des USA.

Le couple Andrée Joly et Pierre Brunet : médaille de bronze

39 Français participent aux diverses compétitions dont deux femmes. L’une d’elle,  Andrée Joly,  gagnera la médaille de bronze de patinage en couple avec Pierre Brunet. De nombreux abandons sont à noter en raison soit du froid intense soit d’un niveau trop bas des concurrents  pour certaines disciplines.

15 compétiteurs  hommes sont originaires de Chamonix.

On répertorie 16 épreuves parmi les activités sportives les plus pratiquées de l’époque : Patinage : artistique, vitesse,  hockey. Curling. Bobsleigh.

Ski de fond : 18km-30km-50km.  Les 50km est  l’épreuve la plus éprouvante pour les concurrents. Il fait très froid ce jour là. De nombreux abandons sont à noter.

Combiné nordique (ski de fond + saut).

Epreuves militaires (ski de fond + tir).

Saut à ski.

Le ski alpin ne fait pas encore partie de ces jeux d’hiver. Bien que Chamonix ait en 1908 organisé des  compétitions de ski,  cette discipline   n’est pas encore retenue  par les instances olympiques. A l’issu de la semaine, la France a  récolté trois médailles de bronze. Une en patinage artistique couple, une en curling et la troisième  en patrouilles militaires avec les concurrents chamoniards les frères Mandrillon. La France ne sera que la 9ème nation sur 16. La Norvège première nation de tous les états représentés  récoltera  4 médailles d’or, 7 d’argent et 6 de bronze.

Le maire Jean Lavaivre soutenu par les hôteliers chamoniards aura donné toute son énergie à défendre la candidature de Chamonix. Il avait compris l’importance de ces jeux qui seront une immense promotion pour la station chamoniarde face aux stations suisses comme Davos ou saint Moritz. Les chamoniards auront participé avec beaucoup d’énergie et de sens du bénévolat … afin que ces jeux soient une réussite.

L’enfant de Shôzô Hamada : une statue ravissante

Une adorable petite statue orne depuis 1998 l’entrée des jardins de Fujiyoshida (au dessus du parking saint Michel à sa sortie supérieure).


Arrêtez- vous ! Elle vous sourit, vous interpelle, vous invite au à la sérénité.
Cette statuette exprime la douceur. Elle dégage tant de de quiétude que nous pourrions avoir envie de l’emporter !

Offerte à Chamonix, à l’occasion du vingtième anniversaire du jumelage de Chamonix avec Fujiyoshida, la cité japonaise a fait appel à Mr Shôzô Hamada sculpteur japonais, originaire de la ville. Cette statue est un joli témoignage de la nature des liens qui lient Chamonix à Fujiyoshida, sa ville jumelle depuis 1978.
Cette œuvre, intitulée « warashiko »signifie « l’enfant » .Elle révèle le sentiment profond d’un homme attentif aux émotions de ses semblables. Les mains magiques de cet artiste transforment ce matériau dur, si difficile à travailler. Il le réchauffe, le modèle et arrive avec une habileté étonnante à donner une lumière au regard de cet enfant. C’est magnifique… Parvenir à faire parler la pierre avec une telle expression est bien la preuve de son talent.

Arêtez- vous !  Elle vous sourit, vous interpelle, vous invite au à la sérénité.

Cette statuette  exprime la douceur. Elle dégage tant de  de quiétude  que nous pourrions avoir  envie de  l’emporter !  

Offerte à Chamonix,  à l’occasion du vingtième anniversaire du  jumelage de Chamonix avec Fujiyoshida, la cité japonaise a fait appel à Mr Shôzô Hamada  sculpteur japonais, originaire de la ville. Cette statue  est  un joli  témoignage  de la nature  des liens qui lient Chamonix à Fujiyoshida,  sa ville  jumelle depuis 1978.

Mr Shôzô Hamada a sculpté ainsi de très nombreuses petites statues du même matériau. Essaimées dans tout le Japon,  elles font la joie des japonais.

Source : Chantal Lafuma, association jumelage Fujiyushida

Les Soldanelles (2) :

Suite à l’article sur les préventoriums des Soldanelles et Miremont j’au reçu de nombreux mails de  réactions d’anciens « jeunes malades ». Certains de ces courriers sont effectivement intéressants aussi  je vous propose de partager avec vous quelques uns de ceux-ci. Tous parlent avec émotion de ces moments passés aux Soldanelles au pied du Brévent. Beaucoup se souviennent de l’extrême gentillesse de Mr et Mme Aulagnier. Leurs souvenirs d’enfants sont touchant voire poignants. Je ne peux m’empêcher de vous les transmettre.

Bonjour Madame, j’ai trouvé par hasard  votre communication sur le préventorium des Soldanelles, duquel j’ai été pensionnaire de Mars à Juin 1964 à l’âge de 13 ans Cela m’a permis de revivre avec émotion ces quelques mois passés à Chamonix, de revoir le docteur Aulagnier, son épouse – ils étaient très gentils tous les deux, le Miremont où nous passions nos radiographies et les visites médicales, enfin plein de souvenirs, de visages et de noms, des anecdotes qu’il faudrait que j’écrive un jour sur la vie dans cet établissement. Je l’ai recherché lors d’un séjour à Chamonix vers 1995 mais les bâtiments n’existent plus, remplacés par des immeubles d’habitations de masse. Merci Madame de m’avoir donné l’occasion de me remémorer tout cela,

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Madame,

Merci de votre disponibilité. Je vous confirme donc que mon père, le Dr Armand Olivennes ( a l’époque Oliewenstein) a été gardé pour une primo infection tuberculeuse au sana des Soldanelles. Il y est resté pendant plusieurs mois (ou années??) et a été caché dans un grenier par le Dr Aulagnier lors d’une (une c’est sur ou plus??) rafle a la recherche d’enfants juifs (par des français ou allemands?). 

Je recherche donc la famille de ce Dr Aulagnier. 

Si vous avez des informations sur les prénoms des enfants Aulagnier, je suis intéressé. Peut être par l’état civil de la mairie de Chamonix. 

Bien a vous. 

Pr François OLIVENNES

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Livre  « L’autre éducation sentimentale » de Pierre-Jean REMY, de l’Académie française, qui raconte son séjour aux Soldanelles en 1951, à partir de la page 70  jusqu’à la page 85.

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En tant qu’ancien pensionnaire, J’ai pris connaissance de votre page sur les préventoriums le Miremont et les Soldanelles avec émotion…

Christian Leygnier

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SOUVENIRS DE MON SÉJOUR AUX SOLDANELLES,

préventorium de Chamonix, de mars à juin 1964.

Comte DP

Si je dois remonter le fil de ma mémoire pour me remémorer ce court séjour en Haute-Savoie, je me revois d’abord quittant un soir le port de Marseille avec Maman, disant adieu à Papa et à mes frères et sœurs qui nous avaient accompagnés depuis la Corse jusque là, pour rejoindre la Gare Saint-Charles en exergue d’un voyage nocturne dont la perspective ne m’enchantait guère…Une atmosphère fébrile enveloppait alors l’immense halle métallique, un brouhaha de cris, de sifflets, des porteurs qui se bousculaient, s’invectivaient, des voyageurs pressés, la fumée de quelques locomotives bruyantes dont les tampons s’entrechoquaient violemment contre des wagons ou des butoirs, rien de rassurant pour un gamin de treize ans qui venait tout juste de quitter sa montagne natale et qui se préparait à sa première séparation d’avec le cocon familial.

Depuis plusieurs mois je traînais avec  une mauvaise toux, assez légère mais accompagnée d’une petite fièvre qui avait inquiété mes parents. N’avions-nous pas avec nous notre grand-oncle paternel, dont on disait qu’il était poitrinaire, et dans les bras duquel j’étais toujours fourré, souvent pour écouter à la radio une émission qu’il affectionnait particulièrement, « Les Grandes Voix Humaines », les grands airs d’opéra que j’ai grâce à lui appris à aimer…De fait, au cours de l’année 1963, j’avais appris à l’Institution Sainte-Marie que ma cuti-réaction à la tuberculine était devenue positive et il avait fallu dès lors, d’examen en examen, de radiographie en radiographie, se résoudre à l’idée qu’une « primo-infection » tuberculeuse était à l’œuvre. Nous étions même venu consulter, à Marseille, l’éminent professeur de Lannoy, un ami de Papa, chez lequel on m’avait pratiqué une des toutes premières tomographies, examens qui confirmaient la nécessité d’un traitement au P.A.S. ( Para-Amin salicylate de Sodium ) , sorte de granulé amer qu’il me fallut ingurgiter plusieurs fois par jour, juste avant les repas, durant des mois, sans qu’une amélioration ne se dessinât vraiment.

Après de nouvelles consultations, provisoirement déscolarisé, je passais le triste hiver 1963/64 devant la télévision, alité ou en chambre, isolé de mes frères , sœurs et cousins, que je ne voyais qu’à certaines heures de la journée pour de courts intermèdes de jeux.

Mes parents avaient opté pour un séjour en haute-montagne, non pas en sanatorium comme cela avait été décidé pour un de mes frères aînés cinq ans auparavant, et qui était parti deux années chez les sœurs du Roc des Fiz, non. Pour moi , il n’y avait pas nécessité d’un traitement de choc, un séjour à Chamonix devait normalement suffire avec une poursuite médicalisée du traitement au PAS. Les médecins conseillaient alors volontiers le préventorium du docteur Aulagnier, un établissement de taille humaine, pratiquement en ville ou aux abords immédiats de Chamonix, une structure quasi familiale, catholique, dotée d’une institutrice, en lien permanent avec les parents constamment informés des progrés de la santé de leur progéniture, bref rassurante pour les enfants qui ne se sentaient pas ainsi complètement coupés de leur milieu familial et pour les parents qui suivaient de très près les progrès de leurs fils.

Le train Marseille-Valence entrait en Gare au moment où nous en franchissions l’entrée, une belle locomotive électrique très différente des noires motrices suant et crachant des jets de vapeurs. Mais à Valence, à la nuit tombée, il avait fallu en changer pour prendre la direction de Saint-Gervais, sur une ligne non encore électrifiée. A Saint-Gervais, à demi-endormi, il avait fallu quitter le train pour une micheline qui allait nous conduire à Chamonix, où nous attendait au matin un chauffeur de l’hôtel Savoy. Installés à cet hôtel, il nous était possible d’apercevoir alors les chalets du préventorium des Soldanelles, dont j’ai appris bien plus tard que l’un d’eux avait été construit par Violet le-Duc. En haut d’un vaste pré, trois bâtisses en bois plus ou moins tarabiscotées  des balcons ouvragés, des grands sapins, le décor en arrière-plan du sommet du Brévent ponctué d’énormes pylônes d’un téléphérique, voilà ce que je découvrais de la fenêtre de ma chambre. Celle de Maman donnait sur la ville et sur le massif du Mont-Blanc, les Grandes Jorasses, le Dru dont je n’allais pas tarder à apprendre qu’une pâtisserie réputée composait des spécialités au chocolat ainsi dénommées dont j’allais faire mon régal à chaque visite de mes parents.Nous étions attendus au Miremont, sorte de villa blanche de la montée de la Mollard, au dessus de l’église paroissiale. Je revois le bon docteur Aulagnier qui, dès notre arrivée, sût gagner ma confiance par des paroles rassurantes, une grande gentillesse alliée à une sorte d’autorité naturelle

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SOUVENIRS DE MON SÉJOUR AUX SOLDANELLES,

préventorium de Chamonix, de mars à juin 1964.

Comte DP

Si je dois remonter le fil de ma mémoire pour me remémorer ce court séjour en Haute-Savoie, je me revois d’abord quittant un soir le port de Marseille avec Maman, disant adieu à Papa et à mes frères et sœurs qui nous avaient accompagnés depuis la Corse jusque là, pour rejoindre la Gare Saint-Charles en exergue d’un voyage nocturne dont la perspective ne m’enchantait guère…Une atmosphère fébrile enveloppait alors l’immense halle métallique, un brouhaha de cris, de sifflets, des porteurs qui se bousculaient, s’invectivaient, des voyageurs pressés, la fumée de quelques locomotives bruyantes dont les tampons s’entrechoquaient violemment contre des wagons ou des butoirs, rien de rassurant pour un gamin de treize ans qui venait tout juste de quitter sa montagne natale et qui se préparait à sa première séparation d’avec le cocon familial.

Depuis plusieurs mois je traînais avec  une mauvaise toux, assez légère mais accompagnée d’une petite fièvre qui avait inquiété mes parents. N’avions-nous pas avec nous notre grand-oncle paternel, dont on disait qu’il était poitrinaire, et dans les bras duquel j’étais toujours fourré, souvent pour écouter à la radio une émission qu’il affectionnait particulièrement, « Les Grandes Voix Humaines », les grands airs d’opéra que j’ai grâce à lui appris à aimer…De fait, au cours de l’année 1963, j’avais appris à l’Institution Sainte-Marie que ma cuti-réaction à la tuberculine était devenue positive et il avait fallu dès lors, d’examen en examen, de radiographie en radiographie, se résoudre à l’idée qu’une « primo-infection » tuberculeuse était à l’œuvre. Nous étions même venu consulter, à Marseille, l’éminent professeur de Lannoy, un ami de Papa, chez lequel on m’avait pratiqué une des toutes premières tomographies, examens qui confirmaient la nécessité d’un traitement au P.A.S. ( Para-Amin salicylate de Sodium ) , sorte de granulé amer qu’il me fallut ingurgiter plusieurs fois par jour, juste avant les repas, durant des mois, sans qu’une amélioration ne se dessinât vraiment.

Après de nouvelles consultations, provisoirement déscolarisé, je passais le triste hiver 1963/64 devant la télévision, alité ou en chambre, isolé de mes frères , sœurs et cousins, que je ne voyais qu’à certaines heures de la journée pour de courts intermèdes de jeux.

Mes parents avaient opté pour un séjour en haute-montagne, non pas en sanatorium comme cela avait été décidé pour un de mes frères aînés cinq ans auparavant, et qui était parti deux années chez les sœurs du Roc des Fiz, non. Pour moi , il n’y avait pas nécessité d’un traitement de choc, un séjour à Chamonix devait normalement suffire avec une poursuite médicalisée du traitement au PAS. Les médecins conseillaient alors volontiers le préventorium du docteur Aulagnier, un établissement de taille humaine, pratiquement en ville ou aux abords immédiats de Chamonix, une structure quasi familiale, catholique, dotée d’une institutrice, en lien permanent avec les parents constamment informés des progrés de la santé de leur progéniture, bref rassurante pour les enfants qui ne se sentaient pas ainsi complètement coupés de leur milieu familial et pour les parents qui suivaient de très près les progrès de leurs fils.

Le train Marseille-Valence entrait en Gare au moment où nous en franchissions l’entrée, une belle locomotive électrique très différente des noires motrices suant et crachant des jets de vapeurs. Mais à Valence, à la nuit tombée, il avait fallu en changer pour prendre la direction de Saint-Gervais, sur une ligne non encore électrifiée. A Saint-Gervais, à demi-endormi, il avait fallu quitter le train pour une micheline qui allait nous conduire à Chamonix, où nous attendait au matin un chauffeur de l’hôtel Savoy. Installés à cet hôtel, il nous était possible d’apercevoir alors les chalets du préventorium des Soldanelles, dont j’ai appris bien plus tard que l’un d’eux avait été construit par Violet le-Duc. En haut d’un vaste pré, trois bâtisses en bois plus ou moins tarabiscotées  des balcons ouvragés, des grands sapins, le décor en arrière-plan du sommet du Brévent ponctué d’énormes pylônes d’un téléphérique, voilà ce que je découvrais de la fenêtre de ma chambre. Celle de Maman donnait sur la ville et sur le massif du Mont-Blanc, les Grandes Jorasses, le Dru dont je n’allais pas tarder à apprendre qu’une pâtisserie réputée composait des spécialités au chocolat ainsi dénommées dont j’allais faire mon régal à chaque visite de mes parents.Nous étions attendus au Miremont, sorte de villa blanche de la montée de la Mollard, au dessus de l’église paroissiale. Je revois le bon docteur Aulagnier qui, dès notre arrivée, sût gagner ma confiance par des paroles rassurantes, une grande gentillesse alliée à une sorte d’autorité naturelle. Un homme aux cheveux blancs coupés en brosse, des lunettes cerclées d’or, une blouse blanche, et son épouse, également médecin, une femme digne, dont je me rappelle qu’elle usait d’une canne, et que d’elle aussi émanait une certaine autorité presque masculine, qui me rappelait la directrice des louveteaux, une « continentale » qui commandait aux cheftaines pour tout le district de Corse…

A mon grand effroi, c’est là qu’il a fallu me séparer de Maman, qui repartait le soir mais qui ne restait pas pour mon entrée dans l’établissement. C’est le docteur qui me conduisit aux Soldanelles où j’allais maintenant découvrir le cadre de ma nouvelle vie.

L’établissement était composé de trois chalets, en plus du Miremont: le petit chalet accueillait je crois bien les tous petits, le chalet des filles ensuite, puis le chalet des garçons où m’attendaient Mademoiselle Mermier, et son adjointe Mademoiselle V. exactement), deux « vieilles demoiselles » plutôt revêches, mais dont j’allais apprécier par la suite une certaine bonté d’âme. J’entendais dans les locaux des galops d’enfants dégringolant les escaliers pour le goûter ce qui n’augurait rien de bon pour moi, plutôt d’un naturel inquiet.

On me présentât ensuite aux infirmières, ou monitrices, je n’ai jamais vraiment su, puis au personnel de chambre et de service, dont une vieille italienne prénommée Florentine, brocardée par les enfants à cause de son accent marqué, et la cuisinière, une dame forte d’allure paysanne plutôt bourrue, mais au cœur d’or, puis d’autres dont je ne me souviens plus. L’aumônier enfin, en soutane noire, comme tous les prêtres que nous avions fréquentés jusque là.Puis on me conduisit à ma chambre, où j’allais demeurer quelques jours en observation, avant de pouvoir me joindre aux autres enfants pour partager leur vie quotidienne

Le Dimanche nous avions la messe au sein de l’établissement: tout le monde s’y retrouvait, les filles que l’on ne croisait jamais en semaine, les garçons, le personnel… après nous avions un repas amélioré, plus digne et plus copieux, présidé par  Monsieur  l’aumonier, précédé du Benedicite. Peut-être même nous exemptait-on ce jour là de PAS ?

Le soir, le téléphone de l’établissement était ouvert aux appels des parents, plus ou moins réguliers selon les familles. J’y avais eu droit tous les soirs au début mais j’avais ensuite jugé que cela me démarquait trop des autres enfants et je crois bien que j’avais moi-même demandé à ce que l’on espaçât ces appels. L’extinction des feux arrivait assez tôt après le dîner, et les nuits étaient entrecoupées des visites discrètes et feutrées de la surveillante, une autre vieille demoiselle qui résidait à demeure dans le chalet des filles, au dernier étage, et qui passait à plusieurs reprise dans chaque chambre.

Les repas se passaient dans une atmosphère disciplinée, la table des garçons, une quarantaine autant que je men souvienne, était au bout de la salle, près des cuisines, puis ensuite deux grandes tables étaient disposées pour les filles , deux tables de 50 environ, mais tout cela se passait dans le calme. Les repas étaient de très bonne qualité mais pas forcément à mon goût: ainsi fûs-je amené à goûter aux purées d’épinards qui me firent presque regretter le PAS tellement je les détestais. Moi si discret à l’ordinaire, j’avais osé m’en plaindre au docteur Aulagnier, à faire intervenir mes parents, à refuser d’en absorber voire même à retourner mon assiette à la cuisinière à plusieurs reprises au grand amusement de mes camarades, peut-être plus habitués à manger de cette mixture, et qui découvraient étonnés chez ce petit garçon docile des accès inattendus de rébellion.

Finalement le bon docteur m’avait exempté d’épinards.

C’est au Soldanelles que je vis pour la première fois, à mon grand scandale, un prêtre sans soutane! L’aumônier avait du nous quitter et il avait été remplacé par un prêtre de retour d’Afrique, un missionnaire d’allure militaire en civil et col romain, ce qui m’avait paru tout à fait déplacé. C’est peut-être pour cela que je suis resté par la suite et avec toute ma famille un fidèle inconditionnel de Mgr Lefebvre.

Des colis arrivaient de la part de nos parents, très attendus au moment de Pâques par exemple. Il était d’usage d’en partager le produit avec les autres enfants, usage auquel je me pliais volontiers car les colis arrivaient sommes-toutes assez souvent. De même, en alternance, Papa et Maman me rendaient visite à tour de rôle. J’avais alors une permission de deux jours, où je pouvais manger et dormir à l’hotel Savoy où ils descendaient, pour peu que je continue mon traitement au PAS. Et je faisais fièrement découvrir à mes parents les beautés de la ville et de ses environs, la cueillette des myrtilles, les balades en forêts, le train à crémaillères de la Mer de Glace , les téléphériques. Et je pus donc goûter aux fameux « drus » dont j’allais devenir un fervent consommateur à chaque visite parentale. On les achetait dans une pâtisserie du centre ville, près du Casino Municipal je crois, au début de l’avenue qui conduit à la Gare.

Mes résultats médicaux étaient plus que meilleurs, les traces de toute infections disparaissaient de jour en jour et le Docteur Aulagnier pût bientôt rassurer mes parents sur mon sort. Garçon « méritant », il avait voulu me récompenser en m’invitant à déjeuner dans la grande villa qu’il occupait avec sa famille, et je l’entends toujours téléphoner à Papa: « Venez le chercher, il n’attend que ça. Un été en Corse achèvera de perfectionner sa guérison, venez-donc. « 

Si vo

Sur les pas des voyageurs d’autrefois : de Martigny à Chamonix

Après le rattachement de la Savoie à la France, Napoléon III veut visiter ses nouveaux territoires et vient dans la vallée de Chamonix. Lors de sa venue, il fait un temps épouvantable. Effaré par le dangereux chemin muletier qui le conduit à Chamonix, Il décide de financer la construction d’une route carrossable de Sallanches à Chamonix, route qui sera terminée en 1870. Très vite, les diligences assureront la liaison entre Genève et Chamonix. La route nationale est tracée vers Argentière puis arrive dans la vallée de Vallorcine entre 1882 et 1886. Un nouvel itinéraire vers la Suisse est alors tracé.
Mais qu’en est il de la route de l’autre côté de la frontière, en direction de Martigny. ?


Autrefois, pour accéder en Suisse, les voyageurs empruntaient le col de Balme (récit de Goethe lors de son passage dans la vallée en novembre 1779) : « …notre guide nous propose de passer le col de Balme, haute montagne au nord de la vallée du côté du Valais … de ce point élevé nous pouvons encore , si nous sommes heureux, contempler d’un coup d’œil la vallée de Chamonix…. ».
C’est à partir de 1825 que les valaisans déposent un projet de « route à chars » pour relier Martigny à Chamonix. On décide alors de passer par la Tête noire et le col des Montets.
Le passage de la Tête noire était connu de longue date comme un étroit chemin appelé le « mauvais pas ». Le voyageur était contraint de descendre de son mulet en raison de la difficulté du passage au dessus du vide. Le percement d’un tunnel s’impose donc, et les travaux de la « roche percée » de Tête noire sont réalisés entre 1827 et 1836. C’est à cet endroit que s’ouvre en 1834 une auberge, futur hôtel qui ne sera détruit que lors de la modernisation de la route en 1950.


Le pont au niveau de la frontière suisse-sarde est refait à neuf en 1840.
Cependant, en raison des gros frais engagés, les travaux de la route avancent lentement.
Théophile Gautier, en 1868, nous précise dans son ouvrage « Les vacances du lundi » que le trajet se fait encore à pied ou à dos de mulet, mais que la route commence à être praticable aux chars légers. Mais la pente est si raide entre Martigny et le col de la Forclaz qu’en 1871 le conseil d’Etat doit rappeler que le parcours reste un chemin muletier interdit à tout véhicule. La route ne devient officiellement carrossable qu’en 1875 et le passage du Châtelard sera élargi en 1888.
La concurrence de la route des diligences de Vernayaz, Salvan, les Marécottes et Finhaut sera longtemps d’une vive concurrence.
De plus l’itinéraire resta longtemps dangereux et impressionnant. Dans le livre «les folles années de Chamonix », Gaby Curral Couttet raconte : « … Tête noire porte bien son nom, je n’osais regarder dans un décor triste et sombre, ces abîmes à pic… Deux voitures ne pouvaient se rencontrer sans friser la catastrophe si bien qu’il était obligatoire de téléphoner du Châtelard à Tête noire et de Tête noire à Martigny pour savoir si la voie étai libre : que de fois avons-nous été contraints de nous arrêter à Tête noire pour attendre souvent plus de deux heures le passage de la voiture engagée dans l’autre sens… maman nous racontant le parcours qu’elle avait fait en diligence où le lourd véhicule risquait à tout moment de basculer … »
Ce n’est que plus tard dans les années 1950 que la route sera modernisée devenant largement plus accessible.

Sources : Sandro Benedetti : les voies de communications et le développement touristique. Les chemins historiques du canton du Valais. Berne : 2003

 

A Chamonix pourquoi une rue de la Tour ?

Mais pourquoi de la Tour ? Qu’est ce donc que cette Tour ?


Il faut remonter dans l’histoire locale, plus précisément fin XVè début XVIè.
En ces temps la vallée de Chamonix, bien que dépendante de l’abbaye de st Michel de la Cluse, était régentée par une famille qui donna plusieurs prieurs : la famille de la Ravoire.
L’un de ceux ci, Guillaume, essaya à maintes reprise de s’accaparer tous les droits acquis par les chamoniards. Il n’eut pas la vie facile si l’on en juge par les démêlés qu’il eut avec ceux-ci !
Mais, voulant asseoir son pouvoir avec force il aurait construit une maison forte dans Chamonix. Pourquoi pas, sachant que ce prieur cherchait à s’approprier les droits de justice qui étaient alors attribués aux syndics ?
C’est une gravure de 1806 de Jean Philippe Link « Vue du bourg… » qui nous éclaire. Effectivement ce document représente Chamonix, mais en zoomant on distingue, au fond, très nettement, sur une petite hauteur les ruines d’une tour. De même sur un tableau de John Webber on distingue très nettement cette ruine.


Au début du XIXè siècle subsistaient les vestiges de cette maison forte. Les chamoniards l’appelant la Tour, un hôtel fut alors construit par Mr Simond puis racheté par Mr Payot au pied de celle-ci et en lui donnant ainsi ce nom, aujourd’hui mystérieux pour tous.

En 1860 Mr Eseinkrammer maître d’hôtel de l’Union le rachète et le détruit pour construire son nouvel hôtel le Royal.

De cette Tour il ne subsiste maintenant que le nom de cette rue ? Mais qui l’avait remarqué ?

Deux anciens preventorium à Chamonix : le Miremont et les Soldanelles

A la vue la vue de ce joli bâtiment construit dans la montée de la Mollard, on se dit que ce grand édifice a dû, à une époque, abriter un hôtel, voire une grande villa de vacances familiales.


Mais non ! Le Miremont construit dans les années 1930 héberge en 1933 un préventorium, sous l’impulsion d’un médecin pédiatre, le docteur Robert Aulagnier. Celui-ci, atteint de tuberculose pulmonaire, constata que de nombreux sanatoriums pour adultes existaient au Plateau d’Assy, mais qu’aucun n’était réservé aux enfants.

En 1923 déjà le docteur Tobé, spécialiste de cette terrible maladie, avait créé dans les anciens chalets de la Côte de Violet Leduc, un premier préventorium * (appelé les Soldanelles) .

Mal accueilli par la municipalité de l’époque ( on craignait le développement d’une épidémie), il abandonne Chamonix , s’installe au Plateau d’Assy, afin d’y lancer le grand programme des sanatoriums, financé par la famille Rockefeller qui soutenait à l’époque la lutte anti tuberculeuse en France.

Son projet chamoniard  initial  est  alors repris par le docteur Aulagnier qui tout d’abord ouvre le Miremont en 1933,  puis  acquiert  en 1937 les  maisons de la Côte qui deviendront le préventorium des Soldanelles, établissement   dédié aux  soins de que l’on appelait la « primo-infection »  tuberculeuse*.

Dans les deux bâtiments  le docteur Aulagnier pouvait recevoir 200 enfants.

Dans les deux bâtiments le docteur Aulagnier pouvait recevoir 200 enfants.
On comptait 55 lits au Miremont et 144 aux Soldanelles. Jusqu’en 1970, les deux établissements ont fonctionné à plein régime. Mme Aulagnier prendra la suite après le décès de son mari jusqu’à la fermeture des établissements en 1977. La médecine avait fait de réels progrès : le BCG avait été découvert, mettant à l’abri nombre d’enfants, et les traitements antituberculeux avaient permis les traitements à domicile.
Certains se souviennent encore de ces enfants se promenant l’après midi dans le champ du Savoy ou l’hiver faisant de la luge sur les pentes toutes proches.

Ces maisons médicalisées, dirigées par un médecin, assisté d’infirmières et  de monitrices d’enfants,   ont permis à des milliers  de bambins venus de toute la  France de se soigner au soleil et au bon air chamoniard.

A noter qu’à Chamonix deux autres établissements ont eux aussi accueilli beaucoup d’enfants en soins de primo infection : le « Prieuré » créé par le docteur Chabanolles en et le « Grand Couttet ».

Le prieuré en haut et le Grand Couttet en bas

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La fête des guides en 1898

Avant que le 15 août ne devienne la journée officielle de la fête des guides ceux-ci avaient déjà eu à plusieurs reprises organisées des fêtes en l’honneur des guides.
La plus fameuse a lieu le 8 août 1897.

On organise une course de vitesse:
Départ de l’église de Chamonix (1030 m), montée par Bellachat (2154m), puis le Brévent – (2525m) soit 1495 m de dénivelé, descente par le fameux passage de la cheminée (qui n’existe plus de nos jours) , Plan Praz et retour à Chamonix.
Le tout présidé par Joseph Vallot, avec un comité d’organisation mis en place par le maire Mr Paul Payot, aidé de Frédéric Payot ancien guide très apprécié de Whymper, , soutenu par le guide chef Georges Tairraz.
10 concurrents guides se présentent.
Le premier Edouard Payot réussit le tour en 2 heures suivi des 9 autres participants dans la demie heure qui suit !
Quelle performance quand on connait le matériel de l’époque !
De cet évènement une photo a été réalisée par G Tairraz devant le bureau des guides de l’époque.

 

Le « lac à l’Anglais ».

Pourquoi s’appelle t’il à l’anglais

Ce charmant petit lac, niché dans la forêt tout près du mur d’escalade, raconte une histoire étonnante. Celle d’un anglais si amoureux de Chamonix qu’il décide, en 1886, d’acheter ces parcelles situées à la sortie du hameau des Pècles.


A l’époque, les diligences empruntent cette route, d’où la vue est magnifique. A cet endroit, il y a deux fermes protégées par un paravalanche, et très peu d’arbres. Quelques bêtes paissent près de l’Arve. Il n’est pas difficile pour Lord Sinclair d’acquérir ces quelques prés sans grand intérêt, hormis la source qui jaillit et offre une eau limpide et surtout si fraîche. Est-ce cette belle eau qui incite notre anglais à choisir ce lieu ?

Lord Sinclair est client de François Couttet, guide et propriétaire du tout nouvel « Hôtel Couttet et du Parc ». Il vient régulièrement à Chamonix. Certainement fasciné par cette vallée enchanteresse, il cherche à créer ce qui, partout en Europe, est en vogue : un « parc à fabriques ».
En effet, depuis quelques décennies déjà, des parcs ou des jardins sont créés en de nombreux lieux afin d’inciter à la promenade, à la découverte, sans être dérangé par des éléments extérieurs.
Dans ces parcs sont construits des édifices décoratifs (appelés des « fabriques ») qui doivent dégager une atmosphère rustique, antique ou… asiatique.
Nous connaissons tous le jardin du Petit Trianon, où le promeneur traverse des rochers et des grottes aménagées artificiellement afin de lui donner le sentiment de se retrouver dans une nature sauvage ! Ou encore le parc Monceau et ses temples antiques !
Notre ami John Sinclair, particulièrement touché par la nature forte qui s’impose en ce lieu dominé par le Mont Blanc, décide alors de creuser un lac au contact de la source abondante qui nait au pied du rocher. Il plante à proximité des arbres inconnus dans la vallée. Il aménage de fausses grottes

,puis il fait construire une fausse ruine au bord de l’eau… Un petit sentier qui monte graduellement au-dessus du lac permet au promeneur de se livrer à la rêverie ou à la méditation. Nous sommes encore dans la sensibilité du romantisme finissant du XIXème siècle.

Ce petit lac est devenu la folie du moment. Tout touriste venant à Chamonix empruntait un mulet ou se rendait à pied pour aller visiter ce que chacun chantait comme le lieu « à voir ». On naviguait en barque sur le lac, on se faisait peur à franchir les pas dangereux qui permettaient d’accéder aux grottes. On poussait des portes artificielles de pierre pour passer d’une grotte à l’autre puis, tout en bavardant, on se rendait au kiosque qui dominait le lac d’où l’on avait la vue la plus merveilleuse de la vallée.

Le temps a passé. Les épicéas ont pris le dessus, créant une forêt sombre. Le promontoire fut pris d’assaut par les ronces, les grottes abandonnées furent endommagées, on créa de nouveaux aménagements.

L’intérêt se porta désormais sur le nouveau lac, plus grand, créé pour édifier les remblais de la nouvelle voie ferrée. Ce fut le nouveau lieu de rendez-vous. Seuls dans la mémoire des habitants des Gaillands resteront le nom de « lac à l’anglais » et du « kiosque à l’anglais ».

Bien plus tard, en 1939, certains chercheront la manière d’exploiter l’eau de la source si fraîche et si pure. Et dans les années 1970 de gros projets immobiliers menaceront ce lieu secret. Le terrain est alors acheté par la municipalité.

L’attraction principale est aujourd’hui le rocher d’escalade où viennent s’exercer les grimpeurs. Connaissent-ils eux même l’histoire de ces lieux ? Le calme du lac et de sa ruine est désormais animé par les cris des enfants suspendus à la tyrolienne qui le traverse. Saura t’on leur raconter l’histoire de ce lieu un peu hors du temps et riche d’une histoire originale ?

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